
La personnalité borderline (appelée aussi "état limite"), je vous en ai déjà parlé ICI.
Lorsque j'étais à la fac, on nous apprenait que c'était la case passe-partout, l'étiquette qu'on collait à ceux dont on ne savait pas comment les étiquetter. Bref, c'était la case à utiliser lorsqu'on n'arrivait pas à établir un diagnostic et mes enseignants reprochaient aux services de psychiatrie d'avoir un peu trop souvent recours au terme "borderline" pour cacher leur incompétence ou leur incapacité à diagnostiquer un trouble précis.
D'autres affirmaient que réaliser un diagnostic psychiatrique cela prend du temps. Parfois plusieurs mois d'observation pour comprendre à quoi, ou a qui, on a réellement affaire.
Les années aidant m'ont en effet confirmé qu'il n'était pas si facile de savoir de quoi souffrait -réellement- un patient et que cela prenait parfois du temps. Et que la tentation était grande parfois de coller l'étiquette "borderline".
Comme je l'ai déjà écris, une prise de conscience a fait jour depuis quelques années sur l'utilisation à tout bout de champ du terme "borderline" et on a assisté alors à un glissement vers l'expression de "troubles bipolaires".
Et très franchement je peux le comprendre.
Voici un exemple.
J'ai une patiente dépressive.
Très. Mélancolique même.
Cela fait 1 an et demi que je l'ai en consultation et de façon de plus en plus épisodique.
Au départ le diagnostic de dépression était évident.
Je l'ai vu aussi dès le départ refuser (ouvertement) de s'impliquer dans la thérapie et sombrer dans la mélancolie.
Plusieurs TS, rien ne l'interpelle, elle s'ennuie.
Puis un jour je la vois totalement excitée.
Elle refait la déco chez elle, a plein de projets, veut partie aux USA avec sa soeur, fait des bonds pendant la consultation.
C'était la première fois que je la voyais comme cela bien que cela fasse 1 an que nos consultations s'effectuent tous les 15 jours.
Là je me dis, mince en fait me dis-je elle est bipolaire.
Elle voit son psychiatre 2 jours plus tard qui la diagnostique bipolaire !
Malgré les régulateurs d'humeur elle a des hauts et surtout des bas.
Elle ne supporte pas son travail et change 3 fois de postes en interne de sa boîte en 1 an.
Elle tombe mal : dans un poste elle se fait harceler moralement, puis elle tombe sur un poste dont la fiche de fonction ne correspond en rien à la réalité et par dépit et épuisement jette son dévolu sur un poste où elle se dit qu'enfin elle va sortir de cette "malchance" mais qui est totalement inadapté pour elle !
Ce qui n'en finit pas de la mettre en échec et effondre sa confiance en elle.
Ce qui moi me met la puce à l'oreille.
Mais je la vois de moins en moins, en fait juste quand elle a besoin de parler à quelqu'un.
Elle dit que tout ça ne sert à rien.
Je lui rappelle qu'elle n'a jamais fait l'effort de s'impliquer et qu'il est plus que temps qu'elle cesse de m'instrumentaliser en "bonne copine" à qui elle rend visite lorsqu'elle s'ennuie...
(comme quoi je fais bien de l'écrire ça me fait brutalement penser à quelque chose...)
Mais au fur et à mesure des dernières consultations, je l'ai poussé dans ses retranchements.
J'ai appris plus de choses sur elle.
Des chose qu'elle ne m'avait pas dites.
Des comportements inattendus.
Des émotions brutales.
Elle se déclare nulle depuis sa naissance, mais elle le cachait dit elle.
Elle ne supporte pas d'être seule et met en place des stratégies par toujours adaptées pour être toujours avec quelqu'un ou pour que personne ne la quitte.
Elle passe de crises d'abstinence à des crises de sexualité débridée avec son conjoint.
Elle est très sensible et se croit rejetée de tous.
Elle passe son temps à changer de projets (loisirs, boulots, amis...)
Elle fait des crises anxieuses avec pleurs en pleine journée....
Bref, elle est borderline.
Voila un étude de cas qui j'espère pourra vous faire comprendre qu'en fait si la personnalité borderline est si difficile à étiquetter c'est bien en effet qu'on ne sait dans quelle case la mettre.
Mais ce n'est pas par difficulté à établir le diagnostic, non.
C'est parce que la personnalité borderline présente les symptômes de plusieurs troubles en même temps (dépression, mélancolie, bipolarité, personnalité dépendante, hypersensibilité, narcissisme).
Et que si selon les moments, les heures, les journées, elle peut passer d'un trouble à l'autre cela peut parfois prendre des mois entre deux changements de personnalité !
