mercredi 28 avril 2010

Sexe via internet... c'est tromper ou pas ?





Une étude britannique tend à nous montrer que pour 51 % des participants à l'étude une relation "amoureuse" via le net et sans rencontre réelle s'apparente à de l'infidélité.
84 % disent qu'ils se sentiraient trahit si ils ou elles apprenaient l'existence d'une telle relation chez leur partenaire. Ce sont les femmes qui expriment le plus ce sentiment.

Ceux qui n'y voient aucune forme de trahison parlent juste d'une simple amitié et se refusent à envisager l'infidélité puisqu'il n'y a pas de relation sexuelle.

C'est un point de vue qui se défend.
Madame, si vous surprenez votre conjoint en train de se masturber devant une nana à moitié à poil sur le net... Je vous le demande, y a t il infidélité ?
Non, si on pense que dans l'infidélité il faut qu'il n'y ait que du physique ou du psychologique et du physique.
Oui, si on pense que rien de d'y penser c'est tromper.

Je dis Mesdames parce que ce sont elles qui se sont montrées les plus sensibles.
Monsieur, si vous surprenez votre compagne à se contorsionner et haleter devant un jeune éphèbe torse nu sur l'écran de l'ordinateur, je vous le demande y a t il infidélité ?

Ce qui risque surtout d'être marrant ce n'est pas tant ce qu'on pense pour les autres mais ce qu'on pense pour soi.
Je suis certaine que ceux qui s'excitent devant leur écran n'y voient aucune tromperie ni infidélité. Juste la sensation de faire quelque chose de honteux.
Maintenant si il (ou elle) envisage la même situation pour l'autre, cela lui paraît totalement inacceptable voire répugnant (beurk, rien que d'imaginer que ça a giclé sur le moniteur !)

Plus simplement envisageons un peu moins pire.
Madame, Monsieur, la journée a été difficile, vous décidez de vous coucher de bonne heure. Réveillé(e) par une pressant envie à 3 heures du mat', voila t y pas que vous surprenez votre partenaire en train de "tchater" des expression vulgaires avec ce qui vous apparait une éventuelle concurrence. Jamais il ne vous viendrait à l'idée qu'on vous parle comme cela. C'est dégradant. A moins que ce ne soit excitant. Alors pourquoi le faire avec un (une) autre et pas avec vous ? 
Et puis pourquoi étaler ses fantasmes sur le net, comme ça, brutalement au coeur de la nuit ?
Chatter sexe avec quelqu'un d'autre est-ce tromper ?

Bien sur on n'est pas obligé d'envisager ces extrêmes.
Imaginons tout simplement que vous découvriez mal planqués sur le disque dur du micro, là au milieu de vos photos de familles, copies des emails que votre charmante mais néanmoins internaute compagne reçoit d'un illustre inconnu. Bien sur ces emails sont des mots doux ou parfois crus.
Mesdames, vous pouvez très bien imaginer la même chose pour vos partenaires.
Bon, est-ce tromper ?
Les recevoir c'est une chose, après tout le collègue de travail éperdument amoureux ça existe. Si si.
Mais de là à les garder, c'est est une autre non ?
L'autre va vous sortir que c'est gentillet, valorisant après tout, touchant, que ça fait du bien à son sentiment de séduction surtout que son anniversaire a sonné le glas de sa jeunesse... 
Bref, tout ce qui vous paraît totalement débile comme alibi.
Et tout ce qui a le don de vous exaspérez et de vous laissez dubitatif sur ses sentiments.
Recevoir des emails amoureux, est-ce tromper ?

Bon je pourrais continuer comme cela longtemps et vous donner un sacré paquet d'exemples.
Il est absolument évident que l'internet a introduit dans une couple une donnée supplémentaire et surtout une raison de plus de développer la jalousie et pire le manque de confiance en l'autre.

L'expérience en thérapie nous montre que dès qu'il y a faille dans la confiance en l'autre, le couple vacille puis se sépare plus ou moins rapidement. S'il ne sépare pas, les partenaires pensent -à tort- que la confiance s'est recréée. Il n'en n'est rien. La cause de la faille ressurgira toujours au moment où on s'y attend le moins. La rupture n'est que partie remise à moins que celui qui a été dupé ne fasse semblant tout le reste de sa vie, sous des justifications diverses ("je m'accroche à un couple stable, je ne ferai pas comme mes parents".  "De toute façon, s'il recommence, je ferai pareil". "Je ne peux pas le quitter, personne d'autre ne voudra de moi"... ). On se sacrifie sur un autel qui ne sacrifie qu'à soi.

La grande question est : avec une relation via le net, est-ce de l'infidélité ?

Les résultats de l'étude décrite plus haut, tendent à montrer que oui.
Mais puisqu'il n'y a pas de relation sexuelle réelle avec un(e) partenaire, ce qui est le critère de l'infidélité au quotidien, où commence l'infidélité virtuelle et surtout quel point ne faut il pas dépasser pour que cela ait des répercussions dans la réalité ?

Il n'y a pas de bonne solution.
La seule solution c'est d'en parler.
Eh oui, comme dans la vie réelle où il devient vite clair, par exemple, que Monsieur n'a pas le droit de se retourner sur les autres femmes ou que Madame ne doit pas faire de commentaire alléché sur les abdos en tablette des autres hommes, il est nécessaire de border en tout accord les rivages sur lesquels ont peut surfer sans risque.

