jeudi 8 avril 2010

Alice au pays des merveilles


Je vais vous donner mon avis sur le film "Alice au pays des merveilles" de T. Burton que je me suis coltinée en V.O. et en 3D.

Pourquoi "coltinée" me direz-vous ?
Eh bien parce que j'avais regardé sur le net pour trouver un ciné où je pourrais voir le film en 2D et en VF.
Et que quand je me suis pointée à l'adresse dite on m'a dit "c'est en 3D".
Bon j'y étais, j'allais pas non plus en faire une histoire.
Ca m'a juste coûté 3 € de plus le billet d'entrée !
Une fois installée, les pubs en français, l'explication de la 3D en français, le film en... anglais.

La totale quoi.

Bon alors ça parle de quoi ?
Pour ceux qui auraient été en vacances loin des pays civilisés ou qui viendraient de passer quelques années en prison, cette version d'Alice au pays des merveilles est à la fois une reprise de l'histoire initiale et une continuite.
Alice a grandit. 
13 ans après son premier "voyage" qu'elle a fini par tenter d'oublier afin de ne plus être prise pour une loufdingue, elle doit être mariée avec un Lord qu'elle n'a pas choisi.
Au cours de ses fiancailles elle croise le lapin blanc, qui lui donne une bonne raison de se casser en laissant tout le monde en plan.
Et paf elle tombe dans le terrier. Et paf, elle chute, se cogne, atterrit. Et paf histoire de la petite porte et des "bois-moi" "mange-moi".
Après on mélange "Alice" et "Derrière le miroir" tout en y rajoutant un nouveau scénario.
C'est qu'on est venu la chercher pour sauver le monde des merveilles.
C'est la Bruce Willis du XIXème siècle.
La nana tout venant, mais qui tout de même ne pense pas comme les autres.
Qui, alors que rien ne l'y prédestine, va devoir lutter contre ses inclinaisons première afin de devenir une héroine des temps passée et sauver ce qui doit l'être : le bon (le blanc) doit l'emporter sur le mauvais (le rouge). 
Encore une fois le bien triomphera du mal, comme quoi on peut être une révoltée et en fait défendre à son insu des valeurs basiques et archaïques.

Bon je ne sais pas vraiment dans quel ordre commencer, alors ça va partir en vrille comme d'hab.
Les acteurs (si si je tente un plan) :

Alice (Mia Wasikowska) - autant commencer par les choses qui fâchent. C'est une blonde fadasse, assez mignonne tout compte fait. Mais... parce qu'il y a un mais, elle est totalement inexpressive. Toujours un air un peu triste. Qu'elle soit joyeuse, en colère, triste, son expression faciale ne change jamais.
Une chose m'a choqué, si vous voyez le film, vous constaterez qu'elle ne balance jamais les bras en marchant ou en courant. Je me suis demandé pendant le film si elle avait un problème neurologique latent ou si c'était une demande exprès du réalisateur.

Vous remarquerez aussi que dans le film il n'y a que 3 personnages qui clignent des yeux : Alice, la reine blanche et la reine rouge. Tous les autres ont les yeux écarquillés et si on voit un tressautement des paupières pour les "vrais" acteurs, le clignement a été effacé à l'ordinateur.

le Chapelier fou (Johnny Depp) : en fait dans ce film il a grand rôle (grand par le temps passé à l'écran et par aussi son impact sur son environnement). J'aime bien Johnny Depp, son côté dandy et souriant qu'il semble avoir dans la vie de tous les jours ou tout du moins ce qu'on en voit via les magazines. Je l'aime bien depuis "21 Jump Street" avec sa mèche. Mais depuis je l'aime moins en général à l'écran, car je le trouve toujours dans le "trop" : trop triste dans "Edward aux mains d'argent", trop "folle" dans "Les pirates des Caraïbes", trop "rien" dans "Sleepy Hollow", trop "forcé" dans "Charlie et la chocolaterie". Mais en fait ce qui me gêne c'est sa voix, sa voix française. Parce qu'en fait sa voix française en fait toujours trop, toujours à minauder, voix légèrement aigue et ingénue qui ne lui va pas. Or sa voix originale (sa vraie quoi) est un poil plus grave, mais surtout pas dans le "trop". Pas de minauderie et une capacité à exprimer des émotions et des subtilités. Et bien, dans ce film Johnny Depp est excellent. Il devient tour à tour fou, triste, en colère, effrayant même parfois. Les expressions du visage sont là et l'intonation aussi.Et puis, un truc marrant, les maquilleurs lui ont fait la tronche de Vanessa Paradis : les incisives supérieures écartées, les joues creusées, les lèvres en avant, même parfois le regard, à croire que parfois ils ont superposés les deux visages. C'est plutôt étonnant et amusant.

