vendredi 31 décembre 2010

Paf le chien et Annie


C'est l'histoire d'Annie et de son chien
qui traversent la route sans regarder.

Et Paf le chien, et Pif Annie ! (Épiphanie !)




Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2011, 
pleine de bonheur, d'équilibre et de bien-être.
Et si ce n'est pas le cas,
prenez enfin une vraie bonne résolution :
aller voir un psy !

mercredi 29 décembre 2010

La prostitution volontaire

Traditionnellement la prostitution fait partie du combat des féministes (on n'entend jamais parler de la prostitution masculine).
La prostitution est par nature avilissante physiquement et psychiquement. Elle est aussi privation de liberté.
Et c'est ainsi qu'on nous la "vend" depuis des décennies.
Et pour tout vous dire, je pense que dans bien des cas, c'est la réalité.
Etre mise au "tapin" à 12 ans, être sous l'emprise de la drogue, devoir verser l'argent à son mac et se faire 45 clients par jour, n'a rien d'une sinécure et surtout d'un choix.

Pourtant, la prostitution "volontaire" existe.

Je sais que certains y préfère l'expression de "prostitution libre" partant du principe que si la femme est "indépendante" (pas de mac), qu'elle garde l'argent pour elle et qu'elle reste libre de choisir ses clients, elle reste néanmoins soumise aux plaisirs sexuels de l'autre et est donc une victime.

C'est une conception.

Assez étrangement, on veut absolument que le fait de "vendre" son corps fasse de la femme (ou de l'homme d'ailleurs) une victime.
Pourquoi donc serait on victime parce qu'on accepte les relations sexuelles d'un autre alors qu'on n'en n'a pas très envie ?
Certaines épouses, quoique bien mariées, pourraient légitimement se poser quelques questions lorsqu'elles acceptent le "retour du guerrier" alors qu'elles préfèreraient aller dormir. Mais bon après tout, l'amour c'est aussi faire plaisir à l'autre en s'oubliant soi même. Surtout lorsque cet autre paye le loyer et la bouffe. Ce n'est sans doute pas de la prostitution volontaire mais ça y ressemble étrangement.

Ensuite, pourquoi avoir des relations sexuelles avec un inconnu sous couvert d'échange d'argent serait "vendre" son corps. Le corps n'appartient pas à l'autre, la prostitué en reste la maîtresse car elle décide de qu'elle veut en faire, de ce qu'elle accepte et de comment le faire. Ensuite elle en reste la propriétaire, mais si il existe pendant quelques minutes un locataire, ça n'enlève rien à la propriété.
Puis, en quoi avoir des relations sexuelles avec un inconnu serait avilissant ? Y'en a plein qui, bourrées à la sortie d'une soirée, s'offre au premier mec qu'elles ont trouvé mignon (attention au réveil). Est-ce que ça fait d'elles des prostituées ?
Légalement non, puisqu'il n'y a pas échange d'argent (encore que parfois je me demande si le fait de se faire payer le restau puis le ciné ne revient pas au même).

Soyons clairs, encore une fois, je ne parle pas de la prostitution que j'appellerai "forcée".

Mais pourquoi certaines femmes n'aimeraient-elles pas coucher avec des inconnus à partir du moment où cela reste clair, propre et serein ?
Parce que, ne croyez pas que ça n'existe pas, certaines femmes apprécient de se prostituer.
Pour elles c'est un boulot comme un autre. Elles aiment le sexe, elles choisissent leurs clients, elles ne leur font que ce qu'elles acceptent de faire. Et parfois même elles jouissent d'avoir un si bel homme entre leur bras.

Certains me diront elles sont victimes des désirs des hommes. 
En plus, elles ne savent plus sortir du système. Ce sont donc des victimes.

Alors d'abord sortir du système. Oui, c'est vrai, une femme qui se prostitue volontairement arrête rarement. C'est une façon facile et rapide de gagner de l'argent.
Contre toute attente on trouve parfois des femmes avec un bon niveau culturel ou universitaire qui gagnent bien plus qu'elles ne gagneraient avec leur diplôme. Quittez cela est difficile.
Mais en regardant bien, vous qui me lisez, si vous avez fait des études et que votre boulot est en rapport avec ces études, vous savez combien il vous serait difficile de changer de voie même si vous le vouliez. Alors vous aussi vous êtes coincé(e).
Le désir des hommes. Ah, vaste débat. Pourquoi les hommes vont ils voir des prostituées ? Parce qu'ils n'ont pas ça à la maison ? Parce qu'ils peuvent lui demander des trucs qu'ils n'oseraient pas envisager avec leur compagne ? Parce que le fait qu'elle se prostitue les excite ? Parce qu'ils ne trouvent pas de femme (homme âgé, handicapé...) ? La prostitution n'existe que parce qu'il existe du désir.

Deux questions se posent : - si on supprime totalement la prostitution comment et où vont de défouler ces hommes ? - si on supprime le désir, que va devenir notre Société (de consommation qui ne vit que sur le fait de susciter le désir) ?
Mais me dira t on aussi, les femmes sont capables de réfreiner leurs désirs ! Que dalle oui. C'est parce que socialement on leur a appris qu'elles n'avaient pas le droit d'avoir du désir. Alors elles se "finissent" dans les toilettes en fantasmant sur le mâle viril ou soumis ou en s'achetant des godes car elles n'osent pas aller trouver un prostitué. Mais lorsque le désir des femmes sera accepté, quand les hommes comprendront que les femmes ont au moins autant de désir sexuel qu'eux, alors la prostitution masculine atteindra le niveau de la prostitution féminine.
Oh je vois poindre la critique. Si on a des godes pour les femmes et que ça ne permet pas le développement de la prostitution masculine, on a qu'à développer les substituts sexuels pour les hommes et la prostutition féminine disparaîtra. Comme si les femmes ne préfèreraient pas trouver un homme que d'être obligées de se taper un truc rosâtre gelatineux... Allons allons.

Et il ne vous viendrait pas à l'idée que ces prostituées volontaire ont elles mêmes de désirs ? Et que leurs clients peuvent être des moyens de les assouvir ?
Tenez, qu'en est il des actrices de films porno ? Sous prétexte qu'elles ont un contrat signé le fait d'avoir des relations sexuelles de façon tarifée ne fait bondir personne. On sait très bien aujourd'hui que sous certains de ces contrats se cachent des signatures forcées, mais ce n'est pas de la prostitution. On sait aujourd'hui aussi que certaines actrices porno sont arrivées au porno parce qu'elles aiment "ça". Je me souviens d'une jeune femme de 19 ans qui tournait des porno qui avouaient avoir été pendant longtemps la "salope" de son immeuble et qui avait trouvé dans le milieu porno un moyen d'avoir des relations sexuelles avec plein de mecs sans jugement négatif et même avec un certain regard valorisant par le "milieu". Certains diront que pour avoir tant de besoins sans doute présentait-elle quelques troubles... Certes c'est une façon de voir, mais elle ne ressentait aucune gène dans sa vie quotidienne.

On pourrait de plein de façon de prostitution volontaire encore. 
Dans une relation BDSM, la soumise qui verse son argent à son Maître sous prétexte d'humiliation et de signe de soumission, se prostitue-t-elle ? Elle ne le fait pas pour tarifer des relations sexuelles, elle le fait en signe de soumission, totalement volontaire là aussi. Son Maître est il un mac qui s'ignore (ou qui en profite) ? Question de point de vue et de circonstances.

S'exhiber à poil sur le net en acceptant de se livrer à toutes les acrobaties à caractère sexuel que suggèrent les internautes, juste pour leur faire plaisir et leur permettre de se masturber, qu'est-ce que c'est ?


