jeudi 30 octobre 2008

Peut-on... jouer avec ses crottes de nez au bureau ?

Meuuu non, pas si loin !!

Encore une question existentielle s'il en est. La 1 et la 2 sont ici pour ceux qui n'auraient pas suivis (y'en a encore).

Il s'agit aujourd'hui d'un phénomène banal : l'introduction d'un objet oblong dans une cavité chaude et moite qui par des mouvements plus ou moins ordonné permet au sujet d'obtenir une certaine satisfaction.

Tu te dis déjà "youpi ! C'est sessouel !!"

Ca pourrait je te dirais Ô lectrice, Ô lecteur.
Mais soyons courts et brefs, je parlerais ici du doigt dans le nez et de sa résultante : la crotte de nez.

Les parisiens connaissent bien ce phénomène. La pollution a ce côté pratique qu'elle permet la génèse en continue des crottes de nez.

Non, parce qu'il que je vous dise que lorsque j'écris un sujet psychologique je perds mes lecteurs. Alors que les questions existentielles, c'est évident voyons, cela concerne un max de gens : fé-dé-ra-tion !

Les crottes de nez si vous ne savez pas ce que c'est, c'est que soit :
- vous êtes enrhumé de façon permanente et vous voyez nanti d'un nez qui coule, ce qui n'est guère élégant avouons le ;
- vous vivez à la campagne au milieu des prés et des vaches. Et vous ne voyez pas le rapport. Moi non plus.
- vous êtes un sale menteur.

Les crottes de nez on connaît ça depuis qu'on est gosse.
C'est vrai qu'on commence notre vie avec un mouche-bébé appliqué fermement par maman qui aspire (le mouche bébé pas la maman) horriblement le contenu de nos narines et de nos sinus. C'est une expérience très traumatisante qui, à mon humble avis, doit influer sur la future vie sexuelle de l'enfant y a pas à dire (un rapport entre la mère et le nez. Si si).
Puis vient -enfin- l'âge auquel l'enfant est apte à se moucher seul.
"Souffle fort" qu'elle crie maman. Le bruit de la crotte de nez s'extrayant à plus de 100 km à l'heure de la cavité nasale est un souvenir fort qui laisse des trace... au fond du mouchoir (et parfois au fond du slip, surtout si on souffle très fort, mais je m'égare).
Mais bon c'est à un âge scatologique d'environ 6 ans que l'enfant découvre qu'il peut se mettre le doigt dans le nez et en ressortir quelque chose.

Ô diesel
Dieu des camions et des taxis
Ô poussière
Déesse des trottoirs et des travaux
Que jamais ne s'effacent
Et pour toujours une trace
Car pour bien s'amuser
Il faut une crotte de nez.

Beaudelaire lui-même n'avait pas osé.

Bon, c'est pas tout ça, mais je ne sais plus où j'en étais.

Ah oui, la crotte de nez disais-je est un phénomène naturel et automatique de nettoyage du corps. La crotte de nez est composée en partie de morve (matière liquide et salée, proche des larmes) qui vient rincer les cavités nasales qui se remplissent au cours de la journée d'environ 1 kg de poussières et de cochonneries diverses.
Non, pour le trombone, les petits pois et les stylos ca ne marche pas, c'est pas une crue centennale quand même, restons sérieux.

Le gouleyant mix 'liquide + poussières' permet en temps normal à ce mélange de s'évacuer en micro gouttelettes qui s'écoulent sans en avoir l'air ou via l'éternuement. Mais dans un milieu propice où il y a plus de poussières que de liquide, nous nous retrouvons avec une pâte épaisse qui ne peut s'évacuer et qui, selon la température ambiante, aura la possibilité de se durcir par une évaporation aussi inattendue qu'efficace du liquide. Bref, une crotte de nez est née.
Allelouya !!

Vous aurez remarqué que la crotte de nez peut avoir des formes diverses : ronde, allongée, carrée (mais c'est plus rare). Sa texture même est changeante : très dure à molle. Molle oui, surtout au moment où on enfonce le doigt dans la narine. On a alors bizarrement l'impression qu'elle n'attendait que ce moment pour se ramollir voire se liquefier et devenir impossible à évacuer discrètement. Eh bien c'est normal, l'introduction du doigt, organe par nature allongé et flexible, dans la cavité (c'est sessouel je vous dis) déclenche la sécrétion d'une nouvelle inondation liquidienne qui non seulement mouille le doigt mais ramollit la croquette.
Surtout la partie du fond.

Et c'est comme ça qu'on se retrouve bien embêté pour s'en débarrasser.
Car du coup, je vous le donne en mille..
CA COLLE, ANATOLE !
Cette révélation qui vous avait échappée mais qui avait percutée de plein fouet (un peu fort sans doute) mon esprit perversspicace vous donnera l'explication qui justifie l'embarras dans lequel vous vous trouvez après avoir sorti le doigt de votre nez.

Vous me demanderez "oui, mais pourquoi particulièrement au bureau ?"
Et je vous répondrais :
Parce que.

Que faire de ce truc là au bout de votre doigt ?
Plusieurs solutions s'offrent à vous.
Envisageons une régression scolaire : vous collez la crotte sous votre bureau comme vous le faisiez sous votre table ou votre chaise à l'école. Bon à l'école vous faisiez des réserves. Là c'est surtout qu'il faut bien la mettre quelque part. C'est qu'elle est longue la chienne. Si vous prenez un papier et que vous essuyez votre doigt dedans, tout le monde va se douter que vous avez mis votre doigt quelque part (et vous seriez surpris des endroits que fréquentent les doigts des cadres le soir après que l'assistante soit partie) (ou même parfois avec sa collaboration). Du coup, tout le monde se détourne en pensant "beurk" tout en en faisant autant à la première occaz'.

Vous pouvez aussi serrer la main au premier venu afin de passer la patate chaude. Mais le risque qu'elle s'accroche est particulièrement élevé. Nous le savons la crotte de nez est affectueuse, elle est fidèle à son maître. L'odeur sans doute...

Vous pouvez aussi l'avaler. Ce comportement purement scatologique semble procurer quelques sensations fortes et excitantes à ceux qui pratiquent. Car il y a. Plus qu'on ne le croit.

Vous pouvez aussi en faire collection. Ne dit-on pas "décrocher les tableaux" ? D'ailleurs y a bien un mec qui a fait des tableaux avec des mouches mortes et qui est hyper coté, pourquoi pas vous alors avec des crottes de nez, franchement je vous demande ?

Vous pouvez aussi, la rouler entre vos doigts.
Soit elle s'effrite. Pas de bol.
Soit vous arrivez à obtenir une boule bien ronde et bien dure.
C'est là que tout commence...

Elle est là. Au bout de votre doigt.
D'abord bien embêté, vous sentez monter en vous une irrepressible envie de lui faire découvrir le monde. Paf, une pichenette !
Mais vers qui ?
Votre oeil acéré est tout de suite attiré par une personne.
Du coin de l'oeil vous évaluez la distance, les chances d'y arriver, le lieu exact d'atterrissage (cheveux, décolleté, chaussure, dessus du bureau, pot à crayons... vous êtes certainement plein d'imagination criminelle).
Attention, il faut que personne ne vous voit faire.
Et vous aurez vite fait de détourner le regard pour faire comme si de rien n'était. "Non, je n'ai rien vu". "C'est dégueu, on dirait une crotte de pigeon". "C'est une poussière, tiens elle ressemble à une crotte de nez" (cette dernière tirade étant particulièrement perverse et vous aurez plaisir à regarder le mine déconfite et dégoûtée de votre victime).

L'intérêt au bureau est que vous pouvez vous livrer à un concours de lancé de crottes de nez.
Allez savoir pourquoi ce comportement me semble typiquement masculin (un a priori vous croyez ?).
Bref, tout comme le concours de pêt le plus bruyant et comme le concours de la bite la plus longue, le concours de la crotte de nez lancée le plus loin possible n'est pas une pratique ancestrale disparue avec le dernier vestiges de la culture Maya. Non, cela se pratique de nos jours, dans notre Société, peut être près de chez vous... et même chez le mâle adulte métrosexuel.
Je sais, cette révélation réveille en vous des traumas enfouis depuis longtemps.

Mais ne croyez pas que les femmes soient en reste.
Que nenni.
Si le concours de lancé est typiquement masculin, la crotte de nez est mixte. Elle donne dans la parité et gène tout autant dans un délicat nez féminin que dans une grosse patate masculine.
Et les femmes ont les doigts plus fins et les ongles plus longs (c'est pour cela que leurs narines sont moins grosses ?).

Vous me demanderez, "mais pourquoi font-il ça ?"
Et je vous répondrais :
Parce que.

Vous me direz, mais quand même, y a des mouchoirs jetables aujourd'hui.
Oui, le concours de mouchoirs jetés le plus loin possible existe aussi !
Le protagoniste possédant un mouchoir a certes moins de raison de se mettre le doigt dans le nez.
C'est sans doute pour cela que certain n'ont jamais de mouchoir.
Ils faut bien qu'ils justifient leur comportement. Odieux comportement. Forcément...
D'ailleurs, demain au bureau, regardez autour de vous.
Qui possède des mouchoirs ?
Tous ceux qui n'en n'ont pas, à votre avis, que font-ils de leurs crottes de nez ?
Car en fait, soyez conscient qu'en fait il y a plus de crottes de nez autour de vous que de collègues.