La reine Rouge (Helena Bonham Carter) : Elle joue bien mais toujours pareil, elle ne surprend jamais. Mais là en fait, contrairement à ce que laisse entrevoir les "teasers", elle est très sobres. Bien plus que la reine dans le livre de Carroll, reine hurlante et despote. C'est plus calme ici. Elle joue la fille aînée mal aimée et différente qui a revanche à prendre :  peur de l'abandon, besoin d'être aimée et entourée. Elle pose la seule question interessante du film "pour régner, mieux vaut il être aimé ou craint ?". La solution apportée mériterait qu'on s'y arrête.

La reine Blanche (Anne Hathaway) : bon déjà son look n'est pas vraiment fashion et on s'étonne un peu. Pour une reine censée être douce, pure et tout amour, on se demande au début pourquoi Tim Burton l'a affublé d'ongles et de gloss peints en noirs. On a la réponse à la fin. A mon humble avis, A. Hathaway joue comme un pied. Si on sent la perversité du personnage c'est grâce aux paroles qu'elle prononcent et pas du fait de son jeu d'actrice qu'on a vite envie de baffer.

Voila pour les personnages principaux. Y'en a d'autres mais ils servent surtout de faire-valoirs aux principaux. Ensuite tout n'est qu'animation.
L'animation du Chat du Chester est fantastique, il a l'air tout doux et est mielleux à souhait. J'en veux un comme ça chez moi !

Faut vous dire que les animations et les effets spéciaux ça me gave en général. Surtout lorsque cela sert à cacher qu'il n'y a pas de scénario (comme c'est le cas dans 95 % des films sortis depuis 10 ans ce qui explique que je vais peu au cinéma). Mais bon je suis une fan d'Alice et malgré toutes les critiques, je trouve que la version d'Alice de Disney en 1951 ne reprenait pas si mal l'histoire et les personnages.

Le film de Burton n'apporte pas grand chose si on regarde bien. Juste que cette fois les lapins, souris et chenilles ont l'air de vrais lapins, souris et chenilles et non plus de petites choses dessinées sur un coin de bureau et animées image par image. Avec l'ordi, Burton peut désormais se permettre un décor très fouillé, farfelu, baroque, embrouillé mais aussi très coloré, joyeux, onirique dirais-je. Mais ça ne nécessite aucun génie, rien ne dit d'ailleurs que si la technologie n'avait pas été là en 1951, Disney n'aurait pas "dessiné" de la même façon. Bref, il a fait plus joli parce qu'aujourd'hui il peut. Point barre.

La 3D :

J'y ai été contrainte, mais pas forcée. Mais regarder un film 3D sans les lunettes, c'est duraille et flou, alors j'ai mis les lunettes (après les avoir désinfectées avec 3 lingettes !).
Le problème de la 3D c'est que c'est magique les 5 premières minutes, après le cerveau s'habitue et ne voit plus l'effet, on a juste l'impression de voir des images "normales".
Vous allez me dire que c'est l'effet recherché, ben oui, enfin non, parce que du coup ça n'a plus rien de fantastique.
Très franchement, sur ce film, je ne pense pas que la 3D apporte quelque chose de plus, d'autant plus qu'à part au début dans le puits, il n'y a pas vraiment d'objets ou de personnages qui se dirigent vers les spectateurs.
ici la 3D, j'y ai juste gagné un sacré mal de tête.