LA QUESTION que ne manque pas de nous poser certaines associations est "rêveriez vous d'un emploi de prostituée pour votre fille ?".
Ah elle est facile celle là. Bien sur la première réponse serait de dire non. Mais nous parlons toujours de prostitution volontaire.
Et je renverrai la question "Si votre fille vous apprend qu'elle se prostitue volontairement la rejetteriez vous  pour autant ?"
La première réponse serait de dire non.
On apprend aux enfants qu'ils ont des droits sur leur corps et qu'ils doivent décider par eux-mêmes de ce qu'ils veulent en faire. S'ils veulent l'utiliser pour vivre comment s'y opposer ?
Une gogo danseuse ou une strip-teaseuse ne vend elle pas l'image de son corps ?
Après tout une mère porteuse ne loue-t-elle pas son corps et ses entrailles ?
C'est bien pour cela que la France freine des 4 fers parce que la liberté du corps ouvre la porte à une toute autre conception de la symbolique sociale du corps.

On ne peut donner son corps (à part à la science).
On peut vous le prendre (dans les cas d'abus sexuels).
Mais peut-on le prêter ou le louer.
La prostitution volontaire reste un tabou.
Et puisque c'est volontaire, est-ce avilissant ?



lundi 27 décembre 2010

Je ne crois pas à la psychologie ni en la psychothérapie !

Je sais cet article n'était pas prévu, mais c'est comme ça. Na !



En fait, ça fait plusieurs patients -oui au masculin uniquement- qui arrivent depuis 2 mois sur mon célèbre canapé en me disant "je viens vous voir mais je ne crois pas à la psychologie ni en la psychothérapie".

La première fois ça m'a interpelé et ma réaction a été "mais alors qu'est-ce que vous faites là ?" sur un ton un peu excédé.

En général, on me sort un truc fumeux du genre "je n'aime pas les médocs, je ne veux pas prendre de drogues, alors comme je ne sais vers qui me tourner je me dis qu'essayer avec un psychologue ça peut m'aider", le tout assorti d'un sourire en travers et carnassier.

"Ah, et vous avez essayé les guérisseurs ?".

ou alors j'ai droit à "vous êtes la 3ème que je vois, ça ne passait pas avec les autres".

Tu m'étonnes.
Maintenant, je commence à être habituée et je leur explique qu'ils ont le droit de ne pas "croire", encore qu'il ne s'agit pas de croire, mais qu'il va y avoir un problème. Intégrer une psychothérapie c'est s'y intéresser, s'y impliquer et travailler. Mais le maître mot c'est IMPLICATION.
Comment pourraient-ils s'impliquer ces "patients" s'ils pensent à l'avance que ça ne sert à rien ?

Le pire, c'est lorsqu'un patient m'a sorti "de toute façon je ne crois pas à l'Oedipe. C'est quoi ce truc débile ? Je n'ai jamais eu envie de coucher avec ma mère !! Freud disait vraiment n'importe quoi !".
Le type avait lu je ne sais combien d'articles de psycho sur le net avant de venir me voir. Mais il n'avait toujours pas compris ce qu'était le complexe d'Oedipe (que soit dit en passant il n'avait absolument pas réglé, d'où certainement son rejet).
J'ai eu une forte envie de le mettre dehors. Et je me suis fait un plaisir de ne pas lui expliquer ce qu'était le complexe d'Oedipe.
Ces "patients" arrivent par effet de mode.
A force d'en entendre parler dans les médias, ils pensent que tout le monde suit une thérapie et que ça peut supplanter un traitement par antidépresseurs ou anxiolytiques.
C'est vrai dans bien des cas, mais encore faut il évaluer le degré de dépression et d'anxiété, et surtout il faut accepter l'idée que la parole et l'étude de son psychisme amène au mieux-être.

Le constat est que ces patients je les vois une ou deux fois.
Ensuite j'ai certainement le plaisir de devenir la 4ème psy sur le canapé du 5ème psy.

En fait, j'ai remarqué que cela concerne des personnalités soit narcissique soit psychopathique et aussi quelques grands dépressifs.
Que des gens qui n'ont pas réglé leur Oedipe, un Oedipe très castrateur.
Dans tous les cas, j'ai eu affaire à des personnes qui ne veulent pas sortir de leur problématique. Ils verbalisent vouloir le faire, et sans doute quelque part ils savent qu'ils doivent se réaménager psychiquement, mais ils ne veulent/peuvent pas.
Soit ils ne sont pas prêts à avancer, soit ils se complaisent dans leur mal-être. Et c'est cette dernière configuration que j'ai le plus constater.

Ils comprennent au bout de la première séance que la psychothérapie va tout réorganiser et surtout réorganiser la famille, chacun reprenant sa place (parents/enfants) ce qui leur est insupportable.
Un m'ayant exprimé sa volonté d'essayer de vivre sa vie enfin sans sa mère intrusive n'a pas supporté l'idée qu'il devrait essayé de prendre des décisions seul sans qu'elle finisse par trancher pour lui (psychiquement on imagine sans peine ce qu'elle a tranché).
Un autre, pour lequel j'hésite encore à ce jour entre personnalité narcissique ou peut être un borderline du fait de son fonctionnement, m'a affirmé que son passé n'avait aucune importance car ses parents étaient parfaits. Doté d'une mère intrusive hypercastratrice, d'un père absent psychiquement, sans compter d'un décès dans la fratrie qui a fait qu'il a cessé d'exister pour ses parents dans sa jeunesse, en dehors de ça tout va bien et "tout cela n'est d'aucun intéret dans sa problématique actuelle" (oui mes patients causent bien).

Bien sur leur première approche du "je ne crois pas à la psychologie" est une façon déguisée de me dire "je ne crois pas en vous".
(Je l'ai déjà dit, certains patient(e)s me comparent à Dieu, mais bon il existe peut être un juste milieu non ?)
C'est façon aussi de me rabaisser et donc pour eux de se valoriser. 
Ils arrivent en disant qu'ils en savent plus que moi, me citent à tort et à travers des auteurs ("alors untel a dit dans sa théorie que..." et "untel, ce n'est pas n'importe qui, a écrit un article qui..."). Je suis n'importe qui, j'ai bien compris merci.
Pourtant ces patients, aussi étrangement que cela paraisse, sont arrivés chez moi parce qu'ils connaissent mes travaux en crimino ou sur les violences conjugales. Mais bon, il s'agit de se positionner en me montrant qu'ils "savent" (et moi pas).
D'ailleurs, à un pas gentil, j'ai fini par lui dire "c'est vous le psy ou moi ? parce que si c'est vous ça ne me gène pas, mais alors ne venez pas me voir." Ca l'a calmé.  

Assez étrangement, en fait non lol, ces types aiment/veulent être dominés.
C'est ce qu'il recherche chez moi, que je m'oppose à eux et que je leur montre mon autorité. 
Homme "castré" à personnalité narcissique accompagnée d'une mère castratrice épouse femme castratrice et recherche psy castratrice.
Mais bon, comme je ne suis pas dupe, ça ne dure pas et je leur explique que ma réaction est le résultat de leur mode de fonctionnement et qu'il serait bien qu'il réfléchisse à cette problématique.
Bizarrement, ils ne reviennent pas.

Avant les psychopathes on ne les voyait jamais en consultation.
Maintenant on les voit, mais ils ne font que passer.

Alors hop, AU SUIVANT !


dimanche 26 décembre 2010

vendredi 24 décembre 2010

Joyeux Noël !!

Eh oui, je reste très traditionnaliste.
J'adore Noël, d'autant que cette année la neige nous gâte et nous met dans l'ambiance.
A Paris, Noël perd de sa magie, moins de déco dans les rues, moins de sapins qui clignotent dans les appartements, tout le monde trouvant cette fête trop commerciale. Comme si les consommateurs n'y étaient pour rien ! Y avait qu'à voir mardi dans les centres commerciaux, c'était la folie, un monde de ouf, tout le monde se précipitant pour acheter à la quasi dernière minute. 
Pourtant Noël c'est d'abord une réunion de famille et l'excitation et la joie des enfants, même des grands enfants ! lol

Je crois que beaucoup craignent aujourd'hui Noël car comme tous les ans, cela permet aussi de refaire surgir les rancunes, les terreurs parfois et la réunion de famille peut tourner au règlement de compte comme à la remise sous emprise.