Cette vision nouvelle du monde vous apparaissant brutalement, vous me demanderez :
"mais alors que faire ?"
Et je vous répondrais :
(tss tss on ne fait pas les réponses à ma place).

... que cet article était bien trop facile, je l'ai rédigé les doigts dans le nez !


mercredi 29 octobre 2008

La fée Clochette ou le crime passionnel

Les apparences sont souvent trompeuses


C'est marrant la lecture qu'on peut avoir des contes de fée et même des contes racontés via les dessins animés qui ont traversé notre enfance.

C'est marrant surtout comment on oublie, occulte et interprête certaines scènes.

Prenez par exemple Peter Pan.

Je vous avouerais que je n'ai jamais lu l'histoire et que je me suis toujours contentée du film de Disney.
Je n'ai jamais vraiment aimé ce conte. Peter Pan m'ayant toujours paru très égoïste et agressif et la fée Clochette particulèrement maniérée et énervante.
Cette histoire n'éveillant de toute évidence rien de merveilleux chez moi.

J'ai eu depuis la possibilité de revoir ce film à maintes reprises.
Vous compatirez j'en suis sûre, ma vie n'est pas drôle tous les jours.
J'ai surtout eu l'opportunité de regarder ce film avec un regard d'adulte mais surtout à la lumière d'une certaine déformation professionnelle.
J'en conclus que je n'aime toujours pas cette histoire.
De moins en moins.

A chaque fois que je raconte ce que je vois, les gens sont étonnés. "Ah bon, on n'avait pas remarqué." "Je n'avais pas vu ça comme ça". Et j'en passe....
Oui, soyons clairs.
(quel suspens !)

La fée Clochette est un assassin.

Elle n'est pas une meurtrière car cela voudrait dire qu'elle ne l'a pas fait exprès.
Elle est un assassin parce que c'est voulu et planifié.
Et que si Peter Pan n'était pas intervenu le conte aurait pris une tournure d'halloween.

Vous souvenez vous à quel moment la fée Clochette tente de commettre l'irréparable ?
Non ?
Comme beaucoup de personnes.

Souvenez-vous.
Lorsque Peter Pan, Wendy et ses frères arrivent en volant au Pays Imaginaire.
Ils passent au-dessus du bateau du capitaine Crochet et celui-ci leur décoche quelques boulets de canons.
Peter Pan demande alors à la fée Clochette d'aller mettre les enfants hors de danger parmi les Enfants Perdus.
La fée Clochette n'est pas contente.
Elle fait une descente hyper rapide qu'ont du mal à suivre Wendy et ses frères.
La fée Clochette va voir les Enfants Perdus et leur annonce qu'un monstre arrive par le ciel et qu'il faut le tuer.
Les Enfants Perdus sortent leurs armes et tirent des projectiles sur Wendy qui, frôlée, en perd son "équilibre" de vol et chute rapidement et dangereusement vers la terre sous les tirs fournis.
La fée Clochette affiche un certain contentement et encourage les Enfants Perdus.
C'est Peter Pan qui va sauver Wendy avant qu'elle ne s'écrase à terre.
Les Enfants Perdus expliquent à Peter Pan que c'est la fée Clochette qui leur avait dit qu'un monstre arrivait.
Peter Pan banira la Fée Clochette.
Mais Wendy, bonne poire âme, demandera la clémence.

Si vous avez vu le film, vous avez compris dès les premières minutes que la fée Clochette est amoureuse de Peter Pan.
Vous comprenez très vite aussi que l'intérêt que porte Peter Pan à Wendy (qui n'est qu'un intérêt propre à la nouveauté et au fait de vouloir s'accaparer de nouveaux enfants pour mieux les mettre sous sa coupe) ne plaît pas à la fée Clochette. Celle-ci, de toute évidence, a une personnalité colérique, capricieuse, obtue et est capable de crises de jalousies..
En plus elle est blonde (je blague).
Peter Pan fait comme si de rien n'était.
Et pour cause, lui la fée Clochette il s'en fout comme de son premier vol.
C'est juste une esclave de plus qui doit lui obéir.
Nous le savons, Peter Pan se fout de tout sauf de lui-même.
Mais la fée Clochette est plus humaine. Elle ressent des sentiments. Mais elle ne sait pas se contrôler.
Elle est très immature, comme tous ceux qui entourent Peter Pan.
Elle est amoureuse. Or amour et immaturité rendent capable de tout.
Même du pire.
L'occasion se présente.
Elle saute dessus, avec une joie indescriptible.
Elle prémédite : n'est-elle pas jalouse dès le début du film ?
Elle planifie : ne profite t elle pas de la situation pour aller manipuler les Enfants Perdus ?
Elle n'est pas abrutie non plus. Elle sait qu'elle n'a pas les moyens de supprimer cette "petite intrigante" qui vient lui piquer son mec. Elle manipule et convainc des personnes innocentes qui lui font une confiance aveugle.
Les mains des Enfants Perdus seront sa main de justice.

Quel beau crime passionnel !

Un criminel + 1 mobile + 1 situation + 1 cible = 1 victime.
Ca c'est l'adage même de la criminologie.

On a dans Peter Pan :
la fée Clochette
+ la jalousie
+ un vol mal contrôlé sans surveillance
+ Wendy
= une tentative d'assassinat.

Car Wendy est sauvée par Peter Pan lui même ce qui ne fera que renforcer la colère et la haine de la fée Clochette.

Vous avez sans doute constaté que si Peter Pan n'est pas amoureux de Wendy, Wendy n'est pas amoureuse non plus de Peter Pan. Elle l'admire pour sa vie d'aventures. Rien d'autre.
C'est la fée Clochette qui relit ce qu'elle vit à la lumière de sa personnalité et cela vient se "heurter" à ses sentiments. D'ailleurs ce n'est pas pour rien qu'elle est toujours collée à lui.

Vous remarquerez que dans le film jamais la fée Clochette ne tentera de se faire pardonner par Wendy, jamais elle ne tentera de rattraper son geste.
Cela lui paraît tout à fait normal. Après tout, l'objet de son amour ne l'a t il pas pardonné lui ? C'est la seule chose qui importe. Il a même oublié.
Tout comme les spectateurs.
Quant à la fée Clochette, elle arrivera même à se faire passer pour une jeune romantique en allant sauver Peter Pan à la fin du film.
Et les spectateurs se diront que décidemment la fée Clochette "quel courage", "quelle amoureuse prête à tout même à donner sa vie pour l'autre".
Et on la verra même dire au-revoir à Wendy et à ses frères avec un grand sourire.

Trop contente que Wendy dégage le terrain.
Peter Pan il est à elle.
A elle seule.
Et peut être, qui sait, réussira t elle un jour à tuer pour lui.
Ce sera sa plus belle preuve d'amour.

lundi 27 octobre 2008

Un violeur en série à Paris. Et les victimes ?

Un homme averti en vaut deux. Alors en cas d'accident, n'avertissez personne,
ça doublerait le nombre de victimes. (les Frères Ennemis)

A qui le tour ?


Il sévissait depuis un an dans le quartier de la République à Paris. (10ème arrondissement). Un violeur en série a été arrêté et déféré au parquet de Paris la semaine dernière.

Il violait des femmes de 20 à 30 ans qui rentraient chez elles tard le soir dans le quartier de La République à Paris. Toujours selon le même mode opératoire: avec violence pour que la victime ne réagisse pas. L'agresseur, un homme de 27 ans "d'origine polonaise" d'après les premiers éléments de l'enquête, a été déféré au parquet de Paris hier. Il est suspecté de sept viols et agressions sexuelles. Le prédateur sexuel agissait avec violence, plaquant ses proies contre le mur avant de procéder à des attouchements allant parfois jusqu'au viol. "Il s'exprimait très mal en français et baragouinait en anglais, indique une source policière. Certaines femmes en se débattant ont réussi à le mettre en fuite."

Lundi, il a été interpellé chez lui, non loin du lieu de ses crimes et placé en garde à vue. Certaines de ses victimes ont pu reconnaître leur agresseur. Il encourt quinze ans de prison.

Une empreinte retrouvée sur le lieu de l'un de ses crimes, courant septembre, a permis de l'identifier grâce à son ADN. C'est le logiciel Corail de la police qui a permis de faire le rapprochement entre les sept affaires.

Le même jour, un autre violeur présumé âgé de 26 ans a été interpellé dans le Xe arrondissement de Paris et déféré au parquet. Depuis un an on assiste à une recrudescence des violences sexuelles dans cet arrondissement de Paris avec 18,8 % d'augmentation entre 2006 et 2007.


Vous remarquerez qu'on ne nous parle pas des victimes.

Comme toujours dans ce type d'articles, on ne sait rien sur elles.

Tout juste une tranche d'âge.

La police vous répondrait qu'il ne faut rien dévoiler car cela permettrait à l'agresseur de savoir ce qu'elle sait sur lui. Il serait alors susceptible de changer de quartier, de mode opératoire, de type de victimes... (encore que là il est arrêté l'agresseur...).

Ca c'est le discours que m'ont toujours tenu les forces de l'ordre lorsque je me suis penchée sur des profils d'agresseurs.

Car dans un profil il s'agit aussi de proposer des stratégies de prévention pour les personnes susceptibles de devenir des victimes d'un agresseur donné.

