vendredi 30 octobre 2009

Envie de meurtre ?

Je lancerai bien un débat.
Du style "les Sociétés ont-elles les jeux qu'elles méritent ?" ou bien "les jeux traduisent-ils l'évolution mentale de notre Société ?" ou encore "Le rôle du jeu dans l'habituation à la violence".

Vastes sujets vous en conviendrez.

Mais je ferai ici plus léger parce que je risque fort de vous ennuyer avec mes idées.

Enfin lorsque j'écris léger tout est une question de point de vue.

Toi, là, oui toi, n'as-tu jamais, un dimanche à 3 heures du matin, lorsque ton voisin s'obstine encore à faire ses gammes au piano, oui toi, n'as tu jamais eu des envies de meurtres ?

Et toi, là, ta super meilleur copine du monde, celle dont tu vantes sans cesse les mérites et dont tu as appris par une autre super extra copine, qu'elle t'avait piqué ton petit ami, n'as-tu jamais eu envie de lui arracher les yeux ?

Allez avouez bande de mécréants.

Et pourquoi ne pas le faire virtuellement ?
Vous me direz aujourd'hui on peut massacrer 100 types par minutes dans n'importe quel jeu de guerre.
Mais maintenant on peut faire mieux.

On peut faire massacrer son meilleur ami (ennemi) ou sa meilleure amie (ennemie) par un tueur à gage virtuel.

La chaîne 13ème Rue, celle là même qui ne s'intéresse qu'aux aspects noirs de notre âme, propose depuis quelques jours une animation virtuelle qui va te permettre, Ô lectrice, Ô lecteur, de te débarrasser virtuellement de n'importe quel gêneur.


L'application s'appelle "Je tue un ami".






C'est trop coool non ?



Bref, tu choisis ton tueur à gage (dont chacun à une spécialité).
Puis tu télécharges la tof de face de ton pire ami/ennemi (réel celui là).
Puis tu donnes l'adresse email de ce moins que rien qui mérite la mort virtuelle (et 13ème Rue s'engage à ne pas utiliser ces coordonnées à des fins de prospections. C'est bien le moindre).
Et tu valides.
Et puis voila.
Ton pire ennemi réel recevra dans sa boîte email une animation plus que réaliste et violente de son assassinat virtuel.

C'est.

Vous êtes sympa, ne m'en envoyez pas, je n'ouvrirais pas l'email.
Et je vous rassure, je n'en n'enverrais à personne.
Je ne sais pas pourquoi, mais ça ne m'amuse pas, mon côté pince sans rire sans doute.

Par contre, si vous envoyez à d'autres, n'hésitez surtout pas à leur joindre mes coordonnées.
J'ai déjà bien à faire avec mes patients qui vivent de vrais décès, mais j'ai hâte de voir les réactions psychiques face à l'ultraviolence virtuelle qui implique directement celui qui visionne.

Etre mort virtuellement est-ce mourir un peu réellement ?
Faudra-t-il faire le deuil de soi-même pour mieux renaître dans la réalité ?


Bonne mortalité !

mercredi 28 octobre 2009

Un patient peut il enregistrer son PSY ?




Wouououaaa wouuuaaa non mais ça va pas non ????


Plus sérieusement, voici l'autre facette de l'article précédent (où comment faire deux articles avec un même thème. trop forte).


Les mêmes limites légales se posent pour l'enregistrement du patient comme pour l'enregistrement du psy.


Il faut obtenir le consentement du psy et normalement le consentement écrit.
Et comme vous avez affaire à un professionnel, le patient devra préciser que les écrits ne pourront pas être diffusés, publiés...gna gna... sans consentement de l'auteur.


Bref, ça complique.


Pour tout vous dire, pas plus tard qu'il y a 1 semaine, une patiente me dit :
"vous dites tellement de truc, ça me tourneboule tellement que je devrais vous enregistrer afin de vous réécouter".


Bon déjà, je parle trop. OK j'en prends note.
Ben oui, je ne conçois pas le métier de psy sans échange, sans association immédiate et même sans quelques éclats de rires (entre deux sorties de mouchoir).


J'entends aussi que ce que je dis ça fait remuer le ciboulot.
Et c'est tant mieux.
C'est bien à cela que cela sert.


Mais m'enregistrer !!!
Et pourquoi "un psy dans le loft" ?!!

Là j'ai gentiment suggéré à ma patiente qu'elle avait vraiment du temps à perdre.

Plus sérieusement, réécouter n'a aucun intérêt.
Ca n'a d'intérêt qu'au niveau conscient.
Pour bien compléter ses notes (oui les patients prennent des notes eux aussi. Des fois ils me font même un point sur tout ce que j'ai dis sur 10 séances...).
Pour occuper ses fins de journée.
Pour le faire écouter aux copines aussi... (oui les patientes racontent leur séance à leurs copines et s'échangent des trucs sur leurs psys réciproques. Sauf que des fois j'ai les deux copines en consultation et qu'au début elles ne le savent pas... trop drôle).


Pour croire enfin et surtout que les mots ont besoin d'être répétés pour qu'ils fassent effet.

Or il n'en n'est rien.

L'inconscient n'a pas besoin qu'on lui répète les choses pour entendre, interpréter, analyser, intégrer et se modifier.
L'inconscient prend à chaud et la nouvelle "lecture" se met en place assez rapidement.
Si on a la bonne clé, une fois suffit pour ouvrir la porte.


Une autre patiente voulait relire mes notes !!!!
Quelle impertinence !
Et tout ça parce qu'elle ne se souvenait plus de toute ce qu'elle m'avait dit !

Que nenni lui ai-je dis, mes notes c'est professionnel.
Et puis de toute façon je l'ai déjà dis, j'écris mal et je mets de la sténo partout.
Et puis, je n'écris pas les choses importantes (celles là je m'en souviens), j'écrie des associations d'idées, des thèmes de travail qui me traversent l'esprit, une tournure de phrase qui m'interpelle et dont je ne sais quoi faire sur le coup.


