mercredi 23 janvier 2008

Pourquoi les femmes sont minces et les hommes bronzés

Dans nos contrées occidentales et cultivées (parait-il), les femmes se doivent d'être minces. Il n'en n'a pas toujours été ainsi. Faites un tour dans les musées et jetez un oeil sur les tableaux des différentes époques.

Il n'y a pas si longtemps encore, la femme se devait d'être pulpeuse, des gros seins, des hanches très rondes et des cuisses replètes. Généralement alanguies sur un quelconque sofa, coussin ou au bain, la femme au teint très pâle exhibe ses chairs dodues et flasques signes de féminité, de bonne santé et de fécondité. Sans compter qu'être grasse est un privilège. Un privilège de classe sociale dominante. Etre grasse c'est ne pas travailler, être aisée, avoir des domestiques, ne rien faire d'autre qu'être entretenue.


Tout va changer à l'avènement d'Elizabeth d'Autriche dite Sissi, femme angoissée et anorexique, adepte du sport à outrance et des lavements aux herbes. Sa taille très fine va affoler les hommes et modifier le regard que la femme riche et aristocratique va porter sur elle-même. Désormais, être grasse veut dire être passive, dominée, inconst
ante dans son alimentation. Il va falloir maigrir pour montrer que l'on respecte son corps en lui accordant de l'intérêt.

Aujourd'hui la femme se doit d'être mince, signe d'une certaine aristocratie, d'une certaine élégance et de la réussité sociale. Etre riche aujourd'hui c'est avoir du temps pour son corps, du temps pour le raffermir lors d'activités sportives et du temps pour réfléchir à l'équilibre alimentaire lui convenant le mieux. Norme que va tenter d'atteindre toute femme afin de démontrer sa volonté à s'élever au niveau de la classe sociale "dominante".


Au point, que cela ne devienne une obsession. Les pays occidentaux sont les plus touchées par les pratiques anorexiques. Car rester mince véhicule maintenant l'idée de jeunesse, mince et sans forme, mince et androgyne, comme avant que les hormones ne jouent leur
jeu de "mise en formes".

L'effet culturel est prédominant. Dans de nombreuses cultures, dans de nombreux pays, la femme pulpeuse, voire grasse, reste LE critère de beauté. Toujours critère de richesse, être la plus grasse possible pour montrer son haut niveau social. Mais qu'on ne s'y trompe, certaines africaines, par exemple, qui s'installent en France se laissent gagner par nos valeurs et se rêvant minces ne supportent plus leurs rondeurs au point de ne plus supporter leurs origines.



Le bronzage est une autre facette de la réussité sociale dans nos pays. Là encore, il n'était pas bon d'avoir la peau colorée par les rayons du soleil. Que l'on soit homme ou tout particulièrement femme. Une peau colorée par le soleil était le signe d'un travail manuel en extérieur, signe contraire à tout statut social élevé qui voulait qu'on ne travaille pas. L'homme vivant de ses rentes et la femme devant rester "pure" intouchée par le soleil, ne sortant dans la rue que sous l'ombre d'une capeline ou d'une ombrelle.

Des périodes fluctuantes ont vu l'acceptation du contact du soleil sur la peau, mais l'avènement des
congés payés en 1936 change radicalement la donne. Etre bronzé veut dire être parti en vacances et petit à petit par voie de conséquences avoir les moyens de se les payer. Etre bronzé c'est avoir bonne mine, être en pleine santé, avoir une belle peau, être à croqué. Etre coloré devient un plus. Etre bronzé toute l'année devient le must. Montrer que l'on peut se payer des vacances au soleil quelque soit la période de l'année voire montrer que l'on est en vacances le plus souvent possible, c'est à dire qu'on travaille peu. C'est ainsi que le bronzage devient brutalement signe extérieur de richesses.