Le recours le plus simple et évident est d'avoir recours aux médias : expliquer clairement au public à quoi ressemblent les victimes, comment elles sont trouvées, attaquées et dans quel lieu.

Parce que, faut bien l'avouer, les forces de l'ordre ne peuvent surveiller toutes les éventuelles victimes (faudrait déjà savoir qui elles sont...)

Ben non m'a-t-on toujours répondu. Pas question. Ce serait donner du grain à moudre à l'agresseur et il risquerait de nous glisser entre les mains. Attendons plutôt que l'agresseur commette une erreur. Une de celle qui fera qu'on aura une bonne piste et qu'on pourra l'identifier.

Certes. C'est un point de vue qui se défend vous dirais-je.

Mais est-ce que cela se défend encore lorsqu'on est une éventuelle victime ?

A partir de combien le nombre de victimes devient-il inacceptable pour qu'enfin on se décide à faire de la prévention ? 7 comme ici ? 16 comme dans d'autres cas ? Plus peut être ?

7 femmes violées. 7 femmes détruites. A vie. Une vie désormais passée à tenter de ne pas culpabiliser, de ne pas avoir honte, d'être capable de redevenir un être humain dans sa tête.

Je ne vous raconte pas cela parce que ce sont des femmes. Un homme violé est lui aussi détruit.

Ce que je veux dire c'est que l'arrestation de l'agresseur n'a pas de prix. Ou plutôt les vies de toutes les victimes ne valent pas plus que celle que leur attribue leur agresseur.

"A la prochaine on l'aura !". Mais la prochaine elle se serait bien passée de devenir l'appât pro-actif de la police et de se voir détruire juste pour satisfaire la Justice.

Je vous dirais, les associations d'aide aux victimes ne facilitent pas la tache non plus.

Parce que les associations d'aide aux victimes ne veulent pas qu'on fasse de prévention, surtout dans les médias. Surtout pas.

Oui, je sais ça vous paraît dingue. Pourtant c'est ce que je constate tous les jours.

"Ho la, vous allez nous les stigmatiser nos victimes" qu'elles disent.

En gros, si on écrit dans les médias que les victimes sont, je ne sais pas, disons, blondes, petites, portant des talons hauts, rentrant tard le soir, pas accompagnées et bien on a :

1. des blondes, petites à talons hauts, rentrant seule tard le soir, qui si elles sont agressées se diront "c'est de ma faute, on m'avait prévenue" et qui vont déprimer et se survictimiser.

2. des agresseurs, des avocats et mêmes des juges qui diront "mais ma petite dame vous étiez prévenue, vous correspondiez au profil et c'est de votre faute, fallait pas porter des talons et rentrer seule à cette heure là. Vous l'avez cherché, allez hop, pas coupable l'agresseur".

Ca c'est le discours des associations d'aide aux victimes.

Qui tiennent le même discours depuis 1960, sans tenir compte des évolutions légales et des évolutions des mentalités (je sais, y a toujours des machos pour dire qu'une nana en mini et talons si elle dit non elle pense oui. Mais c'est pas ceux là les violeurs).

C'est pour cela qu'on ne dispose pas en Europe de statistiques sérieuses sur les victimes.

"Et puis, ma petite dame, vous allez nous créer un sentiment de panique !".

C'est vrai, 4 lignes dans Le Parisien pour signaler qu'il y encore un violeur en série dans le 10ème arrondissement, ça suffit amplement. Faudrait pas que ça fasse une demi page.

Vous imaginez toutes les femmes qui se mettraient à rentrer accompagnée et/ou moins tard, tout en regardant derrière elles lorqu'elles ouvrent et ferment une porte, qui feraient gaffe en sortant de chez elles !

Non mais où irions nous ? Moins d'agresseurs ? Mais c'est la ruine de la Société que vous voulez ma petite dame ! Rien de moins ! Tous ces policiers au chômage, tous ces magistrats moins surchargés, toutes ces sociétés de sécurité en faillite et toutes ces associations d'aide aux victimes qui ne serviraient plus à rien !

Non non, pas de prévention, on vous dit !

Juste un entrefilet. Parce qu'en fait le héros c'est l'agresseur.

Et puis la victime elle a qu'à aller voir un psy.

samedi 25 octobre 2008

L'éco-psychologie

Tourner le dos à un arbre, est-ce tourner le dos à sa vie ?


L'éco-psychologie ou comment planter un arbre dans notre inconscient...

L'éco-psychologie est une nouvelle "branche" de la psychologie.. qui vient en réponses aux préoccupations écologiques de nos concitoyens.

Ce concept est né aux USA dans les années 80.
Partant du principe que l'être humain fait partie de la nature, et qu'en vivant en milieu urbain et industriel nous nous sommes coupés de l'environnement, il devient essentiel de renouer avec nos "racines".
Ce qui permettrait de mettre fin à la dépression, au stress...
Il s'agit, d'après les fondateurs, de renouer avec notre "inconscient écologique".
Protéger la planète, c'est nous protéger nous même.
Fort de ce principe, il faut donc changer de comportements afin de s'unir de nouveau avec notre planète qui nous parle d'amour, de respect et de confiance.

Réconcilier l'individuel et le collectif.
De la thérapie écologique individuelle surgirait la prise de conscience collective qui permettrait à nos Sociétés de mettre fin à leurs comportements écologiquement négatifs.
Vouloir le bien de la planète tout en s'occupant de son propre bonheur.

L'éco-thérapie est basée sur la rencontre entre l'individu et la nature : enlacer un arbre, verbaliser un souvenir de promenade sur une plage, jardiner, verbaliser ou écrire sur ce que l'on voit...

Des cures écologiques sous forme de stages d'immersion écologique et des week-ends de communion avec la nature ont déjà vu le jour afin d'aider les patients en mal-être à renouer avec leur inconscient écolo.


mercredi 22 octobre 2008

Le viol au travail...


L'Association pour la Prévention et la Médecine du Travail (AMET) à publié en début d'année les résultats d'une enquête menée en 2007 auprès de 1545 femmes travaillant dans des entreprises en Seine Saint Denis.

45 % de femmes sont victimes de blagues sexistes ou sexuelles (n = 695)
20 % sont victimes d’injures sexistes (309)
14 % sont victimes de pornographie sur leur lieu de travail (affiches, fonds d’écran, films) (216)
13 % sont victimes d’avances sexuelles verbales (200)
13 % sont victimes de gestes déplacés (200)
9 % sont victimes d’avances sexuelles non désirées (139)
2.5 %sont victimes de pelotages (fesses, cuisses, seins) (38)
1.6 % sont victimes de voyeurisme (24)
0.4 % sont victimes d’attouchements sexuels (6)
0.6 % sont victimes de viol (9)

97 % de ces femmes n'ont pas déposées plainte contre leur agresseur.

Les victimes sont principalement des femmes, jeunes, célibataires, souvent avec un enfant, stagiaires ou intérimaires.
Donc des victimes en situation précaire, donc fragiles, qui ne peuvent se permettre de perdre leur travail et de se faire licencier.

A partir de cet échantillon ont évalue qu'au moins 500 femmes sont victimes de viol au travail en Seine Saint Denis.
Ce chiffre permet difficile d'évaluer le nombre au niveau national, mais on estime que seulement 5 % des viols donnent lieu à déclaration à la police.


Pour avoir beaucoup été missionné sur des cas de harcèlements sexuels, il faut bien admettre que le nombre de "cas" a pourtant franchement diminué dans le cadre des plaintes judiciaires liées au milieu travail. La difficulté en vient certainement que c'est à la victime qu'il faut prouver les allégations de harcèlement. Et que c'est souvent difficile, il faut bien le reconnaître.

Toute la difficulté est de savoir où commence le harcèlement sexuel.
Par contre on sait où ça finit.
Pour chaque femme, un vécu différent, une éducation différente et donc une tolérance différente à l'environnement masculin.
Ainsi pour avoir effectué des missions sur des chantiers et m'être retrouvée avec une seule autre femme dans un environnement composé de 150 mecs, le constat est facile. La tolérance aux blagues à contenu sexuel est très variable. La réaction aux contenus des blagues sexistes aussi. Soit ça fait rire et on a le sens de la répartie, soit ça ne fait pas rire et c'est vécu comme une agression personnelle.
Je peux être pire que les mecs, cela ne me gêne pas.
Mais ma collègue de toute évidence n'avait pas la même perception. Elle était souvent en colère et gênée et finissait par sentir concernée (d'autant plus que les mecs voyant que cela la mettait mal à l'aise en rajoutaient).

Or la notion de harcèlement est là, dans la notion de gêne.
A partir du moment où il y a gène et que cette gène est exprimée, le comportement qui met mal à l'aise doit cesser, sinon il y a harcèlement.

Je ne parle bien sûr pas des attouchements.
Pour en avoir subit (quelle femme n'en n'a pas subit ??), c'est insupportable. Et si je comprends que les tribunaux fassent la différence entre un attouchement et un viol, au niveau du vécu je ne suis pas sûre qu'il existe une si grande différence. Un attouchement, c'est se sentir atteinte dans son intégrité physique, dans son intimité. C'est être non respectée en tant qu'être humain, traitée en objet, en poupée gonflable qui n'a pas le droit à la parole et qui est censée trouver cela agréable. On se sent salie.