En fait, j'ai constaté que vouloir lire les notes et vouloir enregistrer son psy arrive chez les patients qui tentent de contrôler le psy voire de l'instrumentaliser... 

Comme si je ne le comprenais pas...




lundi 26 octobre 2009

Le PSY peut-il enregistrer son patient ?



Vous qui suivez sans nul doute certaines séries policières américaines, vous n'aurez eu aucun mal à constater que souvent, lorsqu'un crime est commis et que le suspect était suivi par un psy (psychiatre aux States) la police sort son mandat de commission rogatoire et demande gentiment au psy, sous menace de poursuites ou d'implication dans l'affaire, de bien vouloir lui communiquer les enregistrements du suspect voir de tous ses patients.


Et c'est ainsi que cela donne droit à une scène où l'on voit partir avec un carton lourd sous le bras un planton en uniforme. Ce qui donne au héros l'opportunité de faire preuve de son autorité : "Dixon, emportez tout ça..." en joignant à la parole un geste large comme si le psy stockait les archives nationales.


Il y a quelques années, ça pesait lourd.
Pensez les dires des patients étaient enregistrés sur cassettes audio (chrome mercure simple face s'il vous plaît), ça en prenait de la place.
Puis vint la révolution du dictaphone.
Des mini cassettes que les méchants psy cachaient dans leur poche ou même dans des endroits plus inattendus.
Puis les CD-rom.
Ensuite le mini CD.
AUjourd'hui le téléphone mobile (avec 64 M de mémoire).

A quand un version dans les Experts avec une clé USB je le demande ?


Bon, c'est bien gentil tout ça, mais nous on vit pas aux States.


Et puis les psys sont pas totalement tarés.
Ca sert à quoi d'enregistrer les patients ?
Vous croyez qu'on a le temps de réécouter ?
En plus s'il fallait réécouter les dires des patients faudrait leur faire payer le temps de 2 consultations (vous me direz y'en a qui le font).
S'il fallait réécouter, le psy y perdrait surtout de son instinct.
Le psy réagit à chaud, ça évoque, ça éveille, ça fait tilt, ça fait flash, bref le spontané, ici là maintenant, fait que l'analyse se fait.
Ca ne veut pas dire que le psy n'y pense plus après.
(moi ça me réveille la nuit "bon sang, mais c'est bien sur ! " m'écrie-je parfois à 3 heures du mat' en me précipitant noter mes idées dans le dossier du patient. Ben oui, la psy ça empêche de dormir le patient mais le psy aussi).


Y'a un autre problème, c'est qu'en notre belle nation on n'a pas le droit d'enregistrer les gens sans leur consentement.
(et qu'en plus les enregistrements effectués sans consentement ne sont pas reconnus comme preuve devant les tribunaux).
Bref, je me vois poser un micro sur la table et demander à mon patient s'il est d'accord pour que ses paroles soient enregistrées.
Déjà que certains passent leur temps à s'assurer auprès de moi que rien de ce qu'ils disent ne sera répétés.
Et que lorsque je prends des notes ils paniquent à l'idée que quelqu'un d'autre puisse les relire.
(oui faut vous dire que j'ai l'affreuse habitude de faire lire mes notes à mes voisins de paliers, la boulangère et même de me précipiter au commissariat pour que mon compère le commissaire se gausse avec moi. Non mais franchement, y'en a je vous jure...).


En plus, il faudait que la patient donne une autorisation écrite.
On va y arriver si si.


Sérieusement, en France, il y en a sûrement qui réalisent des enregistrements mais ça doit être très rare.
A part certainement dans certains services psychiatriques où l'on s'occupe des méchants délinquants ou des criminels.


Sachez que les notes des psys ne sont pas accessibles à la Justice car ils sont tenus au secret professionnel comme un médecin et que l'accès relève seulement de leur bon vouloir.


Et qu'avec moi, ils seraient bien embêtés parce que je ne prends quasi plus de notes.
Ce qui tracasse une autre partie de mes patients qui se demandent s'ils ne disent rien qui mérite une prise de note.
En plus j'écris pas très bien et je fous de la sténo partout (de vieux reste d'une vie antérieure).

Et comme j'ai une mémoire d'éléphant et qu'elle ne fait que s'accroître avec le temps, Horatio Caine peut toujours débarquer dans mon bureau, y'aura pas de carton à porter, tout juste un classeur... .
(je vais faire une AVC un jour vous croyez ?)

dimanche 25 octobre 2009

Méditation du dimanche - 18





Ce n'est pas parce que 
les choses sont difficiles 
que nous n'osons pas, 
c'est parce que nous n'osons pas 
qu'elles sont difficiles.

vendredi 23 octobre 2009

Laguna, Kangoo, Clio, Koleos, Modus....

Si vous avez raté la dernière pub d'affichage Renault, c'est que soit vous étiez à l'autre bout du monde, soit ne sortez pas de chez vous soit vous étiez en prison.
Ce qui, tout compte fait, revient à peu près au même.



 

 


Dès septembre 18000 affiches ont envahi la France pour présenter les 18 modèles de voitures Renault.
Le but étant de se positionner face à la populace dans un concept de "rajeunissement d'image en capitalisant sur l'utilisation des appellations des véhicules qui rappellent des prénoms communs".

Et c'est bien ce qui m'inquiète.
Car je ne doute absolument pas que des milliers de parents de mal de recherche de prénoms pour leurs enfants à naître ont trouvé la de superbes suggestions de prénoms.

Bon "Laguna" pourquoi pas ?
Ca viendra s'ajouter aux Marine, Marina, Océane....

"Clio" c'est pas vraiment nouveau.
Et pour les mâles les plus anciens cela leur rappelera sans doute une certaine Clio Goldsmith, actrice des années 80, qui n'hésitait pas à montrer son cul talent sur les grands écrans.

"Modus", ce n'est pas un jeu pour les vieux qui passe très tôt le matin sur une chaîne publique ?

