lundi 23 juin 2008

La folie chez l'enfant (psychoses infantiles)

Lecteur, Lectrice venu(e) chercher du sessouel aujourd'hui, passez votre chemin.
Vous pouvez fermer votre navigateur et revenir un autre jour (mais quand ?).
Non d'un teckel, c'est un site sérieux ici, on fait aussi dans la psychologie.
Faudrait voir à pas l'oublier.

Donc aujourd'hui c'est sujet sérieux.
Sujet difficile aussi, car c'est un sujet contreversé.
La folie chez l'enfant existe t elle ?
En terme professionnel, folie = psychose.
Un enfant peut-il présenter une maladie mentale ?

Pour certains l'enfant ne peut pas délirer ni halluciner, donc c'est non.
Pour les psychanalystes, il est difficile de différencier la psychose de la débilité. Ce qui fait qu'il n'existe pas d'analystes spécialisés dans les enfants, puisque toute problématique ramène au temps de l'enfance.
En psychiatrie, c'est oui.
La notion de psychose infantile n'existe qu'en France, les autres pays lui préférant l'expression "troubles envahissants du développement".

Pour faire très simple, chez Freud, l'enfant apprend la séparation d'avec la mère en jouant à "coucou, je suis caché" (la mère est cachée derrière un tissu, l'enfant ne la voit plus et lorsque l'enfant retire le tissu la mère réapparait, ce qui rassure et fait rire l'enfant). L'enfant apprend que lorsque l'autre disparait, normalement il revient pour le rassurer et lui donner une certaine satisfaction. Mais ensuite si l'autre ne revient pas, lorsque la mère disparait, c'est un vérible traumatisme pour l'enfant qui se retrouve confronté à un réel d'absence.
Pour Lacan, l'individu se définit au travers le langage. Dans ses verbalisations, l'enfant appelle l'autre. Si l'autre ne répond pas aux appels, l'enfant peut entrer dans un mutisme ravageur.
Si l'autre ne revient pas ou ne répond pas aux appels systématiquement, l'enfant devient totalement dépendant de la volonté de l'autre. Soit l'enfant l'accepte soit il ne l'accepte pas et il devient psychotique. L'enfant va devoir accepter de se séparer de sa mère, pour devenir "je". Chez le psychotique, cela est impossible, l'enfant continue à parler de lui comme "il".
L'enfant psychotique est soumis, n'existant que pour faire plaisir à l'autre. L'autre est donc perçu comme menaçant.

La composante affective est donc importante dans le développement des psychoses. On sait aussi désormais qu'il existe une composante génétique.

Dans les psychoses infantiles on trouve :

l'autisme et les troubles autistiques qui apparaissent vers 1 an rarement perçue par l'entourage avant 2 ou 3 ans.

L'autisme se présente sous 3 formes :
- l'autisme primaire, qui est une forme "calme"
- l'autisme secondaire, qui est une forme "agitée" révélée par un traumatisme
- le psychoses autistiques qui se subdivisent en :
* psychoses symbiotiques avec une désorganisation apparaissant vers 2 ans suite à un trauma et dans lequel l'enfant "colle" à sa mère
* les formes intermédiaires : l'enfant oscillant sans cesse entre la peur de l'Autre et le besoin de se coller à sa mère.

Les psychoses infantiles comprennent aussi les psychoses à expressions déficitaires dont les symptômes apparaissent dans la première années de vie. Tout allait bien, puis l'enfant prend du retard dans son développement. Peut être liée à une atteinte organique mais aussi à un traumatisme affectif.

Les dysharmonies évolutives de structures psychotiques
Apparaissent vers l'âge de 2 ou 3 ans avec un déficit intellectuel et des troubles de la personnalité qui peuvent évoluer à partir de 4 ans vers un versant psychotique (anxiété avec phases d'agitation et de retrait).

Enfin citons les psychoses de la phase de latence, qui apparaissent à partir de 4 ans et jusqu'à la puberté.
La phase de latence en soi n'est pas source de problèmes particuliers, mais une évolution vers la psychose peut se faire alors que le développement était normal révélant parfois une psychose déjà certainement présente par certains symptômes. L'enfant devient soumis à son imaginaire avec troubles du langage et schéma corporel perturbé de façon progressive.


