mercredi 30 juin 2010

La stimulation bilatérale

A la lecture du titre, je ne doute pas une seule seconde que certains de mes lecteurs, et même de mes lectrices, ce sont écriés "c'est sessouel !".

 Vous avez toute de suite pensé à ça ? Vous allez être déçu...

C'est raté.

La stimulation bilatérale est une pratique de psychothérapie qui a des liens avec l'EMDR.

L'EMDR, allez savoir pourquoi, c'est pas mon truc.
Ce n'est pas très confortable.
Ni pour le patient qui doit suivre des yeux une boule au bout d'un bâton qui est déplacée à des rythmes différents, ni pour le praticien qui fatigue vite des bras.
Mais c'est efficace on le sait. Même si on en sait pas bien pourquoi.

Pour faire dans le théorique, voila ce qu'écrit la Société Française de Psychologie :
"L’un des supports théoriques de l’EMDR est de considérer que le psychisme a la faculté de métaboliser la majorité des vécus traumatiques. Certains vécus vont se figer en souvenirs traumatiques qui, réactivés, déterminent des pensées, des émotions et des sensations pathologiques. La première hypothèse de Shapiro & Forrest (1997), qui est à l’origine de cette méthode, se fondait en fait sur les travaux de Pavlov, qui présupposait l’existence dans le cerveau d’un équilibre entre excitation et inhibition, responsable de son fonctionnement normal. Si quelque chose venait provoquer un quelconque déséquilibre, il en résultait une pathologie neuronale, comme un « noeud dans le câblage ». Selon Pavlov, pour revenir à l'état d'équilibre et le traiter, il fallait restaurer l'équilibre entre excitation et inhibition. Sur ces bases, Shapiro a fait l’hypothèse que le traumatisme pouvait causer une sorte de surexcitation du système nerveux et que les mouvements oculaires allaient engendrer un effet inhibiteur (ou relaxant) pour la contrebalancer. C’est l’idée d’un traitement adaptatif de l’information conduisant l’organisme à une résolution adaptée, c’est-à-dire à des associations appropriées qui vont permettre au patient de faire quelque chose de ce qui lui est arrivé en transformant et en intégrant dans un nouveau schéma positif et constructif ses cognitions et ses émotions qui guide toute la démarche EMDR (Adaptative Information Processing Model). Cette approche est consistante avec le modèle de traitement de l’information d’Horowitz (1979, 1986) qui conçoit les symptômes posttraumatiques comme une réaction au nombre excessif de données que constitue l'expérience
traumatique. L’ESPT découlerait de l'incapacité de la victime à intégrer adéquatement ces nouvelles informations au sein de ses schémas cognitifs antérieurs.
"

Nous voila tous bien avancés.

Normalement le patient raconte la partie du trauma qui génère chez lui le plus d'émotions. La stimulation va permettre d'émergence de souvenirs, de prises de consciences, d'associations. Sur lesquels le patient se focalise. Le psy ne dit rien, n'interprête pas.

Dans la stimulation bilatérale, le principe reste le même.
Cette fois par contre, on "stimule" une autre partie du corps. En général, les épaules, les bras ou les genoux.
Il s'agit toujours de passer de droite à gauche selon des rythmes plus ou moins discordants et adaptés à la souffrance psychique exprimée du patient. 

Il s'agit de réduire les discordances de traitement de l'information qui ont été crées lors du trauma. La réponse psychique et physique a été inadaptée à ce moment là, le trauma n'a pu être assimilié. La stimulation "resynchonise" et permet l'assimilation du trauma par un traitement.
Personne ne sait vraiment pourquoi ça marche.
Mais c'est un constat, ça fonctionne vraiment bien.

Je parlais dans un article précédent du fait de verbaliser.
Verbaliser est très important et dans la majorité des troubles que présentent les patients en consultation psychothérapeutique, la verbalisation suffit à faire disparaître ou au moins à amoindrir les effets néfastes de pensées négatives non exprimées.

Dans certains cas de traumas graves, la verbalisation ne suffit pas. Il en faut plus. Et la stimulation bilatérale est une de ces pratiques qui permettent de dépasser les effets de la verbalisation. Ca marche bien et ça fonctionne vite. Les patients sont surpris. Le psy aussi des fois.

Dans notre cas présent, ma patiente a été une petite fille vendue à des hommes de passage par un ami de sa famille. Viol, torture psychique, torture psychique, volonté d'anéantissement et pacte interdisant de parler et de montrer quoi que ce soit.
Nous avons déjà cassé le pacte. 
Elle ne croyait pas en ce que j'allais lui faire faire. Elle a ri, l'a fait en faisant le pitre et est tombée en syncope brutalement.
Le pacte venait d'être brisé, les émotions (ré)affluaient, c'était insupportable, le psychisme avait préféré se déconnecter.

Là, elle avait décidé que le moment était venu de raconter.
Raconter en entier pour la première fois.
Alors qu'on lui avait interdit. Qu'on lui avait dit que si elle parlait on tuerait ses frères et soeurs, ses parents.
Qu'elle ne devait rien montrer de sa souffrance physique, être souriante et insouciante.
Avec la psychothérapie, elle a commencé à ressentir des choses et a réussi à déposer plainte.
Mais elle sait qu'on risque de lui demander à un moment de raconter ce qu'elle a vécu.
Je lui ai expliqué qu'elle pouvait le faire par écrit.
Elle a donc écrit et même si cela a été dur, elle y a réussi.
Elle sait aussi, d'ailleurs elle le souhaite, qu'elle risque une confrontation soit avec ses agresseurs soit au moins avec celui qui a tout organisé.
Et elle souhaitait être capable de parler. Lui montrer qu'ils n'avaient pas réussi à la "casser", qu'elle était restée libre, qu'elle ne les craignait plus et que sa parole était libérée.
Et pour cela il faut être capable de raconter.