Lorsque j'étais à la fac, on nous apprenait que c'était la case passe-partout, l'étiquette qu'on collait à ceux dont on ne savait pas comment les étiquetter. Bref, c'était la case à utiliser lorsqu'on n'arrivait pas à établir un diagnostic et mes enseignants reprochaient aux services de psychiatrie d'avoir un peu trop souvent recours au terme "borderline" pour cacher leur incompétence ou leur incapacité à diagnostiquer un trouble précis.
D'autres affirmaient que réaliser un diagnostic psychiatrique cela prend du temps. Parfois plusieurs mois d'observation pour comprendre à quoi, ou a qui, on a réellement affaire.
Les années aidant m'ont en effet confirmé qu'il n'était pas si facile de savoir de quoi souffrait -réellement- un patient et que cela prenait parfois du temps. Et que la tentation était grande parfois de coller l'étiquette "borderline".
Comme je l'ai déjà écris, une prise de conscience a fait jour depuis quelques années sur l'utilisation à tout bout de champ du terme "borderline" et on a assisté alors à un glissement vers l'expression de "troubles bipolaires".
Et très franchement je peux le comprendre.
Voici un exemple.
J'ai une patiente dépressive.
Très. Mélancolique même.
Cela fait 1 an et demi que je l'ai en consultation et de façon de plus en plus épisodique.
Au départ le diagnostic de dépression était évident.
Je l'ai vu aussi dès le départ refuser (ouvertement) de s'impliquer dans la thérapie et sombrer dans la mélancolie.
Plusieurs TS, rien ne l'interpelle, elle s'ennuie.
Puis un jour je la vois totalement excitée.
Elle refait la déco chez elle, a plein de projets, veut partie aux USA avec sa soeur, fait des bonds pendant la consultation.
C'était la première fois que je la voyais comme cela bien que cela fasse 1 an que nos consultations s'effectuent tous les 15 jours.
Là je me dis, mince en fait me dis-je elle est bipolaire.
Elle voit son psychiatre 2 jours plus tard qui la diagnostique bipolaire !
Malgré les régulateurs d'humeur elle a des hauts et surtout des bas.
Elle ne supporte pas son travail et change 3 fois de postes en interne de sa boîte en 1 an.
Elle tombe mal : dans un poste elle se fait harceler moralement, puis elle tombe sur un poste dont la fiche de fonction ne correspond en rien à la réalité et par dépit et épuisement jette son dévolu sur un poste où elle se dit qu'enfin elle va sortir de cette "malchance" mais qui est totalement inadapté pour elle !
Ce qui n'en finit pas de la mettre en échec et effondre sa confiance en elle.
Ce qui moi me met la puce à l'oreille.
Mais je la vois de moins en moins, en fait juste quand elle a besoin de parler à quelqu'un.
Elle dit que tout ça ne sert à rien.
Je lui rappelle qu'elle n'a jamais fait l'effort de s'impliquer et qu'il est plus que temps qu'elle cesse de m'instrumentaliser en "bonne copine" à qui elle rend visite lorsqu'elle s'ennuie...
(comme quoi je fais bien de l'écrire ça me fait brutalement penser à quelque chose...)
Mais au fur et à mesure des dernières consultations, je l'ai poussé dans ses retranchements.
J'ai appris plus de choses sur elle.
Des chose qu'elle ne m'avait pas dites.
Des comportements inattendus.
Des émotions brutales.
Elle se déclare nulle depuis sa naissance, mais elle le cachait dit elle.
Elle ne supporte pas d'être seule et met en place des stratégies par toujours adaptées pour être toujours avec quelqu'un ou pour que personne ne la quitte.
Elle passe de crises d'abstinence à des crises de sexualité débridée avec son conjoint.
Elle est très sensible et se croit rejetée de tous.
Elle passe son temps à changer de projets (loisirs, boulots, amis...)
Elle fait des crises anxieuses avec pleurs en pleine journée....
Bref, elle est borderline.
Voila un étude de cas qui j'espère pourra vous faire comprendre qu'en fait si la personnalité borderline est si difficile à étiquetter c'est bien en effet qu'on ne sait dans quelle case la mettre.
Mais ce n'est pas par difficulté à établir le diagnostic, non.
C'est parce que la personnalité borderline présente les symptômes de plusieurs troubles en même temps (dépression, mélancolie, bipolarité, personnalité dépendante, hypersensibilité, narcissisme).
Et que si selon les moments, les heures, les journées, elle peut passer d'un trouble à l'autre cela peut parfois prendre des mois entre deux changements de personnalité !


