C'est bien plus simple de rejeter l'aspect festif pour ses travers que de régler ses problèmes.

Combien de mes patient(e)s iront "fêter" Noël à contre-coeur et dans la hâte de voir arriver la bûche et le café afin, qu'enfin, cela soit fini.
Certains diront qu'ils faut aplanir les problèmes pour les enfants et petits enfants. C'est vrai, mais encore faut-il que ce qui se joue soit possible à aplanir. 
Le retour dans la famille est pour certains l'occasion de se retrouver à nouveau à sa place d'enfant, avec cette espèce de hiérarchie familiale, untel à droite de la maman, untel à gauche du papa, untel au milieu et chacun avec son rôle prédéfini, celui qui raconte des blagues, celle qui parle choses sérieuses, celui qui aide, comme si le temps n'avait pas eu de prise, comme si malgré la vie, les enfants, le travail, on avait encore 7 ans...

On nous dit que c'est pendant les fêtes de Noël qu'il y a le moins de suicides. Comment se suicider lorsque toute la famille est là ? Et puis Noël est une fête de vie et de joie.
Mais quel rebond ensuite. 
Lorsqu'on se demande comment on a encore pu supporté "son" regard encore une fois.
Lorsqu'on se dit que régresser est trop dur.
Lorsqu'on découvre qu'on occupe toujours la même place dans la famille, le vilain petite canard, peut être,  sans reconnaissance de ce qu'on a fait ensuite.
Tout simplement parce qu'on en a marre de faire semblant juste pour les enfants, sous prétexte qu'on ne veut pas les priver de leurs cousins, leur oncle ou je ne sais qui.
Et que Noël au lieu d'être une fête dont on devrait se réjouir, devient une contrainte supplémentaire parce qu'on n'ose pas dire non.

N'oubliez pas : Noël n'est que ce que vous en faites et la perception que vous en avez.
Les rituels ont changé, mais pourtant ils ont toujours la même signification.
Nous ne brûlons plus la bûche, nous la mangeons (et nous brûlerons les calories après !).
Car la période de Noël c'est avant tout le solstice d'hiver. 
Dès aujourd'hui le jour reprend le pas sur la nuit.
C'est la lumière qui fait fuir l'obscurité.
C'est la vie qui submerge la mort.

Et tout ça, aucun commerce ne pourra nous l'enlever.

(et pour rappel le fantastique article de l'année 2008 sur le sujet ICI)


Je souhaite à tous mes lecteurs et lectrices, 
un très joyeux Noël !





mercredi 22 décembre 2010

De l'importance de la couleur dans les traitements médicamenteux

Je dois vous rédiger un article sur les couleurs dans la vie de tous les jours.
Celui n'est donc qu'un avant goût, petits veinards !

  Smarties ou comprimés ?

Une étude pharmaceutique indienne vient de démontrer que la couleur des cachets médicamenteux avait une influence sur la qualité -perçue- du traitement.

Perso, je ne suis pas vraiment étonnée.
Un médecin m'a prescrit une fois un traitement à base de petits comprimés.
Je lui demande "vous savez de quelle couleur ils sont les comprimés?"
"Non" me repond-il l'air interloqué sur le coup. Il se reprend "mais vous avez raison il y a des personnes qui avalent plus facilement les cachets roses, d'autres les oranges, mais on ne connaît pas la couleur de tous les médicaments".
Eh bien c'est dommage car je n'ai jamais pu prendre mon traitement.
En ouvrant la boîte, je découvris une jolie plaquette en métal contenant quelques comprimés bleu turquoise.
J'ai bien essayé de les avaler mais je n'ai jamais pu.
Rien que de les attraper, ça me faisait horreur.
Je suis donc appelé mon médecin afin qu'il me prescrive un autre traitement. Mon explication l'a bien fait marré...

Mais bon, aujourd'hui je sais que je ne suis pas la seule.
Allélouia !!

Ainsi les comprimés roses ou rouges sont ceux qui sont les plus facilement avalés.
14% des gens pensent que les cachets roses ont un goût plus doux que les cachets rouges.
Les cachets jaunes sont perçus comme plus salés quelques soient leurs ingrédients réels. 
11% pensent que les cachets blancs ou bleus ont un goût plus amer.
10% disaient que les cachets orange sont acides.

Deux fois plus de personnes d’âge moyen préféraient les cachets rouges que les jeunes adultes, et plus de femmes ont choisi les cachets rouges que les hommes.  

Comme pour les cosmétiques, ou d'ailleurs tout autre produit de consommation, il y a un fort impact de la couleur et de l'emballage pour un médicament.
Il est donc important pour l'industrie pharmaceutique de proposer, surtout pour les produits en libre service, des emballages et des traitements attractifs.

Le pire c'est que cela a une influence sur l'efficacité du traitement.
On aura beau dire à une personne que ce traitement est très efficace, selon sa perception la couleur du cachet pourra contredire cette efficacité.
Cela sous entend que chez certains qui trouve un traitement peu efficace, le simple fait de proposer le même traitement mais avec une couleur différente le rendrait peut être plus efficace.
On peut envisager la même problématique pour les placebos. Un placebo rose serait il plus efficace qu'un placebo orange ?

En tout cas on peut sérieusement s'étonner que l'industrie pharmaceutique ne ce soit pas posée la question avant.
Car avaler un comprimé, c'est consommer.

Et vous, arriveriez vous aussi facilement à avaler un cachet d'aspirine s'il était rouge, ou bleu ou vert ?




lundi 20 décembre 2010

La scénographie d'une exposition

J'ai passé 10 jours à apprendre comment mettre en scène des expositions.
Et tout cela au Louvre s'il vous plaît (autant faire classe et chic).

La première semaine était surtout basé sur la théorie car il s'agissait de comprendre la scénographie d'une exposition permanente.
Qui dit permanente dit.. cheveux frisés !
Euuuh, non là pas vraiment.
Une expo permanente est une exposition qui dure. En général 5 ans au moins (afin de rentabiliser), les critères de mise en scène sont donc plutôt neutre car il faut passer le temps, les modes, les évolutions du design et les goûts du public.
La mise en scène n'est pas minimale mais totalement dénuée de rapport à la période de création et elle peut se permettre de mettre en valeur certaines oeuvres plutôt que d'autres.
Bref, ce n'est pas très créatif mais au contraire cela fait appel à beaucoup de contraintes car limiter l'esprit créateur n'est pas une chose facile (enfin pour certains).

Cette première partie nous a amené à nous balader bien sur dans les expos permanentes du Louvre, non pas pour regarder les oeuvres, mais bien pour évaluer les couleurs des murs, l'éclairage, la position des socles, les espaces de circulation, la hauteur de positionnement des tableaux, l'ambiance.... etc.

C'est donc le nez en l'air ou collé au sol ou bien encore collé derrière certaines cimaises que nous avons traversé le Louvre.

Je ne vous ai pas parlé de ce premier groupe.
En fait nous sommes 10.
Il faut savoir qu'en France, les formations à la scénographie des expositions n'existent pas.
Seul le Louvre propose des ateliers sur le sujet et parfois quelques formations.
Bien sur la scénographie est plus ou moins au programme des cursus d'architecte ou de décorateur d'intérieur, mais cela concerne pas les expositions.
Aussi, comme toujours au Louvre, notre groupe était international (italien, brésilien, français, espagnol) et composé de professionnels (architectes, restaurateur, artistes, metteur en scène) et une psy qui s'était égarée par là.
J'expliquais ma motivation par le fait que la scénographie n'était que de la manipulation qui consistait à réussir pour une personne (le commissaire d'expo) à convaincre le public que sa vision sur l'art, des oeuvres, une période, était une vision qui méritait d'être exposée au monde.