"Kangoo". Mais dis moi quand Gou ?
Les connaisseurs en dessins animés eux se réfèreront aux kangoo Juniors qui met en jeu de jeunes kangourous joueurs de basket. Créé en 2000, il doit déjà y avoir des émules, donc pas de surprises attendue quant à cet éventuel prénom.

"Koleos" ça devient plus difficile.
Il y a eu suffisamment de battage sur web pour préciser que koleos venait d'une racine grecque ancienne qui aurait donné en français le joli mot de "couille".
Imaginons sans complexe une maman demandant à son fils....
Au fait ce serait un prénom de garçon ou de fille parce que certes "couille" s'utilise pour les hommes mais c'est un mot féminin.
Disons que c'est mixte.
j'écrivais donc imaginons sans complexe une maman dorlotant son fils (ou à sa fille) : "fais de beaux rêves ma couille"...
Oui, tout de suite ça perd de son charme.

Et surtout, gardons le meilleur pour la fin.

Je souhaite tout le bonheur du monde à la famille Tamaire, dont le fils se prénommera... Scénic !

OK je sors.

mercredi 21 octobre 2009

déranger... pour mieux ranger ?




Une de mes patientes adultes a subit dans son enfance des abus sexuels par des amis de ses parents.
Personne n'a rien vu et n'en n'a jamais rien su.
Elle n'en n'a jamais parlé à ses parents.
Dans sa famille, personne n'a vraiment de rôle et parfois elle a tenu le rôle de la mère.



Début de consultation


"Pourquoi n'en n'avez vous pas parlé à vos parents à l'époque ?" lui dis-je?
"J'avais peur de les déranger" me répond-elle.


"Qu'entendez vous par "déranger" ?" dis-je.
Elle me répond : "j'avais peur de les heurter, de les blesser".


Moi : "J'entends bien ce que vous dites, mais ne peut-on pas voir d'autres définitions pour "déranger" ? Ainsi
cela peut être :
- remuer les choses et les êtres afin de les déplacer
- sortir les gens de leur routine ou de leur vie tracée..."


Elle : "oui, c'est vrai, il y a cela aussi. J'avais peur de cela aussi."

Moi : "Ne pourrait on pas trouver un autre mot que "déranger" ?"


Elle : "Remuer c'est bien. "Perturber" ça me paraît en fait plus approprié"



Moi : "Mais aujourd'hui vous avez envie de leur dire ?"


Elle : "Oui, mais j'ai toujours peur de les perturber".


Moi : "Mais quand on a dérangé des choses, il faut les ranger ensuite non ?"


Elle : "oui, on ne peut pas laisser les choses perturbées".



Moi : "Et ainsi chacun reprendrait sa place ?"


Elle : "En fait, c'est bien ça qui m'arrête. Si je les dérange, je vais perturber leur vie. Je vais perturber la mienne aussi. Et chacun va reprendre son rôle, chacun va reprendre son statut... Et c'est bien ça qui me fait peur".


Fin de consultation.



lundi 19 octobre 2009

Mindfulness ou pleine conscience

Je vous avais dit il y a quelques temps que mon approche avait doucement bifurquée.
Cela s'est fait avec le temps, en fait depuis mon enfance.
C'est très surprise, mais bon je me doute bien que je ne suis pas la seule à avoir quelque fois des idées "tordues", de constater que mon approche représentait aujourd'hui un courant et avait un nom : le "mindfulness".





D'abord je dois vous dire que je ne suis pas d'accord avec toute l'approche du Mindfulness dont je ne me colle pas l'intitulé, même si cela pourrait être porteur avec la mode "zen".

J'ai toujours été très intéressée par les cultures asiatiques.
Au point d'apprendre le Japonais (et de ne pas le pratiquer ce qui fait qu'il ne m'en reste quasi rien).
Ado j'étais passionnée par l'hindouisme et la bhagavad gita était mon livre de chevet.
Oeil pour oeil, dent pour dent, voila qui me plaisait bien.
Mais bon tout ça s'est pas très adapté à notre Société.
Le bouddhisme, que je ne considère absolument pas comme une religion, mais bien comme un guide de vie m'a semblé de façon très étonnante en accord avec la psychologie.
En fait certains énoncés de thérapie cognitive édicte les mêmes règles que les concepts bouddhistes.
Pour ceux qui suivent ce blog vous l'aurez sans doute remarqué lors des "méditations du dimanche".

Bref, lorsque j'ai appris que le Mindfulness existait je me suis immédiatement renseigné pour savoir ce que cela contenait exactement voire qu'est-ce que je pourrais bien avoir à apprendre de plus pour mieux intégrer les concepts.

Ben en fait pas grand chose.
Déjà le fait qu'il faille débourser je ne sais combien d'euros pour monter les différents grades pour pouvoir se prévaloir du courant Mindfulness appelé en français "pleine conscience" m'a franchement refroidie. C'est totalement non officiel et j'ai trouvé que cela ressemblait plus à un recrutement sectaire qu'autre chose.
Ce qui me gène aussi c'est que le mindfulness est aux mains des psychiatres.
Je n'ai rien contre eux mais bon psychologie et psychiatrie ce n'est pas tout à fait la même chose.
Ce qui est d'autant plus étonnant que cette méthode ne s'applique en aucun cas aux maladies mentales sauf à la dépression.

La "pleine conscience" c'est la pleine conscience du corps, des pensées, des sensations physiques liées aux émotions.

Cela passe par la cognition où on va étudier les distortions de la pensée, les analyser et y trouver des substitutifs (en appliquant des bouts de pensée positive parce qu'en fait tous les courants psy sont liés).
Le mindfulness s'applique à tous les cas de troubles du comportement et à la dépression.