Mais que dire d'un collègue qui vous met la main sur l'épaule ?
Le fait il avec une intention sexuelle ou pas ? Ne le fait-il qu'à une seule personne ou à toutes les femmes qu'ils croisent ? Le fait de faire ce geste sur toutes les femmes le rend il néanmoins acceptable ou a t on affaire à un "profiteur" ?
Mais surtout comment le vit la victime ?

J'ai enquêté dans un service où une jeune femme intérimaire s"était entendu donner du "ma chérie" et s'était fait mettre la main sur l'épaule. Elle a déposé plainte pour harcèlement sexuel.
L'enquête à démontré que ce supérieur hiérarchique faisait cela avec toutes les femmes de l'entreprise. Il les appelait toutes "ma chérie", "ma puce", "ma poulette"... Il mettait systématiquement une main sur l'épaule de la personne pour lui parler.
C'était donc un comportement non lié à une personne en particulier. Cette intérimaire n'était donc pas visée.
Les autres femmes interrogées par la police on affirmer que cela ne les gênait pas et que de mémoire de certaines (qui étaient là depuis quelques années), cela n'avait jamais dérapé.
Il avait été démontré en plus que cette jeune femme avait reçu une éducation catho très stricte.
La victime a été déboutée de sa plainte.

Néanmoins posons nous certaines questions.
Ce type faisait-il la même chose avec ses collègues masculins, leur donnant des petits noms et leur mettant la main sur l'épaule.
Non.
Est-ce respecter quelqu'un que de l'appeler par un petit nom qui relève plus d'une appelation intime que d'un diminutif ?
Non.
Certes on n'est pas dans le harcèlement, on est dans l'irrespect et le sexisme.
Cette intérimaire avait certes levé un lièvre mais pas le bon.

Si on reprend la liste des agressions sexuelles au travail, on constate que ces agressions peuvent être classées en deux catégories :
- celles qui relèvent de l'irrespect de l'autre
- celles qui relèvent de l'agression sexuelle physique

La catégorie des agressions sexuelles est évidentes et ne nécessite pas d'explication.

L'irrespect de l'autre est moins facile à cerner.
Car c'est parfois involontaire. Ainsi placer des photos de filles à poil n'est pas spécialement fait pour embêter la nana présente, mais simplement parce que les mecs aiment ça et/ou que cela fait partie de la "culture" d'en étaler (vous remarquerez que les calendriers des garagistes représentent toujours des nanas nues et que ces calendriers sont édités par de grandes marques automobiles... ). Cette notion de sous-culture doit être prise en compte avant de crier au loup.
Et puis rien n'empêche la nana de mettre des photos de mecs à poil. A mon avis ça fera moins rire les bedonnants de l'environnement.
Attention, j'écris cela, mais vous êtes bien conscient qu'alors on n'est plus dans une culture mais bien dans la vengeance.
Et parfois l'irrespect de l'autre est volontaire. Ainsi pour se moquer d'une nana un peu "coincée" sur les blagues sexuelles, on va lui étaler les photos de filles nues, juste histoire de la faire enrager, sachant en plus qu'elle ne pourra pas agir contre ces comportements.

Et pour revenir au point de départ, si on sait où finit le harcèlement sexuel (aux attouchements et au viol), il est difficile de définir où il commence. Mais certains critères doivent être pris en compte pour définir le commencement :
- la gène de la victime face aux comportements incriminés
- le fait qu'elle aie exprimé son désaccord à son agresseur
- le fait que cette gène est liée à un comportement volontaire de la part de l'agresseur
- le fait que ce qui est perçu comme de l'irrespect ne fait pas partie d'une sous-culture liée au domaine dans lequel travail la victime.


Pour finir, je me fais l'avocate du diable. Si la preuve du harcèlement a été laissée à la victime, c'est que un certains nombres de cas non négligeable, il n'y avait pas harcèlement. Les allégations permettaient d'obtenir un gain pour la "victime" (mutation, prime, licencement négocié..) qu'elle n'arrivait pas à obtenir autrement.

Rappelons juste que le harcèlement sexuel existe aussi dans le sens femme/agresseur vers homme/victime. Ces cas sont rares... au premier abord. Car là encore c'est un sujet tabou.

Dans tous les cas, la diminution des plaintes pour harcèlement sexuel ne doit pas faire croire que les comportements inadaptés et agressifs au travail ont disparu, bien au contraire. C'est juste que c'est difficile à prouver, que l'agresseur est souvent perçu comme un héros dans sa virilité en intra-entreprise et que la période actuelle ne permet pas aux victimes de se retrouver mises sur la touche du marché du travail.


lundi 20 octobre 2008

Peut on... se gratter les couilles en public

C'est pas la peine de tourner le dos va...




... on sait ce que tu nous caches. (vervet bleu)


Dans la série des "peut-on" (et pas des petons hein fétichistes pervers que vous êtes !), attaquons cette semaine une seconde question toujours aussi existentielle (la première question est).

L'intitulé est parlant de lui-même, ce "peut on" concerne tout particulièrement les individus de sexe mâle (et je n'écris pas les hommes car j'ai sans doute aussi des lecteurs transvestis et j'en passe...).

Bref si vous êtes un homme -physiquement parlant- il vous est certainement déjà arrivé de vous retrouver dans une situation que nous dirons "inconfortable" de trucs coincés dans des endroits inattendus et surtout pas pratique d'accès.

Attention je ne parle pas des clés de voiture tombées dans la bouche d'égout.
Non.

Attention, je ne parle pas non plus du mec traumatisé dans sa plus tendre enfance qui dès qu'il croise une fille devient tout rouge et porte la main à sa braguette pour vérifier qu'elle est bien remontée (la braguette pas la fille).
Non.

Parlons simple mais parlons bien.

Ici il s'agit bien de deux catégories d'hommes :
1. l'obsédé sexuel : le libidinal qui ne peut s'empêcher de se remonter les couilles dès qu'il croise une minette.
2. la victime : celui qui subit les aléas de la vie, comme la testicule qui glisse, celle qui se coince, celle qui se tord, celle qui veut traverser pour aller du côté opposé. Sans parler de celles (au pluriel) qui "collent au rideau" par cause du réchauffement climatique.
Sans compter que ça démange et que ça tire
Ah oui, car c'est poilue aussi ces petites bêtes.
(l'épilation intégrale n'étant pas encore entrée dans les moeurs des plus de 25 ans).
Aïe ouille !

Certains n'hésiterons pas à dire que c'est du vécu.
Je leur répondrais sans hésitation que la fréquentation des hommes est une expérience qu'on oublie difficilement et qui laisse des traces... et des souvenirs (la différence est moins subtile qu'elle n'y parait).

Vous aurez remarqué messieurs, que ces situations se présentent principalement lorsque vous êtes dans un lieu public.
La malchance sans doute.
A moins que vous n'adoptiez des positions particulières uniquement lorsque vous savez que vous ne pourrez pas y mettre la main.

Parce qu'il faut bien le dire, si nous femmes, sommes bien conscientes de vos "troubles" on trouve ça très déplacé de voir un mec se réajuster en public.
Parce que les mecs croient toujours qu'ils font ça discrètement (tiens c'est comme lorsque vous vous vidangez d'une envie pressant le long d'un mur et que vous croyez que parce que vous tournez le dos au public vous disparaissez et surtout qu'on ne voit rien !), mais que nenni tout le monde s'en rend compte ! Et chacun de faire semblant de n'avoir rien vu.
Car au fond nous compatissons.
Les autres mecs parce qu'ils savent ce que c'est (et que certains meurrent d'envie d'en faire autant mais n'osent pas et restent avec leur souffrance).
Les femmes parce que de toute façon on comprend (parce qu'il nous arrive aussi des soucis... mais je vais pas tout vous dire, non non).
Et puis surtout parce que vous êtes des hommes et un peu comme on accepte qu'un chien lève la patte sur une roue de voiture, on accepte que l'homme dans sa bestialité se comporte encore avec un certain manque de civilité.

Ah oui j'oubliais, y a ceux qui contournent le problème.
On n'y met pas la main non, on n'est pas -totalement- des bêtes.
Mais ce mâle est pris de soubresauts brutaux qui font qu'il tire son son fute (et son slip) et secoue gracieusement son bassin.
Faut que ça bouge la dedans nomdediou !!
Et le Bolchoï dans son entier de s'extasier devant tant de grâce et de légèreté.

Y a celui aussi qui n'hésite pas à entrer dans le vif du sujet.
Qui se détournant promptement glisse nonchalamment sa main dans son slibard pour redresser la situation, décoincé un poil hyper tendu, gratouiller au passage, bref mettre fin aux souffrances atroces de la bête.
Vous comprendrez maintenant pourquoi j'évite de serrer la main aux mecs.
Vive la bise moi je vous le dis.

Parlerais-je pour finir de l'obsédé, sexuel ?
Ce libidinal horrible, ce lubrique satanique qui, à la croisée des chemins de la minette en jupe, ressent comme un léger picotement au niveau génital et ne peut s'empêcher de se tâter la saucisse.
Pour vérifier qu'elle est toujours discrètement en place ?
Pour cacher ce vilain épaississement que nul ne doit voir ?
Ou juste pour continuer ce qui s'est déjà initié ?
Mais sa maman lui a répété que c'était pas bien de se masturber en public. Alors il obéi à maman, mais bon c'est dur de se retenir.
Y a de grandes chances qu'une fois la minette passée, il se retourne pour voir si l'envers vaut l'avant.
Allez, il ira se finir dans les toilettes au bureau, c'est promis.
Ce mec met mal à l'aise même ses collègues. Y a qu'a voir leurs tronches et l'air contrit qu'ils ont.
C'est vrai quoi, les mecs veulent bien être solidaires. Mais bon y a quand même des limites socialement inacceptables.