Dans toutes les psychoses, il existe une régression de tous les développements. Comme disait Freud, on a l'impression que le cerveau se vide.



Bien sur, il faudrait développer tous les troubles de ces psychoses, mais l'article serait vraiment long et peu digeste pour beaucoup de lecteurs et lectrices. Je propose d'y revenir ultérieurement.


Peut-on soigner les psychoses infantiles ?

On ne guérit pas d'une psychose.

La prise en charge nécessite souvent l'intervention de structures spécialisées (psychiatre ou hôpital psychiatrique selon la gravité des déficits).

Il est possible de ralentir l'aggravation des déficits en proposant un environnement familial stimulant et en maintenant une autonomie (avec aide) pour les gestes quotidiens (toilette, habillement, repas...)... avec une certaine mesure afin que l'environnement ne soit pas perçu comme source d'angoisse et d'agression.

Le maintien de la communication n'est pas toujours facile par le verbal et il peut être essentiel d'utiliser des médiations corporelles pour communiquer avec soi et les autres.

La prise en charge est totalement individuelle, selon le type de psychose et les déficits présents. Il s'agit d'éviter l'isolement et de repérer des aptitudes afin de les utiliser et les développer.

Les psychoses infantiles évoluent dans le temps et peuvent se transformer en psychoses adultes (schizophrénie).

15 commentaires:

  1. Ouf..enfin les vacances et plus de stress donc je peux reposter des commentaires...
    Donc moi je pense que "oui" la psychose chez les enfants existe. Je sais pas si c'est un bon exemple pour la séparation mais bon, autant le dire.
    Il y a des enfants vers l'âge de 2ans qui ne veulent pas aller au toilettes pour les selles, il ne veulent pas se séparer car ils ont peur de perdre une partie de leur corps. D'où il peut être d'utilité de faire ce jeu que bizarrement pratiquement tout le monde fait automatiquement: genre "Au revoir Pipi etc..." Je pense qu'il y a du vrai la-dedans.
    Pour les autistes ça sera plus ou moins mon domaine dans 1ans quand je serais en psychomotricité. La thérapie par le jeu. Tout ça est très lié à la psychologie vu que mon futur emploi de temps le démontre (psychologie, psychiatrie, physiologie, etc...)
    Je pense qu'on ne guérit pas d'une psychose mais qu'effectivement on peut aider par différentes

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  2. Eva tu nous feras la fin de ton message ? lol
    Oui la dissociation, le morcellement sont typiques des psychoses.
    Ne pas vouloir allez à la selle pour des enfants en bas âge est une question par laquelle normalement tous les enfants passe. Il faudrait aussi que certains parents expliquent à leurs enfant ce qu'est le "caca" et que le trou par lequel ça sort n'est pas celui par lequel on fait les enfants ni celui par lequel les enfants sortent. Bien des parents ne le font pas ou n'osent pas le faire (ou ne savent pas eux même ! Pour les filles, y a plein de nanas qui ne savent pas qu'on a méat urinaire et qui croient que l'urine sort par le vagin !!). Bref, du coup les gosses sont perturbés, traumatisés même en pensant qu'ils perdent une partie d'eux même, que le "caca" c'est peut être un bébé... Avec tous les traumas qui vont avec...
    On éviterait peut être pas les psychoses, mais en tout cas certaines névroses si les parents s'éduquaient et passaient leur savoir à leurs enfants.

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  3. Est-ce que vous auriez un bouquin à me conseiller sur les psychoses (sujet qui me passionne)? Mais peut-être aurais-je des difficultés à suivre, sans avoir fait les études de base en psycho...

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  4. Les psychoses (séminaire T3) de Jacques Lacan pour une approche psychanalytique. Par contre, il faut je pense être un peu familiarisé(e) avec le discours de Lacan.
    Ensuite des abrégés "classiques" :
    "les psychoses de l'adulte" de Gimenez et Pedinielli.
    Vous pouvez lire là aussi : http://www.causefreudienne.net/publications/la-cause-freudienne/n-66/autisme-et-psychose/

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  5. Passionnant. J'aurai vraiment appris quelque chose aujourd'hui. Et dire que j'envisage sérieusement d'entreprendre des études de psycho. Ca s'annonce exitant.