Qu'est ce qui est permis dans le couple, qu'est ce qui ne l'est pas ? 

A chaque couple de décider.

Mais ne croyez pas, comme dans la vie réelle que vous pourrez échapper à la suspicion de l'autre.
Si sur le net tous les coups sont permis, tous les espionnages aussi...




dimanche 25 avril 2010

samedi 24 avril 2010

La chute... de la liberté d'expression

Comme me le signalait fort gentiment Prudence, toutes les parodies du film "La Chute" (d'Hitler) ont été censurées et donc effacées de YouTube, Dailymotion et j'en passe...

Vous vous souvenez peut être que j'avais diffusé sur ce blog, celle relative à l'Ipad.

N'écoutant que son courage, Funny or Die, c'est décidé à mettre en ligne une parodie des parodies afin de mettre en scène une réaction face à la censure.

La voici :


mercredi 21 avril 2010

Les psychoses infantiles

Un internaute averti est arrivé sur mon site en posant une question intéressante : "un enfant peut-il guérir d'une psychose infantile ?"

Bonne question.



Tout d'abord soyons clairs.
L'expression "psychose infantile" est à la fois large et restrictive.
Nous verrons ci-dessous qu'on peut y mettre beaucoup de chose, mais une en est exclue c'est l'autisme.
L'autisme se présente sous bien des formes, on devrait d'ailleurs parler "des autismes", donc les formes extrêmes ressemblent à s'y méprendre à une psychose.
Si les limites entre autisme et psychose sont donc floues, il n'empêche que pour les classifications psychiatriques autisme et psychoses infantiles composent deux catégories bien séparées.

Je m'en tiendrai donc ici aux psychoses infantiles.

Pour rappel, il y a d'un côtés les troubles du comportements (dits "névroses") qui relèvent purement de la psychologie et les maladies mentales (dites "psychoses") qui relèvent de la psychiatrie.

Les psychoses reposent sur deux constats :
- l'aspect neurologique. La psychose aurait une cause génétique. Qui ne nous intéresse pas ici.
- l'aspect psycho-affectif. La structuration psychique de l'enfant et ses relations à son environnement sont atypiques.

Avant d'établir un diagnostic psychiatrique, il est évident qu'il faut établir un diagnostic médical général. Ainsi une surdité totale non dépistée et non traitée peut entraîner les mêmes symptômes réactionnels qu'une psychose.

De même une évaluation psychologique doit être envisagée, car par exemple une séparation longue d'avec le milieu familial ou une carence affective peuvent entraîner des troubles du comportements réactionnels qui ressemblent fortement à des troubles psychotiques.

Les psychoses infantiles sont de deux types :

- précoces et déficitaires :
Il existe un retard mental chez l'enfant qui est soit la base soit la cause de la psychose, sans qu'on sache aujourd'hui qui des deux est le déclencheur de l'autre.
Sur cette base, s'ajoutent des difficultés de communication avec l'environnement, des angoisses et des troubles du comportements (agressivité envers soi et envers les autres).
- les dysharmonies psychotiques :
Elles sont très variables d'un enfant à l'autre et peuvent varier dans le temps pour un même enfant.
Elles sont dysharmonieuses parce que si elles touchent bien toutes les structures de développement de l'enfant, elles ne le font pas au même moment. Parfois c'est la sphére cognitive qui est touchée, parfois la sphère affective, parfois l'élément moteur. Toutes les combinaisons étant possibles.
De ce fait, ces enfants sont en ruptures avec la réalité, la représentation du Soi est morcelée, les idées débordent sur les autres déclenchant des sentiments permanents d'insécurité, d'agression et d'angoisse.

D'un point de vue psychanalytique, les psychoses s'appuient sur la théorie que l'enfant ne peut pas et ne veut pas se séparer de la mère. Il fusionne et ne veut faire qu'un.  Or toute activité de pensée, de symbolisation et de représentation qui servent à séparer mère et enfant, est donc rejetée. L'enfant va donc lutter contre ses pensées. Il n'y a pas de refoulement, il y a contournement et rejet.

Le diagnostic de psychose peut être posé dès l'âge de 2 ans, mais certains signes chez le nourrison doivent alerter tels que :
dès les 6 premiers mois de vie 
- pas d'absence d'échanges avec la mère
- indifférence aux sons
- enfant trop calme ou trop agité
- enfant très "mou" d'un point de vue moteur
- insomnies graves
- pas de vocalisation
- absence d'apparition du sourire

entre les 6ème et 12ème mois 
- les mêmes troubles que précédemment qui persistent
- intérêt compulsif pour un objet
- pas de contact avec les personnes
- pas d'imitation
- pas d'angoisse de séparation ou de l'étranger

Durant la 2ème année de vie
- confirmation des signes de mois précédents
- n'utilise pas son doigt pour pointer les objets ou les personnes
- ne joue pas et ne sait pas jouer "à faire semblant"
- troubles du langage (pas de "je" par exemple)
- troubles de la marche
- phobies
- autoagressivité

C'est un ensemble de signes qui va permettre de placer le diagnostic et en aucun cas un signe pris isolément.

Un enfant peut il guérir d'une psychose ?
Non. Mais...
L'évolution positive de la psychose dépend de beaucoup de facteurs : l'enfant lui même bien sur (s'il n'a pas de retard mental par exemple, s'il arrive à parler avant 5 ans, si les troubles sont apparus tardivement) et de son environnement (précocité de la prise en charge, coopération de la famille)...