L'expression est de nouveau lâchée !
"socialement acceptable".
J'oserais presque écrire "politiquement correct". Car on imagine sans peine, notre président, lorsqu'il était encore assujetti à ses tics nerveux (la thérapie comportementale fait des miracles) porter de temps en temps sa main en dessous de la ceinture histoire, une fois avoir remonté nerveusement les épaules, remonter ses "génitales" pour montrer qu'il est un homme, un vrai et pas seulement un mec à talonnettes.
Chirac lui même n'affirmait-il pas que "ça lui un touchait une sans faire bouger l'autre" ?
Ca veut surtout dire qu'il ne porte pas de boxer ou de slip en élastanne, celui où y a rien qui flotte, car dans ce cas, y a longtemps qu'il aurait compris qu'elles ne faisaient plus qu'un, unies dans la position et dans la chaleur aussi.

Mais je m'égare comme souvent.
Si l'homme se doit de ne pas montrer qu'il rencontre quelques difficultés au quotidien avec tout ce qui dépasse (non pas le nez) et que comme toute autre partie du corps la zone génitale est susceptible de ressentir des tiraillements et des démangeaisons. Ajoutons qu'en plus cette zone est composée de parties corporelles mobiles sans cesse en mouvement du fait de la régulation thermique corporelle (oui mâle, t'as chaud ça descend, t'as froid ça remonte, l'as tu remarqué ?) nos règles lui imposent de régler ses problèmes en totale discrétion voire de ne pas les régler du tout et de subir les affres de l'enfer afin de ne pas choquer les puritains concitoyens que nous sommes.
Car, et c'est tout le problème, bien que la zone génitale ne se limite pas à la zone pénienne, c'est pourtant à cela que pense en premier l'entourage bien pensant (ben tiens).
Tout ceci n'est pas étranger à la création des matières synthétiques moulantes certes mais surtout fixatives (Uhu avait bien proposé une solution mais elle n'a pas eu le succès escomptée) afin que l'homme puisse vivre son quotidien sereinement en oubliant et en faisant oublier qu'il possède des attributs mâles.
Ce qui n'est pas sans problème, car l'attribut mâle imposant attire la femelle.
Les créatifs s'en sont vite aperçus qu'ils ont créé des slips moulants, fixants mais mettant en valeur les attributs masculins. Vous apprécierez à sa juste valeur de savoir que le Wonderbra du slibard est déjà là (et ça coûte moins cher qu'une injection et qu'une prothèse testiculaire. Qui a pensé injection saline et pompe ? hum, je vous surveille).

Mais garde à vous, les doigts sur la couture, que rien ne bouge... et ne se coince !


Comment ça ce blog part en couilles ?


vendredi 17 octobre 2008

Soyons "fashion" : les tendances de l'hiver

Cette fois encore il fait beau et vous allez presque tous partir en week end.
Donc ce n'est pas la peine que je me fatigue à vous écrire quelque chose d'intéressant.
Même la caissière du Champion me l'a dit, ce week end elle part à Deauville.
Moi, ca me fera plus d'espace dans les musées. Tant mieux.

Je vous l'ai pas dit, mais je marche beaucoup.
En fait, j'adore ma voiture, mais j'aime bien marcher.
Surtout par un temps pareil, ce serait dommage de ne pas en profiter.
Et puis aujourd'hui, un mec qui jonglait dans la rue et devant lequel je passais, m'a dit que j'étais très jolie.
M..., il y a bien 3 mois qu'un mec ne m'avait pas fait un compliment dans la rue.
J'étais désespérée. J'avais presque faillit sortir mon push-up ! Lol

Marcher, cela me permet -aussi- d'observer les gens dans la rue et aux terrasses des cafés.
Oui parce que ceux qui se mettent en terrasse en général s'y mettent pour observer ceux qui passent. Mais moi je les regarde bien dans les yeux puis de bas en haut.
Bref, je suis l'observeuse des observeurs.
J'en déduis plein de choses sur la vie des personnes que je croise.
J'en imagine aussi.

Mais s'il y a une chose que j'aime "sentir" ce sont les tendances mode qui se profilent.
Allez savoir pourquoi je suis plutôt forte à ça.
J'aime bien devancer les modes. D'ailleurs je veux toujours le truc qu'on ne trouve nul part mais qu'on trouvera partout 3 mois plus tard mais que je ne voudrais plus alors.


Alors cet hiver.

Pour les mecs c'est simple.
Le jean baggy taille basse tient encore la dragée haute.
Mais l'élastique du slip ne se montre plus.
Le slim pour les mecs est out.
Il faudra envisager la doudoune courte ouverte sur un T-shirt manches longues avec slogan imprimé.
La chaussure baroudeur est encore là. Style Timberland ou baskets montantes, lacets défaits.
La coiffure cet hiver c'est le cheveu, long et en catogan.
Histoire de montrer ces piercings aux lobes d'oreilles, stretchés s'il vous plaît.
Bref une allure plutôt estudiantine et baba cool qui se confirme même chez les plus de 25 ans.

Pour la nanas c'est plus compliqués (comme il se doit !).
Exit le rouge cet hiver, ça c'est la couleur de l'automne pour les vestes. Fini aussi le violet que l'on a vu partout en pantalon, en T-shirt et en pull (que Carla Bruni sorte de ce corps !). Ringard le gilet manches courtes en (fausse) fourrure.
Le moulant revient en force.
Le caleçon (noir bien sur) ou le pantalon moulant bien le popotin.
Les pulls collés serrés plutôt longs, mais gris. Gris clair ou gris chiné auront la préférence c'est évident.
Pour les chemisiers on tablera sur le vert vif ou le orange bonne mine (les 2 couleurs étant complémentaires).
Le blouson ou la doudoune fine serrés à la taille -noirs bien sur- seront préférables à toute autre chose, mais pour celles qui n'aiment pas, il leur reste le manteau à carreaux noirs et blancs forme trapèze, mais alors à porter ouvert.
Porter du moulant oui, mais pour montrer ses formes (fesses, seins) à mettre en valeur la saison à venir.
Le physique Pamela Anderson a encore son mot à dire.
Les anorexiques, les androgynes et les tailles 36 (voire moins) sont totalement out cet hiver. Elles continueront à porter les tuniques flottantes style femmes enceintes pour planquer ce que les autres ne voudront plus voir.
Pour les chaussures, ce seront plutôt des bottes. Hautes jusqu'au genou, mais aussi une montée en force des cuissardes.
Le tout avec talon haut mais large afin de rester confortable.
Le retour du cheveu naturel (à bas le lisse) et mi-long.
Bref, une allure moulée, élégante mais sexy qui permettra de casser le tristounet des couleurs.



Sinequanone a tout faux !


Même Devernois fait mieux, c'est dire !


Mais Axara a tout compris.
Ouf.








Tiens, je me verrais bien bosser chez Nelly T. le cabinet des tendances.
J'irais me balader toute la journée et je reviendrais le soir vendre pour quelques milliers d'euros à des clients impatients ce que j'ai vu et pour lesquels ils essaieront de vous faire croire 6 mois plus tard que c'est leur génie créatif qui l'a pondu. Alors que tout vient de la rue...


jeudi 16 octobre 2008

Le pédophile arrêté !!

Vous vous souvenez sans doute de l'appel lancé par Interpol pour retrouvé un pédophile abuseur de jeunes enfants dont je m'étais fait l'écho sur ce blog.

Eh bien il a été arrêté à New Jersey aux Etats Unis.


On a retrouvé chez Wayne Nelson Corliss 100 photos (sur 800) prises en Asie du Sud Est alors qu'il agressait sexuellement des enfants, dont ses 3 dernières victimes, de jeunes garçons agés entre 6 et 10 ans.

Cette arrestation a été rendue possible à la demande de la police Norvégienne grâce à la collaboration entre Interpol et l'US Immigration and Customs Enforcement et à l'effort des médias et du public a faire passer l'information.

mardi 14 octobre 2008

L'inceste psychologique

Beaucoup d'internautes arrivent en ce moment sur mon site en posant la question d'inceste psychologique ou pour savoir "où" commence l'inceste.

Rappelons déjà simplement pour mémoire qu'il ne faut pas confondre "inceste" et "pédophilie". L'inceste se place à l'intérieur de la famille. C'est la sexualité entre ascendants et descendants ou entre collatéraux. Père/fille, père/fils, mère/fils, mère/fille mais aussi soeur/frère, oncle/nièce ou neveu, grand-père/petite-fille ou petit-fils...

L'inceste est majoritairement commis par les hommes (90%). Ce qui veut dire qu'environ 10 % des rapports incestueux sont commis par les femmes (à ne pas confondre avec les maltraitances sur enfants qui là sont très majoritairement le fait des femmes).

