jeudi 18 février 2010

J'ai testé... l'atelier "Fresque" du Louvre

Ma vie est passionnante.
Eh oui, tout arrive. Voila la psy qui s'encanaille et joue l'artiste.
Faut vous dire que j'ai toujours aimé dessiner.
J'ai fini par arrêter faute de temps, mais depuis longtemps je rêvais de faire de la mosaïque.
De la mosaïque à l'ancienne s'il vous plait, telle que la faisait les romains.
Quel rapport avec la fresque ?
Eh bien l'atelier "Fresque" était avant l'atelier "Mosaïque" et comme les deux techniques sont complémentaires, j'y suis allé faire un tour.

Bon pour moi c'est difficile de vous expliquer le Louvre, parce que je le connais comme ma poche.
Mais en gros, lorsque vous êtes sous la Grande Pyramique, là où est située l'entrée principale (et touristique) plusieurs chemins s'offrent à vous : l'aile Denon, l'aide Sully, l'aile Richelieu et l'entrée des individuels et groupes pour  ateliers et conférences.

Cette dernière partie est d'aspect contemporain. En bas les guichets d'inscription et des mini salles de conférences devant lesquelles on se donne RDV. L'étage au-dessus : les ateliers.
Des salles basiques pouvant contenir une vingtaines de personnes avec du matériel à tout va pour tous les contenus d'ateliers.
Mais ce jour là, pour moi c'est "fresque".

Comme d'hab, l'animateur arrive en retard (je n'ai jamais connu un seul atelier qui commence à l'heure).
Nous sommes 5 participantes. Oui que des fifiiiiilles !
Je suis plutôt bien tombée parce qu'en temps normal, il y a jusqu'à 15 personnes dans un atelier.
Alors cet atelier est en fait composé de 4 séances de 2h30 chacune.
Elles sont regroupées sur 2 jours à 1 semaine d'intervalle.

Bon je rentre dans la salle, je me colle au fond face à la porte et dos au robinets, gobelets et copies de fresques.
Je suis toute seule dans mon coin, les autres en face de moi, et je vois toute la salle et la porte d'entrée (vieux réflexe).
Ce qui gonfle visiblement le prof qui me demande gentiment de bien vouloir me mettre ailleurs parce que je verrais mieux. Et avec mon air aimable je lui réponds tout aussi gentiment que perso ça ne me gène pas, je vois très bien.
La première séance est intéressante mais je m'endors un peu.
Le "prof" nous projette des fresques mésopotamiennes, romaines, romanes....
Ensuite nous allons dans le Louvre admirer les quelques fresques présentes.
Et pas de pot, ce jour, là où il y a les fresques, il y a réfection. Nous regardons de loin les fresques planquées derrière un échafaudage ! Le prof est bien embêté mais bon c'est pas de sa faute.
Nous revenons en salle et là on se tape une projection très technique.
Enfin ! On apprend comment on pose les mortiers, les enduits, comment on peint.
le prof fait le mortier.
Langue de chat et taloche. 
Il faut que l'épaisseur soit quasi la même partout, qu'il n'y ait pas de trou et ça ne doit pas déborder.
Puis, on laisse tout de côté.
Et on regarde le prof faire le ménage.
Fin de la première séance.

Je me rends compte qu'il faut peut être que je vous explique c'est qu'est une fresque.
Vous allez tous me dire que c'est une peinture murale.
Jusqu'à là ca va j'avoue.
Mais ce n'est pas le résultat qui compte pour définir la fresque mais la technique.
Une fresque c'est une peinture murale réalisée sur un enduit frais et mou (chaux et poudre de marbre).
Lui même déposé sur un mortier durcit mais humide (chaux, sable et ciment).
Le tout devant toujours rester humide et posé normalement sur un mur vertical, et donc ça glisse.
Les romains déposaient jusqu'à 6 couches de mortier et 3 couches d'enduits.

Ah oui,  la peinture est à base de pigments minéraux fortement dilués dans de l'eau ou du lait de chaux, comme de l'aquarelle.
L'enduit durcit vite alors on a peu de temps pour peindre. 24 h maxi si on l'arrose toutes les 4 heures.
On peint "a fresco", c'est à dire sur du frais, dans le sens de nouveau et non durcit.
Une fois que l'enduit est dur, on peut bien sur peindre par dessus, mais ce n'est plus de la fresque c'est de la peinture, nuance importante.