Nous avons du nous plier à des exercices.
Ainsi en partant de 8 tableaux qui nous étaient imposés (que nous avons du esquisser, mesurer avec les moyens du bord - imaginez 10 personnes dans la Grande Galerie du Louvre tentant de cerner les hauteurs, largeurs de tableaux), nous devions envisager comment les placer dans 3 types de salles (une carré, une rectable, une ronde) dotées de contraintes de hauteur, portes, fenêtres...
Le tout pour le lendemain matin.
Ben voyons.
N'ayant absolument pas prévu d'avoir des exercices hors formation, et vu que ce soir j'avais des consult jusqu'à 21h, je n'ai pas fait grand chose.
Pas eu le temps de dessiner mes plans, mais après avoir rechercher les visuels sur le net pour me rendre mieux compte, j'ai effectué une réflexion intense sur comment présenter les tableaux : par ordre chronologique ? par artiste ? par couleur dominante ? par thème ? par "regard" ?
J'avais préparé une liste avec toutes mes propositions. 
l'intervenante m'a dit que c'était un très bon début. Mais à côté des archi qui avaient tracé les esquisses voire tout mis en présentation virtuelle sur leur portable, je me suis demandé quelques instants ce que je foutais là.
L'intervenante me dit "bon ok maintenant vous avez vos listes, prenons la salle ronde comment vous placez les oeuvres et par laquelle vous commencez ?"
Je me lance dans une explication à forts mouvements de bras.
"oh la" me dit elle "arrêtez d'intellectualiser. Les intellos ils ont tout dans la tête mais on ne voit jamais rien. Jetez moi vos idées sur un papier, allez hop un croquis !".
Oups, voila quelque chose que je n'ai pas l'habitude de faire. Bon je me jette à l'eau, je fais un rond qui ressemble plus à un ovale, je trace mes cimaises, j'explique que je mets mon oeuvre d'appel là, que je mets l'autre qui attire le regard et contraint le sens de circulation là... 
"C'est bien, mais faut apprendre à être moins intellectuelle. Croquis, croquis, croquis..." 
Bien chef !

On fait le tour de tous les projets, chacun arrive avec sa vision.
En fait aucune n'est mauvaise à partir du moment où on peut justifier l'axe choisit.
C'est l'agencement de la salle qui change tout quant à la circulation du public, aux oeuvres qui seront les plus regardées...

Et pour finir cette semaine, une rencontre avec un encadreur du Louvre. Ancien doreur à la feuille, il a changé de service et travaille aujourd'hui à l'encadrement des dessins et plans.
Le Louvre est le seul musée en Europe à avoir en son sein ses ateliers. 100 artisans sont employés au Louvre : encadreurs, doreurs, ébénistes, tapissiers, restaurateurs, copieurs....

Deuxième semaine :
 
Même intervenante mais autre formation, d'où personnes différentes.
Cette fois il s'agit de comprendre la scénographie des expositions temporaires.
Temporaire = 3 mois maxi.
Alors bien sur, il y a une partie qui reprend certaines notions des expos permanentes, mais dans l'expo temporaire tout est permis. Les effets "mode" sont possibles et seul le budget limite l'imagination du scénographe.

Nous partons de l'exposition temporaire "le Louvre au temps des Lumières" et nous somms prié de monter un projet à partir des oeuvres en place.
on choisit 30 oeuvres (principalement des dessins et des plans, quelques tableaux), on choisit le thème, la mise en scène... et on monte une maquette. Puis une fois fini nous viendrons présenter aux autres nos choix et nos erreurs !

Cette fois nous sommes 8. L'intervenante monte deux groupes.
Bosser en groupe c'est pas mon truc, mais bon je ferai avec.
Dans mon groupe je me retrouve avec :
- une jeune femme d'environ 22 ans, blondinette, en master 1 d'histoire de l'art. Qui sera nommée d'office "commissaire de l'exposition" pour notre mise en scène. C'est donc elle qui doit trancher et décider de tout.
- une jeune femme d'environ 25 ans, brunette, un cursus court (je ne sais plus quoi) en architecture mais travaille dans l'événementiel. Nommée scénographe.
- une jeune femme d'environ 30 ans, neo-zélandaise, qui retourne dans quelques mois dans son pays pour y ouvrir un café-expo. Nommée scénographe.
- moi !! nommée à la com.

La première séance, après les aspects théoriques propres aux expo temporaires, nous permet de déambuler dans l'expo actuelle.

La seconde séance, on remet le couvert, et cela nous permet de décider en groupe quelles oeuvres nous décidons de garder pour monter notre propre expo. 
Pour cela il faut dégager un thème, et perso celui de l'architecture (réalisée telle qu'au Louvre ou utopique telle que dans Paris) me parait évidente.

La fin de la première séance est difficile, déjà je vois poindre les personnalités de chacune et les difficultés. Enfin surtout les agacements.
Je décide de rester zen, mais la cohésion va être compliquée.
La brunette me gonfle sérieux. Elle est hyper autoritaire, mais ne fout strictement rien et est plutôt lente à la détente.
Je me tire du groupe et je pars faire mes repérages seule. A la fin de l'heure, la prof me rejoint, le sourire en coin et nous retournons tous en salle de formation. 
Nous devons réfléchir pour le lendemain à notre projet pour commencer la maquette.

3ème séance :
J'ai fais un plan, j'ai tiré sur papier -et à l'échelle s'il vous plait- toutes les oeuvres que j'ai pu récupérer sur le net pour les coller dans notre maquette.
Je me coltine -en fait avec plaisir- la construction de la maquette. 
Je découpe le carton plume, me fous de la colle plein les mains.
Pendant ce temps là pas très occupant intellectuellement, j'en profite pour observer les 3 autres.
La blondinette se demande ce qu'elle pourrait faire et finira par m'aider à découper des cloisons... après que je lui ai donné les mesures car elle est incapables de faire les conversions mètre/cm !
La brunette n'en branle pas une et finit par demander à retourner à l'expo pour prendre les mesures des oeuvres que je n'avais pas pu trouver sur le net. Comme si c'était super important de faire la différence entre 85 cm et 95 cm qui mis à l'échelle font respectivement environ 1,80 cm et 1,95 cm !!
Notre jolie néo-zélandaise reste à réfléchir sur l'ordre dans lequel on va mettre les oeuvres.
A la fin de la séance, la brunette réapparait brutalement, très fière de ses mesures au pif (impossible de coller une règle sur un tableau !), la blondinette m'a découpé 1 cloison de 9 cm x 8 cm, la néo-zéalandaise à commencé à classer les oeuvres par thème.
La prof nous explique que demain (dernière séance), la maquette devra être finie et que nous feront nos présentations respectives.
On ne sait toujours pas quelles couleurs on met dans notre expo, ni dans quel ordre réellement on met les oeuvres, le titre de l'expo n'est pas fixé. 
La néo-zélandaise annonce tout d'un coup que ce serait sympa d'envisager que l'expo se passe dans son pays. En fait on est tous mollement d'accord. Et en 30 secondes, sur le coin de la table, alors qu'on a toutes nos manteaux sur le dos, on décide de reprendre le code couleur de l'expo du Louvre. Non, en fait on hésite et on demande à notre "commissaire" de trancher. Impossible. Alors on prend tout.
Mais c'est bête, dans la salle il n'y a pas de papier Canson de la couleur pour que ça rendre bien.
"Tu parles d'une formation, faudrait pas non plus qu'on amène nos couleurs non ?" rouspète la brunette.