Où commence l'inceste ?
Au yeux de la Loi, seulement lorsqu'il y a relation sexuelle, donc pénétration.
C'est donc un fait avéré.
Mais il est clair que la sexualité ne s'arrête pas là et on devrait la considérer au sens large. Il n'y a pas besoin de pénétration vaginale, les pénétration anales ou buccales devraient être envisagées aussi comme rapports sexuels. Ajoutons que, dans l'inceste, il y a une notion de rapport de force : l'ascendant (adulte) étant considéré comme ayant autorité sur le descendant (enfant).

Il n'y a pas d'âge pour l'inceste. On retrouve des agressions sexuelles sur bébés de 6 mois au plus. Mais cela peut commencer bien plus tard.
Une de mes patientes avait subi pendant 5 ans les assauts de son père. Cela avait débuté lorsqu'elle avait 12 ans, son père ayant voulu en toute "charité" lui expliquer que maintenant elle était devenue une femme et qu'il était temps qu'elle apprenne certaines choses de la vie.
L'enfant comme l'ado fait confiance. Si l'adulte lui dit que c'est normal et que cela se fait entre "parents", pourquoi ne le croirait-il pas ? S'il ne peut pas faire confiance à ses proches à qui pourrait il faire confiance ?

Il est rare que l'inceste dépasse l'adolescence, car à un moment soit l'ado en parle, soit il entend parler autour de lui et comprend que ce qui se passe à la maison n'est pas normal et menace le parent.

L'inceste peut se transmettre d'un enfant à l'autre. Le premier enfant devenant trop âgé, l'agresseur peut décider de passer à la petite soeur ou au petit frère.

Enfin l'inceste n'attend pas les générations. Un homme qui a agressé sexuellement sa fille peut très bien continuer ensuite avec les enfants de sa fille.

Toute la difficulté dans l'inceste c'est donc qu'il n'y a pas toujours viol.
C'est aussi le problème du consentement.
Un ado a qui on dit que c'est normal et qu'il faut en passer par là, va se laisser faire et même y prendre du plaisir.
Le dégoût, la honte et le déni ne viendront que plus tard, lorsqu'il y aura prise de conscience.
Lorsque je parle de plaisir, je ne veux pas dire que l'enfant ou l'ado aime ça. Mais le corps est ce qu'il est. Titiller, il réagit, même lorsque parfois psychologiquement le dégoût, la peur ou l'indifférence sont là.

"Psychologique" le mot est lâché.
Et c'est une autre difficulté. L'inceste n'est pas toujours lié à des relations sexuelles.
Il existe la notion "d'inceste psychologique".
Ce type d'inceste fait autant de dégâts sur le psychisme que l'inceste physique.
Je prendrais l'exemple d'une de mes jeunes patientes.

5 ans. Les problèmes comportementaux (exhibitionnisme, automutilations, agressions verbales et physiques sur les autres enfants, irrespect face aux adultes, attouchements sur les autres enfants) et les faibles résultats scolaires à l'école affolent l'enseignante qui demande à la psychologue scolaire de voir l'enfant. Entretien, discussion avec les parents qui nient tout problème. Les comportements ne changent pas. Signalement.
Les parents sont placés sous surveillance administrative pendant 6 mois (qui sera renouvelée 2 fois et ils ne verront jamais personne comme il se doit). L'enfant doit être suivie en CMP.
Les parents refusent ce suivi et prennent contact avec moi.
Ils veulent un regard extérieur sur la situation.
Je me déplace chez eux.
Un couple, 2 enfants (1 garçon, l'ainé et une fille). Chaque enfant a sa chambre. Les parents dorment dans un canapé lit au salon.
La gamine est heureuse de me voir. Elle a encore sa tototte. Elle fait des cauchemars. Elle rêve de son père, a peur des loups et des monstres dans sa chambre. Décrit des images pornographiques.
Malaise total en sortant.
Signalement au procureur ou pas ? Je vais effectuer plusieurs déplacements chez eux pour cerner la question.
Je constate qu'il n'existe aucune intimité.
On vit porte ouverte. Personne ne ferme la porte des toilettes, personne ne ferme la porte de la salle de bains. J'apprends que chacun peut circuler nu. Chacun entre et sort d'une pièce sans jamais frapper à la porte ni même demander si l'accès est possible.
Le frère dort parfois avec la petite.
La petite, lorsqu'elle a peur la nuit, va dormir avec son père. La mère s'éclipse dans la chambre de la petite ou parfois dans la chambre du fils qui est plus près.
Le canapé lit est donc le lit des parents, qu'en fait ils ne ferment jamais, et pour regarder la télé les gosses sont affalés dessus.
La mère si elle est là physiquement, est absente psychologiquement, toujours accrochée sur son mobile, les gosses laissés à eux mêmes en toute autonomie et elle est incapable par pudeur de fournir une seule explication sur comment on fait les bébés (je serais chargée de faire le cours. Le psy sert à tout, je vous l'ai déjà dit. Ce qui va affoler les parents !).
Le père, travaille tard, et est de toute évidence quelqu'un de violent qui se retient physiquement mais se défoule verbalement (il a essayé avec moi... Il est mal tombé !). Mais il est en admiration devant sa fille, la trouve surdouée (alors qu'elle est incapable de retenir quoi que ce soit), la manipule comme une poupée.
Le soir, les parents regardent les films "chauds" le son à fond en pensant que les gosses n'entendent rien.

Est-ce que vous sentez où est l'inceste ?
Non pas dans la lit avec le père. Car après de nombreuses tentatives (croyez moi) pour tirer les vers du nez de la petite, il s'avère qu'elle ne fait que dormir (mais que son père ronfle !).

Alors on récapitule, on a :
- des adultes qui passent à poil
- devant des enfants en âge d'avoir accès à la pudeur
- sans fournir d'explication sur les différences sexuelles et les différences enfants/adultes (d'où angoisses et cauchemars)
- une absence d'intimité
- on entre et on sort de partout sans demander l'autorisation (la fantasme étant qu'on peut peut être entrer dans le corps aussi sans demander l'accord)
- le grand frère de 9 ans dort avec la petite (le grand frère ça commence à le titiller et il raconte des trucs qu'il faudrait pas à la petite et il lui fait aussi des guili guili qu'elle trouve très drôles)
- la petite dort avec le père (ah le papa roi qu'on a que pour soit et qu'on va épouser plus tard puisque maman est prête à laisser la place)
- la mère qui dort dans la chambre du fils (Ah la maman reine qu'on a que pour soi puisqu'elle est prête à quitter papa. Et puis une maman, ç'est aussi une femme, une vraie...)
- une mère qui laisse ses gosses totalement autonomes (c'est vrai à 5 et 9 ans on est assez grand pour se comporter comme des adultes et à laquelle on ne peut poser aucune question parce que soit elle ne veut pas répondre soit elle a pas le temps)
- le père violent (a qui on ne peut poser aucune question et qui les renvoie vers la mère)
- un père à la fois très lointain (qui rentre tard) et trop proche (qui admire sa fille et dort avec elle)
- le canapé lit des parents qui sert aux gamins à se vautrer dessus (c'est le lit des parents avec leurs odeurs et les fantasmes que cela génère sur la sexualité parentale et des fantasmes de sexualité parents/enfants...)
- les sons des films porno titillent les activités de fantasmes (sans compter que les gosses doivent parfois se demander si ce ne sont pas les parents ou/er regarder en douce ce qui se passent sur l'écran).

A la lecture de tout cela, ça paraît évident, mais cela ne l'est pas en fait, car on découvre les choses petit à petit avec du temps, au hasard, parfois en rebondissant au détours d'une conversation...

La petite est totalement destructurée.
Une dépression évidente, des préoccupations sexuelles omniprésentes avec des dessins sombres et phalliques, pas de projection dans l'avenir, le regard fixe, un énorme besoin de contact visuel rassurant, des fantasmes de sexualité.

Il n'y a pas que l'inceste psychologique dans sa problématique, il y a aussi la négligence maternelle et l'Oedipe.
Mais les troubles comportementaux qui s'expriment à l'école viennent de l'inceste psychologique.

Il va falloir 1 an pour régler cette problématique là.
1 an pour faire prendre conscience aux parents que ce qu'ils font "ce n'est pas bien" (surtout qu'ayant élevés déjà 3 autres grands enfants, on va pas leur apprendre comment faut faire voyons !), leur faire admettre que leur fils commence à s'éveiller à la curiosité sexuelle un peu trop "sonore" et que tout cela empêche le psychisme de leur fille de se construire correctement, qu'il la traite comme une adulte qu'elle n'est pas, qu'elle a accès à des images sur la sexualité qu'elle ne devrait pas voir et qui en aucun cas ne devraient lui arriver sans discussion, explication, filtre parentaux.

Toute la famille y a gagné, chacun a repris son rôle, sa place, sans débordement dans l'intimité de l'autre.
Les dessins de la petite fille se sont colorés et sont apparus les papillons et les princesses. Ses comportements à l'école se sont "normalisés".


L'inceste psychologique, tout comme l'inceste physique, se défini à travers des comportements considérés comme intrusifs par l'enfant. Il laisse les mêmes blessures psychiques à court comme à long terme s'il n'est pas diagnostiqué ou révélé et pris en charge de bonne heure.






Elle se voit comme ça...




....Il la voit comme ça.

vendredi 10 octobre 2008

Peut-on pêter dans les ascenseurs ?

"Je le jure, Monsieur le Pompier, c'est pas moi qui ait pêté..."