Je m'assoies en face d'elle et je lui explique ce que je vais faire. 
Je lui demande surtout si cela ne la dérange pas,  car toucher une personne ayant été abusée physiquement n'est pas toujours possible.
Mes stimulations bilatérales s'effectueront au niveau des genoux.
Je suis donc en face d'elle, elle peut garder le contact visuel avec moi facilement, elle voit mon écoute et nous sommes au même niveau.
Tout ces aspects me paraîssent très importants, c'est pour cela que je ne choisis pas les épaules ni les bras car pour être à l'aise toutes les deux il faudrait que je sois derrière elle sinon je lui bloquerais les bras. Même si c'est involontaire, dans une reviviscence traumatique cela ne ma paraît pas approprié.

Les stimulations sont des tapotements (qui peuvent selon les praticiens être pratiquées soit avec un instrument -comme un truc pour les réflexes- soit en appuyant avec les doigts, les mains)...
Les stimulations commencent avant le départ du récit.
Moi je suis toujours prête, elle jamais.
Nous avons décidé d'un commun accord de débuter le récit en amont, par exemple lorsqu'elle était encore chez elle et que "l'ami" venait la chercher.
Le récit débute et les stimulations sont toujours présentes mais de façon légères lorsque l'émotion générée est plus légère. Les pression se font plus profondes et plus rapides lorsque les émotions sont puissantes. 
Le "problème" c'est que dans son cas quasi toute la "scène" est génératrice d'émotions lourdes. 
Passer du viol à la torture puis retour au viol et tout cela sans que jamais cela ne semble s'arrêter génère peu de "pauses" psychiques.
Lorsqu'enfin son récit s'arrête, je continue les stimulations pendant 1 minute. 
De toute façon, le récit est fini, mais ma patiente n'est pas "sortie" de la scène.
Chaque récit de ma patiente a duré au moins 30 minutes.
Si elle sort épuisée psychiquement et physiquement (elle "stigmate", c'est époustouflant !), j'en sors épuisée aussi.
Voir ses réactions au fur et à mesure du récit, la voir vivre la scène est... je n'ai pas vraiment de mots pour cela... c'est bouleversant mais c'est surtout, de mon point de vue, étonnant, éberluant... merveilleux ? Oui, je sais ça paraît dingue d'écrire cela, mais ce qui se passe devant moi est indescriptible. Je crois que ma capacité à la regarder de façon si "scientifique" si analytique est la façon que j'ai de mettre de la distance. J'essaie aussi de comprendre ce qui se passe, pas pendant la scène, mais aujourd'hui. Pourquoi fronce t elle les sourcils là ? Pourquoi a t elle l'air de trouver ce moment plus "doux" que celui là ? Pourquoi ? pourquoi, pourquoi ?

Comme après, elle est fatiguée, elle ne souvient pas vraiment de ce qu'elle a dit ou fait. 
Je ne reviens pas sur ce qui a été dit, mais sur ses réactions, que nous analysons à chaud.

Elle a toujours mis deux jours à se remettre de nos séances m'a t elle dit.
Deux jours pendant lesquels elle vit dans un brouillard, se souvenant à peine d'être allée travailler.
Et puis brutalement ça s'éclaircit.
Elle s'apercevait alors qu'elle ne faisait plus de cauchemars ayant trait à la scène qui avait été travaillée en consultation. Qu'elle n'y pensait plus la journée et que le fait de d'envisager ses agresseurs ne générait plus de reviviscence des scènes ni de pensées négatives. C'est comme si tout était loin.

Du coup, les traumas se sont éloignés rapidement. Ca l'a même effrayée parce qu'elle ne ne comprenait pas comment ça fonctionnait.

Bien sur il y a eu d'autres effets et surtout une grooosse suprise inattendue dont je vous parlerai vendredi.





lundi 28 juin 2010

Les doutes du psy

Cette semaine va être dédiée à mon vécu avec une patiente.
Vous avez remarqué des fois il y a des semaines à thème. Parfois c'est voulu, des fois non.
Cette fois le fil conducteur va être mes doutes, ma pratique et mes constats sur une patiente.
Ce n'est pas d'elle dont il va s'agir, mais elle sera le fil rouge des articles.

Je commence donc par un sujet que j'avais prévu pour la fin de la semaine.
Mais en fait je me suis dit que vous faire part de mon état d'esprit avant le reste pouvait vous permettre de mieux comprendre les articles suivants.

Aujourd'hui donc, j'aborde les doutes du psy. 
Mes doutes.

Cette patiente, je vous en ai déjà vaguement parlé une fois, j'y reviendrai vaguement.
En fait, lorsqu'on aborde les patients on sait en général où on va et surtout comment on va y aller.
Bien sur tout le travail est fait par les patients, mais le psy amène sa pratique et son expérience pour trouver les guides qui mèneront les patients au bout de leur chemin.
Attention, je ne remets pas en cause ici les pratiques psy.
Mais ici j'ai douté.
Des pratiques psys, du choix de la thérapie et de ma patiente.
Ou plutôt de la façon dont elle allait réagir.
Elle se veut forte extérieurement, mais elle est très fragile intérieurement.
En presque un an nous fait le tour de sa problématique.
Nous avons parfois navigué "à vue". Nous éloignant, nous rapprochant.
Mais il y a un moment où il faut faire face.
Face à l'horreur, face aux démons. Ceux qui reviennent chaque nuit depuis des années.
Qui reviennent pour faire mal, posséder, anéantir.
Ma patiente je l'avais prévenu bien à l'avance.
je lui avais dit que le moment semblait venu.
Fort habilement elle a tenté de détourner la date fatidique.
J'ai bien compris son jeu, je le lui ai dis et nous avons pris RDV.
J'ai appris depuis longtemps à ne plus être touchée par ce que me raconte mes patients.
Ca glisse, ça n'entre plus. Mais j'entend quand même et au moment où les mots sont prononcés ils ont un impact.
Elle a déjà écrit ce qu'elle va me raconter.
Elle peut l'écrire sans problème, mais le verbaliser, sentir les mots passer par la gorge et la bouche, c'est impossible.
Je sais que je vais lui demander quelque chose d'extrêmement difficile.
Ce n'est pas tant sa résistance physique que je crains, ce n'est rien.
Son trauma est tellement prégnant que je crains de lui faire plus de mal que de bien psychiquement.
Ca a toujours marché, mais là, avec ce vécu là, je me demande si je ne vais pas fixer le trauma au lieu de l'évacuer.
Je me dis que c'est bien la peine d'avoir toute cette expérience (en plus je sais que ça fonctionne) pour brutalement douter.
A quoi sert face à elle tout ce que j'ai appris ? 
Je doute aussi de moi. J'ai lu ce qu'elle a écrit, ça a glissé. Mais ces mots qu'elle va prononcer, qu'elle va vivre, comment vont ils réagir en moi ? 
Je vais me demander pourquoi cela éveille cela chez moi vu que je ne suis concernée en rien par son vécu.
Je m'aperçois en fait que j'ai un peu peur de sa réaction. Va t elle devenir agressive, va t elle régresser, va t elle se dissocier, comment va t elle ressortir de son récit ?
Jusqu'à maintenant elle n'a abordé que des bribes, elle ne les raconte pas, elle les vit. 
Comme si c'était aujourd'hui, au moment où elle en parle que cela se passe.
Tant d'années de passées physiquement, aucune psychiquement.