La blondinette est atteinte de trichotillomanie. Dès qu'on lui pose une question ou dès qu'elle parle, ses cheveux trinquent. Elle parle doucement. Elle est super angoissée. Ce sent nulle et est incapable de prendre une décision. 
"Tu dois trancher" lui dis. 
"Je ne peux pas" me répond elle en tremblottant.
A la fin de la séance, elle m'avoue qu'elle ne se sent pas à la hauteur. Elle n'a jamais fait d'étude d'archi, elle n'y connait rien. Moi non plus et alors ? De plus elle me sort qu'elle n'a pas le temps de réfléchir parce qu'elle a un devoir pour son M1. Je lui réponds que je bosse, que l'autre en face elle travaille sur son projet perso et que c'est un peu facile tout ça. Elle m'explique qu'elle veut laisser tomber son master, elle a appelé son mère à laquelle elle a dit qu'elle était trop bête et qu'elle allait tout arrêter. "C'est vrai que t'es bête" lui a répondu sa mère. Je lève les sourcils et je lui dit que c'est sûr ça aide pas.
En fait, elle n'a plus de statut dans le groupe.

La brunette est hyper autoritaire, voire cassante même blessante. 
Elle veut tout contrôler. Il faut toujours qu'elle mette sa patte quelque part, tout ce qu'on fait n'est jamais assez bien. Il faut fignoler... ce qu'on fait les autres.
Elle ne fout rien. Elle est lente en plus.
En plus elle s'approprie le travail des autres. 
Elle ne tranche que si  ça l'avantage elle.
Elle a un statut d'architecte.

La néo-zélandaise est une fille sympa et saine. Bien sur il est clair qu'en fait on est en train de l'aider à monter son projet, mais bon ça je m'en fous. Elle est là pour apprendre, elle accepte de se tromper et est impliquée dans le projet, même si elle du mal à prendre les décisions importantes. 
Elle prend naturellement l'aspect communication sur l'expo.


Quatrième et dernière séance :
Comme notre groupe est très cohésif -et cela malgré le fait que notre intervenante nous ait demandé d'échanger nos coordonnées téléphoniques- chacun a amené du papier couleur ce matin. Sauf la brunette.
Moi j'ai amené du prune et du rose poudré.
La néo-zélandaise a apporté du marron et du gris beige.
La blondinette du papier kraft (qu'on utilise pour donner un aspect 'parquet' dans les maquettes) et du noir pour notre "auditorium".
Je sirote tranquillement mon café. 
Rien ne se passe. Rien ne se dit.
Ah si la blondinette m'informe qu'elle a pris RDV avec sa psy.
Alors je me lance : "bon, c'est la dernière ligne droite, il serait sans doute temps d'avancer. Alors toi et toi, vous décider une bonne fois pour toute dans quel ordre on place les oeuvres. Toi tu me fais 3 cloisons principales afin de séparer la "salle" selon nos 3 thèmes et moi je colle le papier pour les couleurs."
Aussitôt dit aussitôt fait, j'attrape la maquette, découpe le papier. La blondinette coupe les cloisons. Les deux autres minettes tergiversent "ah ben cette oeuvre là en fait on ne devrait pas la mettre dans cette partie".
"ah non" dis je "c'est trop tard pour tout changer. On reste sur nos positions et on se contente de décider de l'ordre. Une fois que vous avez décidé, on place nos miniatures dans la maquettes, on voit comment on les situe les unes par rapport aux autres et ça décidera de s'il faut ajouter des cloisons de sous parties supplémentaires".
Je décrète que je suis scénographe de l'expo et que j'ai le dernier regard.
J'ai cru que la brunette allait m'arracher les yeux.
Elle a faillit dire un truc, mais mon regard l'a arrêté. Je l'attendais au tournant, elle a vu je crois que j'allais lui dire ses 4 vérités et que ça allait faire mal. 

On a bossé comme des malades. 
La brunette a mis sa patte dans les finitions, elle aime que tout soit nickel, parfait. Sauf sur ce qu'elle fait elle.
Elle monte une cloison, colle du papier dessus de travers, mais là ne rectifie pas. Du coup c'est le seul mur de l'expo qui est mal recouvert !
La blondinette est perdue, ça va trop vite pour elle. 
Elle ne participe à aucune prise de décision, ne donne son avis sur rien. Elle se contente de découper des "banquettes" dans le carton plume et encore pas à la bonne échelle.
La néo-zélandaise a fait un boulot d'enfer chez elle, elle a préparé un carton d'invitation pour l'expo avec texte, date, lieu... 
Je prépare le devant de l'expo : je mets en avant les couleurs de l'expo, je colle les titres.
"Tu ne nous a pas demandé notre avis" tonne la brunette. "Non, on n'a plus le temps. Si ça ne vous plait pas, trouvez autre chose et on décolle".
Le blem c'est que les 2 autres on trouvé ça super.
La blondinette fait du découpage des miniatures des oeuvres.
Puis je place les miniatures sur le "sol" de la maquette et avec la néo-zélandaise on décide de l'ordre final et s'il faut ajouter ou non des cloisons, pendant quela brunette remet de la colle parce que ce n'est pas "parfait" !
Hop une là, hop une là bas. Hop l'oeuvre maîtresse bien placée, hop les tableaux d'appel visibles dès l'entrée, hop on encadre, hop on colle, hop qu'on a fini dans les temps. Et même qu'on a complètement fini.
On est des bêtes.

Allez je suis sympa je vous joins des photos de la maquette. 
Le petit bonhomme, en fait le vigile de l'entrée de l'expo est de moi, il permet de situer la hauteur des murs et le placement des oeuvres.















En fait on a bien défendu notre projet. A part l'éclairage qu'on ne peut prévoir à partir d'une maquette n'a pas été totalement envisagé. La puissance si, l'axe aussi, mais il n'a pas été placé.

L'intervenant m'avait demandé de préparer un petit topo sur les couleurs et leur rôle. Comme la psychologie des couleurs n'est pas développée, j'ai fourni à chacune ce que j'ai pu trouvé.

j'en parlerais à l'occasion parce que c'est intéressant et j'y ajouterais une approche sur l'aspect commercial, car l'effet des couleurs est surtout utilisé en marketing. Mais comme je disais, après tout, une expo c'est du commercial, on vend son idée à un public qui doit venir consommer pour que ce soit rentable.

L'intervenante nous a fait un résumé des groupes. Elle a bien senti que dans le notre, la cohésion n'était pas notre fort et que les personnalités n'avaient pas été faciles à gérer. Et aussi que les rôles c'étaient modifiés. Mais elle était plutôt contente de la façon dont avait géré ça, d'autant que dans la vie, monter une expo nécessite de ménager les susceptibilités des uns et des autres (conservateur, commissaire d'expo, scénographe, architectes, ateliers.... ).

J'ai beaucoup appris (pas sur mon caractère lol) sur comment monter une expo. 
Il y a des points de vue que je n'avais pas perçu.
C'est vrai que ça modifie beaucoup le regard et qu'on se pose beaucoup plus de questions sur la mise en ambiance des oeuvres.
Et pour finir, une présentation de notre intervenante :
Ilinca Gheroghiu est principalement metteure en scène, scénographe.
Comment vous la situer ? C'est le style Bettencourt mais du haut d'un 1m65. Un look un peu extravagant, mais très classe. Elle parle plusieurs langues couramment. Un accent qui lui donne un côté un peu snob. Mais en fait, elle est très abordable, écoute beaucoup et donne dans la critique constructive. Elle est polie,  très cultivée, branchée musique, souriante, préoccupée par le bien-être de ses participants. Et autoritaire : par exemple elle ne supporte pas les groupes scolaires qui parlent fort dans les salles et les ados, comme les enseignants, se font remettre à leur place quant à leur savoir vivre dans un musée !
Franchement, elle est super, j'ai beaucoup apprécié son approche où aucune question n'est injustifiée, le contenu de la formation est riche et plein d'anecdotes croustillantes sur le Louvre ou certains acteurs ! Elle sait faire profiter les "étudiants" de ses connaissances du personnel du Louvre pour nous faire rencontrer des intervenants intéressants.
Voici son CV ICI


dimanche 19 décembre 2010

A lundi !

Non, je ne suis pas morte j'ai juste passé 10 jours de dingue.