La prise en charge psychothérapeutique va servir à aider l'enfant à se construire suffisamment solidement pour qu'il réussise à entretenir des contacts sociaux de qualité.

Il n'existe aucun traitement par les médicaments, mais des anxiolytiques peuvent être parfois prescrits pour diminuer les angoisses de l'enfant.


Environ 20 % des enfants psychotiques pourront s'intégrer dans une vie sociale et professionnelle normales.
Certains seront autonomes sur certains axes et pas sur d'autres.
D'autres atteindront peu d'autonomie.
Et un faible pourcentage évolueront vers une schizophrénie adulte.



lundi 19 avril 2010

Un coaching amoureux

Il y a quelques temps déjà j'avais été interpellée par une annonce parue dans le journal des psy.
Il était demandé une psychologue avec de l'expérience s'intéressant aux fonctionnements  individuels dans les relations amoureuses.
Cela m'avait intrigué et j'avais répondu à l'annonce.



A peine mon CV envoyé, à peine m'a t on proposé un entretien.
Paf me voila en plein coeur du Marais.
J'arrive dans une pièce lumineuse où s'affaire une dizaine de personnes devant des écrans.
En traversant pour aller dans le bureau de la personne qui m'a convoquée, je m'aperçois que les personnes soit écrivent des articles soit répondent sur des forums. Il y a de tout, des écrans qui affichent des sites de cuisine comme des sites porno.

Tout au fond, coincée entre des tonnes de papier, je suis reçue par une femme élégante à la parole facile.
Elle se présente comme étant issue du sérail d'une grande école de commerce, ayant une idée super : proposer du coaching amoureux afin d'aider les célibataires à comprendre pourquoi ils le restent.
Elle a créé un site qui existe toujours d'ailleurs. Un machin qui commence par Love et fini par Intelligence.
Elle m'avoue ne pas y connaître grand chose, mais qu'elle a contacté une nana en Belgique spécialisée dans le domaine qui lui a donné des conseils très onéreux judicieux.

Elle me fait comprendre qu'elle va faire beaucoup de pub, va dépenser une gros budget pour passer à la télé et a besoin d'une crédibilité "psy".

Elle souhaite en plus des consultations en face à face, proposer un service payant sur le net de conseils par écrit. Or, pour faire sérieux, ce serait bien que ce soit écrit par un psy.

Elle me flatte et me dit que mon CV est super intéressant, que je suis connue.... bla bla. Bref, elle veut que je lui rédige un article court pour notre prochain RDV afin de se faire une idée de ce que je peux rédiger.

Salaire ? Bof, c'est un peu flou. En CDI bien sur, encore qu'il serait possible de payer à l'article, tout dépend du démarrage du site.
Elle me redonne RDV 1 semaine plus tard au bar d'un hôtel branché et design près des Champs-Elysées.
Elle semble y être connue.
Lorsque je lui demande comment elle travaille, elle m'explique qu'en fait elle fait travailler 3 à 4 personnes, des psys parfois, en freelance qu'elle rémunère à la consultation.
Les RDV sont informels, donnés au bar de cet hôtel.
Le "client" prenant RDV via le site avec un "consultant" qui va lui poser lors de la première rencontre plein de questions pour cerner sa personnalité et ses modes de fonctionnement amoureux.
La consultation est à 150 € pour maxi 1 heure d'écoute.
Il s'agit de pousser le client à prendre au moins 4 consultations.
Le consultant touche la moitié du prix versé par le client.

Je lui demande benoîtement comment ça se passe si le consultant tombe sur une personne déséquilibrée ou si de toute évidence les choix amoureux répondent à une problématique particulière ?
Elle me répond que de toute façon, son job ce n'est pas de proposer du suivi psy et qu'on les renvoit dans leurs 22 m en leur conseillant de consulter un professionnel.

Je lui propose de collaborer plutôt avec elle sur ce versant là et que l'apport d'un professionnel serait alors valorisant en terme d'image. 
Non, non, le moins de psy possible, vous êtes trop compliqués à gérer !

Elle me demande ce que j'ai écris. Je lui montre.
Super me dit elle, il m'en faudrait plein des comme ça. 
Elle m'apprend que le but à terme est de proposer plus de 100 articles sur le sites (accès payant par article : 5 €).
Sur le principe pas de problème. Et la rémunération ?
Tout bien réfléchit, elle me propose de me mettre en contact avec une société de portage et qu'on part sur un contrat de 3 mois et qu'elle prolongera si je peux d'ici là lui rédiger au moins 100 articles sur lesquels elle s'engage à signaler ma participation. Et que tout cela commencerait le mois prochain (soit 3 semaines plus tard).

Je me marre intérieurement et lui dit que sur principe pourquoi pas ?

3 jours après elle me recontacte par email et me demande de me présenter 2 jours plus tard pour une réunion de travail afin de trouver les thèmes d'articles. Et que je n'hésite pas à amener tout ce que j'ai déjà écrit pour qu'on commence à le mettre sur le site.

Vous allez être étonnés, elle ne m'a jamais revu.
Pour votre info, à ma place elle a embauché une petite jeune fraîchement émoulue d'une école  de marketing.