Cette question gravement existentielle je la pose lorsque la majorité de mes lecteurs sont partis en week-end.
En France il faut à peu près beau (s'il avait fait au moins ce temps là au mois d'août...), les parisiens sont partis vers Deauville (pour ceux qui ont les moyens) ou Dieppe (pour ceux qui n'en n'ont pas et sont réduits à se taper les restau touristiques du bord de mer). Les Lillois sont partis faire leur courses en Belgique. Mes amis canadiens se sont donnés rendez-vous à Chicoutimi et mes amis Belges... Ben je sais pas où ils sont allés, mais ils y sont.
Et eux non plus ne seront pas là, à lire ma réponse à cette grande question.

Non, parce que je la pose cette question.
Combien de fois n'êtes vous pas entré dans un ascenseur et ça puait du diable. Et vous vous êtes dit que le mec (ça ne peut être qu'un mec) qui était dans l'ascenseur aurait pu s'abstenir ou bouffer moins de cochonneries.

Ceci dit, c'est un peu facile.
Qui n'a jamais pêté dans un ascenseur ?
Ceux qui vivent au fond de l'Amazonie.
Ceux qui habitent au rez de chaussée.
Mais peut être qu'ils travaillent en étage ou même se risquent le samedi à emprunter les ascenseurs des grands magasins pour piquer la place des mamans avec leurs poussettes.
Vous vivez en RDC, vous travaillez à l'entresol et vous faites tout pour ne pas être la 75ème personne dans l'ascenseur des Galeries Lafayette, la personne de trop qui fait que l'ascenseur ne se ferme pas ?
Eh bien, je peux vous le dire, pêter dans l'escalator ça n'a pas la même valeur.

J'ai une ex-connaissance, un mec (bien sur) qui ne supportait pas la pétasse blonde (on le comprend).
Dès qu'il se retrouvait seul avec l'une d'elle, paf il pêtait, ne s'excusait pas, descendait à l'étage suivant et sortait en laissant ceux qui montait face à la blondasse et à l'odeur pestilentielle.
Rien ne l'amusait plus que d'imaginer les "montants" se dire que la belle blonde avait pêter et qu'elle allait se sentir toute genée face aux regards désapprobateurs voire narquois.
C'en était jouissif.
Vous me direz que pour certains mecs, on comprend comme ils ne peuvent plus jouir d'autre chose, faut bien qu'il trouve un autre moyen...

Bref, tout ça pour poser cette grave question : peut on pêter dans un ascenseur ?
Parce que socialement, la réponse est nette, c'est non.
Montrer qu'on ne sait pas contrôler son corps, c'est mal.
Surtout l'intérieur (alors qu'ajourd'hui il faut aussi contrôler l'extérieur).
Rôter, pêter.
La joie des enfants de niveau primaire. Les profs vous le disent, c'est l'âge scatologique.
Ca les amuse beaucoup, ils rigolent comme des fous tout en disant c'est beurk.
Surtout les filles.
Parce que les petits garçons, ils font entre eux des concours de celui qui rôtera ou pêtera le plus fort.
Chez les garçons, si vous aviez encore des doutes, ça perdure. Même quand ils sont adultes, ils font les mêmes concours dès lorsqu'on les laisse seuls une soirée.
Y'en a même qui sortent les briquets.
(attention, dans ce cas je déconseille vivement l'utilisation d'accessoires comme le hamster).
Certains parents n'apprennent ils pas à leurs enfants que c'est sale ?
Ce qui veut dire que l'intérieur du corps est sale et que tout ce qui en sort est sale et que tout ce qui est susceptible d'y entrer puis d'en sortir est sale... Vous voyez où je veux en venir. Que de belles névroses en perspective !

Mais est-ce notre faute si nos bactéries pêtent ?
(ici commence une leçon digne de "c'est pas sorcier")
Oui parce qu'il faut vous dire que ce n'est pas nous qui pêtons, mais nos chères bactéries présentent dans les intestins qui, en bonnes usines de retraitement de nos déchets, rejettent principalement du méthane.
Et quand la cuve est pleine, sous pression, elle se vide.
Le problème est que physiquement, anatomiquement, physiologiquement et dirais-je, intestinalement, ben parfois, c'est difficile de retenir la pression. Même en serrant fort les fesses...

Mais si on nous apprend que ce n'est pas poli, c'est parce qu'on sait qu'on peut tenter de contrôler.
Parce qu'il ne viendrait pas à l'idée de nos concitoyens de décider qu'entendre les gargouillis d'estomac c'est pas poli. Parce que là on est bien embêté car on ne peut rien contrôler.
C'est comme les rides, tant qu'on ne pouvait pas les diminuer, tout le monde s'en foutait, c'était même un signe de sagesse. Du jour où l'être humain a découvert qu'on pouvait les faire disparaître, hop, la chasse aux rides a commencé et c'est devenu l'horreur d'en avoir quelques unes. Le signe de la sagesse étant désormais d'avoir un visage lisse, comme un bouddha engraissé (et dans une Société qui prône l'anorexie et par conséquent la peau qui tombe c'est pas gagné).

Je m'égare, comme d'habitude.

Bref, pêter c'est pas bien. Non, non.
Surtout dans un lieu clos.
Non, parce que franchement toute la substantifique moëlle de la question est là.
Si on pête dehors, à part contribuer un peu plus au réchauffement de la planète (à quand une éco taxe sur les gros pêteurs ?), peu de personnes se rendront compte de ce qui s'est passé (surtout si vous avez la bonne idée de pêter près d'une personne en particulier, puis après votre méfait, de vous déplacez subrepticement tout en glissant mine de rien un "ça pue ici, y'en a vraiment qui sont tout pourris à l'intérieur").

Mais dans un ascenseur, c'est autre chose.
Avant que l'odeur s'en aille, tiens coucou. Le méthane est un gaz lourd, qui a tendance à ne pas s'envoler et à stagner au même endroit. Et au même niveau (pourquoi croyez-vous qu'on met les trappes d'ascenseur en haut ?). Ce qui veut dire qu'au premier abord on ne sent rien lorsqu'on entre dans l'ascenseur puisque le nuage reste au niveau de là où il est sorti. Puis avec le mouvement de ceux qui entrent, le brassage d'air fait que le nuage se disperse dans l'air ambiant. Et paf, ça arrive au nez. Du coup, on ne sait plus si c'est celui qui est sorti qui a pêté ou si c'est un des compagnons de voyage qui se soulage.

Et puis c'est toxique. Imaginez si tout le monde dans un ascenseur se met à pêter. Du méthane à tout va, plus assez d'oxygène.
Fermez les yeux et imaginez.
La porte de l'ascenseur s'ouvre et là sous les yeux ébahis de ceux qui poireautent devant la porte, une vision d'horreur.
10 personnes étendues par terre. Des enfants décédés, d'autres personnes encore en vie mais qui respirent avec difficulté.
Asphyxie qu'ils diront les pompiers.
Gaz toxique. Guerre bactériologique. Al Quaïda peut être.
Gaz sarin ?
Non, méthane.
"Wouaaaaaaaaaaah" clame la rumeur.
Une fuite dans l'immeuble ? Déjà c'est la panique.
Non.
Enfin oui. Une fuite, mais pas de l'immeuble.
Ils ont tous pêté dans un lieu clos !

Récapitulons :
Pêter dans un ascenseur
- ça pue
- c'est toxique
- les enfants sont les premiers touchés
- ça demontre que vous bouffez des trucs indigestes
- c'est socialement inacceptable
- c'est pas bien

Mais qu'est-ce que c'est rigolo !

jeudi 9 octobre 2008

Les cauchemars

"Pour moi le rêve - et pour tout le monde, même si les gens ne le savent pas (et même si ils ne le savent pas, ils le savent)-, le rêve, it's a feeling, c'est une sensation, une sensation réelle qui se produit si on veut."
Jean-Claude Vandamme

JCV sur les cauchemars, il dit rien.


Alors que le scénario des rêves est souvent irréaliste, celui des cauchemars est terrifiant, parce qu’il semble décrire un danger réel (menace de mort sur soi ou sur un proche, menace sur l’intégrité de son corps, menace d’abandon, etc.). Parfois le dormeur réussit à s’arracher au “film” en s’éveillant. Mais, dès qu’il s’abandonne de nouveau au sommeil, le “film” reprend son cours et la terreur aussi. On se souvient parfois toute sa vie d’un cauchemar inquiétant. Il arrive, d’ailleurs, que ce souvenir re déclenche la même terreur que le cauchemar lui-même.



Sommeil paradoxal et cauchemars


D’après les neurologues, les rêves surviennent durant les périodes du sommeil profond, nommées “sommeil paradoxal”. Cette phase, que les chercheurs savent maintenant provoquer à l’aide d’injections chimiques, se déclenche spontanément, selon un cycle régulier, par émission dans le cerveau d’acétylcholine. Pour y accéder, le dormeur doit se sentir en sécurité : n’avoir ni faim, ni soif, se trouver dans un bon équilibre thermique, etc. Parfois un événement fortuit perturbe le dormeur, dont le corps est resté, malgré tout, en liaison avec le monde extérieur : bruit soudain, changement brutal de température… Parfois, c’est une digestion difficile ou une montée de fièvre qui affecte le sommeil. Ces facteurs de troubles, en privant le rêveur de tranquillité, sont susceptibles de transformer les images paisibles du rêve en cauchemar. A noter que, durant un cauchemar, le dormeur n’est plus dans un sommeil profond, mais frôle l’état de veille.