Alors dans le désordre j'aborderai ma formation en scénographie d'exposition, l'âge pour l'accès à l'informatique, les personnes qui préfèrent allez danser que de s'occuper de leur gosse, l'influence des courleurs dans les soins et puis dans la foulée un article -enfin car promis depuis longtemps- sur l'homéopathie.

Voila voila, vous êtes prévenus.

mercredi 15 décembre 2010

Tapis puzzle, psychothérapeute et mères-porteuses

En 2 jours, 3 informations "essentielles" sont venues squatter les unes des informations.
Le monde est trépidant.

Tout d'abord le coup des "tapis puzzle en mousse" dont on nous rabache les oreilles depuis le week-end dernier.
Histoire, en fin d'année, de permettre aux parents d'être des bons pères et mères de famille res-pon-sa-bles et de ne pas offrir un cadeau réellement empoisonné.
Ces tapis sont déjà interdits de vente en Belgique depuis quelques mois.
Fabriqués en Chine, ces tapis puzzle contiennent des formamides substances chimiques dérivées de l'acide formique, qui permettent de garder le plastique souple.
Ceci dit, à mon humble avis, si on les fabriquait au milieu du Cantal, ça ne changerait rien à la composition.

S'il met le cheval à la bouche,
dites vous que s'il était végétarien
il ne l'aurait pas fait.

  
Un chercheur du CNRS, interrogé sur le sujet, fut bien embêté pour répondre.
Il nous rappela d'abord que de toute façon les formamides devaient être interdits dans les jouets dans toute l'Europe en 2013.
Nous prenons donc juste un peu d'avance.
Ensuite quant à la toxité, oui c'est vrai. 
Mais, petit un, il faut ingérer la mousse.
Ce qui est assez étrange disons le.
Et même si les gosse mettent tout à la bouche, de la à ingérer la plaque il y a loin.
Maintenant les gosses mordent dedans ? Si c'est le cas, on peut se demander pourquoi, dès la première morsure les parents réitèrent de placer l'enfant dessus (sachant qu'il va recommencer, c'est obligatoire) et surtout pourquoi les parents ne surveillait pas leur enfant. 
Car rappelons le c'est un jouet, qui a certes la forme d'un tapis, mais ce n'est pas un tapis. (et puis franchement vous laisseriez un bébé bouffer votre tapis chinois ?)

Ensuite, petit deux, il faut inhaler les formamides.
C'est vrai se dit on, les pauv' petits assis qui assis sur leur couche ont le nez à 30 cm de la mousse doivent en prendre plein les poumons.
Que nenni, les formamides n'emettent rien.
Sauf s'ils sont chauffés.
Et comme le disait notre chercheur, ça devient dangereux si on le jette dans une cheminée (allumée si possible).
C'est bien connu, en ville, nous croulons sous les cheminée et tous les jours les parents jettes des morceaux de tapis mousse dedans.

Bref, ce chercheur était bien ennuyé car il mettait en exergue le fait qu'il fallait des situations plutôt extrèmes et par nature rares pour que cela aie un effet nocif.
Et qu'on se demande pourquoi brutalement ce sujet sort.
Un concurrent jaloux aurait il créé au loup ? 

Et puis pour rappel (j'aime les rappels vous avez remarqué), ces mêmes mousses, qui se vendent en plaque dans tous les bons magazins de bricolage, il y a de grandes chances pour que vous en ayez sous votre parquet en isolation phonique ou dans l'isolation thermique de vos combles.... 
Et là, c'est marrant tout le monde s'en fout.


Passons à nos psychothérapeutes.
Un article hier attirait notre attention sur le fait que, ça y est, le registre national des psychothérapeutes est en vigueur.
Et que maintenant tous les "consommateurs" vont pouvoir savoir si leur psy est sérieux ou pas.
On est bien content de le savoir.


Sauf que j'aimerais bien savoir où il est ce foutu registre.
J'ai fais ma demande quasi dès la parution du décret, je n'ai toujours aucune réponse.
Et pour l'instant il n'existe aucun registre national des psychothérapeutes officiel.
Tout ce que vous trouvez sur le net ce sont des ersatz mis en place par des fédérations et associations diverses. Pseudos registres dans lesquels on peut s'inscrire dès lors qu'on a payé sa cotisation annuelle et qu'on a montré la copie de son diplôme...
Psychothérapeutes, peut être, officiels, pas sûr...


Je terminerai sur l'effet d'annonce d'un sondage sur les mères-porteuses et autre sujets divers.
Ce sondage effectuée auprès de 2000 femmes connectées à un site internet de contenu dit "féminin" a permis de mettre en avant que la majorité des femmes sont "pour" les mères porteuses, "pour" l'adoption par les couples homosexuels et "contre" le choix du sexe de l'enfant.

 Et maintenant les pères-porteurs
Ce sondage a été balancé partout pour tenter de démontre que les femmes sont bien plus en avance intellectuellement et socialement parlant que les parlementaires.
Ce qu'on oublie sans doute de nous raconter c'est comment ont été recrutées ces 2000 femmes.
Comme vous le savez pour qu'un échantillon sondé soit représentatif, il faut qu'il représente toutes les catégories sociales (tranches d'âge, niveau scolaire, niveau social, nombre d'enfants, marié ou pas...), ça fait un sacré nombre de groupes à contrôler.
C'est d'ailleurs pour cela que les sondages réalisés par les grandes sociétés sont si peu fiables, parce qu'en général ils ne se basent eux aussi que sur 2000 personnes. Et lorsque vous divisez 2000 par le nombre de "catégories" sociales existantes, il ne reste parfois qu'une ou deux personnes dans un groupe. Qu'on imagine sans peine (lol) très représentatives de leur catégorie !
Bref, dans cette "étude" webbesque rien de tout cela. 
On répondu celles qui voulaient bien, tout en donnant quelques infos sur elles mêmes.
Avec le risque bien évident que ce ne soit qu'une seule tranche d'âge qui réponde par exemple ou que toutes (voire tous) les adhérents à un lobby pro-mères porteuses par exemple ce soit passé le mot pour répondre en masse...


AB HOC ET AB HAC



lundi 13 décembre 2010

Les effets psychologiques des régimes

Eh oui, Ô lecteur, Ô lectrice, c'est bientôt les fêtes et leurs super repas arrosés et hyper gras.
Foie gras, crême au beurre, huîtres, saumon, champagne... ton foie va en prendre un coup.
Et ton poids aussi.
La balance va devenir dingue.
Et toi aussi.

Si tu avez un poids stabilisé, cette prise d'hypercalories n'aura des conséquences que pendant quelques jours.
Et on n'en parle plus.

(cliquez pour voir plus grand - source : Roudoudou et Petite bouclée)


Mais si comme 65 % des femmes et 35 % des hommes tu es au régime, c'est une cata annoncée !
Non, seulement tu va prendre un poids énorme, on dira le double au moins de ce que tu croies avoir avalé (voui voui, moi aussi lorsque j'avale 30 gr de fromage je prends 1 kilo !) mais tu n'arriveras pas à les perdre ces foutus grammes. Seule façon te mettre au régime.

Le blem, c'est qu'au régime tu y étais déjà avant les fêtes.
Tu donnes dans l'effet yoyo : je maigris, je grossis brutalement, je maigris, je regrossis d'encore plus que ce que t'avais à perdre.
Bref, 1 mois après, t'es plus épais que tu ne l'étais avant les fêtes...

T'en as certainement entendu parlé, mais c'est pas nouveau tous les nutritionnistes te le dirais, les régimes c'est pas bon.
Le corps n'aime pas du tout.
Et ça commence dès le premier régime.
Car le corps est animal. Il a très peur de mourir.
Alors il prévoit toujours un peu de stock de gras et d'hormones au cas où La Grande Pénurie viendrait.
Tes cellules en sont encore à la chasse au mammouth ou la disette de la grande Peste...
Si tu manques, c'est que tu prends pas assez de nutriments, ton corps risque de mourir, alors il fait des stocks, on se croirait dans les SAV de Darty le lendemain de Noël.
Et dès qu'il a appris à faire des stocks, c'est un apprentissage en 1 essai, y a des tonnes de manutentionnaires qu'on trouvé du boulot et ils comptent pas le lâcher comme ça. Du coup ils continuent à stocker.
C'est du capitalisme primaire en fait, sauf que la grange est extensible quasi sans fin. Les silos peuvent se remplir sans arrêt.