Bref, nous y sommes allés.
Moi avec quelques appréhensions, me demandant légitimement si la faire verbaliser (avec son consentement) des situations si violentes ce n'est pas devenir moi aussi un agresseur.
Elle n'est absolument pas partante sur le coup, je ne la force pas, c'est elle qui décide et à un moment elle dit que de toute façon "il faut y passer" pour en sortir.
Est-elle prête ? Jamais elle ne le sera.
Va t elle y arriver ? Une longue attente, puis brutalement de départ du récit.
Jusqu'au bout.
Elle est épuisée, moi aussi.
En fait, je n'ai pas été touchée par ses mots, mais par la qualité de son travail.
Je l'ai vu revivre les scènes, avoir mal physiquement, s'anéantir psychiquement.

Vous voulez savoir si ça a fonctionné ?
Oui, les traumas se sont atténués, les cauchemars et les images de reviviscences ont disparu.
Comme on pouvait s'y attendre.
Nous avons recommencé plusieurs fois car elle a vécu plusieurs traumas.
Je vais vous dire, elle aussi a douté à chaque fois, à cause de moi sans doute, mais à chaque fois les résultats l'ont poussé à aller plus loin. 
Et puis il y a un moment, lorsqu'on a fait la moitié du chemin, il y a autant en avant qu'en arrière, alors autant aller de l'avant.
Et moi, jusqu'à la moitié du chemin j'ai douté.
J'ai douté, parce que je me suis demandée si tout mon savoir en 2010 allait pouvoir sortir de l'horreur une petite fille qui me tendait la main de son 1982.
J'ai douté, parce que mon travail c'est d'aider les gens pas de leur (re)faire mal.

Je me suis demandée si maintenant que j'ai constaté les effets positifs de ma pratique à un tel cas, je douterai encore si cela se représentait.
La réponse est oui.



vendredi 25 juin 2010

Une grosse crise de colère

Un petit garçon de 4 ans vient en consultation.
Il ne tient pas en place. 
Son enseignante a forcé la main aux parents pour qu'ils consultent au sujet de leur gosse.

La première consultation s'est effectuée avec l'enfant, la maman et le petit frère.
L'enfant en 45 minutes a, je crois, tout déplacé dans mon cabinet, ouvert tous les placards, admiré tous les recoins. 
Un ouragan sur pattes.
Je fais comme si de rien n'était et je laisse la maman canaliser son enfant.
J'observe.
Nous discutons de leur vie, du couple, de la relation avec les enfants, entre les enfants...
Pendant 3 ans le père n'a été présent que les week-ends.
Le reste du temps, Valérian -appelons le comme cela- a été un vrai petit chef de famille.
Toujours entouré d'adultes qui répondent à toutes ses sollicitations.
Il dort la semaine avec sa mère.
La mère ayant pris ses congés parentaux, elle s'occupe énormément des deux enfants, répondant et même devançant les demandes, parfois juste pour avoir la paix et aussi parce qu'elle a peur que son fils n'ait pas un bon niveau lors de son entrée en maternelle.
En même temps que Valérian est entré à l'école, le père a changé de travail depuis quelques mois et il est de retour à la maison tous les soirs.

Valérian est de toute évidence précoce sur certains traits.
Il comprend du premier coup une consigne compliquée qu'il est capable de transmettre à d'autres enfants, il réalise des puzzles de 80 pièces, il parle très bien.
Il sourit beaucoup, très séducteur. 
Mais il ne tient pas en place.
Son enseignante est incapable de le garder focaliser sur une tâche de 15 minutes, il perturbe la classe, crie beaucoup, gesticule sans cesse.

A la seconde consultation, je vois Valérian tout seul.
Nous lisons d'abord une histoire. Il se blottit contre moi. Le transfert fonctionne.
Je lui demande de réaliser un dessin de sa famille, ce qu'il fait difficilement se laissant distraire sans cesse par les bruit extérieurs.
Il dessine 4 bonhommes. 2 grands au milieu et 2 petits.
Comme le niveau graphique n'est pas super, je lui demande de me nommer qui est qui.
Un des petits est son petit frère. A côté un grand qui est sa maman. A côté l'autre grand qui est lui. Et enfin le second petit qui est son papa.
Ils forment un joli couple Valérian et sa maman !

Je lui dessine ensuite sa chambre.
Les parents et les enfants dorment dans la même chambre (ils vivent dans un deux pièces).
(malgré mes explications, je n'ai toujours pas réussi à faire comprendre aux parents qu'ils seraient judicieux qu'ils ne dorment pas tous dans la même pièce)
Je demande à Valérian où dorment chacun des bonhommes.
Il dort encore souvent avec maman, ça a le mérite d'être clair. Et du coup papa dort de temps en temps le week end dans son lit à lui ou avec le petit frère.
Je lui demande comment il pense qu'ils devraient tous dormir.
Nous parlons des rois et reines, des princes et princesses.
La prince dort avec la reine, les autres dorment où ils veulent.
Valérian fait sans cesse des cauchemars de dinosaures où le méchant tyranno vient le manger.
Nous en discutons et il s'avère que le méchant tyranno c'est papa.
Pendant ce temps là Valérian a été très attentif et j'ai eu peu à la rappeler à l'ordre.