Un truc sur lequel je n'accroche pas par contre, c'est la méditation.
Par constat (j'ai plein de patients qui par eux mêmes se sont rapprochés de la pensée bouddhistes et qui pratiquent la méditation et ce bien avant de venir me voir), je constate que la méditation ne sert pas à grand chose, surtout si ce qui en sort n'est pas exprimé et analysé instantanément.
La méditation permet de se détendre et de laisser remonter certaines pensées.
Mais la détente est difficile à atteindre chez les angoissés et les stressés.
Il faut donc passer par des phases de relaxation, d'apprentissage du lacher prise.
La montée brutales de pensées refoulées peut mener à de sacrées crises d'angoisse ou d'agressivité surtout  que lorsque le patient est détendu il ne s'y attend pas, il en est d'autant plus fragilisé (et s'il est atteint d'une pathologie mentale non détectée les réactions sont exacerbées).
Je préfère nettement que le patient arrive à ses pensées refoulées par analogies, par souvenirs ou par initiation par un mot qui lui est retourné.

Bref, j'avais envie de vous dire que ma pratique à pris petit à petit une tournure "pleine conscience" (pour ne pas écrire bouddhiste, sans la méditation.

Je n'en parle pas à mes patients, mais lorsqu'il voit le bouddha dans la pièce (on me l'a offert et j'ai longtemps hésité à le mettre là), les gens me disent "ah vous aussi vous êtes bouddhiste" ou "vous savez je médite" ou... rien du tout (et n'en pense sans doute pas moins mais comme ils reviennent je me dis que ce n'est aussi gênant que j'aurais pu le penser).

Vous voila prévenus.

samedi 17 octobre 2009

Europa Film Treasures

Parlons un peu culture.

J'ai très envie aujourd'hui de vous faire partager un lien vers le site d'Europe Film Treasures où l'on trouve de vieux, mais alors très vieux, courts et longs métrages.
Des choses qu'on ne peut plus voir ailleurs.
Des films en noir et blanc.
Des films souvent sans parole.
Des films souvent sans musique.
Des films qui datent pour certains de 1890.


Du style "L'étroit mousquetaire" chef d'oeuvre (pour moi) de l'anachronisme de Max Linder, désormais disponible dans sa version originale et intégrale (et sonorisée !) sur uniquement ce site.

Mais aussi des films parfois étonnants, tels celui de la présentation de l'homme tronc qui inspira un des personnages du non moins chef d'oeuvre (et un de mes films préférés) "Freaks" de Tod Browning.

Une prévention de ravages de l'alcool et cela dès 1918.

Et aussi, ce qui ne manquera pas d'attirer les petits pervers que vous êtes, des savoureuses productions érotiques dont je suis sûre que vous trouverez les liens tout seul.

Bref, des trésors et des heures de visionnage de curiosités.

Le site est très souvent mis à jour avec des nouveautés du monde entier.

J'espère que tout cela vous plaira autant à vous qu'à moi.

jeudi 15 octobre 2009

Cosmétiques et statistiques


 
Ils ont concentré 5000 litres d'eau thermale dans un pot de de 50 ml. 
Y sont trop forts chez Biotherm





Je ne vais pas vous faire un cours de statistiques et probabilités.
Non.
Pourtant je m'en suis coltinée pendant des années et j'avoue que ça m'a bien servi ans la vie.
J'y ai appris à lire entre les chiffres et à voir les diverses manipulations dont on nous abreuve chaque jour.


Vous allez me dire (ou pas) quel rapport entre les cosmétiques et les statistiques ?
Eh bien...
Regardez bien les pubs à la télé ou les pubs dans vos magazines.
Non, pas le truc en gros celui qui cache ce qui est écrit en tout tout tout petit (et qu'il faut en plus retourner le magazine) ou qui défile sur l'écran à la vitesse d'un TGV.
Mais justement c'est ce que -presque- personne ne lit.
Sauf les empêcheurs de tourner en rond dans mon genre.


Vous serez étonné(e)s de constater que les cosmétiques qu'on tente de vous vendre on été testés.
Si si, c'est écrit. 
Sur 33 femmes.
Sur 50 femmes.
Sur 28 femmes.


Prenons au hasard d'un magazine (que je n'achète pas je vous rassure mais qu'une patiente me délivre gratuitement chaque semaine et donc avec une semaine de retard).
Disons "Elle" (du 17 juillet).
page 13, pub Biotherm Aquasource. Testée sur 25 sujets .
page 25, pub Bourjeois Gloss 3 D, testée sur 30 volontaires (encore heureux !)

page 93, pub Cavailles Déo soin, testée sur 25 sujets


Prenons "Femme Actuelle" (5 octobre)
en page 2, pub L'Oreal Age Re-perfect, testée sur 41 femmes
...


Faut il vraiment continuer ?


D'abord vous noterez l'utilisation des mots "sujets" ou "femmes".
Et oui parce qu'un sujet n'est pas nécessairement une femme. 
Ce qui veut dire Madame, que lorsqu'il y a écrit "sujet", que votre super crème testée l'a peut être été aussi sur des hommes (dont la qualité de la peau est très différente)

(signalons au passage que les tests sur les enfants sont interdits et donc que les tests pour produits sur enfants sont donc testés soit in vitro, soit sur des animaux, soit sur des adultes, soit informatiquement).


Comme je le disais, je ne vais pas vous faire un cours.
Mais quand même une légère, très légère je vous rassure, initiation s'impose.
D'abord la première chose qu'on apprend en statistiques c'est que les pourcentages ne sont pas fiables.
Et oui, si vous pensez qu'entre 10 % et 25 % il y a une grand différence, vous vous trompez.
En effet, la différence entre 10 et 25 peut être très faible selon le contexte.
Ainsi tout va dépendre du nombre de personne dans les groupes testés, des conditions de test et du type de test statistiques.

Sachez qu'en statistiques et probabilités on n'utilise jamais mais jamais les pourcentages.
On utilise des tests à noms barbare comme "r de bravais pearson" et j'en passe.
On y ajoute des calculs d'éventuelles erreurs, des biais expérimentaux (est on jamais sûr qu'un des sujets n'a pas une caractéristiques très différentes des autres ?)... bref c'est long et fastidieux.


Ensuite on apprend que pour qu'une évaluation statistique soit valable il faut qu'il y ait au moins 60 sujets par groupe.
Déjà vous avez retenu 60. Pas 58 ni 25.
Ensuite vous avez lu groupe.
Un groupe est constitué de personnes qui se ressemblent.
même sexe, même tranche d'âge, même activité... et même plein d'autres trucs selon ce qu'on veut tester.


