mercredi 19 mai 2010

Boire et travailler tuent


Le "binge drinking" qui correspond à une façon de boire coups sur coups jusqu'à s'en rendre malade, vomir, voire tomber dans le coma est en recrudescence depuis quelques années chez les jeunes. De plus en plus jeunes d'ailleurs.

Concours du plus grand nombre de verres de vodka avalés en un court laps de temps...
Concours du plus grands nombre d'alcools différents ingurgités en 1 minute....
Concours de celui qui aura fini les 20 verres en 1 minute...
Concours de celui qui aura la plus grande imagination pour intensifier les effets de l'alcool...
Toujours imaginatifs les jeunes pour renouveler les jeux d'intérieur.

Pour informer les jeunes sur les dangers de l'alcool à haute dose, la Mairie de Paris a lancé un concours de vidéo. Voici la vidéo gagnante :


Pas sur que cela ait l'effet escompté, mais c'est plutôt marrant...
Je n'ose imaginer le nombres d'ados fans de films d'horreur qui vont essayer de picoler juste pour voir si ça va faire pareil.


Bon tout ça c'est bien joli, mais les survivants au binge drinking grandissent et finissent par s'insérer dans le monde du travail.

Une étude anglaise (menée sur des fonctionnaires) démontre que plus on travaille plus on meurre d'une crise cardiaque.
Ce sont les hommes et ceux ayant des postes à hautes responsabilités qui sont les plus touchés par les problèmes cardio-vasculaires.
Il semblerait que faire des heures sup modifierait les mécanismes métaboliques et permettrait aussi de cacher des dépressions sous-jacents (non !?? oh ben ça alors !!!), de même que des états anxieux et des troubles du sommeil (c'est dingue non ?).

Ce type de personnels ne se soigneraient jamais lorsqu'il présenteraient de tels troubles et viendraient travailler alors même qu'ils se sentent malades. (et je pencherais même sur le fait que plus ils se sentent mal plus ils travaillent).

Bizarrement ceux qui travaillent plus, mais qui le font par plaisir, ne présenteraient pas ces mêmes symptômes.

Conclusions :
- travailler plus c'est vivre moins pour certains (ça fera moins de retraites à payer)
- si les employeurs veulent des personnels en pleine santé, il faut qu'ils trouvent un moyen pour que ces personnels prennent du plaisir à venir travailler (motivation, formations, salaires, ambiance....)
- parfois le chômage à du bon

Conclusion générale :
- boire et travailler tuent.

Vivre aussi.

7 commentaires:

  1. lol
    C'est sûr que les ados et autres jeunes adultes vont arrêter de boire après cette vidéo
    Chez nous, en Belgique, il y a ce qu'on appelle de Cercles étudiants où tous les soirs de la semaine on peut aller se bourrer la g..... C'est tellemant amusant que cela finit par des morts, des viols, de bagarres, et j'en passe. Sans compter que le binge drinking conduit de plus en plus à un alcoolisme des jeunes...

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  2. La vidéo m'a bien fait rigoler, je me reconnais assez bien dans le gar du début, et surtout l'état quand il a siphonné les verres xD
    Mais je ne suis pas un poivrot, je ne me saoule que 2 fois l'an et pas en "binge drinkant".

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  3. Hum, je ne vais pas dire que je n'ai jamais essayé le fameux "binge drinking", mais c'est vrai que c'est "monnaie courante" en soirée, que c'est presque devenu banal entre deux joints ou autres. Mais il y a une grande différence entre le faire occasionnellement ou se mettre une murge toutes les semaines.
    Après ça ne date pas franchement d'hier non plus, la gueule de bois ou le coma éthylique n'ont pas été découvert aujourd'hui.
    Quoique ça fait du boulot pour les Urgences, ils vont être contents d'ailleurs, l'été, bientôt la fête de la musique, la fête après-bac, la fête parce que c'est les vacances, ça en fait des raisons de picoler ! (tout est prétexte à boire en fait)
    Ce qui je trouve est plus inquiétant, c'est que l'âge pour faire ce genre d'expérience est de plus en plus jeune.

    Enfin, sympa la vidéo, terrifiante même.

    J'aime bien la conclusion générale ^^.

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  4. Déjà il y a une différence entre prendre une cuite et une biture. Si prendre une cuite était un "rituel initiatique" adolescent (parfois même orchestré par en complicité avec les parents), se prendre une biture restait rare et en général on n'avait pas envie de recommencer parce que ça ne laisse pas un souvenir très agréable.
    Il est donc étonnant de voir (et de lire comme dans ton com) que se murger même de temps en temps n'est pas grave. Or ça l'est parce qu'on est déjà hors des limites.
    Le binge drinking est tout autre chose, puisque c'est une consommation sans limite jusqu'à épuisement complet soit de la boisson mais surtout du corps. Là encore si on pourrait comprendre qu'une personne non habituée des soirées ou peu consommatrice d'alcool s'y prête une fois, le refaire tout en sachant les effets et les risques relève d'une toute autre démarche. J'y vois un parallèle avec les jeux dits dangereux (jeux du foulard par exemple) où on se met au défi d'échapper à la mort et d'en sortir plus fort. Ce qui veut dire aller plus loin à chaque fois... jusqu'au jour où...
    On oscille entre la conduite suicidaire et la conduite à haut risque. Et selon les ados on sera sur un versant ou sur l'autre. Mais dans les 2 cas, il y a risque de finir à la morgue.