En fin de consultation, comme le père vient avec la maman chercher Valérian, j'en profite pour le faire asseoir sur mon fameux sofa.
Valérian (re)devient infernal, il sort tous les livres de la biliothèque.
Pour le père, tout est clair, lui a repris sa place qu'il n'avait jamais vraiment laissé d'ailleurs, même s'il avoue que lorsqu'il rentrait le week end il avait parfois l'impression d'être de trop.
Le père est bien plus sévère que la mère. Et bien qu'il parle d'une voix très douce et posée, son regard traduit une colère rentrée.
Surtout que son fils n'arrête pas de l'interrompre pour les poser des questions sur les images des livres.
Le père et la mère ne disent rien si ce n'est "Valérian laisse papa parler".
Ce qui n'a strictement aucun effet.

A la troisième consultation, j'apprends que Valérian a été agressif en classe pour la première fois.
L'enseignante dit que ça ne s'arrange pas mais que ça empire.
Je m'y attendais.
Valérian est accroché à sa mère. Il ne veut pas me regarder ni même me parler.
Il pelote les seins de sa mère à pleines mains.
Lorsqu'elle s'asseoit, il reste sur elle, me tournant le dos et commence à se frotter contre elle dans des mouvements de va et vient.
La mère trouve ça marrant "il fait comme les chiens !".
Je lui retourne que je suis interpellée qu'elle trouve marrant que son fils s'excite sexuellement sur sa mère.
Vu comme ça, ça la fait moins rire.
Du coup, elle tente d'écarter son fils d'elle. 
Mais il s'accroche pire qu'une pieuvre et se met à hurler.
Enfin elle arrive à le poser par terre.
Et là il nous fait une belle crise.
Il a tapé du pied pendant 20 minutes, a hurlé, pleuré, crié 100 fois "maman câlin" et a intimé 50 fois l'ordre à sa mère "d'aller dehors".
La mère lui explique doucement qu'elle discute avec moi et qu'on ne s'entend pas.
C'est bien le but.
Surtout que la mère n'entende pas ce que je vais dire.
Il se met à taper sa mère.
Elle est ébahie. Mais ne dit rien.
"Vous le laissez faire, vous vous laissez faire ?" lui ai-je demandé.
Je vois à son regard qu'elle ne sait plus quoi faire, aller vers son fils ou moi.
Le gamin nous fait une belle crise, tout en hurlant "maman câlin".
J'attrape fermement Valérian.
"Tu crois vraiment que tu mérites un câlin ? Tu trouves normal que l'on fasse un câlin à un enfant qui crie, hurle, tape du pied et frappe sa mère ? Tu crois qu'en faisant cela tu mérites que ta mère te prenne dans ses bras ? Tu te calmes ! Maintenant je compte jusqu'à 10, si tu n'es pas calmé tu n'auras pas de câlin de l'après midi." Et je compte jusqu'à 10.
A 10 il ne pleure plus, il est calme.

Puis il attrape sa mère, lui dit "tu dois venir, on part dehors" et la tire fort par le bras.
Sa mère lui dit tranquillement qu'elle ne part pas tout de suite parce qu'elle doit me parler.
Et hop c'est reparti, il tape du pied, frappe sa mère (qui a compris cette fois et le met au coin) et hurle de plus belle.
Il revient en douce. Comme nous ne le regardons pas (mais je le vois du coin de l'oeil approcher), il avance très calmement et un peu penaud. 
Et là sa mère le regarde. 
Il se met à hurler "tu viens dehors" et lui fonce dessus et la tire de toutes ses forces par le bras et les vêtements.
Il tape des pieds.
Je lui dis "Ok tu es en colère. Ca ne te donne pas le droit de faire ce que tu fais. Tu es en colère contre moi pour tout ce que je dis à ta maman et tu es en colère contre ta maman parce qu'elle m'écoute moi et pas toi. Mais les enfants n'ont pas à tout discuter. Chacun sa place. Tu es l'enfant, ta maman est l'adulte. C'est elle qui décide".
Il nous crie "non, ma maman est à moi et c'est moi qui décide de tout !".

ite missa est.


(il a passé la porte du cabinet et changeant brutalement de masque il a retrouvé le sourire et m'a serré la main avec un évident plaisir. Je l'ai croisé dans la rue le lendemain,  tout joyeux il m'a fait un grand coucou. Malin va !).


mercredi 23 juin 2010

Ces enfants insupportables


 
Les gamins insupportables on en a tous croisé. 
Parfois on en connaît bien.
Certains même en élèvent.

ils courent partout, crient, s'agitent, font des grands mouvements, parlent sans cesse, perturbent l'environnement, vrillent nos tympans...

Les parents, en rigolant, ne cessent de vous dire qu'ils veulent bien vous les prêter pour le week-end mais sans vous garantir que vous les supporterez tout ce temps.

Leurs parents les adorent, fascinés par leur énergie et leur niveau d'éveil.

Extérieurement ces enfants sont qualifiés d'agités ou de difficiles. 
Sont ils éveillés ? Ont ils besoin de se dépenser physiquement ? Ou sont ils atteints d'hyperactivité ?

L'hyperactivité touche surtout les petits garçons (mais je connais aussi quelques petites filles). Les études sont peu informatives. Selon les pays entre 3 et 11 % de la population enfantine serait touchée.

Mais où commence l'hyperactivité ?
Les médias nous surchargent d'articles sur les "enfants THADA" (Trouble de l'Hyperactivité Avec Déficit de l'Attention), ce qui est totalement inepte vu qu'on peut très bien être hyperactif sans trouble de l'attention et/ou sans trouble de concentration ou avoir des troubles de concentration/attention sans être hyperactif. Et puis le manque de concentration apparait il conjointement à l'hyperactivité ou est ce une conséquence ou un symptôme de plus ?

L'enfant ne se plaint jamais de ses comportements, ce sont les parents qui désirent consulter à ce sujet.
Parfois sur la pression de l'école, l'enseignant ne sachant pas/plus canalisé l'enfant et se plaignant d'un effet perturbateur pour la classe.