Et puis une évaluation statistiques s'effectuent entre groupes.
C'est à dire qu'on compare les hommes aux femmes.
Les jeunes aux moins jeunes.
Les utilisateurs d'un produit à ceux qui ne l'utilisent pas.


Mieux même on va comparer ceux qui utilise un produit à ceux qui ne l'utilisent pas à ceux à qui on dit qu'ils vont utiliser le produit mais qui en fait n'utilise que du vent (placebo).
Et on les interroge.
Alors ça vous a fait quoi ?
On prend des mesures, car les scientifiques sont des gens sérieux.
Vous aurez remarqué qu'ici on a 3 groupes.
3 x 60 personnes. Soit 180 personnes.
On commence à s'éloigner sérieusement des 30 comparés à... rien.
Le problème c'est que 60 personnes par groupe, c'est limite.
C'est juste là que commence la significativité des résultats, juste là où pourrait penser que c'est peut être fiable.
En fait pour être sûr, il en faut le double.
Soit 3 x 120 = 360.

Ooops, y a comme un problème non ?
La psy serait elle en train d'écrire que les tests des pubs ne sont pas valables et pas fiables et qu'on nous vend du vent ?

Ben voila, lecteur, lectrice, t'a tout compris.
C'est le principe du marketing, réussir à vendre un produit qu'en temps normal personne n'achèterait.



A moins de 60 personnes par groupe on parle de tendance (c'est à dire de rien, juste qu'il y a peut être quelque chose mais que peut être aussi il y a un paramètre non maîtrisé dans l'expérience qui fait que ça foire).


Vous me direz on fait mieux.
Les tests dits "instrumentaux" (voir pub Garnier dans Voici du 2 au 8 octobre. Ne me demandez pas la page, les n° de page dans Voici sont quasi inexistants).
Ce ne sont mêmes pas des tests "in vitro", c'est à dire effectuées sur des cellules placées dans une boîte de Petri sur lesquelles on place une goutte de produit et on effectue différentes mesures avant/après.
Non un test instrumental c'est tout simplement un test de simulation informatique.
On pense que au vu des produits mis dans la flacons, ça devrait améliorer... quelque chose.
Tiens pourquoi pas la qualité de la peau après tout, ça ou autre chose...

Mieux encore.
Nous avons maintenant "l'autoévaluation".
Madame, vous participez à un test. Je vous donne un produit, vous répondez à un questionnaire de 20 questions et en échange nous vous donnons 80 euros et des bons de réductions sur l'achat éventuel de nos produits et la certitude que nous ferons à nouveau appel à vous.
Combien êtes vous au fait à vous être autoévaluées ? 
Et êtes vous sûres de ne pas faire partie du personnel ou d'être liée au personnel par une relation quelconque ?
Etes vous sûres de vouloir continuer à recevoir des bons de réduction ?
Etes vous sûres qu'une grand marque comme la nôtre oserait vendre un produit nul ou mauvais ?

(Cf. Pub Nivea Color Protection dans Elle du 17 juillet 2009 ou pub Vichy liftactiv retinol dans Gala du 23 septembre)


Faut il parler des tests de satisfaction ?
Satisfaction de quoi ?
On peut très bien créer un produit antirides et avoir des testeuses satisfaites du produit... pour son odeur et ne garder que ce résultat.



(apparté chuchoté) Bon mais entre nous, mine de rien tous ces "résultats" tendent à disparaître des pubs.
Parce qu'il semblerait que la française moyenne se serait rendue compte de quelque chose.

Mais chut ne le dites pas.

lundi 12 octobre 2009

C'est Toi le psy - 3



Attention aujourd'hui ça ne va pas être facile.
Lisez attentivement, posez vous plein de questions et analysez votre ressenti.

Jeune femme, 30 ans.
Elle préfère une consultation à domicile vu ses horaires de travail.
Je la verrais 6 fois.
Elle a un copain, avec lequel la relation s'essoufle.

Je sonne. La porte s'ouvre.
Elle me regarde de la tête au pied et je sens immédiatement qu'elle est dans la concurrence.
Elle bombait le torse afin de me mettre sa poitrine sous le nez, manque de pot elle a trouvé plus fort qu'elle.
C'est une jolie jeune femme.
Très mince, très féminine.
Petits talons.
Pantalon moulant juste "comme il faut".
Chemisier blanc avec dentelle, moulant et suffisamment entrouvert sur sa poitrine.
Elle retire ses talons, s'assois sur le canapé en se lovant les genoux sous elle.
Un truc m'interpelle, mais j'ai du mal à savoir quoi. Ca me gêne, mais ça ne vient pas.
Elle se dit trop féminine, très petite fille fragile.
Elle ne va pas bien depuis quelque temps mais ne sait pas pourquoi.

Seconde consultation.
Rien de spécial.
Toujours ce truc qui me gêne, mais je le cerne.
Elle a écrit il y a quelques années des nouvelles.
Elle me les donne à lire et je lis des dialogues étranges, décousus qui parlent de dissociation, de sang, d'enfance perdue, d'une personne en noir...

Troisième consultation.
Il m'est apparu à la lumière de ses écrits qu'elle a vécu un traumatisme entre 11 et 13 ans.
Plein de sang avec une enfance perdue.
Cela m'a fait penser à un abus sexuel.
Avec diplomatie, je lui propose cette hypothèse.
Quelqu'un peut être ? Le père ?
Non, bien qu'elle ait du mal à avaler sa salive.
L'impression qu'elle me ment ou me cache quelque chose.
Ses règles ont-elles été difficiles la première fois ?
oui, elle ne les a pas accepté. Ca été comme mourir.
Comme si elle avait du devenir quelqu'un qu'elle ne voulait pas être.

