vendredi 4 janvier 2008

Les troubles de la sexualité chez les ados



Chez la fille :

Les troubles du désir ne sont pas rares, soit le partenaire n'étant pas disponibles soit son propre rythme d'éveil à la sexualité n'est pas respecté. Cela se traduit par :

Le vaginisme : contraction involontaire, incontrôlable des muscles autour de l'anus et des cuisses empêchant toute pénétration, voire toute approche intime. C'est souvent une approche phobique (peur incontrôlée) en rapport avec une intrusion fantasmée. En consultation, il faut travailler sur l'approcher de l'image que la jeune femme peut avoir de son corps.

Les dyspareunies : douleurs lors de la pénétration. Hors de toute approche physiologique et médicale, il faut y voir un équivalent au vaginisme.

La frigidité : retard ou absence persistant de l'orgasme. C'est la raison de consultation la plus fréquente en gynécologie. Or, la frigidité relève souvent d'une problématique dépressive. Aujourd'hui, face au développement d'une « norme sexuelle » initiée et renforcée via les médias, la frigidité peut se traduire simplement par un sentiment d'insuffisance par rapport à cette norme.

Dans tous les cas, un diagnostic médical doit être posé en premier. La persistance ou l'absence de diagnostic doit pousser à une consultation psychologique. Seront alors pris en compte, l'âge, l'expérience sexuelle, la qualité, le désir des stimulations données et reçues lors de l'acte sexuel. Il est fortement conseillé de consulter en couple afin de cerner la réalité ou les aspects fantasmés de la problématique.




Chez le garçon :

C'est surtout l'impuissance qui donne lieu à consultation. Il faut là encore éliminer toutes les causes physiologiques (rôle des hormones, diabète, prise de médicaments ou aspects génétiques...). Celles-ci éliminées restent les aspects psychologiques liées à l'angoisse de castration ou la crainte de ne pas y arriver.

L'éjaculation prématurée : pourtant quasi physiologique à l'adolescence, elle vécue avec douleur psychique et perçue comme dévalorisante par rapport au besoin idéalisé de satisfaire pleinement sa partenaire (angoisse de performance lié soit aux demandes de la partenaires, aux idéaux véhiculés par les copains ou les médias). La consultation rassurera le jeune homme sur la nécessité de la maturation sexuelle et sur l'importance des préliminaires. Dans d'autres cas, la mise sur piédestal de la femme qui amène à une jouissance immédiate suite à une mauvaise résolution du complexe d'Œdipe, nécessite une prise en charge analytique.

Le manque de désir pour la femme est l'expression soit d'une inhibition, d'un état dépressif, voire d'une orientation sexuelle (hétéro ou homo) non encore fixée..

L'absence d'éjaculation exceptionnelle peut faire rechercher une problématique obsessionnelle de rétention.]


Rappelons une fois encore qu'il faut avant tout éliminer toutes les causes médicales. Ceci fait, ces aspects négatifs dans la vie sexuelle des adolescents (et des adultes) peuvent tout à fait être évalués puis résolus dans la cadre d'une consultation psychothérapeutique.


(tof : sculpture de Richard Moore III)

Je parlerais ici de jeunes « normalement constitués », qui souffrent « seulement » de troubles dans leurs comportements sexuels générateurs d'angoisse et de remise en question.

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