Parce qu'en fait le problème est là : ces enfants dérangent.
Comme m'a dit une enseignante "il ne rentre pas dans le moule".
Et une directrice d'école "on n'a pas été formés, on ne sait pas ce qu'on doit faire avec ces enfants".
Les parents, eux, sont débordés.
Et les enfants arrivent en consultation avec déjà sur le dos une grosse étiquette "hyperactif" alors qu'ils n'ont jamais été vus à ce sujet.

Agitation motrice ? Les médecins traitant ne s'y trompent pas toujours. 
Ils sont capables de dire aux parents que c'est normal à cet âge, que leur enfant à besoin de se défouler, qu'il faut qu'il fasse du sport au lieu de rester coller devant la télé (parce la télé "bloque" les comportements hyperactifs. L'hyperstimulation visuelle devient l'équivalent d'un médicament hyperstimulant et canalise le fonctionnement cérébral. Ce qui fait qu'un enfant agité est capable de passer 3 heures avachis devant l'écran sans bouger le petit doigt. C'est bien pratique pour certains parents).

Mais cela ne suffit pas aux parents.
Ceux ci exténués, sous la pression de l'école, finissent par voir dans leur chère tête blonde ou brune un malade qui s'ignore.
De l'agitation de l'enfance on passe à des troubles du comportements (et de l'attention).

Assez bizarrement les enfants hyperactifs sont plutôt calmes en consultation ou peuvent être canalisés facilement.
J'ai ainsi un petit garçon intenable avec ses parents et à l'école. Qui fort curieusement a tenté de se comporter avec moi de la même façon et qui a compris au bout de 3 séances que je n'allais pas le laisser faire et qui réussit à rester assis 30 minutes en réalisant une même activité. Lorsque la maman ou le papa revient, paf, il redevient hyperagité, attrape tout ce qui traîne, sort tous les livres. Grrr.

Certains psychologues et psychiatres ne parlent plus aujourd'hui d'enfants insupportables mais d'enfants "insupportés".

Le constat général est que l'enfant hyperactif est un enfant en colère.
L'hyperactivité n'est que le symptôme de cette colère.
Le tout étant ensuite de trouver contre quoi ou qui l'enfant est en colère.
Parfois il n'est pas capable lui même de l'exprimer ou surtout n'ose pas.
Dire qu'on est en colère contre la petite soeur qui serait plus choyée est interdit dans beaucoup de famille.
Dire qu'on est en colère contre le père qui, absent toute la semaine, (re)prend une place que l'enfant s'attribue le reste du temps, n'est pas facile à dire et à entendre pour les parents.

Vous aurez remarqué que ces enfants hyperagités font tout pour attirer l'attention.
On n'entend qu'eux, ils coupent la parole, on ne voit qu'eux... 
C'est un message "je suis là, ne m'oubliez pas !!"
Ils n'ont pas trouvé leur place ou leur place leur a échappé et ils n'ont pas encore retrouvé leur nouvelle place.
Encore faut il qu'on veuille bien leur en donner une.
Dans ce cas, il y a une forte angoisse d'anéantissement, de mort. 
Et ils luttent contre en montrant qu'ils sont vivants.

Certains parents pour qui les psychothérapies ne vont pas assez vite ou sont inenvisageables, font tout pour que leur psychiatre prescrive des stimulants chimiques tels la Ritaline.

Qui dit psychiatrie dit maladie mentale. Si les maladies mentales ne disparaissent pas et qu'on ne peut en être guérie, comment considérer l'hyperactivité, qui diminue fortement voire disparaît à l'adolescence, comme une maladie mentale ?

S'il est vrai qu'un enfant hyperactif peut rester un adulte hyperactif, ses agitations seront atténuées, canalisées et constructives.

Comme pour les surdoués, les hyperagités sont souvent surstimulés par les parents. Alors dans une Société où il faut aller vite, se mettre en avant,  être "différent", il est paradoxal que les parents des enfants hyperactifs fassent tout d'un côté pour stimuler leurs enfants et d'un autre côté pour les "réduire" à une vision plus normalisée.

Les psychanalystes et les psychologues sont majoritairement opposés au recours aux prescriptions médicales.


Par expérience personnelle, je constate que les consultations d'enfants hyperactifs nécessitent tout particulièrement des rencontres avec les parents. Il est absolument nécessaire de comprendre quelles sont les relations parentales, les relations aux enfants, les places de chacun. Si les parents d'hyperactifs arrivent en consultation avec pour but de "calmer" leurs enfants, ils ne sont pas tous partant pour une évaluation de leur organisation familiale et une compréhension des antécédents de chacun. Mettre en cause l'enfant oui, mettre en cause la famille non. Soigner l'enfant oui, soigner la famille non. Or le comportement de l'enfant est le symptôme du fonctionnement familial.

Les premières consultations ont parfois un effet catastrophiques.
On tente de tout remettre en place, on rappelle les places et rôle de chacun. Du coup l'enfant qui est déjà en colère contre un fonctionnement général qui ne lui convient pas mais auquel il s'est habité, voit sa colère s'accroître car assez rapidement des changements s'opèrent il lui faut le temps de (re)trouver sa place, qu'il l'accepte, qu'on l'y laisse, qu'il comprenne qu'il n'en n'aura pas d'autre et qu'on lui reconnaisse cette place.





lundi 21 juin 2010

Vos dessins ou illustrations

J'avais posté un message en fin d'un article il y a quelques temps.

Il s'agissait d'apporter votre contribution de graphiste, de dessinateur, d'illustrateur ou de photographe pour créer des affichettes et tracts pour l'association SOS Hommes Battus.

Nous avons reçu une contribution. Une seule et unique. Mais de qualité comme vous pourrez le constater ci dessous.
Ce qui a permis à l'association de proposer en téléchargement, après ajout de texte, la possibilité d'affichage en entreprise, dans les locaux professionnels... d'un message contre les violences conjugales faites aux hommes.


C'est super, mais pas suffisant. 
Je repasse donc le message à tous les créatifs de tout poil qui aurait envie de participer tout en laissant libre court à leur imagination débridée.

Attention, il ne s'agit en aucun cas de publication officielle via les médias ou d'affichage en grand dans la rue.
L'association n'est pas gouvernementale, elle n'est pas subventionnée et ne reçoit pas de cotisations, aussi vos contributions devront être gratuites et libres de droits... mais vous aurez la satisfaction d'avoir participés à une cause encore taboue.