Si les femmes reviennent ces 10 dernières années en arrière, ce n'est pas que le bronzage n'est plus représentatif pour elles de ce statut social, c'est simplement que la médecine a su frapper fort en démontrant que la bronzage à outrance augmente de façon très importante les risques de cancers de la peau mais surtout, que la peau vieillit et se ride plus vide, ce qui est contraire aux normes de jeunisme de notre Société. D'où le développement des autobronzants qui permettent à toutes de tricher, d'être bronzées sans vieillir prématurément, être bronzées sans même avoir les moyens de partir en vacances (et plus de marques !!).

Les hommes ne sont pas en reste et ne se sont guère sentis concernés par l'évolution des dernières années. Après tout l'homme buriné, aux rides marquées reste le modèle de l'homme viril, de celui qui a vécut, qui a de l'expérience et qu'on imagine avoir baroudé autour du globe. Le bronzage reste donc l'apanage de l'homme qui a réussit.


Là encore certaines cultures ne rêvent que de blanchiment encore aujoud'hui. Devenir plus clair facilite la sortie de son milieu social ou permet l'accès aux postes d'encadrement. En Afrique le "toubab", le "blanc" reste l'idéal de réussite. Alors autant essayer d'être aussi blanc que lui, voire plus. Et ce malgré les dépigmentations anarchiques donnant naissance à des tâches incapables de supporter le moindre rayon de soleil au risque de développer de graves cancers. En Asie, les femmes restent encore sous leur ombrelle, pas question de bronzer, la peau
laiteuse restant l'apanage d'une jolie femme. Rien de plus sexy que de découvrir la naissance d'un sein tout blanc sous les vêtements.

Le constat est que nos pays occidentaux valorisent les comportements à risque.
Car si on réfléchit certes être obèses augmentent les risques de maladies cardio vasculaires, les risques de diabète, de cholestérol, de triglycérides... Certes être à l'ombre limite -un peu- la synthèse de la vitamine D. Mais il me semble qu'être anorexique limite votre espérance de vie plus certainement que d'être obèse. De même le bronzage nous fait moins bien vieillir et déclenche plus de maladie que le fait de se mettre à l'ombre.

Si montrer que l'on a réussit dans la vie c'est montrer un corps "en bonne santé" -facteur de "bonne santé" s'exprimant via les critères d'être le plus mince possible et bronzé, critè
res que l'on sait néfastes pour la santé du corps- cela ne veut-il pas dire que la façon dont on montre que l'on a réussit dans la vie est basée sur des comportements irrationnels ?

Qu'en pensez-vous ?







3 commentaires:

  1. Oui je suis d'accord avec toi. Seulement la tentation est forte.
    Partout tous les jours, on est cerné par l'amaincissement et la beauté de la peau.
    Moi aussi j'aurai aimé avec le teint halé. Mais la nature m'a faite allergique au soleil. Et entre l'erythème et le bronzage, bah j'ai choisi l'ombre. Alors oui suis toute palote été comme hiver. J'ai biensûr des petites remarques mais heureusement je m'en tape.
    Quant à mes rondeurs, j'ai appris à faire avec. Les régimes j'en fais plus depuis 2 ans.
    Et ce qui a de dramatique dans tout ce discours sur l'alimentation, c'est que mon fils de 5 ans et demi se trouve gros alors qu'il est en dessous la courbe de poids. Heureusement que mon médecin de famille m'aide à lui tenir un discours plus rationel.

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  2. Pour l'origine du bronzage j'été pas au courant.
    Facon j'ai jamais trop aimé le soleil, et c'est pas dans le nord queje vais reussir a bronzé, déjà dans le sud j'été blanche toute l'année alors bon ^_^'

    Aprés c'est sur que tout varie en fonction de la société et de l'époque.

    Il faut dire qu'il y aura toujours des gens qui suivront la mode et regarderont les apparences...

    Vive les moutons qui se pourrissent la vie pour des stupidités.

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  3. Qui est l'un des types les plus bronzé dans les médias ? Jacques Séguéla au point que l'on parle de Séguélarium...

    Et que raconte-t-il notre publicitaire ? Que quelqu'un qui n'a pas une Rolex à cinquante ans a raté sa vie!

    C'est bien que les critères de réussite de notre société sont complètement bidons et bravo pour votre article qui le démontre!

    Cordialement,

    Le Mendiant

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