Pour finir, on constatera que la reine Blanche est avide de pouvoir tout autant que sa soeur (ah oui la reine blanche est la soeur cadette de la reine rouge) et surtout elle est pleutre. Sous couvert d'amour pour le monde, elle ne se mouille jamais, laisse les autres se débrouiller dans les conflits et sous couverts de ne tuer personne sanctionne les gens par des tortures éternelles. Je ne suis pas sûre que le pays des merveilles en changeant de reine ait gagné quelque chose. On est passé de "coupez leur la tête" à "démerdez vous". Du despotisme ou du laxisme il fallait choisir le moindre mal.

La conclusion du film est qu'Alice a du vivre l'épreuve de la folie pour grandir.  Au premier abord, on se dit trop de carcans, trop de règles, il lui a fallut toucher le fond de la piscine pour devenir capable de se gérer comme une grande personne et pour qu'on l'écoute. Mais dans sa différence désormais exprimée, elle a du choisir de s'exiler.
A moins que tout ça ne soit qu'un leurre et que les autres décident de ne pas contrarier sa folie et se débarrassent de la malade mentale qui perturbent les biens-pensants... dans une cellule d'isolement mais qu'elle voyage dans sa folie qui revient entrer dans sa réalité. Qui sait ?


Et cette histoire d'un héros banal, qui face à la Société décide de se battre pour remettre en cause les valeurs majoritaires, quitte à mettre ses valeurs de cotés et décide de faire péter la prison de la réalité et dont on découvre à la fin que tout cela n'est qu'illusion et maladie mentale, ça ne vous rappelle rien ?
Alors retournez voir "Fight Club" de David Fincher.


Ah oui, je ne vous ai pas dit, j'ai beaucoup aimé le film...


7 commentaires:

  1. Pour une fois ce film j'ai vu les extrait et suis allé le voir au cinéma, d'habitude je zap toujours les dates ^^'

    J'ai eu la même impression pour la reine blanche, vachement blanche avec du maquillage noir. Un peu trop pimbéche, je l'aimerais pas comme reine.

    Sinon les VO sont toujours mieux que les VF les voix sont jamais bien choisis en francais, les intonations sont rarement les meme et les traduction parfois ne sont pas fidéle.

    Pour une fois je suis pas déçu d'avoir depenser mon fric pour allé au cinama (sauf peut etre du cinema lui même ^^', vive les ville pomé)

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  2. Et dire que je ne l'ai toujours pas vu. Erreur que je compte bien rattraper dès que possible ! Généralement les Burton sont sympa à regarder, Depp a toujours un rôle décalé, quelque peu loufoque sur les bords mais profondément génial. Et puis Depp en chapelier fou je trouve que ça lui colle à merveille. Le personnage déjà dans le bouquin est fantastique donc j'ai pas mal hâte de voir ce que ça donne de façon animé.

    Pour l'actrice qui a joué le personnage d'Alice (son nom ne m'a décidement pas plus marqué que ça) j'avais lu dans une interview de Burton que c'était un choix, son expression neutre. Par contre j'ai zappé le pourquoi (utile ><').
    Celle qui joue la reine rouge méchante est la femme de Burton aussi, j'ai été surprise d'apprendre ça et qu'on en ai si peu parlé également.

    Le fait que vous ayez vu le film en VO c'est franchement un avantage ! Comme l'a dit Xe-Lymphe, les voix sont beaucoup plus naturelles (si on peut dire) et ça vous auras épargné les doublages désastreux qui donnent généralement aux personnages des airs complètement stupides.

    Le 3D, pour l'avoir expérimenté avec Avatar, bien que je n'ai pas de lunettes, mal de crâne à la sortie également, plus yeux en feu au passage. Peut être une question d'habitude ? Et puis quelque chose me dit qu'on va devoir s'y faire avec le temps parce que c'est pas mal sujet à se développer.

    Et puis...
    Fight Club !
    Non, ça c'est du film ! Si on ne se contente pas de s'arrêter à l'aspect quelque peu barbare c'est un film relativement riche et absolument génial. Je ne me lasse jamais de me le repasser. Le livre est encore plus saisissant à mon sens.

    En tout cas, votre avis contrebalance par rapport aux échos négatifs que j'avais eu de ce film jusque là.