Comment vous dire ? le coaching amoureux c'est, comme vous l'avez compris, une histoire de gros sous et en aucun cas d'aide à la personne.
Sont appliqués des conseils tout fait, souvent pompés de publications diverses.
Le but est de faire le plus de consultations et d'entrées de site possible.
Ces experts en amour ne sont pas des pros du comportement, mais des professionnels qui créés des pseudos classifications des styles amoureux.
Vous savez comme les tests débiles du style, si vous avez plus de "a" vous êtes... et si vous avez plus de "b" vous êtes plutôt...
Ces coachs d'amour peuvent être intéressants comme premier pas pour prendre conscience qu'on présente des troubles relationnels. Je dirai que c'est le premier pas pour ceux qui n'osent pas consulter un psychologue ou ceux qui pensent que les troubles relationnels ne relèvent pas de la psychologie ou qui pensent que les problèmes viennent toujours des autres (mais ceux là n'iront pas voir un psy non plus !).

Pour l'avoir vu, les clients attendent souvent un miracle, mais surtout un réconfort, une réassurance.
Je me demande d'ailleurs si ceux qui consultent les coachs en amour ne sont pas les mêmes que ceux qui consultent les voyantes.
Ces personnes ont juste besoin qu'on les rassurent en leur disant que si si elles trouveront l'amour et l'âme soeur... un jour.
Mais ici c'est à condition qu'elles changent de look, de vie, de décoration... et que d'ailleurs nos services de coaching peuvent les y aider.

Si vous ne trouvez pas l'amour ou si vous persistez à ne trouver que des compagnes/compagnons toujours sur le même modèle, plutôt que de vous faire calquer des solutations toutes faites et inadaptées, allez tenter de comprendre pourquoi afin de modifier votre schémas de pensées et de comportements... durablement... et sans arnaque... chez un psychologue.



samedi 17 avril 2010

feuille d'or (suite et fin)

Je voulais juste vous présenter ce que j'ai fait sur un vieux cheval en bois de hêtre.

Lorsqu'un ami antiquaire m'a proposé de venir travailler dessus, les détenteurs précédents avaient recouvert le corps du cheval d'une couche épaisse de peinture acrylique marron. Cela faisait comme une couche de plastique incrustée dans le bois.

 Ici vous voyez le cheval dont j'ai commencé à poncer la selle et l'avant.

Le bois de hêtre étant poreux, la peinture était comme absorbée. Une véritable horreur.
J'ai bien essayé le décapeur thermique, mais à part récupérer un gros mal de tête, ça n'a rien donné (ça m'apprendra à travailler sans masque et sans gant).
J'ai donc rapporté le décapeur thermique chez Casto, non mais.
J'ai alors utilisé au départ l'huile de coude. Un ponçage au gros grain étant impossible (le gros grain "arrache" le bois tendre), j'ai poncé au papier de verre à grain très fin.
Efficace mais fatigant.
Lorsque je me suis souvenue que j'avais quelque part une Dremel, petite machine portative permettant de faire un peu n'importe quoi (polir, percer... et poncer !).
Hop, ça été bien plus vite et m'a permis surtout d'accéder aux petits recoins des fleurs et bourgeons de camélia.

là, j'ai poncé à la main un côté complet du corps du cheval.

Ce ponçage m'a permis de découvrir qu'en fait les décorations étaient à la base polychromes et recouvertes de pigments (rouge, bleu et vert) littéralement "avalés" par la peinture marron de couverture.

Ces couleurs n'ont que peu résistées au décapage.

Pour la pose de l'or, j'ai laissé ces traces de pigments comme support, ce qui modifie très légèrement les reflets.

La selle restera partiellement décapée puisque l'or a besoin d'un support lisse pour adhérer, autant profiter de ce qui est déjà posé. Juste un ponçage au papier de verre de finition afin que cela soit le plus lisse possible.

Après le ponçage, le dépoussiérage et le lavage, j'ai posé mes couches de miction sur la selle puis une couche de ma colle perso. J'ai déposé les feuilles d'or de façon à ce que cela paraisse vieux, usé. A certain endroit le bois est donc apparent. Pour la selle il a fallut 6 feuilles d'or et un sacré bout de temps...

Pour les feuilles, les bourgeons et fleurs de camélias, j'ai utilisé des cires à l'or de 3 couleurs différentes.
les feuilles en plus foncées, les bourgeons et les fleurs en camaïeu du moyen vers le clair.

Une fois fini tout ce qui est doré est passé au vernis gomme afin de stabiliser les couleurs et surtout de permettre la manipulation de l'objet.

Le bois qui, poncé est devenu jaunâtre (couleur naturelle du hêtre) est passé à la cire antiquaire ce qui le fonce et lui donne la même apparence que le reste du corps du cheval qui lui était resté simplement ciré.

Voila ce que ça donne :



Ce qui lui permet de réintégrer le circuit de vente !!
Bon, voila je n'ai plus de nouveau joujou à passer à l'or.
Mais dès que j'essaye une nouvelle technique, je ne vous raterai pas ! lol



jeudi 15 avril 2010

Un bel oedipe non résolu

Un patient vient me voir pour une problématique précise.



Au fur et à mesure de nos entretiens, il aborde le principe qu'il est incapable de rester avec une femme.
Il se dit "volage" et le vit assez mal.
Mais en même temps à chaque fois qu'il est avec une femme il se persuade que ce n'est pas la "bonne" et que sa "femme idéale" est certainement à l'attendre quelque part.

