jeudi 15 avril 2010

Un bel oedipe non résolu

Un patient vient me voir pour une problématique précise.



Au fur et à mesure de nos entretiens, il aborde le principe qu'il est incapable de rester avec une femme.
Il se dit "volage" et le vit assez mal.
Mais en même temps à chaque fois qu'il est avec une femme il se persuade que ce n'est pas la "bonne" et que sa "femme idéale" est certainement à l'attendre quelque part.

Depuis quelques mois il a une nouvelle compagne.
Il est persuadé qu'elle est la femme idéale, mais redoute de s'engager.
C'est une femme qui finit de divorcer, une femme "dominante", mère de 6 enfants, qui dirige sa famille d'une main de maîtresse-femme, une femme qui a besoin d'être rassurée sur la fiabilité des hommes.

Pour la séance suivante je lui demande de réfléchir sur ce qu'est pour lui la "femme idéale".
Il arrive avec une description assez précise et me dit que sa compagne actuelle colle plutôt bien à ses attentes.
Mais pourquoi donc continue-t-il tant à douter alors ?

Mine de rien, je l'amène à me parler de sa mère.
Comment la perçoit-il ?

Il me la décrit, me raconte le vécu de cette femme. Elle qui a été trahit par son père et son mari, elle qui a du travailler pour élever seule ses 6 enfants, elle qui a du tout mener de front. Bien sur le "profil" va plus loin.

Je lui fais remarquer que le portrait qu'il me fait de sa mère est le même que celui qu'il m'a fait de la femme idéale et le même que celui de sa compagne actuelle.

Maintenant que je le dis, ça lui paraît tellement évident.

"Mais alors" me demande t il "ma relation actuelle est une erreur ?"

"Oh la" lui dis-je "je ne suis pas un gourou, je n'ai pas à dire ce que vous devez faire de votre vie".

Je lui explique qu'il n'y a pas de bien ou mal. Il y a juste que cela le dérange ou pas. 

Je lui explique aussi qu'il existe un risque que leur couple tourne à la relation petit garçon/maman, qu'il risque de devenir dépendant d'elle et que les relations sexuelles risquent de s'estomper puisqu'un petit garçon ne peut envisager de coucher avec sa mère.

Il m'interrompt : "Vous savez" me dit-il "nous en sommes déjà là !".

"Cela vous gène t il ?"
"Non, je le vis plutôt bien".

"Etes vous capable d'assumer cette relation vis à vis de l'extérieur, de votre entourage ? Si cela ne vous pose aucun problème vous assumez et assumerez votre relation. Mais si vous n'assumez pas votre relation et l'image qu'elle donne de vous, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas...".

Il me dit "Justement c'est LA question. Pour l'instant nous en sommes au début de notre relation et j'assume, je ne suis pas sûr d'assumer ce que nous allons devenir".

Il me dit qu'il va réfléchir à sa relation à sa compagne, mais que notre réflexion commune lui a fait voir les choses autrement.

Et lorsque nous revenons sur ces relations passées, nous nous apercevons qu'elles sont toutes calquées sur le même modèle. Ce patient est d'ailleurs resté en contact avec une de ses ex et celle-ci, c'est lui qui le dit, le materne... pour son plus grand plaisir.

Le travail en thérapie va donc de l'aider à résoudre ses relations Oedipiennes.
Après il en fera, ce qu'il voudra.




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