Envoyez moi vos contributions à vergiberation[@]gmail.com

Merci à vous.






jeudi 17 juin 2010

Les sujets du bac Philo

Voila c'est reparti.
La première des épreuves du bac a débuté ce matin. 
Et comme toujours c'est la philo qui s'y colle.

Je lisais quelques commentaires sur ce sujet et j'ai été très étonnée de constater que majoritairement les commentateurs expriment leur désarroi face à la philo, matière difficile ne servant à rien. 
Selon eux.
Et à critiquer le programme... Et qu'en est il des maths, du français, des sciences et bla bla bla.

Je crois bien que la philo est la matière qui m'a le plus intéressée au lycée.
Enfin je pouvais utiliser tout ce qu'on m'avait appris, exprimer ma façon de voir les choses et surtout il n'y avait pas grand chose à apprendre.
Sauf apprendre à réfléchir.

La philo reste pour moi la seule matière qui permet de s'ouvrir l'esprit, d'appréhender de nombreuses théories et surtout d'oser tout remettre en cause.
Avec la philo on refait le monde.

Ah bien sur, il faut ar-gu-men-ter.
Argumenter lorsqu'on n'a bossé que les maths, les sciences et l'anglais, c'est sur que cela devient un exercice complexe.
Argumenter lorsqu'on a des parents qui se focalisent uniquement sur le programme des matières "essentielles" et dont les seules préoccupations sont les notes, on ne sait pas faire.

Certains vous diront "pff de la philo en S, ça sert à quoi ?". 
Je leur répondrai que ce n'est pas parce qu'on est scientifique que l'on n'aime pas la littérature et qu'on ne doit pas avoir une vision éclairée du monde.
Un scientifique borné est certes un scientifique mais il est surtout borné.
C'est toute la différence entre un bon scientifique et un mauvais.


Alors voici, les sujets du bac philo de cette année :

Pour la filière S :
Sujet 1 : L'art peut il se passer de règles ?
Sujet 2 : Dépend t-il de nous d'être heureux ?

Pour la filière ES :
Sujet 1 : Une vérité scientifique peut elle être dangereuse ?
Sujet 2 : Le rôle de l'historien est-il de juger ?

Pour la filière L :
Sujet 1 : La recherche de la vérité peut elle être désintéressée ?
Sujet 2 : Faut il oublier le passé pour se donner un avenir ?

Et c'est sur ce dernier sujet, que se pose beaucoup les patients  lors de leur psychothérapie, que je vous propose de plancher (et nous poster) pour dimanche soir.

A vos plumes virtuelles !




mardi 15 juin 2010

Comment faire de son enfant un futur délinquant

Je relisais certains de mes articles et vous savez quoi ? Je m'époustoufle moi même.
Mais où vais je chercher tout ça ?
C'est dingue, toujours un truc à dire.
Non mais quel talent !

Lol

Bon, les 5 minutes d'autocongratulation étant passées, j'ai décidé, comme d'hab, de donner dans l'informatif.
Après tout en psychologie, on vous dit toujours comment faire pour aller bien, pour être un individu presque parfait, comment réussir dans la vie et être aimer des autres.

Pour une fois envisageons les chose un peu différemment.
Décidons une fois pour toute que la prochaine génération sera la plus pourrie du monde.
Je le dis bien haut : faisons de nos enfants des délinquants.
Mieux faisons en des criminels.
Oh oui, oh oui.

Voici la recette.

1. Dès l'enfance, donnez leur tout ce qu'ils désirent. 
Ils grandiront en pensant que le monde entier leur doit tout. 
Et ils le voudront tout de suite.

2. S'ils disent des grossièretés, riez.
Ils se croieront très malins et penseront que c'est comme cela qu'il faut parler.
Même à leurs parents.
 
3. Ne lui dites jamais : « C'est mal ».
Et plus tard, lorsqu'ils seront arrêtés pour vol de voiture, ils seront persuadés que c'est la Société qui le persécute.
 
4. Ramassez tout ce qu'il laisse traîner. 
Ainsi, ils auront l'habitude de traiter les autres comme des larbons et ils seront sûrs que ce sont les autres qui seront responsables.
 
5. Laissez-les tout lire.
Laissez leur esprit se nourrir.

6. Disputez-vous toujours devant eux.
Ils choisiront leur camp et lorsque votre ménage craquera, ils n'en seront pas choqués.
 
7. Donnez-leur tout l'argent qu'ils réclament. Qu'ils n'aient pas à le gagner. 

8. Que tous leurs désirs soient satisfaits immédiatement et sans restriction: nourriture, boisson, confort...
 
9. Prenez toujours leur parti. 
Les professeurs, la police leur en veulent ! Ils n'ont rien compris à cet "amour d'enfant".

10. Quand ils seront délinquant, proclamez vite que ça a commencé très jeune, que vous avez fait de votre mieux, que vous l'avez toujours bien traité mais que vous n'avez jamais rien pu faire.


Je pourrais m'arrêter là.
Mais vous commencer à me connaître, ce serait trop simple.
A partir des 10 commandements que vous venez de lire, répondez aux questions suivantes :

- Quels (qui) sont les récepteurs de ce texte ? Justifiez votre réponse.
- Sous quelle forme se présente ce texte ?
- Quel est le mode des verbes ? Pourquoi ?
- quel est l'objectif de ce texte ?
- Quel type d'éducation tente de critiquer ce texte ?
- Résumez en une phrase la thèse que défend ce texte.
- Sur quelles opérations logiques reposent ces conseils : addition, cause, opposition, supposition, conséquence... ? Justifiez vos choix.
- Reprenez chacun des conseils et dites ce qu'il faut comprendre.

Copie à rendre pour vendredi soir. A vos claviers !



dimanche 13 juin 2010

Méditation du dimanche - 39



Te préoccuper de ton sort après la mort est aussi absurde que de t'interroger sur ce que devient ton poing en ouvrant la main.





jeudi 10 juin 2010

Eric Stanton ou les domina au pouvoir

Connaissez vous les "oeuvres" de Eric Stanton ?

Non ?