Depuis quelques mois il a une nouvelle compagne.
Il est persuadé qu'elle est la femme idéale, mais redoute de s'engager.
C'est une femme qui finit de divorcer, une femme "dominante", mère de 6 enfants, qui dirige sa famille d'une main de maîtresse-femme, une femme qui a besoin d'être rassurée sur la fiabilité des hommes.

Pour la séance suivante je lui demande de réfléchir sur ce qu'est pour lui la "femme idéale".
Il arrive avec une description assez précise et me dit que sa compagne actuelle colle plutôt bien à ses attentes.
Mais pourquoi donc continue-t-il tant à douter alors ?

Mine de rien, je l'amène à me parler de sa mère.
Comment la perçoit-il ?

Il me la décrit, me raconte le vécu de cette femme. Elle qui a été trahit par son père et son mari, elle qui a du travailler pour élever seule ses 6 enfants, elle qui a du tout mener de front. Bien sur le "profil" va plus loin.

Je lui fais remarquer que le portrait qu'il me fait de sa mère est le même que celui qu'il m'a fait de la femme idéale et le même que celui de sa compagne actuelle.

Maintenant que je le dis, ça lui paraît tellement évident.

"Mais alors" me demande t il "ma relation actuelle est une erreur ?"

"Oh la" lui dis-je "je ne suis pas un gourou, je n'ai pas à dire ce que vous devez faire de votre vie".

Je lui explique qu'il n'y a pas de bien ou mal. Il y a juste que cela le dérange ou pas. 

Je lui explique aussi qu'il existe un risque que leur couple tourne à la relation petit garçon/maman, qu'il risque de devenir dépendant d'elle et que les relations sexuelles risquent de s'estomper puisqu'un petit garçon ne peut envisager de coucher avec sa mère.

Il m'interrompt : "Vous savez" me dit-il "nous en sommes déjà là !".

"Cela vous gène t il ?"
"Non, je le vis plutôt bien".

"Etes vous capable d'assumer cette relation vis à vis de l'extérieur, de votre entourage ? Si cela ne vous pose aucun problème vous assumez et assumerez votre relation. Mais si vous n'assumez pas votre relation et l'image qu'elle donne de vous, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas...".

Il me dit "Justement c'est LA question. Pour l'instant nous en sommes au début de notre relation et j'assume, je ne suis pas sûr d'assumer ce que nous allons devenir".

Il me dit qu'il va réfléchir à sa relation à sa compagne, mais que notre réflexion commune lui a fait voir les choses autrement.

Et lorsque nous revenons sur ces relations passées, nous nous apercevons qu'elles sont toutes calquées sur le même modèle. Ce patient est d'ailleurs resté en contact avec une de ses ex et celle-ci, c'est lui qui le dit, le materne... pour son plus grand plaisir.

Le travail en thérapie va donc de l'aider à résoudre ses relations Oedipiennes.
Après il en fera, ce qu'il voudra.




lundi 12 avril 2010

Chatroulette..

Une petite étude marrante de Casey Neistat sur Chatroulette (en anglais).


chat roulette from Casey Neistat on Vimeo.


Et si vous voulez voir plus de ses vidéos (du style "le test des freins d'urgence dans le métro newyorkais), il suffit de cliquer sur son nom sous la video.

Sinon, toutes les videos des frères Neistat sur leur site ICI.

dimanche 11 avril 2010

Méditation du dimanche - 33




Il vous faut prendre conscience
de ce que vous avez envie d'entendre
n'est pas toujours
ce que l'autre a envie de vous dire.



jeudi 8 avril 2010

Alice au pays des merveilles


Je vais vous donner mon avis sur le film "Alice au pays des merveilles" de T. Burton que je me suis coltinée en V.O. et en 3D.

Pourquoi "coltinée" me direz-vous ?
Eh bien parce que j'avais regardé sur le net pour trouver un ciné où je pourrais voir le film en 2D et en VF.
Et que quand je me suis pointée à l'adresse dite on m'a dit "c'est en 3D".
Bon j'y étais, j'allais pas non plus en faire une histoire.
Ca m'a juste coûté 3 € de plus le billet d'entrée !
Une fois installée, les pubs en français, l'explication de la 3D en français, le film en... anglais.

La totale quoi.

Bon alors ça parle de quoi ?
Pour ceux qui auraient été en vacances loin des pays civilisés ou qui viendraient de passer quelques années en prison, cette version d'Alice au pays des merveilles est à la fois une reprise de l'histoire initiale et une continuite.
Alice a grandit. 
13 ans après son premier "voyage" qu'elle a fini par tenter d'oublier afin de ne plus être prise pour une loufdingue, elle doit être mariée avec un Lord qu'elle n'a pas choisi.
Au cours de ses fiancailles elle croise le lapin blanc, qui lui donne une bonne raison de se casser en laissant tout le monde en plan.
Et paf elle tombe dans le terrier. Et paf, elle chute, se cogne, atterrit. Et paf histoire de la petite porte et des "bois-moi" "mange-moi".
Après on mélange "Alice" et "Derrière le miroir" tout en y rajoutant un nouveau scénario.
C'est qu'on est venu la chercher pour sauver le monde des merveilles.
C'est la Bruce Willis du XIXème siècle.
La nana tout venant, mais qui tout de même ne pense pas comme les autres.
Qui, alors que rien ne l'y prédestine, va devoir lutter contre ses inclinaisons première afin de devenir une héroine des temps passée et sauver ce qui doit l'être : le bon (le blanc) doit l'emporter sur le mauvais (le rouge). 
Encore une fois le bien triomphera du mal, comme quoi on peut être une révoltée et en fait défendre à son insu des valeurs basiques et archaïques.

