vendredi 16 mai 2008

Parents immatures - enfants hypermatures

C'est tellement plus simple de rester un enfant.
Tant que ça ?



"Qu'est-ce qu'il fait mûr cet enfant !"
"Oh la la, il réfléchit déjà comme un grand !"
"Cette petite fille, une vraie petite maman !"

C'est comme ça qu'à 10 ans on a l'air d'en avoir 15, qu'à 25 on en parait 50.... Qu'on est aigri avant l'âge, pas marrant et qu'on n'a pas vécu son adolescence qui vous rattrape à la quarantaine...

L'hypermaturité des enfants est lié à l'incompétence des parents.
Une mère présente physiquement mais psychologiquement absente ne protège pas plus son enfant qu'une mère absente physiquement.

Pourtant l'enfant doit devoir se contruire. Que va devenir cet enfant issus de parents immatures, restés eux-mêmes enfants ou adolescents ?
Ces parents qui peuvent paraître adaptés, ont un travail, une famille et des enfants, ces parents qui ne font pas partis des personnes en difficultés suivies par le système judiciaire. Ces parents qui gagnent de l'argent, donnent à manger à leurs enfants, les habillent, les soignent, leur payent une bonne école, mais ne leur donne pas d'affection.

Des parents qui disent l'inverse de ce qu'ils font, ou qui disent ou font dans une totale incohérence.

L'enfant va devoir se prendre en main.
Seul.
Déjà petit, il est grand dans sa tête.
Pas d'enfance, pas d'adolescence.
Un enfant sans parent (décès...) se trouvera un substitut parental qui l'aidera à se construire.
Mais l'enfant de parent absent psychiquement cherchera toujours à prévoir et prévenir les actes et conséquences parentales.
Des enfants parents de leurs parents.

Oh il va s'en sortir socialement cet enfant et souvent même très bien.
En apparence.
Mais un jour l'enfant va refaire surface.
L'adulte va devenir l'enfant qu'il n'a pas été.
Il régresse.
Dépression. Troubles de l'identité. besoin de contrôle et de maîtrise de l'environnement exacerbés, vide intérieur, déni, manque de confiance en l'autre, l'autre paraîssant toujours destructeur, très solitaires....

Souffrance.

Leurs parents n'ont jamais consultés. Pour eux tout va bien.
Mais ces enfants là, on en voit de plus en plus. Lorsqu'ils sont adultes.
Ils n'en peuvent plus.
Psychanalyse ou psychothérapie longue.
Comprendre, accepter et surtout reprendre sa place d'enfant.

10 commentaires:

  1. Et le pire c'est qu'ils le remarquent meme pas...
    Le genre "oh mais il est grand maintenant" "non lui ca va il est fort" tsss...
    Et ils se reposent sur eux alors que ca reste des enfants....

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  2. Bonjour, je répond un peu tard. Votre texte me touche, car j'ai une mère totalement infantile. Elle a l'égocentrisme d'une enfant de 3-4 ans et tous les autres comportements que vous décrivez. Pour moi ça ne fait aucun doute qu'elle n'est pas une adulte, pas même une ado. Elle n'a rien du "parent-copine". Elle ne sait même pas ce que c'est que l'adolescence. Elle n'en a pas eu, car elle est restée petite fille. Elle n'a jamais été femme, même dans son habillement. Et c'est une lâche, qui n'assume jamais ses responsabilités. Ce serait assez long à raconter.

    Cependant, je ne suis pas totalement d'accord avec vous, quand vous dite que le parent infantile, engendre systématiquement des enfants hypermatures. C'est une façon de réagir, mais ce n'est pas tout le monde qui devient hypermatures. Il y en a aussi beaucoup qui reproduisent exactement la personnalité du parent infantile. C'est le cas d'une des mes soeurs. Elle répète ce schéma avec ses enfants.

    En ce qui me concerne, je ne le sais pas. Je ne me considère pas vraiment mature et je n'ai pas voulu jouer le rôle de la mère, de ma propre mère. Étant enfant, je me suis plutôt retirée dans ma bulle. Je suis devenue une enfant effacée, invisible, puisque je savais que ma mère ne s'intéressait pas à moi et qu'il ne fallait pas la déranger. J'ai vécu dans l'imaginaire pour fuir la réalité. J'ai materné des poupées et des peluches et j'ai été la mère idéale et aimante pour eux. Ils ont été mes seuls vrais amis, les seuls qui m'ont vraiment aimés (fictivement) durant mon enfance. En faisant cela, j'ai été une mère pour moi-même. Je me suis débrouillée sans elle. Aujourd'hui, je ne crois pas que je suis hypermature non plus. Je ne sais pas ce que je suis exactement. Je crois que j'ai une personnalité évitante et que j'aime pas trop l'humain en général. Mais je souffre tout de même de l'isolement, puisque que je suis habituée à vivre dans une bulle et à être invisible, ce n'est pas toujours facile à vivre, parce que j'ai tout de même besoin de contacts humains comme tout le monde. Mais je suis prisonnière de quelque chose. Un mur invisible.