Alors notre animateur, faut que je vous en dise quelques mots.
Patrick OUTY est un mec plutôt nerveux.
Ca n'engage que moi bien sur.
Il a fait les Beaux-Arts et travaillent la fresque murale avec des étudiants.
Nerveux, psycho-rigide, maniaque, mais.... intelligent.
Ce qui le sauve (à mes yeux).
C'est un type qui a du mal à ne pas faire les choses à la place de ses élèves et qui a un fort besoin de toute contrôler.
Avec le sourire en coin et le regard pétillant.
Ce qui le sauve (bis).
Il passe son temps à faire le ménage, ce qui a eu le don de m'exaspérer.
Je le lui ai dit.
Il m'a répondu avec un sourire étonné qu'avant il était comme moi mais qu'à force de fréquenter des gens exigents (et pan dans la tronche) il l'était devenu lui même.
Oui, je vous ai dit aussi qu'il était intelligent.
Et ça pour moi, ça sauve les gens (ter).
D'abord il a pris avec beaucoup d'humour mes remarques (et que poser des questions ça ne fait pas peur et que je suis venue apprendre pas faire de la lèche).
Ensuite lorsque j'ai choisi le motif de ma fresque il m'a dit que c'était très difficile et que je n'aurais pas le temps et que je n'y arriverais pas (exactement ce qu'il ne faut pas me dire...), mais mon air entêté et surtout le fait que je n'ai pas lâché le modèle lui on fait comprendre que ça ne me faisait pas peur (et surtout je lui ai dit que je m'en fichais de me planter, c'est comme ça qu'on apprend).  Et il m'a laissé faire.
C'est vrai que le dessin était difficile : dessin médiéval, avec des personnages et beaucoup de détails. "ça se simplifie un dessin" ai-je dit. "Vous, vous savez, mais tout le monde ne le peut pas" m'a t il répondu d'un regard entendu.
Ca été un grand choc je l'avoue.
Il avait écouté ce que je venais de dire (ça me change).
Et ne m'a pas prise pour une tarée qui se prend pour l'artiste du siècle.

Les 4 autres participantes m'ont dit que ça semblait trop difficile.
J'ai regardé mon choix, je ne voyais rien de difficile et je me suis dit qu'il devait y avoir un truc que je savais pas sur la fresque et j'allais avoir une grôoosse surprise..

La seconde séance a été sympa et fatigante.
Ce n'est pas le tout de choisir un modèle, il faut le dessiner.
A main levée s'il vous plait, en réduction, sur un calque (un poncif) puis le peindre dans le style aquarelle afin qu'on ait une idée des couleurs que cela va donner sur l'enduit frais.
Bon j'ai dessiné. le prof n'a rien dit.
Lorsqu'il est passé je lui ai juste dit que j'en avais marre de faire de la peinture.
Ca l'a fait sourire.
J'ai peint, j'ai fini la dernière mais à l'heure.
Le prof m'a dit "c'est bien", les autres "c'est super".
Bon mais sur papier, dessiner c'est pas bien dur.
(et pendant ce temps là le mec n'a pas arrêter de faire du ménage : passage du balai, rangements dans les placards, nettoyage des éviers... je vais l'embaucher pour faire mes carreaux).
Fin du premier jour.