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  6. mince...
    j'étais trop longue et l'ordi a coupé mon message...snif..
    Euh..je disais donc que les psychoses existent chez les enfants mais qu'on peut les atténuer ou aider les enfants par différentes thérapie corporelles ou autres...
    Le reste du message je ne sais plus trop mais ça doit être à peu près tout..

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  7. Comme vous le dites: la notion de psychose infatile n'existe plus qu'en France... Ailleurs, si on parle de "TED" c'est pour souligner la notion de trouble neurologique (et pas de maladie psychique).

    Vous écrivez qu'on ne guérit pas d'une "psychose infantile". Vous présentez un tableau très sombre où on ne peut que tenter de "ralentir l'aggravation des déficits".

    Si pour ma part je suis d'accord avec vous pour dire qu'on ne guérit pas d'un TED, au contraire il est très possible d'AMELIORER l'état des enfants autistes, en faisant DIMINUER leurs déficits. Pour cela, il suffit de se mettre à la page, et d'utiliser les techniques d'éducation structurée ABA et TEACCH (comportementales et cognitives).

    Quand on voit le TED comme un handicap, on comprend qu'il est possible de faire de la rééducation (comme on fait de la rééducation musculaire après un AVC par exemple). C'est simplement l'objet de ces méthodes.

    Et beaucoup d'autistes peuvent ainsi accéder à une vie adulte partiellement voire totalement autonome, en étant un atout plutôt qu'une charge à vie pour la société. Il n'y a qu'en France qu'on préfère encore parquer les autistes en hopital de jour avec peu d'espoir d'en sortir, et en refusant d'utiliser les méthodes qui marchent... C'est vraiment dommage.

    Je précise que mon fils de 3 ans, diagnostiqué TED à 2 ans 1/2, est aujourd'hui scolarisé avec AVS, parle, et fait tous les jours des progrès. C'est un adorable petit garçon heureux de vivre et qui fait la joie de sa famille, alors qu'il y a un an nous étions au bord du désespoir.

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  8. Pre Castor : En effet, mais votre fils a bénéficié d'un diagnostic précoce. Et c'est tant mieux, car ce n'est pas toujours le cas.
    J'ai en tête l'exemple d'un jeune garçon de 9 ans que je suis depuis 2 ans. Autiste "léger" il n'a jamais été diagnostiqué malgré des suivis avec de multiples intervenants. Des procédures strictes avec implication des parents (enfin !) ont permis à cet enfant de sortir de ses difficultés de communications, de son impossibilité à regarder les autres, de son hyperactivité, sans compter ses TOC et son anxiété. Et qui suis désormais une scolarité normale.
    De nombreuses méthodes sont valables, il faut souvent trouver "le" partenaire avec lequel l'enfant sera en confiance et avec lequel il acceptera de travailler. Mais surtout il faut que les parents s'inquiètent de bon heure et trouvent des praticiens compétents sensibilisés au diagnostic précoce !
    Bonne continuation à vous et votre bout de chou

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  14. Bonjour,
    Je me permets de vous laisser à tous un lien vers le site pyelosophia, car nous venons de poster une émission sur "l'enfant, le fou" : http://pyelosophia.kazeo.com/en-blablatant-avec/L-enfant-le-fou,a2550239.html. Il s'agit d'une émission de philosophie dans laquelle un invité anonyme (ici, un psychologue clinicien spécialiste en victimologie) réfléchit sur un thème donné. J'espère que cela va intéresser ! N'hésitez pas à nous laisser vos avis et vos commentaires... Pye Marlot.

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  15. Pyelosophia : malheuresement impossible d'écouter, il faut un code d'accès semble t il...
    Par contre, je suis tout à fait d'accord avec l'écrit : l'ado schizophrène ne me semble que le résultat d'une volonté (rarement avoué) de rendre l'enfant "fou". J'ai pu constaté que les schizophrènes adultes sont souvent issus de traumas divers et importants, la majorité ont vécu des maltraitances.

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