Quatrième consultation.
J'ai réfléchis entre temps. Je sais ce qui trouble ma réflexion : elle tente de me séduire.
Cela devient évident.
Elle minaude. Elle me cherche.
Elle attend quelque chose de moi.
Mais quoi ?
Pas que je lui saute dessus, c'est évident. Autre chose.
Cette consultation se termine par un énervement de ma part, elle cache trop de chose. Elle ne peut pas avancer comme cela.

Cinquième consultation
Je suis remontée contre elle avant même d'arriver.
On tourne en rond.
Puis grand flash ! Zouuuuuuuu, c'est parti.
Je sais ce qui ne va pas.
Je tourne autour du pot, je veux que ce soit elle qui s'exprime sur le sujet.
On y vient enfin. Cela la met de mauvaise humeur car cela va à l'encontre de ce qu'elle montre.
Mais elle minaude et cela m'énerve.

Sixième consultation
Je suis toujours en colère contre elle mais cette fois je sais pourquoi.
J'ai suis décidée à mettre fin à cette relation thérapeutique.
Je ne lui parle avec bienveillance et elle m'avoue un de ses fantasmes et sa peur que son copain n'adhère pas.
Son récit confirme ce que j'avais pressenti.
Et je sais maintenant ce qu'elle attend de la thérapie.

Je sais désormais où elle en est (et moi aussi) et je suis décidée à la sortir de là.
Je lui fais part de ma volonté à l'aider trouver son chemin.

Elle me téléphone la journée avant la consultation suivante pour annuler sous prétexte d'une réunion.
Ce qui a le don de me mettre en colère mais j'accepte son annulation de dernière minute.
Elle me rappelle plus tard pour confirmer une nouvelle date, consciente que je me suis fait avoir, je suis désormais très calme et je lui parle comme à une petite fille.
Je recevrais 3 jours plus tard un long courrier de sa part annulant le RDV et surtout m'informant qu'elle n'a pas du tout aimé que je la traite comme une petite fille.

Vous dirais-je que je me suis fait totalement avoir sur ce coup ?
Et que cela m'a valu une forte réflexion sur moi-même.


Allez, Ô lectrice, Ô lecteur, il y a deux problématiques chez cette charmante jeune femme.
Une difficile à cerner et une plus facile.
Quelles sont elles ?
Et puis surtout qu'attendait-elle de moi ?

A vos plumes !
Réponses mercredi soir.


Au moment où la réponse va être publiée on ne sera pas le soir je sais.
Mais je n'aurais pas le temps ce soir.
Alors voila :

Tout d'abord laissez moi vous dire que soit je sais rudement bien rédiger soit vous devenez super bons.
Et j'opterais pour cette seconde solution (ce qui prouve que tout n'est pas perdu LOL).
En effet vous avez quasi trouvé ce que je pensais difficile, mais....
Vous n'avez pas trouvé ce que je pensais facile à cerner.

Je n'aurais jamais que des hypothèses sur la notion d'abus et la patiente m'a donné peu de matériel sur ce sujet.

Sa problématique principale semble bien sur être son trouble de l'orientation sexuelle (elle refoulerait son homosexualité).
Pour tout vous dire, je vais plus loin que cela.
Ses comportements et ses écrits me laissent pencher sérieusement vers un trouble de l'identité sexuelle.
Ainsi elle ne pense pas fille.

Les règles ont été comme "mourir" car elle a découvert qu'en fait elle était une fille et pas un garçon.
Tout ses comportements actuels (sa façon de s'habiller, ses gestes plein de minauderies...) sont trop extrêmes comme si elle tentait de se convaincre elle-même qu'elle est une fille.
Pour se sentir fille (et femme) il lui faut être plus féminine dans son corps et dans ses comportements qu'une femme qui se sent naturellement femme.

A-t-elle été élevée comme un garçon jusqu'à ses 13 ans ?
Ne lui a-t-on jamais dit qu'elle était une fille dans son enfance ?
La mère rêvait-elle d'un garçon ?
Y-a-t-il eu un garçon mort né avant elle ?
Que des hypothèses et bien d'autres auxquelles je n'aurais pas de réponse.

Sa seconde problématique, j'ai tenté de vous la faire deviner de manière indirecte.
En effet si je vous avais décrit son fantasme vous auriez trouvé tout de suite.
Il s'agissait, à partir de mes propres réactions décrites ici, de tenter de vous faire trouver.

Je l'ai écris plusieurs fois, cette patiente m'énerve et arrive à me mettre en colère.
Elle transfère sur moi, je ne saurais jamais qui exactement (la mère peut être puisqu'elle a choisi un thérapeute féminin), mais je contre-transfère à tout va et mon contre-transfert s'exprime par de la colère et une envie  de violence.

Cette patiente est masochiste.

Son fantasme, je peux vous le dire maintenant, est que son compagnon l'attache et lui mette des fessées.
Ce masochisme vient de cette peur de la mort qu'elle a ressenti lorsqu'elle a eu ses premières règles.
La recherche de douleur se base sur la bisexualité non asouvie et sert à éliminer les angoisses de mort.

Elle est dans un jeu de séduction propre aux maso.
Elle tente de m'entraîner dans son jeu.
Elle veut que je le lui fasse mal.
Et ça marche !
Elle m'énerve, elle me met en colère, je ne lui parle pas plus avec bienveillance.
Mais elle voit que je ne me laisse pas aller.
Alors elle tente un dernier argument : elle annule son RDV à la dernière minute.
Cela me met en colère et c'est ce qu'elle veut.
Ma colère la satisfaite.
Elle en espère plus.
Que je lui mette moi même la fessée sans doute.

Mais lorsque je m'en rend compte et que je la traite avec douceur, elle n'y trouve plus son compte, comprend qu'elle ne tirerait rien de moi et met fin au travail thérapeutique.


vendredi 9 octobre 2009

Taxe carbone

Bon je ne vais pas refaire le monde.
Mais on nous confirme que la taxe carbone va se placer sur le prix des carburants.
En moyenne une augmentation de près de 5 centimes pour le super et de 5.5 centimes pour le gazole.