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  5. Je vais me faire l'avocat du diable, mais pourquoi ne pas prendre la biture comme l'évolution "logique" de la "cuite initiatique" si on peut dire.
    Tout comme avant il était de coutume d'essayer le cigare et que maintenant c'est la cigarette. Les choses évoluent en fonction des générations, mais les fondements restent les mêmes.
    Je n'ai jamais dit que ça n'était pas grave, simplement qu'il y avait une grande différence en fonction de la fréquence, bien que oui, il suffit d'une fois pour y rester, mais statistiquement il y a moins de (mal)chance de faire un tour par la case morgue si c'est occasionnel plutôt que chez la personne qui sera habitué et qui donc cherchera toujours à aller plus loin. C'est un peu pile ou face, certes. Mais bon il y a des risques partout aussi.
    Et dans les faits il y a quand même plus de chance de finir par terre, à vomir ses tripes avant de somnoler plutôt que de finir à la morgue.
    J'aime pas tellement la dramatisation qui va autour en fait, autant au niveau de l'alcool + voiture, c'est parfaitement compréhensible et utile parce que mettre sa vie en danger c'est une chose, celle des autres s'en est une autre, autant le binge drinking c'est un phénomène de groupe comme un autre au détour d'une soirée.

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  6. Perso ce qui me gène c'est justement cette dédramatisation, telle que tu l'écris si bien. "Un phénomène de groupe comme un autre" ! Comme si le fait d'être en groupe justifiait les débordements. Il y a deux choses que la psycho sait : - face à une tache compliquée, le groupe peut être plus efficace car il apporte plus de solutions (mais pas toujours la bonne)
    - le groupe rend les individus, pris un par un, plus bêtes.

    Pourtant, la psycho comme la Loi d'ailleurs ne sont pas dupes. La psycho le dit bien : si vous voulez resté maître de vous n'acceptez pas tout ce que le groupe propose (on part du principe que les gens sont capables de réfléchir par eux mêmes et qu'ils sont capables de gérer les frustrations et les désillusions. Je sais que peu de personnes y arrivent, et c'est bien pour cela que les psys existent).
    La loi considère que le fait d'agir en groupe augmente la responsabilité de chacun (partant du principe que chaque membre du groupe est capable d'empêcher ou d'essayer d'empêcher les autres de faire des bêtises).
    Le problème du groupe d'ados dans certaines soirées (et chez certains groupes adultes aussi !), c'est que chacun croie qu'il doit faire comme l'autre ("moutons") et que si pête les plombs les autres ne font plus barrière, au contraire soit ils poussent soit ils l'ignorent. Belle mentalité aurait on envie de dire.
    Je crois que c'est là en fait qu'est le "problème", ce n'est pas tant de consommer que de constater qu'il existe fait dans le groupe une banalisation de la violence psychique par l'ignore, l'indifférence ou au contraire par la poussée au passage à l'acte.
    Générations élevées aux films d'horreur ? Générations du tout pour soi rien pour les autres ? Irrespect généralisé (que je constate tous les jours) ? Après tout dirons certains, ce sont les plus faibles qui crèvent.
    C'est aux relations entre ados qu'il faut s'attaquer pas à l'alcool, mais ce serait une remise en cause sociétale globale.

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  7. Je suis d'accord avec votre vision des choses, globalement.
    Et je serais vraiment curieuse de voir combien de personne (ado ou adulte) accepte un verre d'alcool qu'on lui propose même s'il n'en a pas spécialement envie.
    Un autre jeu très drôle consistant à saouler une personne désignée (elle est obligée de boire sinon le groupe l'humilie pour sa "faiblesse") ou à la droguer à son insu aussi, ça se fait. C'est monnaie courante et ça ne date pas d'hier, les médias ont toujours un temps énorme de décalage, et le fait d'en parler donne des idées à ceux qui ne les aurait pas encore eu. Merci les médias.
    De la même manière que autour de binge drinking il y a un phénomène de groupe notable qui s'installe, faire comme les autres pour être "accepter" ect.
    Et ces phénomènes ont toujours existé, que ce soit avec la première clope ou le binge.
    D'où la dédramatisation, ça ne tombe pas du ciel, la seule différence c'est qu'il y a plus de risque d'en crever, certes.
    Le chacun pour soi est de mise depuis un moment aurait on envie de dire. Modèle "parfait" du monde, de la réussite: les États-Unis. Égoïste au possible, mais 1ère puissance mondiale dans de nombreux domaines.
    Les prépas sélectives pour les études supérieures, les pistons pour entrer dans une entreprise ect.
    Tout dans le monde favorise le chacun pour sa gueule et tant pis si ça écrase les autres à côté.
    C'est une constatation, simplement, ça ne justifie rien du tout, ça explique simplement.

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