Dès le premier régime c'est foutu.
Quand je parle de régime je parle de restriction, de dérèglement, de déséquilibre.
Car les régimes ne sont jamais équilibrés : trop de protéines (qui détruisent les reins et filent la goutte), pas un gramme de graisse (alors que c'est ce qui fait fonctionner en partie le cerveau), trop de soupe (l'estomac ne sait plus gérer le solide)...
Sur une quinzaine de jours dans la vie c'est pas top, mais bon le corps se reconstruit et oublie.
Mais comme tu vas reprendre encore plus après en remangeant comme d'hab, pas tu te remets au régime aussi sec quelques temps plus tard. Et là crac, commence les effets négatifs.

Comme disait je ne sais plus quoi "quitte à mourir, autant mourir mince".
Mouais, c'est une façon de voir.

Mais bon tout ça tu l'as déjà lu et entendu
(et d'ailleurs je me demande pourquoi j'ai écrit tout ça).

Ce dont on ne parle jamais ce sont des effets psychologiques des régimes.
C'est d'ailleurs peu documenté dans la littérature nutritionnelle.
Le premier effet est la dépression.
Eh oui, t'es en manque de nutriments, de vitamines, d'oligo éléments, de gras.... tu déprimes.
Et c'est encore pire si tu déprimais avant le régime.

Certes pendant la perte de poids, tu remarqueras un phénomène fantastique : tu as la pêche !
Perdre du poids, mais surtout et enfin, arriver à contrôler quelque chose met de bonne humeur et revalorise ton estime de Toi (et cela même avant d'avoir réellement perdu du poids !).
Le pire : tu prends deux groupes, 1 que tu mets au régime, 1 auquel tu donnes uniquement des conseils de santé (sans visée nutrionnelle), eh bien à 1 an les deux groupes ont la pêche, mais ceux qui n'étaient pas au régime ont encore une meilleure estime d'eux-même que ceux qui perdent du poids...

Exprimer ses problèmes, tenter de trouver des solutions met de meilleure humeur que de perdre du poids et en plus ça perdure.

Parce que chez toi qui est au régime vient un second temps : la déception, la désillusion.
En effet, passer le premier constat de perte de kilos à court terme, dès que tu arrives à moyen terme (2 ans), tu as un constat inverse, tu as pris du poids.
D'autant que tu ne bouffes plus que "rationnel", le plaisir ayant totalement disparu parfois au profit de la culpabilité lorsque tu fais un écart. Et plus tu rationnalises, plus tu contrôles, plus tu déséquilibre et plus tu regrossis facilement. Et plus tu as faim et plus les écarts sont importants...
Ces échecs sont cuisants pour l'estime de soi (incapacité à contrôler) et le rapport au corps (ne pas coller à l'image idéale).
 
Et ceux qui renoncent à maigrir arrivent à mettre en place des comportements alimentaires efficaces et finiront... par maigrir.
Pour conclure, les régimes à très court terme sont bien sur efficaces.
Mais ils ne tiennent pas compte de la complexité métabolique qui est elle même individuelle et le régime, solution de facilité, créérait ce contre quoi il tente de lutter.
Mais Il faudrait en revenir aussi aux réalités psychiques en jeu dans notre approche corporelle.
L'étude elle même parle d'arrêter de médicaliser à tout pris ce qu'elle considère comme une problématique "existentielle" et la "formidable puissance inconsciente qui règne sur le corps".
Le nutritionniste doit évaluer l'histoire du patient avec son environnement (familial et sociétal).

Bref, si tu veux perdre du poids va voir un psy. 



dimanche 12 décembre 2010

vendredi 10 décembre 2010

Les néonaticides

Un néonaticide est un enfanticide qui consiste dans le fait de tuer un enfant dans les 24 heures qui suivent sa naissance.



Certaines associations féministes se sont emparés du phénomène pour proposer de mettre en place une stratégie de prévention.
Car c'est bien connu le néonaticide ne concerne que les femmes très jeunes, "pauvres", surtout issus de l'immigration et qui vivent dans un milieu violent.

Ceux qui gravitent un peu dans les milieux judiciaires savent que ce n'est pas le cas.
Même si, bizarrement, ce sont ces affaires là qui sont les plus médiatisées.
Après tout, on peut imaginer facilement qu'il est plus facile pour un journaliste de faire pleurer dans les chaumière avec une histoire d'assassinat d'enfant nouveau-né d'une ado de 14 ans, violée par son beau-père ou ayant eu une relation sexuelle avec un copain de classe, le tout emballé dans la rigueur morale d'une famille maghrébine émigrée dans un HLM du 93.
Ca arrange aussi certaines institutions et certains courants car cela permet de faire passer un message important : les jeunes femmes issus de l'immigration doivent absolument être protégées de leur famille castratrice et criminelle qui ont du mal à s'intégrer dans une Société féodale et masculine.

Bon, c'est pas tout ça, mais pour résumer rapidement (si si), une étude de l'INSERM vient de se pencher sur le néonaticides en France.
Et le constat est qu'il existe un énorme décalage entre les constats médicaux et les affaires judiciaires.
En gros, les médecins ne se posent pas tout de suite la question d'un éventuel assassinat lorsqu'il y a mort d'un très jeune enfant, mais l'enquête (obligatoire) montre qu'en fait il y a bien eu meurtre.

Ce n'est pas la première fois que ce décalage existe, on le connaît par exemple avec les jeux de strangulation (ou "jeu du foulard") où les médecins voient souvent un suicide alors que l'enquête et l'analyse comportementale démontre clairement un décès par "jeu" (autoérotique ou pas). Je ne critique pas les médecins, parce que leur job c'est juste de tenter de sauver des vies ou de constater la mort, pas de se demander pourquoi les gens meurrent.
Chacun son job.

Bon, alors ces néonaticides seraient en fait 5 fois plus importants que prévus.

Sans compter le chiffre "noir", on pourrait sans doute, comme pour tout acte délinquant ou criminel, multiplier les chiffres au moins par 3, mais, comme dirait l'autre, tant qu'on ne se fait pas prendre on n'a rien fait.
Si le nombre déclaré est d'environ une quizaine par an, les chercheurs estiment que le nombre de néonaticides s'élèverait à une centaine par an en France.

Dans leur étude ils se sont contentés de se pencher sur les néonaticides de 3 départements français sur une période de 5 ans. Soit 26 assassinats "seulement".
Du coup, il faut bien reconnaître que leurs résultats, même s'ils sont intéressants sont peu significatifs et qu'il faudra valider les conclusions en étendant l'étude dans le temps.
Pourquoi 3 départements me demanderez-vous (ou pas) ? Parce que ces chercheurs ont choisi les 3 départements à la plus stable et haute natalité.

Leur conclusion, bien que limitée donc, tend à montrer que la cible habituelle des axes de prévention n'est pas adaptée au profil réel des femmes pratiquant le néonaticide.
Contre toute attente, ce sont des femmes adultes (autour de 26 ans), qui ont déjà 3 enfants, qui sont mariées, ont un travail et sont bien intégrées socialement.
L'enfant est issu du mari. Elles n'ont recours à aucune contraception et la grossesse arrive à un moment considéré comme inadéquat.
La grossesse n'a pas été déclarée à la sécurité sociale ni à un médecin.
Le mari, la famille peuvent avoir été informés de façon indirecte et non claire. La grossesse est volontairement cachée à l'entourage et l'accouchement est réalisé lorsqu'elles sont seules.
Elles sont par contre immatures et fragiles psychologiquement, présentant une forte angoisse de séparation.  Ce qui rejoint toutes les études antérieures sur le sujet.