Bon tant pis. Je vous en parlerai une prochaine fois alors.










Bon puisque vous insistez.
Eric Stanton a dessiné des bandes dessinées un peu "sex" dirons nous.

Ce qu'il aimait tout particulièrement c'était les femmes dominantes (envers des femmes ou des hommes) ou les femmes soumises qui finissaient par se retourner contre leur dominant pour le dominer à leur tour.

Au début, ses dessins étaient malhabiles bien que très sado-maso BDSM, avec force détails réalistes sur les tenues cuir, latex et autres talons et bondage.
Avec le temps, de toute évidence il s'était aguerrit au niveau du poignet. 
Certes c'était mieux dessiné et il y avait des bulles, mais les domina y devenaient malheureusement de plus en plus masculines tant dans les traits du visages que dans leur musculature (mais pour compenser, il est vrai, avec une taille de seins qui s'accroit  sans cesse !). Et les scénari y perdaient en profondeur et surtout en imagination perverse, se limitant souvent à des scènes de lutte et de fessées.

Bien sur, ça crie, ça supplie, ça hurle, mais au bout en fait tout le monde a pris son pied et en redemande !

Contre toute attente, les (sous) hommes, les soumis, étaient rarement mis à nu, si ce n'était pour nous montrer des traces de cravache sur leur tendre fessier. Alors que les femmes, soumises ou dominantes, y finissaient souvent à poil.
Mais les compétences en cravache et fouet n'attendent pas le nombre de sous-vêtements, c'est bien connu.

Hors de toute conception sur la qualité esthétique et sur le fond érotico-pervers du travail de Stanton, on ne peut que noter la qualité de l'illustration sociale que raconte ces histoires.
En effet, entre le début des années 50, où les femmes de Stanton étaient de jeunes filles en détresse, jusqu'aux femmes mures de la fin des années 70, dominatrices et castratrices- on peut lire le glissement de la femme occidentale encore soumise aux caprices des hommes vers les positions extrêmistes de certaines féministes engagées qui décident de la "vraie place des hommes", une place dédié au service et au plaisir.

Mais attention, vous le savez, le soumis n'est pas celui qu'on croit.

Alors Stanton, sociologue sans le savoir ?

(attention les images qui suivent peuvent être choquantes pour les plus jeunes).
















Et comme vous êtes de coquins et que vous en voulez plus, allez donc sur ce site.



mercredi 9 juin 2010

c'est TOI le PSY

Y'avait longtemps non ?
Alors voici une nouvelle histoire soumise à votre sagacité que je sais phénoménale.
Il peut sembler y avoir peu de matière, mais tout y est.
Réponse mercredi soir.



Patiente, la trentaine. 
Mariée depuis 5 ans, 2 enfants en bas âge.
Frappe son mari. 
L'a même menacé d'un couteau et cela devant les enfants.
La police est intervenue, elle a été menottée et rappelée à l'ordre.
Elle se dit incontrôlable à la moindre contrariété.
Elle dit que rien ne fonctionne comme elle l'entend et qu'elle doit tout prendre sous son contrôle.
Elle dit aimer son mari et avoir une grande peur qu'il l'a quitte.
Très jalouse


Ses parents à elle s'entendent bien.
Le père a toujours été très exigent avec sa fille et lorsque cela n'allait pas, il partait dans des colères incontrôlables.
Le père n'a jamais supporté le mari choisit et le dénigre encore aujourd'hui.
Lorsque ma patiente s'est mise en couple, elle et son mari avaient envisagé de louer un petit appart pour commencer. Mais le père de la jeune femme n'était pas d'accord et a insisté pour leur payer leur appart.


Elle n'est violente qu'à la maison mais explique qu'elle est rejetée par les ami(e)s de son mari et par ses collègues de travail.
Elle dit que ses violences envers son mari ont commencé depuis la naissance de son deuxième enfant (sa fille) et que cela s'intensifie.
Depuis l'épisode avec le couteau, son mari a pris de la distance. 



Alors ?
Il y a plusieurs problématiques chez cette patiente, dont une qui a entraîné les autres.
Que cherche en réalité cette patiente et l'obtient-elle ?
Que pourriez vous proposer à cette patiente pour que sa situation se modifie ?
Réfléchissez bien, lisez entre les mots !


Ooops, rigolez pas, j'ai totalement oublié que je devais mettre la soluce...
Alors alors, notre petite dame a bien des problèmes depuis son enfance.
Un père très exigeant, qui la veut parfaite. Enfant parfaite, puis femme parfaite.
Le seul moyen d'être aimé et qu'on lui dise était d'être la plus sage possible, la meilleure élève possible, la plus obéissante possible. 
D'où un besoin énorme de tout contrôler, car tout ce qui ne peut pas être contrôlé peut biaisé les résultats et faire s'éloigner de la perfection.
S'éloigner de la perfection ! Quelle angoisse !
Se décevoir soi même, décevoir le père, décevoir son regard, décevoir le regard de tous les autres hommes.
Angoisse mais aussi colère. Colère contre cet événement qui n'a permis d'atteindre la perfection. Pas une bonne fille, pas une bonne femme, pas une bonne mère, pas une bonne collègue.

Le grain de sable c'est le mari. Celui qui ne plaît pas au père.
Donc en épousant cet homme imparfait, la fille devient une femme (inacceptable pour ce père intrusif) mais surtout devient une femme non parfaite. Contamination.
Etre imparfaite car son mari est imparfait.
Ne plus être aimé du père car le père n'aime pas le mari.
Et toujours vouloir tout contrôler et ne pas y arriver.
Angoisse, dévalorisation, perte de confiance en soi, perte de l'estime de soi, jalousie.

Et toujours la colère.
Omniprésente.
La colère contre tout ce qui vient se mettre entre la fille et le père.
Et là c'est le mari.
Il est devenu le symbole de l'imperfection et de la barrière entre la fille et le père.

Les enfants sont adorés par le grand père.
Surtout la fille. Il va pouvoir lui apprendre à être parfaite.
Et c'est la petite fille que la fille redevient parfaite aux yeux du père. 
Enfin c'est ce que croit la patiente.
S'approprier sa fille, c'est redevenir petite fille aimée du (grand) père.