Dans la moitié des cas, les cauchemars mettent en scène un événement de la veille. C’est-à-dire qu’ils font ressortir une anxiété ou une angoisse récente. Mais il peut s’y mêler des souvenirs plus anciens, vieux de dix ou quinze ans par exemple. Il peut également y avoir des cauchemars post-traumatiques, qui vont se produire à la suite d’un choc (accident, guerre…). Dans ce cas, ils sont souvent récurrents et se reproduisent très régulièrement. Des problèmes physiologiques peuvent également intervenir. Ainsi, une maladie ou des douleurs chroniques vont avoir des effets au niveau cérébral durant le sommeil et auront des répercussions sur le contenu des rêves. Même de simples problèmes de digestion pourront influencer l’apparition de cauchemars.



Langage du rêve et psychanalyse


Les cauchemars ont longtemps été considérés comme des prédictions de catastrophes, avant d’être étudiés par la psychanalyse. Selon la théorie freudienne, les rêves sont l’expression de l’inconscient. Les cauchemars sont la façon choisie par ce côté obscur d’exprimer une angoisse refoulée ou un désir tellement inacceptable qu’il se camoufle en punition : le contenu immoral de la pensée est alors censuré et remplacé par l’image horrible du cauchemar. En assouvissant nos désirs réprimés ils font à la fois office de gardien de notre sommeil et de soupape de sécurité.



Traumatisme, refoulement et angoisse


Les thèmes des rêves et des cauchemars sont déclenchés par un événement apparemment anodin qui se produit dans les vingt-quatre heures qui précèdent. Cet événement, qui a une fonction de catalyseur, éveille, dans l’inconscient un souvenir refoulé ou une angoisse oubliée, mais est rarement la cause véritable du cauchemar.


Certains cauchemars se répètent plusieurs fois au cours de la vie d’un même individu. La cause peut en être un souvenir traumatisant datant de la petite enfance et complètement enfoui (menace faite à un enfant qui suce son pouce, de le lui couper ; peur de noyade éprouvée par un bébé ayant glissé dans la baignoire, etc.). Il peut s’agir aussi du souvenir d’une situation de violence (guerre, viol, incendie, attentat, déportation, etc.), qui resurgit, durant le sommeil, à peine transformée : pour supporter sa vie présente, l’individu cherche à oublier le traumatisme. Durant les périodes de veille, sa conscience le repousse hors de sa mémoire et le refoule ainsi dans l’inconscient, qui le lui rappelle à travers le cauchemar… En faisant remonter à la surface ce qui nous affecte "en coulisse", ils nous permettent de décharger nos tensions intérieures et nous évitent les désordres qui pourraient en résulter : fatigue, échecs, montées d'agressivité, somatisations…



Alors les cauchemars, utiles ?


Même les rêves les plus douloureux (ces cauchemars qui troublent nos nuits et quelquefois nos jours) ne sont pas nos ennemis car ils sont le signe que quelque chose en nous cherche à résoudre un conflit interne, une difficulté, une vieille souffrance. C'est la raison pour laquelle ils reviennent parfois avec insistance pendant de longues périodes de vie. Nos rêves cherchent inlassablement des compromis entre les différentes forces qui nous habitent.


Prendre conscience de leur contenu permet de redonner vie à des aspects délaissés de notre personnalité, et donc de vivre en meilleur accord avec nous-même. Les rêves, même s'ils sont cauchemardesques, témoignent de l'extraordinaire vitalité de notre psyché, ils en sont l'intime voix.


Quelles que soient les hypothèses retenues, nos rêves et nos cauchemars travaillent donc pour nous.



Rappelons qu'à "cauchemar" il n'y a pas de "d" final, même si on dit "cauchemarder"...



Le cauchemar de l'oeuf...

mercredi 8 octobre 2008

Faut il payer sa consultation annulée chez le psy ?

En voila une question intéressante !!
Et c'est un internaute sérieux, tout comme ce blog, qui a -sûrement- posé la question.

(et c'est avec des articles comme ça qu'on perd la moitié de ses lecteurs...)


J'avais déjà parlé (écris plutôt) sur le sujet de l'argent, des psys et des consultations quelque part par.

Mais il est vrai que je n'ai pas abordé la question des consultations annulées.

Parce que je suis très rarement concernée.

(oui les gens sont heureux de me voir et satisfaits de mon travail, ce qui fait qu'ils attendent nos RDV avec impatience).
Et qu'il est vrai que j'ai la fâcheuse (pour moi) habitude d'oublier de dire à mes patients qu'une consultation annulée ou non assumée est due.

Ceci ne concerne que les relations d'un patient avec son psychologue et/ou son psychanalyste, dans le cadre d'une psychothérapie ou d'une psychanalyse.
Ici PSY = psychologue ou psychanalyste.


J'en entends qui hurlent à l'arnaque. Voient déjà pour le psy un moyen supplémentaire de s'enrichir ("Ma deuxième voiture est une Ferrari") et que de toute façon les-psys-ils-n'en-n'ont-rien-à-faire-du-patient-tout-ce-qui-les-intéresse-c'est-le-fric.

Mouais, bon. Ca se défend je vous dirais, surtout devant un comptoir.
Je vous rassure ceux qui gueulent ce sont ceux qui ne consultent pas (et qui pourtant en aurait sacrément besoin) ou qui n'ont toujours pas fait la différence entre les différents psys.

Bon pour revenir à la question de l'internaute sûrement concerné, je préciserai qu'il y a des cas où la consultation n'est PAS due.
Bien sur voyons.

On n'est pas des bêtes tout de même.

D'abord si vous prévenez 48 heures à l'avance au mini, on n'en parle plus.

Si vous avez un problème d'urgence, une raison sérieuse, ça arrive à tout le monde, la question ne se pose même pas.


Maintenant si vous avez des raisons sérieuses à chaque RDV, là c'est clair que le discours ne va pas être le même.
Si vous avez des raisons foireuses, du genre "j'ai oublié" (bel acte manqué), "je ne me suis pas réveillé" (belle façon d'effacer la réalité) ou "je ne vous ai pas inscrite dans mon agenda" (on fait comme si le psy n'existait pas), là n'importe quel psy va vous demander de sortir votre porte-monnaie.


De même si vous arrivez très en retard, tant pis, la consultation sera très écourtée mais elle vaudra le même tarif.

Le but reste le même : que le patient soit impliqué dans son suivi.

Si un patient oublie à chaque fois, il y a deux solutions (ou une alternative comme vous voulez), soit le patient ne veut plus venir (et il a du mal à le dire. Oh la la vous pouvez pas imaginer comme un patient a du mal à dire qu'il arrête les consultations, les psys mordent et font des représailles c'est bien connu. Ce qui prouve que le patient a besoin d'une bonne thérapie pour chasser le petit enfant qui flippe encore devant les adultes qui est en lui. Elle était longue ma parenthèse hein ?), soit (oui la suite est là) il a peur de ses pensées, de ce qu'il pourrait dire, il s'imagine une réponse de la part du psy et freine à mort pour venir.


Et comme disais je ne sais plus qui "tant que je n'ai pas parlé, tu ne sais pas ce que je pense".

L'argent entre le psy et le patient, c'est d'abord la rémunération du psy.
Pour faire concret, si vous alliez au travail et que votre patron n'aurait rien à vous donner à faire, vous vous seriez déplacé pour rien, mais vous seriez payé quand même. Et bien le psy en libéral, il est votre salarié. Il a bloqué son temps pour vous. Certes, vous ne venez pas et il n'a rien à faire, mais vous devez le payer sinon il ne touche aucun salaire.

Mais l'argent au psy, c'est aussi :
- le remerciement du patient au psy,
- le fait que le patient n'est redevable de rien au psy,
- l'implication du psy qui s'oblige à se focaliser sur son patient et
- l'implication du patient qui en veut pour son argent.


C'est un échange. Moi patient, je te donne, toi psy, ça t'oblige à me donner (du temps, de l'écoute, des réponses, des techniques...).

Sans compter le symbolisme de l'argent. Symbole infantile de l'enfant qui "donne" à sa mère, symbole sexuel de la personne qui s'abandonne...

C'est bien pour cela que dans les CMP (centre médico-psychologique) et dans les PMI (protection maternelle et infantile), le taux de consultations "vides" est énorme. Les consultations étant gratuites, les patients prennent RDV, viennent une fois pour un accompagnement, puis prenne un RDV suivant et ne viennent pas, appellent en s'excusant pour une raison bidon, reprennent RDV et ne viennent toujours pas.
Avant que le CMP refuse de reprendre des RDV il se sera passé au moins 10 rdv manqués.
Ce qui explique les temps d'attente (3 à 4 mois pour un premier RDV en région parisienne), car le carnet des psys sont plein, mais en fait les personnes ne viennent pas et les psys restent avec des salles d'attente vides alors qu'il y a une grosse demande.


Pour faire subtil et donner dans l'exemple qui attire le lecteur, je dirais que chez la paripatéticienne, tu payes, elle t'en donne pour ton argent. Tu payes pas t'as rien.

Et bien chez le psy c'est pareil (hein que le rapprochement est subtil n'est-ce pas ?).

Ca fait partie de ce qu'on appelle le "cadre thérapeutique".

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