Mais je viendrai revenir sur ces résultats par le fait qu'il est fort probable qu'il existe plusieurs profils de femmes qui tuent leur bébé. Mais ces résultats permettent de venir nuancer les habituels stéréotypes.


(pour info, le "déni de grossesse" est un phénomène extrêmement rare. Aujourd'hui, et ce depuis peu, la notion de déni de grossesse est totalement remise en cause par les psychiatres qui n'y ont jamais vraiment cru et qui n'y croient plus du tout. La relecture des expertises et de la littérature montre que le déni total n'existe pas).


mercredi 8 décembre 2010

Mes (nouvelles) pérégrinations dans le métro

Et voila j'ai repris le métro cette semaine et je recommence la semaine prochaine.
Ma vie est palpitante.

Quoi de neuf dans le tromé parisien ?

D'abord je n'ai pas eu de chance, à croire que la RATP c'était liguée avec le monde entier pour me mettre en retard.
Là où j'aurai du mettre 35 minutes j'ai réussi à chaque fois à en mettre 50.
Entre les accidents techniques, les tentatives de suicide et les colis suspects, j'ai eu le plaisir de mettre 10 minutes par station certains matins.
Les rames sont pleines à craquer, mais je ne sais pourquoi, emmitouflée dans mon bombardier (que j'ai ressorti du placard vu que c'est hype) et mon bonnet trop grand, personne ne vient me coller.
Ai-je plus l'air d'une délinquante attardée que de la Schtroumpfette ?



Sinon, aviez vous remarqué dans le métro les femmes ont tendance à s'asseoir à côté d'une autre femme et les hommes à côté d'un autre homme ?
C'est assez amusant, d'autant que cela donne lieu à des stratégies visuelles et comportementales un peu affolées. 
J'ai nettement eu l'impression par contre que ça génait plus les femmes d'avoir un homme qui s'asseyait à côté d'elle que les hommes qui voyait une femme s'asseoir à leur côté.

De la même façon, les hommes costard cravate s'asseoient "entre eux", les étudiants aussi, les personnes âgées aussi. Les lycéen attirent les collégiens, les jeunes attirent les jeunes, les plus vieux les plu vieux et les blouson/capuche braillards attirent les... blouson/capuche braillard ! Bravo vous avez tout compris.

Cette tendance à se regrouper inconsciemment par sexe, âge et "style" est quand même étonnante et passionnante dans un endroit qui semble trimballer de tout. 
Comme quoi, mêler de tout semble mener obligatoirement au ghetto.
C'est raté pour la mixité sociale.
Mais en fait on le savait déjà.

Les femmes sont nettement plus souriantes que les mecs.
Si vous tombez sur une femme (sans le faire exprès n'est-ce pas) et que vous vous excusez poliment, vous êtes accueilli par un sourire. 
Par contre, les hommes ça ne les fait pas du tout rire, mais lorsque c'est une femme qui perd l'équilibre, ils restent polis.

Ceux qui font le plus bande à part sont les jeunes de moins de 25 ans. 
Ils ne se marrent pas, sauf s'ils sont entre eux.
Dès que quelqu'un perd l'équilibre, au démarrage de la trame par exemple, on a plutôt l'impression que ça leur fait honte.
De plus, pendant les attentes, alors que les gens vont se mettre à ronchonner ou papoter entre eux, ce jeunes se renferment sur eux-mêmes.
Il existe une volonté de se mettre à l'écart du reste.
Ce n'est certainement pas pour rien que c'est parmi eux que l'on trouve le plus de personnes qui s'isolent via leur mp3.
(Je hais les mp3 dans les lieux publics. Normalement, si on porte un casque c'est pour écouter sa musique seul, sans déranger les autres. Mais ça hurle tellement dans leurs headphones que tout l'entourage en profite)

Autre remarque, les hommes lèvent surtout la tête à l'entrée d'une femme jeune (25 ans maxi je dirai), fine et grande.
Non, ça marche moins bien avec les petites et pas du tout avec les replettes.

J'ai bien ri lorsqu'en face de moi un type d'une trentaine d'année, cheveux mi-longs, jeans crades, pull et blousons trop grand (le look d'étudiant post soixante huitard thésard en culture bio dans le Larzac à moins que ce ne soit en astrophysique, le look est le même), se pâme en voyant entrer une jolie grande jeune fille au look étudiant qui, affichant un grand sourire à son égard, s'asseoit à côté de lui.
Il est flatté ça se voit, lui lance des regards en travers. Cherche de toute évidence une technique pour lui adresser la parole.
Lorsque la mademoiselle sort son tabac, son papier à rouler et se met à se rouler des clopes à la chaîne.
En deux stations, elle s'en roule 4 ou 5, mais digne de la Seita tellement c'est bien fait. 
Le mec la regarde estomaquer qu'elle fasse cela ici, mais surtout elle a perdu à ce moment là sa beauté et son attrait.
Il est surpris et déçu de toute évidence. Et lorsqu'elle se lève pour partir, il ne lance aucun regard.
Si ça se peut à cause de la clope, elle a raté le mec de sa vie.
A quoi ça tient des fois...

Bon alors, c'est mon tour de descendre.
Au détour d'un couloir je manque d'écraser une femme SDF qui s'était endormie dans les escaliers en plein dans un virage.
Elle était entourée de ses sacs plastiques, fort curieusement neuf et bien fermés.
Une fraction de seconde morbide, je me suis dit que si cela se peut elle était morte, écroulée là dans ce couloir. 
Bon, mais je fais comme les autres, je l'oublie 10 mètres plus loin pour constater -qu'enfin- le groupe musical améridien qui traîne dans le couloir depuis 2 ans a enfin été remplacé par un groupe de folklore russe nettement plus festif.
C'est l'année de la Russie, c'est vrai !

Je change de ligne et monte dans une rame immense.
Une petite nana monte au loin et je l'entends se mettre à jouer du tambourin.
Comme beaucoup sans doute, je me dis qu'on va encore tenter de nous taxer quelques euros.
Elle se met à déambuler dans la rame, sponsorisée sans doute par Décathlon, vu la tenue de sport d'hiver peu pratique qu'elle porte : gros bonnet de laine, gros gants, le blouson de ski.... et le tambourin. 
Je n'entends pas ce qu'elle chante, mais fort étonnament le rythme met fait penser qu'elle psalmodie un truc comme Hare Krisna... 
Sans avoir en fait rien demandé, elle descend de la rame.
Et je me dis que n'ayant sans doute pas les moyens de s'offrir un mp3, elle avait trouvé un moyen économique d'écouter de la musique durant son trajet... et d'en faire profiter les autres (voir plus haut).

Un constat, les Japonais et les Coréens devraient être interdits de métro.
Totalement hermétique à notre fonctionnement franchouillard pourtant hautement fonctionnel et organisé ,ils restent des minutes complètes  dans un couloir à choisir un embranchement tout en parlementant avec leur voisin en regardant 10 fois à la seconde leur plan de métro... et en bloquant le passage.
Du coup ils se font sans cesse bousculer... et là encore totalement hermétiques à notre mode de communication tout de finesse et de symbolique, ne bougent pas d'un pouce tout en ouvrant de grands yeux tourneboulés devant notre capacité toute européenne à entrer en contact.
Et puis non, décidemment non, une doudoune jaune, avec un béret vert foncé, des collants noirs sur mini jupe en laine marron et les ballerines sans talon, sans oublier les mitaines à pois, tout en ayant l'air frigorifié comme si l'hiver n'existait pas chez eux... c'en est trop !

Bon, que tout cela vous rassure, cela ne m'a pas empêcher d'aller m'acheter un petit café avant d'arriver à bon port.
Super café d'ailleurs car dans une boutique qui vend du café qui vient juste d'ouvrir, les caissières n'ont pas de monnaie sur 10 euros et m'offrent ma boisson.

Une journée qui commençait bien non ?









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