Etre parfaite. 
Pour être aimée.
Mais être aussi redevable.
Redevable pour l'appartement (dont elle ne voulait pas !)
Redevable que le mercredi les grands parents gardent leurs petits enfants (alors qu'en fait, c'est eux qui sont demandeurs et qu'elle ne fait que leur faire plaisir).
Soumise. 
Tant soumise pour être parfaite.

Comprendre que la perfection n'existe pas, accepter qu'on ne contrôle pas tout dans la vie et que c'en est le charme et que cela permet d'être plus zen.
Accepter de ne pas être l'épouse parfaite, la mère parfaite.
Que a force de vouloir être parfaite est sans cesse en colère contre les grains de sable (mari qui bricole au lieu de l'aider à ranger les courses, enfants qui n'arrivent pas s'endormir au moment voulu...), au lieu d'être aimée elle est rejetée... par ce mari qui ne veut plus de cette harpie et qui risque de la quitter, par ses enfants qui angoissent d'être mis au lit par elle, par ses collègues de travail qui la trouvent autoritariste.

Oedipe à régler.
Prendre de la distance avec le père car ce n'est pas le père qui prendra de la distance.
Le sent bien d'ailleurs, puisque depuis quelques temps, elle a réussit à suggéré à son mari de déménager loin de ses parents.
Son père est horrifié, comment verra t il ses petits enfants ?
Au bout de deux consultations, sa décision est prise, elle déménage quitte à vivre dans plus petit.
Soulagement.
Sa colère se calme.
Exprimer sa colère contre le père et pas contre les autres qui eux ne la veulent pas parfaite.

(voir aussi mes réponses aux commentaires)



samedi 5 juin 2010

DU de criminologie renforcée

Juste pour la frime.

A partir de la rentrée 2010, vous aurez le plaisir de retrouvez un cours sur les tueurs en série composé et rédigé par MOI pour la toute nouvelle formation à distance "DU de criminologie renforcée : psychologie criminelle et profilage" mise en place par l'Université Toulouse 1 Capitole.

Ce DU est accessible à partir de la L3 en droit ou psychologie (si si j'ai obtenu que les psys y aillent aussi).

Pour en savoir plus, c'est ICI.

vendredi 4 juin 2010

Peut on enlever ses piercings ?


Du fait des quelques articles sur les piercings présents sur ce site, quelques internautes curieux mais pas toujours bien au courant arrivent sur mon site en se demandant si ils peuvent enlever un piercing.

Ne riez pas, tout le monde ne peut savoir comment fonctionne le corps humain.

Alors, tout de suite rassurons ces quelques surfeurs angoissés : oui on peut tout à fait enlever définitivement ses piercings.

Si le trou laissé dans la peau fait moins d'un cm (soit 10 mm), le trou va se refermer en laissant une légère cicatrice qui restera visible car la peau sera un peu plus foncée.

Si le trou laissé fait plus d'1 cm (approximativement, parce qu'il n'y a pas de brutale modification de la peau entre 10 mm et 11 mm), il va rester un trou. Il va se resserrer, donc rapetisser, mais trou il restera. Ce qui n'est pas toujours esthétique selon l'endroit où est le troutrou.

Bien sur, il y a plein de paramètres à prendre en compte : l'âge (plus on est vieux, moins on cicatrise bien), la couleur de peau (les peaux foncées cicatrisent moins bien et font facilement des chéloïdes), le sexe (la fluctuations des hormones fémines font que ça cicatrise moins joliment chez les filles), l'emplacement (la peau du ventre cicatrise moins bien que celle du dos), la qualité de la peau (les peaux denses peuvent fermer des plus gros trous que les autres)... Donc la qualité de cicatrisation et le fait que cela va se reboucher ou pas, va dépendre de.... vous ! C'est pas parce que chez la copine, ça c'est bien refermé que ce sera le cas sur votre peau et vice versa.

Si le trou est trop grand (comme aux lobes d'oreille parfois), il est possible de recourir à la chirurgie esthétique pour enlever le surplus de peau et se refaire reconstruire un nouveau et tout beau lobe d'oreille (mais plein de cicatrices, vive les cheveux longs !).


Pour les piercings génitaux masculins (ceux qui traversent le gland ou le pénis) et qui ont été stretchés à mort, eh bien, là pas de solution, on garde son piercing ou alors on accepte de pisser par tous les trous (sans compter toutes les cochonneries qui se mettent dedans et qui entrent dans l'urètre. Youpi !) car ça se resserre peu au-delà d'une certaine taille.

Vous me direz pourquoi enlever ses piercings ?
Tout d'abord pour subir des examens radiologiques (les piercings métalliques n'aiment pas du tout les IRM.. sauf si vous souhaitez stretcher rapidement)
Ensuite parce que vos études, votre boulot vous y obligent (pas de piercings à l'ESSEC, pas de piercings dans la restauration alimentaire).
Parce que les piercings, parfois ça migre ou ça rejette et qu'il vaut mieux les enlever avant qu'ils ne passent totalement à travers la peau et fasse une belle déchirure.
Ensuite parce qu'avec l'âge parfois, ça semble un peu débile. Et qu'on se demande comment on a pu se faire ça.
Parfois tout simplement parce qu'on en a marre de ce piercing qui correspondait à une phase de la vie et qui la vie avançant ne symbolise plus rien.
Parce qu'on en a marre tout simplement.
Mais c'est tout l'intérêt du piercing : on peut l'enlever !

Maintenant il est clair qu'on peut tout à fait enlever ses piercings de temps en temps.
Mais il ne faut pas les garder trop longtemps enlevés car, vous l'aurez compris, selon les zones corporelles, selon le type de peau, etc... on peut très bien en 1 semaine ne plus avoir de trou !
Mais si vous devez subir un examen médical, il est tout à fait possible de retirer ses piercings. 
Et si vous avez des doutes, n'hésitez pas à placer des "bijoux" en matières bio compatibles (PTFE, bioplast, bioflex...) qui peuvent rester en place même durant les IRM.

Bon maintenant si la question concernait les "transdermiques" (microdermique/microdermal/anchor), là les gars vous êtes mal.... faudra les enlever au scalpel !!




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