Bon je ne sais pas vraiment dans quel ordre commencer, alors ça va partir en vrille comme d'hab.
Les acteurs (si si je tente un plan) :

Alice (Mia Wasikowska) - autant commencer par les choses qui fâchent. C'est une blonde fadasse, assez mignonne tout compte fait. Mais... parce qu'il y a un mais, elle est totalement inexpressive. Toujours un air un peu triste. Qu'elle soit joyeuse, en colère, triste, son expression faciale ne change jamais.
Une chose m'a choqué, si vous voyez le film, vous constaterez qu'elle ne balance jamais les bras en marchant ou en courant. Je me suis demandé pendant le film si elle avait un problème neurologique latent ou si c'était une demande exprès du réalisateur.

Vous remarquerez aussi que dans le film il n'y a que 3 personnages qui clignent des yeux : Alice, la reine blanche et la reine rouge. Tous les autres ont les yeux écarquillés et si on voit un tressautement des paupières pour les "vrais" acteurs, le clignement a été effacé à l'ordinateur.

le Chapelier fou (Johnny Depp) : en fait dans ce film il a grand rôle (grand par le temps passé à l'écran et par aussi son impact sur son environnement). J'aime bien Johnny Depp, son côté dandy et souriant qu'il semble avoir dans la vie de tous les jours ou tout du moins ce qu'on en voit via les magazines. Je l'aime bien depuis "21 Jump Street" avec sa mèche. Mais depuis je l'aime moins en général à l'écran, car je le trouve toujours dans le "trop" : trop triste dans "Edward aux mains d'argent", trop "folle" dans "Les pirates des Caraïbes", trop "rien" dans "Sleepy Hollow", trop "forcé" dans "Charlie et la chocolaterie". Mais en fait ce qui me gêne c'est sa voix, sa voix française. Parce qu'en fait sa voix française en fait toujours trop, toujours à minauder, voix légèrement aigue et ingénue qui ne lui va pas. Or sa voix originale (sa vraie quoi) est un poil plus grave, mais surtout pas dans le "trop". Pas de minauderie et une capacité à exprimer des émotions et des subtilités. Et bien, dans ce film Johnny Depp est excellent. Il devient tour à tour fou, triste, en colère, effrayant même parfois. Les expressions du visage sont là et l'intonation aussi.Et puis, un truc marrant, les maquilleurs lui ont fait la tronche de Vanessa Paradis : les incisives supérieures écartées, les joues creusées, les lèvres en avant, même parfois le regard, à croire que parfois ils ont superposés les deux visages. C'est plutôt étonnant et amusant.

La reine Rouge (Helena Bonham Carter) : Elle joue bien mais toujours pareil, elle ne surprend jamais. Mais là en fait, contrairement à ce que laisse entrevoir les "teasers", elle est très sobres. Bien plus que la reine dans le livre de Carroll, reine hurlante et despote. C'est plus calme ici. Elle joue la fille aînée mal aimée et différente qui a revanche à prendre :  peur de l'abandon, besoin d'être aimée et entourée. Elle pose la seule question interessante du film "pour régner, mieux vaut il être aimé ou craint ?". La solution apportée mériterait qu'on s'y arrête.

La reine Blanche (Anne Hathaway) : bon déjà son look n'est pas vraiment fashion et on s'étonne un peu. Pour une reine censée être douce, pure et tout amour, on se demande au début pourquoi Tim Burton l'a affublé d'ongles et de gloss peints en noirs. On a la réponse à la fin. A mon humble avis, A. Hathaway joue comme un pied. Si on sent la perversité du personnage c'est grâce aux paroles qu'elle prononcent et pas du fait de son jeu d'actrice qu'on a vite envie de baffer.

Voila pour les personnages principaux. Y'en a d'autres mais ils servent surtout de faire-valoirs aux principaux. Ensuite tout n'est qu'animation.
L'animation du Chat du Chester est fantastique, il a l'air tout doux et est mielleux à souhait. J'en veux un comme ça chez moi !

Faut vous dire que les animations et les effets spéciaux ça me gave en général. Surtout lorsque cela sert à cacher qu'il n'y a pas de scénario (comme c'est le cas dans 95 % des films sortis depuis 10 ans ce qui explique que je vais peu au cinéma). Mais bon je suis une fan d'Alice et malgré toutes les critiques, je trouve que la version d'Alice de Disney en 1951 ne reprenait pas si mal l'histoire et les personnages.

Le film de Burton n'apporte pas grand chose si on regarde bien. Juste que cette fois les lapins, souris et chenilles ont l'air de vrais lapins, souris et chenilles et non plus de petites choses dessinées sur un coin de bureau et animées image par image. Avec l'ordi, Burton peut désormais se permettre un décor très fouillé, farfelu, baroque, embrouillé mais aussi très coloré, joyeux, onirique dirais-je. Mais ça ne nécessite aucun génie, rien ne dit d'ailleurs que si la technologie n'avait pas été là en 1951, Disney n'aurait pas "dessiné" de la même façon. Bref, il a fait plus joli parce qu'aujourd'hui il peut. Point barre.