J'avais hâte d'arriver au second jour où enfin on allait passer aux choses sérieuses.
Ah oui, j'ai oublié de vous dire un truc important.
On ne peint pas sur un mur, ni en vertical en atelier.
Ben non, on fresque sur brique.
Une grande brique rouge de 30 x 25 à peu près (merci Castorama).
L'intérêt de la brique c'est que c'est un support qui reste humide facilement et que c'est un support poreux qui permet au mortier d'adhérer correctement (comme sur les murs de Pompéi).
On récupère donc nos briques recouvertes de mortier durcit mais toujours très humides.
Le mortier est rugueux afin que l'enduit adhère.
Le troisième séance consiste d'abord à poser l'enduit.
A nouveau langue de chat et taloche.
Pas plus de 3 mm. Niveau égal partout.
Mais le prof a craqué, il fait le tour pour retoucher et lorsqu'il a fallut qu'il retouche la pose de mon enduit, que je trouvais pas si mal, il m'a dit que ce n'était pas parfait.
Ouf, le truc a pas dire avec moi : "mais faut-il que ce soit parfait ?" (mais alors  là c'est sorti tout seul).
"c'est une question de perception en effet" m'a t il répondu en se marrant (jaune).
(n'empêche que l'après midi, il n'a plus osé toucher à ce que nous avions fait en nous sortant en rigolant "qu'il avait l'impression que nous avions la sensation qu'il voulait tout contrôler". Un "oui" général mais amusé à fusé).
Puis pose du poncif sur l'enduit.
Alors on a reporté notre dessin par la méthode de la gravure.
Bref, on a repassé sur le tracé avec une pointe ce qui a laissé une trace dans l'enduit.
On a tous fait ça dans la pâte à modeler mais là va-z-y qu'il ne faut pas que ça bouge sinon l'enduit glisse avec le calque. Et que ça fait des poches d'eau (ah oui parce que lorsqu'on travaille l'enduit ça fait remonter en surface l'eau qui est dans la brique et le mortier).
Ben oui faut pas que ce soit trop facile.
Une fois ce fastidieux tracé fini on passe aux choses sérieuses : la peinture.
L'animateur me redemande gentiment de me déplacer parce que je vais être géner par les passages dans mon dos pour aller se servir en différents pigments+.
Je suis bien là, non mais.
Je lui dis avec le sourire que "le passage des autres ne me gène pas, mais si vous maintenant ça vous gène que je sois là, c'est une autre histoire".
Il me regarde étonné et amusé et me sors "oui, en effet, vous me génez à cet endroit là".
Je m'assois devant une table.. sale.
"Mais elle est sale celle là !" s'exclame-t-il.
"Oui mais c'est une question d'occupation de l'espace. De toute façon ça ne me gène pas, je vais la salir !".
Et il sort une grosse éponge et nettoie ma table. Rhaaaa il m'énerve !
Bon alors mon dessin est plutôt foncé, beaucoup de tons ocres foncés et des noirs, des bordeaux... Or je l'ai écris on peint comme à l'aquarelle, pour obtenir du foncé il faut donc plusieurs couches (2 mini) et pour passer une seconde couche il faut attendre que la première aie un peu séchée et surtout que la chaux la boive.
Or, là aussi plus on passe le pinceaux plus l'eau remonte à la surface de l'enduit.
0n commence par les couleurs claires (1 couche) et on fini par les foncées (2 ou 3 couches).
Je passe ma première couche, je me plante sur un petit aplat. On voit trop les traces de pinceaux.
L'animateur m'explique gentiment qu'il n'y a pas assez d'eau dans ma peinture !
Il faut noyer les pigments. 
Ben oui après c'est mieux.
Et je comprends aussi pourquoi l'enduit doit être parfait. Toute imperfection non seulement se voit avec la peinture, mais freine le pinceau et modifie le dépôt de pigment.
Comme on bosse à plat, on voit à peine nos tracés.
Je décide de tricher : je mets ma brique à la verticale et la lumière se reflétant sur le tracé en gravure, je vois mon dessin super bien. Et hop je peins dans cette position qui n'est pas très confortable, mais bien plus précise.
Le prof vient me voir, un pot de pigment à la main "vous pensez que c'est du violet ?" "Euhh (pourquoi il me demande ça à moi -il a du traverser toute la pièce pour me poser la question) ben c'est ce qui est écrit dessus" (lol)
Cette séance se termine sur la fin de la première couche.... pour les autres.
Et oui mon dessin étant compliqué, je n'ai pas fini mon premier passage (tu m'étonnes certaines ont choisi des modèles avec de grands aplats).
Je ne suis pas trop mécontente de mon travail, mais on voit trop les coups de pinceaux.
Je tenterais de terminer dans l'après midi.
(et pendant tout ce temps, lorsqu'il ne faisait pas le tour des ses élèves pour donner des conseils, il faisait... du ménage. Rhaaaa j'en peux plus.)

4ème séance.
On a 1h30 pour passer la seconde couche et ensuite on retourne dans le Louvre voir d'autres fresques.
Je finis ma première couche rapdement.
Et en fait faut vous dire que pendant la pause du repas, j'ai fermement décidé de faire les choses à MA façon.
Je travaille mes pigments en plus foncés, je travaille certaines parties en aplat tout en repassant une autre couleur plus claire dessus pour refaire le tracé. 
Je tiens mon pinceau comme je le sens.
Et je m'éclate.
Ca avance tout seul.
Je fignole, repasse, fait des camaïeux, retrace tous les contours des dessins dans une couleur plus soutenue.
Le prof passe regarde étonné et me fait "c'est super bien, vous avez compris".
"Oui", lui dis-je "j'ai l'impression de dessiner un manga".
Il en est resté coi.
Ben quoi vous voyez pas le rapport entre le manga et la fresque ?
C'est un travail purement graphique dans les deux cas.
En fait me suis-je écriée "la fresque c'est comme le crayon de couleur !" (c'est l'insight)
"Oui tout à fait, c'est graphique, c'est quasi la même technique, mais (outré) bon soyons sérieux la fresque c'est plus joli que le crayon de couleur".
Que vous dire. Que j'ai fini dans les temps ? oui et même que j'ai eu plein de compliments.

Ensuite nous sommes retournés dans les salles et là, miracle, les fresques de la première séance avait été libérées des échafaudages (Botticelli 1 et 2, Fra Angelico, Luini 1 et 2, et surtout la salle des salons d'été Anne d'Autriche dont tous les plafonds sont en fresque). 
On a pu les voir de près ainsi que d'autres.
Et là on a pu admirer les techniques de travail de l'enduit.
On trace des traits comme au crayon pour faire du trompe l'oeil, on travail le support pour donner du relief à la texture. Or ce travail se fait lorsque l'enduit commence à durcir.
Ca c'est un truc que j'ai envie d'essayer. Aussi, je demande à notre animateur au bout de combien de temps je peux essayer ça sur ma brique.
"Ah non me fait il, vous n'aller pas y toucher, elle est géniale comme ça votre fresque !".
Mon égo est très satisfait certes. Mais frustré. Et on travaille l'enduit environ 10 heures après l'avoir posé pour le texturer.