Ce qu'il y a de chouette c'est que l'Etat ne versant plus de budget aux communes, celles ci vont être autorisées et ce dès 2010 à accroître la taxe pétrolière (TIPP) afin de couvrir leurs dépenses (0.73 centimes pour le super et 1.35 euros pour le gazole).

Ainsi que d'autres mesures qui viendraient s'ajouter, soit en moyenne une augmentation de 8.8 centimes pour le litre de super et de 10 centimes pour le litre de gazole  en France.

Cette taxe sur les carburant sera intégralement reversée aux ménages payeurs.
On ne sait pas comment ni sous quelle forme encore.
Je suggère en bons vacances ou en tickets psy.

Deux choses me tracassent.

1. les pollueurs qui prennent seulement le taxi et beaucoup l'avion et ne conduisent pas seront peu assujettis à la taxe carbone, certes elle sera répercutée mais pas intégralement.

2. ceux qui polluent peu mais qui conduisent seront taxés un max.

3. quel intérêt de prendre de l'argent d'un côté par une taxe si c'est pour nous le reverser ? Doit-on y comprendre que l'argent sera placé avec intérêts avant de retourner dans nos comptes ?

Doit on aussi croire que la psy ne sait pas compter jusqu'à 2 ?

On taxe qui en fait ?
A titre perso, après calcul de ma consommation "carbone" annuelle, j'arrive à environ 900 kgs.
Je ne me considère pas particulièrement écolo.
Pourtant je roule. C'est même ma consommation principale.

J'ai des amis très écolo qui se flattent de ne consommer que 4 tonnes par an.
A croire qu'il change de réfrigérateur et de micro-ondes tous les 3 mois.
Mais eux ils n'ont pas de voiture et use du Vélib'.

Et qui c'est qui va payer ?
C'est moi !


Logique non ?




mercredi 7 octobre 2009

L'enfant de la reconciliation

Et bien voila pour mercredi parlons des enfants.





Dans certains couples c'est la cata.
Il n'y a pas si longtemps qu'ils sont ensemble ces deux là.
Mais voila ils n'arrêtent pas de se disputer.
Bien sur, lui était si mignon et elle était si jolie.
les voila qui s'installe en couple.
Et puis très vite c'est la bérézina.
Leur vie prend des tournants différents.
A moins tout simplement qu'elle ne supporte plus ses travers quotidiens : il ne met jamais ses chaussettes sales dans la panière à linge, il ne rabat jamais la lunette des toilettes, il laisse traîner tous ses papier, il passe sa vie devant son écran...
Lui découvre une nouvelle facette de sa compagne : elle rentre tard de ses réunions, elle rouspète tout le temps, elle ne parle que de ses copines.

A moins que l'un est trompé l'autre.
Et la confiance n'est plus là.


Et paf, voila qu'il y en a un des deux qui envisage une éventuelle séparation.
Temporaire, juste histoire de "faire le point" comme on dit dans les séries américaines.
Ils se disputent un grand coup et tape du poing.
A moins qu'un ne mettre tout sur la table et que l'autre pleure doucement en silence.
Et ils se réconcilient au lit.
Un gros câlin, chacun regrette ce qu'il a dit et donne une chance à l'autre.
Et décident dans la foulée de faire un enfant pour sceller leur reconciliation.


Sauf qu'ils n'ont rien réglés.
Chacun a dit ce qu'il avait à dire.
Ca a fait du bien de le dire.
Ca a soulagé un temps, cela a fait baissé la tension.

Mais aucun des deux n'en n'a tenu compte.



Et c'est comme cela qu'au bout de 4 à 7 ans de vie commune, le couple se retrouve avec un enfant d'environ 3 ans qui va venir enfoncer le clou.
Parce que faut vous dire que les enfants aux alentours de 3 ans deviennent tyranniques.
Ils veulent bien leur deux parents mais ils les veulent juste pour eux.
Alors l'enfant va profiter un max de la situation.
Il va tout faire pour séparer ses parents.
Pas pour qu'ils divorcent, car il n'a pas encore compris que cela était possible.
Pour qu'ils ne soient plus ensemble mais ensemble avec lui, centrés sur lui.
L'enfant veut être le centre du monde.
C'est alors que l'enfant va se placer dans la faille entre les parents pour en faire un abîme.
"papa il a dit que je pouvais le faire". Et paf maman rouspète contre papa qui décidément laisse faire n'importe quoi.
"maman m'a dit qu'elle m'en achèterait". Et paf papa qui fait la gueule parce que lui n'est pas d'accord que maman cède tout.
Et qu'on se dispute au sujet de l'enfant. 
Pour son bien paraît-il.
Et l'enfant en est bien conscient. Il en profite car cela lui permet d'avoir ce qu'il veut et surtout d'avoir ses deux parents rien que pour lui puisque vu qu'ils ne s'entendent plus il y a de moins en moins de gestes affectueux entre eux.


Jusqu'au moment où le couple craque.
Et là l'enfant se sent coupable. 
Après tout il a tout fait pour séparer ses parents mais jamais, Ô grand jamais, il n'a pensé que cela pouvait se passer physiquement, réellement.
 
Et les parents de se dire que s'ils avaient su ils se seraient séparés plus tôt parce que cette séparation était prévisible.
Et que s'ils avaient su ils n'auraient pas fait un enfant. Pas ensemble en tout cas.




Mais l'enfant leur a permis de prendre conscience, de verbaliser et de catalyser leurs différends.
Il leur a permis d'accepter qu'ils devaient se séparer.
Il leur a permis de passer à l'acte de redevenir acteurs dans leur vie.
L'enfant n'a jamais eu sa place.
A ses propres dépends, l'enfant de la reconciliation n'a servi que de thérapeute à ces parents.



Est-ce bien son rôle ?


lundi 5 octobre 2009

Pensée positive ou corps négatif?



(clique sur l'image pour mieux lire au lieu de te faire mal aux yeux !)



Il est toujours étonnant de constater que les gens qui vont très mal "dans leur tête" sont souvent épuisés physiquement mais qu'en dehors de cela ils ne souffrent que de peu de maux somatiques.

Prenez les dépressifs, ils n'arrêtent pas de se plaindre.