La 3D :

J'y ai été contrainte, mais pas forcée. Mais regarder un film 3D sans les lunettes, c'est duraille et flou, alors j'ai mis les lunettes (après les avoir désinfectées avec 3 lingettes !).
Le problème de la 3D c'est que c'est magique les 5 premières minutes, après le cerveau s'habitue et ne voit plus l'effet, on a juste l'impression de voir des images "normales".
Vous allez me dire que c'est l'effet recherché, ben oui, enfin non, parce que du coup ça n'a plus rien de fantastique.
Très franchement, sur ce film, je ne pense pas que la 3D apporte quelque chose de plus, d'autant plus qu'à part au début dans le puits, il n'y a pas vraiment d'objets ou de personnages qui se dirigent vers les spectateurs.
ici la 3D, j'y ai juste gagné un sacré mal de tête.

Pour finir, on constatera que la reine Blanche est avide de pouvoir tout autant que sa soeur (ah oui la reine blanche est la soeur cadette de la reine rouge) et surtout elle est pleutre. Sous couvert d'amour pour le monde, elle ne se mouille jamais, laisse les autres se débrouiller dans les conflits et sous couverts de ne tuer personne sanctionne les gens par des tortures éternelles. Je ne suis pas sûre que le pays des merveilles en changeant de reine ait gagné quelque chose. On est passé de "coupez leur la tête" à "démerdez vous". Du despotisme ou du laxisme il fallait choisir le moindre mal.

La conclusion du film est qu'Alice a du vivre l'épreuve de la folie pour grandir.  Au premier abord, on se dit trop de carcans, trop de règles, il lui a fallut toucher le fond de la piscine pour devenir capable de se gérer comme une grande personne et pour qu'on l'écoute. Mais dans sa différence désormais exprimée, elle a du choisir de s'exiler.
A moins que tout ça ne soit qu'un leurre et que les autres décident de ne pas contrarier sa folie et se débarrassent de la malade mentale qui perturbent les biens-pensants... dans une cellule d'isolement mais qu'elle voyage dans sa folie qui revient entrer dans sa réalité. Qui sait ?


Et cette histoire d'un héros banal, qui face à la Société décide de se battre pour remettre en cause les valeurs majoritaires, quitte à mettre ses valeurs de cotés et décide de faire péter la prison de la réalité et dont on découvre à la fin que tout cela n'est qu'illusion et maladie mentale, ça ne vous rappelle rien ?
Alors retournez voir "Fight Club" de David Fincher.


Ah oui, je ne vous ai pas dit, j'ai beaucoup aimé le film...


mercredi 7 avril 2010

Bébés surstimulés... et moins éveillés

Le creudi tu le sais (ou pas), c'est le jour des petits gnenfants (ou pas).

Aujourd'hui ça l'est.
Ca tombe bien non ?
Et aujourd'hui je te tutoies (si je veux, mais ça va pas durer).

Bon, alors que te dire d'intéressant.
Tout simplement qu'une étude s'est penchée (sans tomber) sur les bébés stimulés dès leur première année via l'utilisation de DVD (du style "Baby Einstein") en vue de leur apprendre à parler plus tôt.


Dans ces DVD on propose par exemple un mot et l'illustration de ce mot afin que l'enfant apprenne à le dire, à l'entendre et à faire le lien avec ce qu'il voit.

Or, il semble que le fait de soumettre un enfant à ces DVD ne les fait pas parler plus tôt ni apprendre/comprendre ces mots plus tôt que ceux qui ne les regardent pas.

Au bout de 6 semaines, ceux qui ont regardé les DVD et ceux qui n'ont pas regardés ne savent pas plus de mots ou en fait en savent tout autant (entre 3 et 4).

Après avoir visualité les DVD, plus un enfant était âgé au moment de l'étude, plus il connaissait de mots au bout des 6 semaines.
Plus un enfant était jeune au moment de l'étude, moins il connaissait de mots au bout de 6 semaines.

Cela montre que tant qu'un enfant n'a pas atteint le niveau de maturation nécessaire, toute surstimulation n'a aucun intérêt.

Une autre étude a montré que ce sont les interactions avec les parents ou d'autres personnes qui permettent à l'enfant d'acquérir les mots. Ainsi, des enfants ayant visualisés les mêmes DVD mais en présence de parents avec verbalisations, répétition et commentaires ont retenus au bout de 6 semaines ... jusqu'à 22 mots !!

En gros, alors que les parents acheteurs de ces DVD espéraient développer leurs enfants en les laissant seuls devant la télé sans avoir à s'en occuper, il s'avère que l'effet des DVD pour les très jeunes enfants ne fonctionne que lorsque les parents remplissent leur rôle parental dans l'acquisition du langage (communiquer, expliquer, apprendre, reformuler) !

Et en plus il faut s'en occuper, pfffff....

lundi 5 avril 2010

Les autres. Et moi, et moi ?

Pour illustrer la conclusion de mon pénultième article, je voulais vous parler d'une de mes patientes.


Victime dans son jeune âge d'abus sexuels aggravés par un ami de la famille, elle a, à 38 ans, grâce en partie à la thérapie, trouvé la force d'en parler à ses parents et de déposer plainte contre son agresseur.

Il y a bien sur prescription, mais néanmoins la police a pris sa plainte car elle a eu la chance de tomber sur des capitaines de police ouverts à la reconstruction des victimes. Ce qui a permis de s'apercevoir qu'il existait un dossier assez épais sur cette personne mais qu'aucune victime n'ayant jamais osé déposer plainte ces comportements en étaient restés à des suspicions.

