jeudi 1 avril 2010

Hier....

Mes titres sont un peu succincts en ce moment vous avez remarqué ?



Alors hier...
Hier j'animais une partie de la formation de futurs éducateurs spécialisés.
Je ne sais même pas pourquoi je mets le tout au masculin puisqu'il devait y avoir 50 filles pour 4 garçons.
Cette tendance est en forte augmentation.
Je suis invitée à animer une partie du cycle sur les violences et plus particulièrement de l'aide aux victimes.
Or il y avait bien -encore- une dizaine de garçons l'année dernière.
C'est quand même étonnant pour un job qui va se faire plus particulièrement dans la rue auprès d'une population majoritairement masculine.

Bref.
Ma "partie" portait sur les violences conjugales envers les hommes par les femmes.
J'ai du dans les premières 10 minutes faire preuve d'autorité face aux ricanements de certaines.
Un homme se faire battre ?
Par une femme en plus !
Après la pause, je reviens, paf 1/3 des étudiantes en moins.
On reprend avec un groupe du coup plus cohésif et bien plus interactif.

En fait, il semblerait d'après certaines étudiantes, que celles qui sont parties trouvaient le sujet "trop dérangeant". 
Elles n'avaient déjà pas supporté un sujet sur la mort initié pendant un cours.

Alors, ces personnes vont devenir des éducatrices spécialisées, elles vont voir la souffrance, la douleur, les violences, les malheurs, les maltraitances, les handicaps, les dépressions, les toxicomanes... et elles n'arrivent pas à mettre de côté leurs vécus personnels. Aucune mise à distance.

C'est amusant car je l'avais perçu et j'en avais parlé à la coordinatrice du séminaire pendant la pause.
Il semblerait pourtant que les étudiants sont acceptés sur sélection stricte.

Lorsque le vécu des uns empiètent sur notre propre vécu...

D'ailleurs j'ai un truc à vous raconter à ce sujet et ça me donnera l'occasion du prochain billet.




8 commentaires:

  1. Salut a vous ;-)
    Dans mon entourage,j'ai une pèrsonne a la retraite comme "ça"qui a bossée en HP avec de vrais balafrés de la vie .
    C'est incroyable ses histoires .
    Bon,elle croit en ses trucs ,mais vraiment ,il faut que ça soit son boulot qui l'ait façonée ainsi,sans quoi,moi,je n'y croirais pas un seul instant aujourd'hui.
    Dire que des gens survivent a tout ça .
    Sortylege qui fréquentait des machines avant :-)

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  2. J'ai aussi rencontré des gens malmenés par la vie. Malmenés n'est même pas le mot, il faudrait dire torturés par la vie. Il m'est arrivé de me dire qui si jamais vécu tout cela, il y a longtemps que j'aurai sauté par la fenêtre. Pas eux. Eux ils étaient encore là. Plein d'espoir, tournés vers l'avenir, toujours dans "ça va s'arranger". Comme si chaque épreuve n'était en fait qu'un échelon de plus gravit vers le coin de ciel bleu. Leur façon de voir leur a souvent donné raison : ça s'améliore ou en tout cas ça n'empire plus.

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  3. C'est sur que c'est un boulot où il faut avoir le coeur bien accroché, comme beaucoup de boulot...Surtout ceux en relation avec les autres.

    Aprés je pense que ceux qui ont eu des problèmes peuvent aider encore plus. Parce qu'ils comprennent (pas que les autres peuvent pas comprendre aussi) Mais s'ils ont fait un bon travail sur eux, pour justement faire de leur ancienne souffrance une force ca ne peut être que bénéfique dans leur boulot et leur façon de faire ^^

    J'ai une amie qui me dit souvent que j'ai tout le temps le sourire... L'autre fois je lui ai dit que je redoublé presque en rigolant, les autres sont désolée pour moi et moi tout ce que je leur répond c'est que c'est pas grave et autant voir le positif dans tout ca...

    Si on ne peut pas apporter un peu d'espoir et de bonne humeur ca sert a rien de faire ce genre de boulot.

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  4. La mise à distance est obligatoirement assez complexe à faire.
    Trop de mise à distance = robot, indifférence, donc aucune capacité réelle à aider.
    Je pense que ça s'apprend, qu'au fil du temps la mise à distance s'opère, que les personnes deviennent un peu moins des éponges à sentiments.
    C'était un avis en vrac, juste que peut être, ce qui leur manquait c'était de l'expérience ?

    (pour preuve ils sont acceptés sur sélection)

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  5. Je dirais que la capacité de mettre de la distance s'améliore, car c'est une capacité que l'on possède déjà dans la vie de tous les jours... ou pas. Et dans ce dernier cas, ça ne s'apprend pas. Mettre à distance ce n'est pas se blinder.

    Je sais que la coordinatrice leur a remonté les bretelles. En effet, ce ne sont que des cours pas des mises en situation, alors si elles ne sont déjà pas capables d'écouter un cours sur un sujet sensible qu'est ce que ça va être en mise en situation ?

    Ceux qui ont eu des problèmes n'apportent rien de plus.. à part rapporter à leur propre expérience et ça c'est du transfert. Personne ne peut avoir tout vécu non plus. Et est-ce parce qu'on a été violé qu'on comprend mieux ce que l'autre vit après un vio? Peut être, mais ça n'aide en rien, ce que le patient vient d'abord chercher c'est du sourire, de l'écoute et le fait qu'on le croit.

    Les gens qui se marrent tout le temps j'en ai sur mon canapé. Ils planquent tout leur mal-être, font les pitres, pendant qu'ils font ça on ne leur pose pas de questions et ils ne s'en posent pas non plus. C'est aussi souvent une façon de mettre à distance une phrase, un mot, une circonstance qui éveille quelque chose.
    Mais je suis d'accord, il n'y a pas de raison de faire la gueule lorsqu'on a des problèmes, ça ne les résoud pas et les autres n'ont pas à les supporter.

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  6. haaaa les écoles d'éduc avec leurs concours, le problème est desfois la sélection même si chaque école essais d'etre la plus stricte il n'empèche qu'en sortant du bac, sans jamais avoir travaillé, les choses sont bien différentes de la rue, la misère, et les tracasserie d'une population....alors que faire ? c'est justement la formation et ce type d'intervention qui est "formateur" enfin normalement, alors bonne route vacataire....avec "du sourire, de l'ecoute et d'un peu de je crois" (excellente formule)

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  7. Si c'est la même sélection et le même triage que dans les IFSI on est mal barré...

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  8. Le fait que ce soit douloureux n'est pas forcément le problème mais le fait qu'elles n'aient pas pris la peine de l'affronter...
    Je me souviens qu'on avait un cours tard le soir (après une longue journée, quand nos barrières sont bien amenuisées) de 3 heures sur le suicide chez l'adolescent: je n'étais pas la seule à tirer une sale tronche pendant la pause, mais on restait, on affrontait et on essayait autant que possible de se replacer dans un cadre où nos émotions perso ne venaient pas brouiller notre intellect. (Et je ne devais pas être la seule à avoir perdu un proche par le suicide et à être restée).

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