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  3. Perso je préfère les films en VO. je me souvient de la Guerre des Etoiles et de la voix de han Solo, une cata en français, alors que Harrison Ford a une belle voix grave au naturel. Mais bon là j'accompagnais plusieurs jeunes enfants qui n'ont pas tous la bonne vitesse de lecture pour les sous-titres (mais comme, à part au début, il y a peu de dialogues ils ont compris quand même).

    Je n'ai pas vu Avatar et je n'ai même pas été tenté (mettre les gens en bleus pour éviter la notion de racisme si on les avait mis en noir me défrise un peu).

    J'opine pour Fight Club. je l'ai vu plusieurs fois, je regrette juste que Brad Pitt soit encore dans son rôle de l'Armée des 12 Singes. Ce qui est juste amusant c'est que la trame scénarifique est la même.

    Mais Alice est tout public, ce qui n'est pas le cas de Fight Club.

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  4. C'est le soucis avec le baby sitting :p


    Sinon pour avoir testé le 3D (en étan forcé aussi) dans l'aprés midi c'est vrai que c'est pas top.
    Le mal de cran a été tout de suite, c'été celon comment je regardé l'image en fait faut fixé u poit sans essayé de regardé tout l'écran... Puis les lunettes sont super lourde, ca fait mal a la longue...
    Mais c'est sur qu'il y a plein de film en 3D qui le necessite pas je pense... Les gens font tot un foin la dessus, le 3D c'est génaile patati mais c'est pas si cool que ca...

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  5. Le cinéma va-t-il sombrer dans la course aux D, comme les rasoirs aux lames.. après la 3D viendra la 4D (le temps qu’on découvre ce que c’est) puis on passera à la 5D et ainsi de suite jusqu'au jour où on manquera 10D …. Voui bon c’est un jeu de mot pourri, mais il a l’avantage d’être en 1D ('reusement d’ailleurs ;)

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  6. Je l'ai vu ! Enfin ! La salle avait le mérite d'être presque vide. Alors, la Reine Blanche est niaise, elle ne sert strictement à rien et attends que tout lui tombe tout cru dans le bec ou plutôt que la couronne arrive sur son crâne sans qu'elle n'ai à bouger le pouce.
    La Reine Rouge m'a amusé, voir même attendrit à la fin du film, elle semble si désespérée, pas eu l'impression de voir quelqu'un de fondamentalement méchant, juste une personne complètement perdue.
    (Ils ne peuvent pas nous donner des vrais méchants au lieu de personnages ambiguë comme ça !)

    Le Chapelier Fou est tout simplement génial ! Complètement décalqué mais terriblement attendrissant. L'impression de voir un gamin peureux en face, insouciant et décalé.

    Et Alice, Alice, quelle cruche, non mais pourquoi elle n'est pas restée au pays des merveilles ? Elle avait des gens à qui elle tenait, et ce Chapelier qui l'attendait en lui demandant de rester, et non, elle, elle décide de rentrer et d'aller se faire chier avec l'entreprise de son père. Youhou. J'ai bien aimé son truc de l'impossible, la phrase qui dit que les fous sont souvent des gens bien, j'ai bien aimé son rôle tout court je crois, mise à part la fin où j'ai eu envie de la secouer comme un prunier pour ne pas qu'elle avale cette foutue mixture (qui m'a fait penser à la pilule rouge ou bleue de Matrix d'ailleurs). Enfin oui, elle grandit, affronte ses peurs et ose enfin s'imposer.

    Le Lapin de Mars et le Chat, sont absolument géniaux. Le Chat à la fois lâche et mielleux et le Lapin de Mars un peu siphonné sur les bords.

    Superbe film, mais la 3D n'apporte pas grand chose de plus en effet.

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  7. Mais est on vraiment sur que le Chapelier aime Alice. Après tout s'il avait voulu la revoir, il aurait pu faire appel au lapin blanc.
    En fait, ce ne sont que des personnages intéressés. Ils ne sont pas venu chercher Alice parce qu'ils avaient envie de la voir, ils sont allés la chercher parce qu'elle seule pouvait sauver leur monde.

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