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  3. Ce qui est étonnant dans l'histoire de votre mère, c'est qu'elle a néanmoins réussi à se marier et avoir des enfants. Ce qui veut dire qu'à un moment elle a été rattrapée par l'envie d'être adulte. Aussi on peut se demander quel est le rôle du conjoint dans le maintien à un stade infantile. Certains hommes vous répondront qu'ils ont aimé ce côté femme-enfant. Ce qui soulèvent quelques questionnements admettons le. Ensuite, qu'est ce qui fait que cette femme à chercher ce conjoint ? Père de substitution ? Partenaire semblant capable de prendre en charge ce dont elle ne peut s'occuper ?

    Ce qui m'étonne dans votre récit c'est que vous écrivez que vous avez "materné" vos peluches, que vous avez été une mère pour eux. Pourquoi donc avoir voulu être une mère pour quelqu'un ? Vous avez bien intégré ce que voulait votre mère en vous mettant au monde. Elle se cherchait une mère. Vous l'avez été, sans vous en rendre compte. Pas de chance, vous étiez aussi une enfant, donc vous ne pouviez vous occuper d'elle. Vous avez été à la fois aimé pour votre statut d mère et rejetée pour votre statut d'enfant. De quoi rendre autiste. C'est à dire que vous ne savez pas communiquer ni comment interprêter ce que les autres vous renvoie.
    SEule une psychothérapie vous sortira de là. Mais ne cherchez pas qu'une coupable, c'est tout un système familial qui doit être remis en cause.

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  4. Merci de votre réponses Vergibération. Si ma mère s'est mariée et a eu des enfants, c'est presque essentiellement par conformisme social. Pour faire comme tout le monde. Elle dit avoir choisi mon père parce "qu'il lui apporte la sécurité". Elle a passée sa vie sans travailler, en tant que femme entretenue. Mon père, lui, est macho et protecteur, mais il est aussi très rabaissant et égoïste. Il a lui aussi un côté très infantile et immature. Quand nous étions petits, il n'était presque jamais là. Elle nous a élevée seule la majeure partie du temps.

    J'espère bien ne pas être devenue "autiste" au niveau affectif. Mais j'en ai bien peur. Je suis "transparente" la plupart du temps, j'ai peu d'amis et j'ai beaucoup de mal à aller vers les autres car je me juge inintéressante. J'ai l'impression de regarder les autres vivre, plus que de vivre moi-même. Je suis une handicapée sociale, j'ai vécu du rejet social à répétition, et j'en ai toujours souffert depuis la maternelle. Les seules amies que j'ai eus ont eux aussi eus des mères immatures, maltraitantes, négligeantes.

    J'ai quand même réussie à me trouver un mari formidable, très aimant et très hypermature. Tout le contraire de mes parents. Mais j'ai tellement peur d'être comme ma mère et d'être infantile moi aussi! Je n'ai pas encore d'enfants et j'ai peur d'être nocive pour eux. Mais bizarrement, les enfants des autres m'adorent. Ils m'adoptent immédiatement. J'ai gardé mon coeur d'enfant et je joue beaucoup avec eux, et je comprends leur univers imaginatif. J'espère que c'est bon signe, mais j'suis pas certaine. Je ne veux vraiment pas être comme ma mère, ça me fait très peur. Quand je pense qu'elle a passée toute sa vie prisonnière d'un cerveau d'enfant et qu'elle va mourir comme ça et qu'elle n'a jamais sû ce que c'est que d'être adulte, je trouve ça horrible et dramatique. Elle me fait vraiment pitié.

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  5. Je pense qu'il ne faut pas avoir peur d'être comme elle, il faut juste arriver à en être consciente. Si vous êtes comme elle et que vous le savez, vous ferez les efforts nécessaires pour ne pas transmettre cela à vos enfants.
    Les enfants vous aiment et c'est normal puisque vous avez gardez cette âme d'enfant qui vous fait regarder le monde avec éblouissement. Il faut conserver cela, c'est une chance car vous savez vous contentez de peu et vous émerveiller de tout.
    Votre mère n'était prisonnière de rien, sauf de son éducation. Elle même a du beaucoup souffrir de ne pas avoir le droit de grandir, ce que son compagnon à continuer à lui refuser. Elle à plaindre car quelles contraintes elle a du vivre pour en être arrivée là !
    Votre mari ne doit pas se substituer à vous. A vous de prendre vos responsabilités, même si cela vous coûte, mais c'est à se prix que vous deviendrez adulte. Etre adulte c'est assumer ses choix et leurs conséquences.
    Vous avez un travail à faire sur vous même, sans doute le faites vous déjà. On transmet tous des choses à notre insu. Vous vous savez ce que vous ne voulez pas transmettre donc vous vous surveillerez et puis... vous en parlerez à vos enfants.

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  6. Mon dieu... quand je lis tout ça, et cette réponse aussi, c'est exactement ce que j'ai vécu et ce que je ressent par rapport à cette situation. :x

    les impressions d'être invisible aussi, celle d'avoir peur de faire des enfants... pour ne pas qu'ils vivent la souffrance que j'ai vécu...