Ma patiente, bien qu'adulte, ressent un fort besoin de l'appui de ses parents.
Soutien psychologique, renfort lors des déplacements au commissariat (sans compter la confrontation avec son agresseur qui risque de venir), mais aussi compréhension de ses propres comportements infantiles mais aussi adultes, de sa détresse, de son mal être caché sous une tendance clownesque et d'un fort besoin d'être rassurée quant à la validité de sa démarche.

Contre toute attente, si ses parents l'ont bien assuré verbalement de leur soutien, il s'est avéré qu'ils ne lui demandent jamais de ses nouvelles et ne s'enquièrent jamais de l'avancée de l'enquête.

Je ne suis guère surprise car d'après ce qu'elle m'a raconté, il est clair que personne ne sait communiquer dans cette famille. Et même si on s'y aime beaucoup, il ne faut pas déranger un fonctionnement bien huilé.
Elle a une vision très idyllique de ses parents et de la fratrie.

Je lui propose de faire un test la prochaine fois qu'elle irait passé le week-end en famille.

Je l'a revoit alors et m"informe qu'elle est passé diner chez ses parents en même temps que ses frères et soeurs étaient là. 
Elle a accepté de jouer le rôle que je lui ai donné.
Et grosse surprise, elle s'aperçoit que personne n'a rien à dire, qu'il règne un ennui lourd et que le diner se traîne. Aucune communication. En plus personne n'aborde le sujet de l'enquête.

Elle prend conscience de sa place dans sa famille mais aussi des schémas de fonctionnement.
En fait, elles les connaissaient mais se refusaient à les voir.
Cette confrontation lui permet de prendre conscience qu'en fait elle cherche depuis longtemps à faire changer ses parents, ses frères et soeur, pour que tous la reconnaissent pour ce qu'elle et non pas pour le rôle qu'on lui a donné.
Elle comprend qu'en fait sa vie n'est pas de changer les autres ni même d'en attendre quoi que ce soit.
Certes ils s'aiment tous, chacun à leur manière.
Elle adore ses parents et elle a décidé de les accepter tels qu'ils sont avec leurs "bons" côtés mais aussi avec leurs "mauvais" côtés.
Elle accepte désormais qu'ils ne lui demandent pas comment elle va ou si elle aurait besoin d'eux.
Elle sait que si elle doit communiquer avec eux c'est à elle de faire le premier pas, bien que cela ne garantisse pas la disponibilité de ses parents.
Elle aurait souhaité que ses parents lui apportent le soutien dont elle avait manqué dans son enfance. Mais c'est raté.
Elle a compris désormais qu'elle doit se prendre en main seule.
Elle peut leur parler certes.
Elle sait qu'ils l'aiment.
Pas comme elle l'aimerait elle, mais le plus important est de se savoir aimé.

Ils ont leur vie.
Elle a la sienne.
Elle a compris que ce n'est pas à elle de changer les autres, mais qu'il faut tout simplement les accepter (ou pas d'ailleurs) tels qu'ils sont.
Chacun sa vie.
Chacun son chemin.


samedi 3 avril 2010

J'en suis restée "chocolat"...

("alors ces épisodes maniaques annuels de distribution de chocolat
ne seraient que les symptômes de mes troubles bipolaires ?")

Joyeuses Pâques !!



jeudi 1 avril 2010

Hier....

Mes titres sont un peu succincts en ce moment vous avez remarqué ?



Alors hier...
Hier j'animais une partie de la formation de futurs éducateurs spécialisés.
Je ne sais même pas pourquoi je mets le tout au masculin puisqu'il devait y avoir 50 filles pour 4 garçons.
Cette tendance est en forte augmentation.
Je suis invitée à animer une partie du cycle sur les violences et plus particulièrement de l'aide aux victimes.
Or il y avait bien -encore- une dizaine de garçons l'année dernière.
C'est quand même étonnant pour un job qui va se faire plus particulièrement dans la rue auprès d'une population majoritairement masculine.

Bref.
Ma "partie" portait sur les violences conjugales envers les hommes par les femmes.
J'ai du dans les premières 10 minutes faire preuve d'autorité face aux ricanements de certaines.
Un homme se faire battre ?
Par une femme en plus !
Après la pause, je reviens, paf 1/3 des étudiantes en moins.
On reprend avec un groupe du coup plus cohésif et bien plus interactif.

En fait, il semblerait d'après certaines étudiantes, que celles qui sont parties trouvaient le sujet "trop dérangeant". 
Elles n'avaient déjà pas supporté un sujet sur la mort initié pendant un cours.

Alors, ces personnes vont devenir des éducatrices spécialisées, elles vont voir la souffrance, la douleur, les violences, les malheurs, les maltraitances, les handicaps, les dépressions, les toxicomanes... et elles n'arrivent pas à mettre de côté leurs vécus personnels. Aucune mise à distance.

C'est amusant car je l'avais perçu et j'en avais parlé à la coordinatrice du séminaire pendant la pause.
Il semblerait pourtant que les étudiants sont acceptés sur sélection stricte.

Lorsque le vécu des uns empiètent sur notre propre vécu...

D'ailleurs j'ai un truc à vous raconter à ce sujet et ça me donnera l'occasion du prochain billet.




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