Ils souffrent et le disent.
Leur corps s'en porte plutôt bien.


Au contraire, bien des gens qui disent aller bien "dans leur tête" souffrent de plein de petits ou gros tracas physiques. 


Prenons, ces personnes qui ont vécu un décès mais qui gardent le sourire.

Ils souffrent et ne le disent pas.
Leur corps s'en porte plutôt mal.


Les premiers règlent leurs problématiques au fur et à mesure quitte à s'enfoncer psychologiquement mais n'ont pas besoin de somatiser leur souffrance.


Les seconds "gèrent" en refoulant leurs souffrances.
Mais la souffrance, c'est comme l'eau, ça trouve toujours un moyen pour s'exprimer.
Refus de la prise de conscience ?
Si ça ne sort pas par la bouche ou la main, ça sortira via le corps.


Qui n'a jamais dit en avoir plein de le dos et avoir effectivement mal au dos.
Qui n'a jamais dit en avoir ras la casquette et avoir effectivement des sensations d'enserrement du crâne voire des maux de tête.
Sans compter cet enfant qui n'a jamais le droit à la parole dans sa famille et qui a toujours des maux de gorge parce que ça doit rester coincer là...
Sans compter celles qui ont subit des attouchements et font des mycoses à répétition...


La pensée "trop" positive, celle qui refuse la mentalisation, la prise de conscience de la souffrance et qui veut forcer à croire que "tout va bien, je vais bien", est désastreuse pour le corps.


Le courant de la Pensée Positive amène à refouler les pensées qui lui sont incompatibles.
Ces pensées positives conscientes ne s'adressent qu'à des pensées négatives qui cherchent à devenir conscients en les empêchant de faire surface.

Or ces pensées refoulées ne cessent pas d'exister ni d'être pensées. 
Mais elles ne sont pas amenées à la conscience.
Alors pour se conscienciser... elles vont trouver un autre moyen d'expression.
Et ce sera le corps.

Prenons un exemple simple.
Un patient dit ne pas s'aimer.
Et hop il va coller sur son mur une grande feuille sur laquelle il aura écrit "je mérite de m'aimer" et il lira ce texte à chaque fois qu'il passera devant le mur.
Mais pourquoi le mérite-t-il ?
Et surtout pourquoi ne s'aime-t-il pas ?
Il répondra qu'il n'est pas beau, qu'il n'a pas fait d'études ou je ne sais quoi.
Mais la vraie pensée négative qui remontera un jour c'est que sa mère ne s'est jamais occupé de lui.
Qu'il la hait et que s'il pouvait il la tuerait.
On est passé de 'je ne m'aime pas' à 'je n'ai pas mérité d'être aimé' à 'ma mère ne m'a jamais aimé'. 
Et tant que sa mère ne lui aura pas dit qu'elle l'aimait ou tant qu'il n'aura pas fait le deuil de la mère idéale, il ne s'aimera pas.


C'est sur, c'est plus compliqué, ça prend plus de temps, mais les refoulements remontent.
(ah oui je ne vous ai pas dit qu'après il allait mieux physiquement)



Exemple typique de pensée positive :

Se dire que l'on doit se voir mince, gaie et en bonne santé 
ne fait que nourir l'idée refoulée que l'on est grosse, triste et pas en forme




Ainsi les petits tracas physiques au quotidien sont souvent l'expression d'une pensée négative ou d'une angoisse à laquelle on se refuse à penser consciemment. 
Le corps devient la voie/voix de l'inconscient.



Loin de moi de mettre en doute les constats médicaux qui s'appuient sur des techniques d'évaluation modernes (scanner, IRM) et mêmes les traitements nécessaires, mais il est des constats parfois étonnants.

Telle patient qui souffre d'une grave hernie discale depuis 3 ans et qui ne voyant rien s'arranger refuse les traitements depuis 1 an. 
Sa famille, sa vie amoureuse : elle en a plein le dos.
Dès qu'elle solutionne une problématique son état s'améliore.


Telle autre qui souffre de crises d'épilepsie.
La fréquence de ses crises se sont amplifiées depuis 3 mois.
Elle décrit des abus sexuels, dénonce ses propres comportements de recherche de perfection.
Elle retrouve une "date anniversaire" il y a 3 mois.
Et voit ses crises fortement diminer en peu de séances.


Coïncidences ?
Peut être.
Peut être pas.


Il y a bien sur un terrain propice, une prédisposition génétique à developper tel tracas ou telle maladie.
Mais le fait que cela se déclenche ou s'amplifie peut être lié à l'obsession de vouloir toujours n'avoir que des pensées positives et au refoulement de pensées négatives.


En psychothérapie, la recherche est celle d'un équilibre.


Il y a des pensées positives, d'autres négatives.
Mais la majorité d'entre elles peuvent en fait être perçues sur les deux versants alternativement.

Il faut être conscient du positif mais aussi du négatif en Soi, dans l'environnement, de la situation dans laquelle on évolue.


S'ouvrir au négatif, c'est accepter les pensées négatives et ne plus les refouler.
Confronter à l'oscillation entre le positif et le négatif, le psychisme n'a plus besoin du corps pour s'exprimer.


Vous me direz que vous connaissez certaines personnes qui bien qu'exprimant leurs pensées négatives souffrent de tous les maux.
C'est que les souffrances sont tellement lourdes que la montée en conscience n'est pas suffisante pour régler la problématique. 
Il y a une partie de leurs pensées qui entre en conscience et une partie qui n'y arrive pas.
Cette partie là permet de limiter la souffrance psychique mais accroît la souffrance physique.

Plus tard peu être, après un travail sur soi, ces pensées là aussi réussiront à être exprimées dans la conscience.


Un travail en psychothérapie va consister à faire accepter par la conscience ces pensées négatives.
Et c'est seulement une fois ce travail réalisé que pourra se mettre en place un chemin de modification cognitif vers un cheminent positif.


(attention, la travail en thérapie ne se substitue en aucun cas à votre traitement prescrit par votre médecin)

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