    Quand je me suis aperçue que les images ou photos de famille des autres - les montrant en train de se prendre dans les bras - me mettais en colère, j'avais l'impression que c'était une mascarade qui n'existait pas, qui ne pouvait pas exister... et pourtant c'est ce que j'ai toujours souhaité entre mes parents et moi. le pire là-dedans, c'est qu'il faut en faire le deuil, et prier pour tomber sur un compagnon qui ne nous fasse pas marcher de la même façon.

    Je vous rassure, personnellement, je m'en sors bien maintenant, je vis enfin ma vie, telle que je me sens être, et cela grâce à une psychothérapie de plus de 5 ans. Mais qu'est-ce que ça fait du bien quand on en voit le bout ! On revis ! Je conseille réellement, quel qu'en soit le prix, à ceux qui ont vécu la même chose, à aller consulter. C'est la seule issue pour se réapproprier sa vie et entrer enfin en communication réelle avec les autres !

    Merci pour cet article, je crois que je vais acheter le livre ^^'

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  7. Et j'ajoute que ma mère aussi a fait des enfants "par convenance"... j'ai assisté à leur mariage, ils ne savaient pas que j'étais là. Quand elle n'est pas d'accords, elle devient "mur", et même mon père des fois, croit qu'elle est d'accord avec lui, alors que non, c'est une catastrophe...

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  8. je viens de tomber sur ces témoignages et c'est bouleversant!je me reconnais sauf que moi je n'ai que 19ans et je comporte aussi comme une adulte de 40ans. j'aimerai vivre une vie de jeunesse mais c'est pas évident car j'ai très tôt occuper le rôle de mère pour ma soeur et mon frère pendant que ma mère travaillait et ce,même lorsqu'elle était à la maison. moi j'ai du mal à vivre pour moi et je reste en méfiance vis à vis des autres et n'ai pas confiance en moi. je m'immerge dans les études pour trouver un fondement à mon existence car selon moi je ne compte pour personne. nous rencontrons des problèmes conflictuelles dans la famille car personne ne se soutient et j'ai l'impression de donner sans jamais recevoir en retour.j'ai appris à me suffir à moi même avec le temps et m'enferme dans une fierté qui dissimule ma sensibilité.pour moi je me dois constamment d'être forte pendant que ma mère certes à des problèmes de santé mais se repose la dessus,ma soeur elle regresse et moi je suis hypermatures alors qu'elle à 18 ans et moi 19ans.voilà ça fait du bien de se livrer,je ne me suis jamais confier à quelqu'un là dessus.je sais que ma mère m'aime au fond mais elle reproduit le schémas de sa mère et me confie ses responsabilités en ayant une forte emprise dans ma vie.voilà on s'aime mais on se dispute souvent,ce n'est donc pas une relation saine. dès que j'exprimé mon point de vue pour elle je la juge et la rabaisse car moi je poursuis des études supérieures tandis qu'elle à ecourté ses études . elle ne sait pas ce qu'elle veut et se repose sur son enfance difficile pour légitimer le fait qu'elle soit une femme enfant. voilà on j'espère pour autant avoir un bel avenir et parvenir à profiter de là vie comme il se doit!

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    1. Bonjour
      Il est clair que vous allez devoir passer par une psychothérapie car vous avez beaucoup de choses à évacuer et à travailler. Ne vous privez pas, si vous le pouvez, de cette porte vers une vie plus légère.
      Votre mère vous a déléguer son propre rôle, les circonstances semblaient s'y prêter. Comment voulez vous vivre pour vous puisqu'on vous a appris à vivre pour les autres (frère + soeur) ? Vous ne comptez pour personne ? Vous rejouer là le rôle de votre mère prenez en conscience ! Du fait que votre frère et votre soeur sont grands ils n'ont plus besoin de vous et vous pensez que du coup vous ne servez à rien. Votre vie n'est pas dédier à les élever. Vous comptez pour eux, mais juste comme une soeur. C'est bien suffisant.
      Vous ne vous suffisez pas à vous même, la preuve vous avez écrit que vous ne comptiez pour personne et cela vous blesse. Vous attendez donc des autres qu'ils vous reconnaissent, qu'ils tiennent compte de votre avis, qu'ils vous voient... Il va falloir sortir de là, cette quête est sans fin si vous n'y mettez pas un terme car vous risquez de devenir dépendante du regard des autres et de leur jugement.
      C'est bon votre fratrie est grande, arrêtez de jouer à la mère. Votre mère inconsciemment à trouver des moyens pour ne pas assumer son statut, ce n'est pas (plus) une raison pour prendre sa place (qui vous convient bien tout compte fait mais qui pèse).
      En fait, vous me donnez l'impression de quelqu'un qui cherche à se débarrasser de sa mère, comme cela vous seriez LA mère sans concurrence. Donc vous cherchez à l'infantiliser et vous devenez la mère de votre mère. Pratique non ?
      Sortez de votre famille, la vie n'est pas là. Réglez votre Oedipe (où est votre père dans cette histoire ?) et tournez vous vers le monde.
      Allez hop chez le psy !! ;-)

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