vendredi 4 janvier 2008

Trouver le "bon" PSY



Je ne vais pas ici vous donner des adresses pour vous dire qui est « bon » et qui ne l'est pas. D'abord je n'en n'ai pas le droit ensuite –et surtout- la perception des compétences d'un psy reste totalement individuelle. Un psychologue pas bon pour l'un sera bon pour l'autre.

Alors un « bon » psy c'est quoi ?
C'est la personne avec laquelle vous vous entendez bien, celle qui vous donner l'impression de vous écouter, de vous comprendre, mais qui ne vous juge pas, ne vous dit pas ce qui est bien ou mal pour vous. C'est aussi la personne avec qui vous vous allez parfois vous prendre la tête !! On va voir cela plus loin.

D'abord il ne faut pas se tromper de psy. Psychologue, psychanalyste, psychiatre... Du pareil au même pensez vous ? Eh bien non, pas du tout. Pour faire court et caricatural, je dirais que :
- le psychologue s'occupe des troubles des comportements (tout ce qui vous gène dans la vie au quotidien) et donc de la façon dont votre inconscient s'exprime dans le conscient
- le psychanalyste s'occupe de votre inconscient, de vos refoulements
- le psychiatre s'occupe des maladies liées au psychisme, c'est un médecin avant tout.

Ensuite n'oubliez pas que c'est le patient qui construit sa vie et il la construit comme il veut. Le psy n'est pas un gourou. Il n'est pas là pour vous dire ce que vous devez faire, ni comment vous devez le faire. Ca c'est vous qui le décidez. Le psy vous guide, vous permet de mettre à plat votre réflexion, vos arguments et il les éclaire à la lumière de vos préjugés, de votre éducation, de votre vécu, de votre problématique personnelle.

Ensuite encore chaque psy préfère une pratique à une autre, bien qu'il doive s'adapter à chaque patient et à l'évolution des patients et qu'il sera certainement amené à utiliser d'autres pratiques (qu'il connaît aussi !). Ainsi un psy qui pratique des thérapies cognitivo-comportementale peut être amené vers une pratique plus analytique si le besoin s'en fait sentir en consultation. Mais vous pouvez ne pas vous sentir à l'aise dans une pratique particulière, à vous de trouver la pratique qui vous convient. Le psy pense que pour votre problématique telle méthode s'impose (et il a sans doute raison), cela peut vous paraître prématuré, trop rapide ou au contraire trop lent, cela remet trop en cause votre mode de vie, n'hésitez pas à le dire. Mais cela peut être une raison de ne pas se sentir en accord avec son psy.

Ensuite, il y a le « transfert négatif ». C'est LA raison principale pour laquelle un patient change de psychologue. Or c'est une grosse erreur. C'est quand tout va mal, que la thérapie commence ! Eh oui, après la phase de bonheur (le psy est sympa, il ou elle me convient bien, j'apprécie sa façon de m'exposer les choses) voire d'amour (oui les patients tombent amoureux de leur psy qui remplace cette mère ou ce père idéal qu'ils n'ont pas eu, puis fantasment d'en faire leur maîtresse ou leur amant !), il se met en place une phase de désamour, d'agressivité voire de haine. Pourquoi ? Parce qu'enfin le travail psychique se fait et que le transfert qui va faire avancer le patient est enfin là. La patient projette sur son psy des sentiments qu'il ressent pour un proche (souvent la mère ou le père), ses vrais sentiments et plus uniquement ceux qu'il s'agit de montrer pour être bien considéré. Enfin l'agressivité vers la mère ressort, les griefs, le ressentiment, l'agressivité, le sentiment d'abandon... Bref que des choses négatives. Qui font que le psy « devient » cette personne pour le patient. Alors tout change, le psy semble avoir changé, il semble agressif, rejetant. Ce n'est pourtant qu'une perception du patient !! Et c'est là que le patient s'en va en disant « mon psy est nul ». Mais non, au contraire, ce psy a permis au travail psychique de se faire. Il faut persévérer, travailler ce transfert négatif en consultation afin de le résoudre, le dépasser et avancer. Allez on y retourne et surtout, surtout ne pas oublier ou hésiter à parler de cette perception négative au psy afin qu'il n'en perde pas une miette et l'utilise au mieux au cours de la thérapie.

Enfin, il y a ceux qui changent une fois, deux fois, trois fois de psy (et parfois plus). Ils ne trouvent jamais personne « d'adapté » à eux. Tous les psys sont nuls, ils n'y comprennent rien (on se demande pourquoi on va les voir d'ailleurs ?). Sérieusement, si vous êtes dans cette situation, demandez vous pourquoi rien ne va jamais avec vous. Et si ce n'était pas d'un psychologue dont vous aviez besoin mais d'un psychiatre ? Vos troubles sont sans doute plus importants que vous ne le pensez et toute votre perception en est perturbée. Que cela ne vous empêche pas de continuer une psychothérapie à côté de consultation en psychiatrie, c'est même fortement recommandé, mais il vous faut allez plus loin dans le diagnostique de votre problématique.

Alors le « bon » psy ?
C'est moi bien sur ! (mon estime personnelle va bien merci LOL !)
Plus sérieusement, c'est le psy qui vous écoute, respecte votre parole, en qui vous avez confiance, avec lequel vous aurez envie de faire un bout de chemin et qui vous accompagnera pour vous diriger sur la bonne voie ou vers la sortie de vos troubles.

4 commentaires:

  1. Et après une longue série de pédo-psy, puis de psy (chiatres, cologues, je ne sais guère...), après 20 ans de rdv irréguliers et inutiles, quand on a enfin trouvé la bonne psy(chiatre) et que celle-ci est mutée à 600 bornes... On fait quoi, je vous le demande ??? Parce que là, depuis 2005 c'est démerde toi comme tu peux, et quand l'envie de se faire aider revient, on repense à notre chère psy qui est partie sans nous aider à finir le boulot (la vilaine)... et on n'a pas envie de devoir tout "re-déballer" encore une fois à un nouvel interlocuteur qu'on suppose déjà moins bien que la précédente... Que faire, mystère et boule de gomme...

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  2. je comprends que recommencer doit être barbant. Mais il ne faut pas oublier qu'être psy c'est un métier, pas un sacerdoce. Et même s'il y a transfert, le psy n'est pas un parent, ni un proche, ni un ami. Bon, il est vrai que le départ d'un psy ne tombe pas toujours au bon moment du travail du patient. Mais c'est au patient de prendre conscience de son transfert. Et pourquoi une telle colère contre sa "gentille" psy ? Ne ramène t elle pas à une situation déjà vécue (une mère partie au mauvais moment par exemple). Pourquoi penser que la remplaçante sera moins bien ? Est-ce un relent d'une belle mère pas désirée ? Bref, il faut chercher pourquoi ça créé ça.

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  3. Disons que je n'ai jamais eu l'impression d'avancer au travers de mes rdv psy d'enfance et d'adolescence, jusqu'à ce que je tombe enfin sur la bonne interlocutrice, celle qui me faisais avancer et réflechir... à 20 ans passés... Si je dois mettre autant de temps à en trouver une autre qui me convienne...
    J'avoue que votre blog m'incite à reprendre un suivi... euh... si je reprend contact avec elle, vous pensez qu'un suivi à distance est envisageable dans la mesure ou elle connait déjà mon "dossier" ??? (Ca me parait peu probable, mais bon...)

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  4. Possible, mais une thérapie n'est vraiment efficace qu'en face à face.

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