Alors en conclusion.
Je ne connaissais rien à la fresque, mais je me suis super bien amusée et les explications ont été très claires sur les techniques.
Le prof, en dehors de quelques côtés agaçants, est plutôt sympa et répond à toutes les questions avec le sourire et une fois l'enduit posé, nous donne des conseils judicieux, tout en nous laissant nous débrouiller. Or c'est là qu'est le vrai travail de la fresque.
Il sait respecter les envies et les rythmes de chacun.
Lorsque j'ai fait mon choix de modèle, il était sûrement embêté parce qu'il n'avait pas envie de je me plante ou que je ne termine pas, mais il a su écouter mes arguments et n'a pas cherché à contrarier ma motivation.
Je suis repartie avec ma brique/fresque... qui mettra 3 mois à être sèche et 3 ans à être totalement fixée !
 
Et cela m'a donné très envie de reessayer. J'ai très envie de travailler l'enduit et de m'essayer à l'inclusion de feuille d'or. Ne manque plus que la brique !
Pour tout cela, l'atelier fresque est une réussite.

Je vous parlerais bientôt de l'atelier "mosaïque" où vous constaterez que les ateliers ne se ressemblent pas.


Pour voir quelques fresques, allez voir ici. (les couleurs très vives sont totalement naturelles du fait de l'utilisation de pigments minéraux sur un support de chaux qui 'fixe' et intensifie les couleurs).

(Je suis repassée au Louvre, il y a peu. C'était la fin de journée, la porte de l'atelier fresque était ouverte et notre animateur était là. Et à votre avis qu'est-ce qu'il faisait, je vous le donne en mille..... ?)



6 commentaires:

  1. Tu es sûr que l'échafaudage n'était pas une oeuvre d'art.. non parce que des fois :)
    sinon j'ai beaucoup aimé ce message, très intéressant et avec juste l'humour qu'il faut.. nickel!
    A tout'

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  2. Des échafaudages métalliques et des barrières en tôle c'est intéressant dans la salle des arts romains au milieu des bustes des empereurs. Y avait écrit dessus 'nous nous excusons du dérangement' et ça en 4 langues. Tu crois que c'était l'intitulé ? Spie Trindel est un grand artiste...

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  3. Quand la brique/fresque sera sèche faudrait la prendre en photo ! Bien envie de voir le résultat ^^.
    Je n'avais pas grande idée précise de ce qu'était une fresque jusque là, enfin pas du travail méticuleux/long et fastidieux qu'il y avait derrière, ça m'a l'air vachement intéressant en tout cas !

    En tout cas ça ne m'a pas l'air évident à faire tout ça, d'autant plus avec le gars passant son temps à nettoyer au milieu de tout ça !
    Peut être que ça l'occupe, mouais intriguant comme personne quand même, il devait être frustré de ne pas pouvoir apporter son aide autrement qu'avec un balai et une pelle, ou alors c'était pour vous déconcentrez/attirer l'attention sur lui ce qui a fonctionné d'ailleurs en fin de compte.

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  4. oui j'ai bien pensé à mettre une photo, mais de loin hein ! Parce que lui a trouvé ça super, mais pas trop.

    Moi, aussi je ne pensais pas c'était si fastidieux et long. J'en suis sortie épuisée mais éxaltée.

    je crois vraiment qu'il avait un gros besoin de controler l'espace, mais tu as raison aussi, c'est une façon de se prouver qu'on existe. A sa place, j'aurai pris un bouquin ou un truc dans le genre. Mais non, il a jeté des briques cassées, a vidé les poubelles, balayé 10 fois... On ne le regardait même pas, mais les bruits étaient déconcentrants.
    Je me suis demandée si en fait ce n'était pas un dérivatif. Après tout la plupart des élèves ont du mal et rendent un boulot pas super (y en a qui peignent bien mais qui dessinent comme un pied, d'autres c'est l'inverse, d'autres ne sont bons nul part). J'imagine qu'enseigner une technique compliquée à des nanas qui pensaient qu'après le cours elles allaient pouvoir refaire ça sur le mur de leur salon en épatant la galerie, ça doit être stressant à la longue.

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  5. Oui, lire ce message donne vraiment envie de voir le résultat. Je n'aurais jamais imaginé non plus le travail de préparation qu'il y a derrière une fresque. Très intéressant !

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  6. Grand merci pour ces trés belles fresques .
    Sortylege.

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