vendredi 30 juillet 2010

Origina ou la pub zoophile

Vous n'avez certainement pas raté les pubs dont Orangina nous bassine.
Ces clips passent à la télé et au ciné.

les années précédentes Orangina n'avait pas hésité à avoir recours au l'anthropomorphisme en nous balançant des créatures mi-animaux mi-humains dans des positions lascives et aux comportements séducteurs.


Les deux dernières pub (hyène et girafe) ont vu systématiquement leur code bloqué d'accès pour les blogs, ce qui fait que je ne peux vous les placer ici, mais vous pouvez les voir LA.

Je suis étonnée que les féministes ne se soient pas opposées à ces pubs, que personnellement je ne trouve absolument pas drôle mais qui véhiculent une image de la femme particulièrement négative et dégradante.

Citons aussi deux autres pubs:


Ou l'on imagine sans peine que les femmes "toutes des chiennes" !
Le personnage y est très sexualisé. Push up et jupette remontée au max.


Assez étrangement, les codes de sensualité de la pub précédente (dite l'arisot) ne sont pas présents dans la pub au "masculin".
Idem dans les spots (ICI).


Cette année, pour la première fois, Orangina communique aussi sur le web dans une pub gay-friendly.
Il s'agit bien sur de cibler de nouveaux consommateurs (leur pub jusqu'à maintenant présentant toujours des "femmes") (comme quoi il n'y a que les hommes qui consomment de l'Orangina).



Cette pub a été proposé sur certains sites gay en pré-visionnage afin de voir un peu les réactions.
Je n'ai trouvé que deux commentaires osant écrire "zoophilie", tous les autres ont trouvé ça marrant, super, orginal, décalé et la majorité ont trouvé le puma... sexy.

Pour info, cette pub a fait le buzz et a fini par par être taxée d'homophobie par certaines associations. Comme quoi, entre le public et ses représentants on n'est pas toujours d'accord.

Pourquoi Orangina en après-rasage, me direz vous ? Je n'en sais rien. Mais il existe une version en "hygiène intime".



Assez étrangement on a l'impression qu'Orangina communique sans cible réelle. Un peu partout, avec plein de films touchant des cibles très différentes, histoire de tâter le terrain. Ca laisse une impression de malaise général.


Bon, maisje l'avais dit il y a déjà... ouf quelques temps déjà. Après le porno soft, la soumission des hommes, le BDSM, je prédisais un prochain recours à la zoophilie, d'autant que comme je l'ai déjà dit, la zoophilie semble s'immiscer en douce mais sûrement dans les mentalités.

Les pubards n'ont pas (encore ?) osé mettre en scène dans une scène à connotation sexuelle un humain avec un véritable animal. Ils se contentent pour l'instant de mise en scène virtuelle. Mais on voit déjà qu'on est passé d'un mode "tout dessin sans animation" à un mode "image animée intégré aux humains". On peut sans peine imaginer que la dernière étape sera de proposer du réel.
Les pubeux testent et guettent les réactions face à la mise en place dans la pub dans la tendance zoophilique constatée.
Si cela ne passe pas, il y a de fortes chances pour ça n'aille pas plus loin.
Faut il encore que les cibles ne trouvent pas ça... sexy.


Pour la pédophilie, je vous rassure, ça vient..

mercredi 28 juillet 2010

Abréaction, la dissociation hystérique et catharsis

Hein ? hein ? hein de quoi qu'elle parle la psy aujourd'hui ?

Ma première question sera : quelle différence entre l'abréaction et la dissociation hystérique ?

La réponse est évidente non ?.
J'ai bien attendu qu'un de mes lecteurs assidus ose se permettre d'aborder le sujet en toute humilité, mais que nenni, que dalle, queutchi, rien de rien n'est venu.
J'ai aussi attendu que mes visiteurs de passage s'agenouillent en priant la grande prêtresse que je suis de répondre à cette interrogation hautement existentielle et que décidement la religion se meurre, moi je vous le dis, mais zéro question.
Ca aurait quand même du vous tracasser.
Non ?
Non... vous avez mieux à faire ? Bon tant pis.

Rappelons pour les petits nouveaux ou les passants d'un soir que j'ai écrit un article brillant sur l'abréaction (c'est ICI).
Rappelons aussi que j'en ai pondu un autre (tout aussi brillantissime) sur un cas de dissiciation hystérique (c'est LA).

Mais alors, me direz vous (enfin) unanymement d'une seule voix "quelle différence ?"

Est-ce que je vous en pose des questions moi ?
Non mais franchement.

En fait, pour tout vous dire, j'ai croisé deux personnes à moins d'une semaine d'intervalle ,deux types d'un style très bcbg qui vivent dans des quartiers bobo de Paris qui m'ont balancé le mot "catharsis" plusieurs fois dans la conversation. Ils ne bossent pas du tout dans le domaine de la psychologie, mais bon y a plein de mots comme ça qui sont passés dans la langage commun. Mais 1 fois je veux bien, je dis rien. 5 ou 6 fois, je fatigue... Surtout lorsque c'est dit pour tenter de m'éblouir avec un vocabulaire littéraire, éclairé et condescendant (les cons descendent toujours, je ne sais pas pourquoi). Mais voila y a un moment où LA question vient "et vous, vous faites quoi dans la vie ?". "Psychologue". Ch'ais pas pourquoi, du coup l'attitude et le vocabulaire change.

Bon alors, la réponse est ...

Dans un cas le sujet sait quel est le trauma qui le poursuit.
Dans un autre cas il ne le sait pas.

Non, c'est pas assez clair ?
Je pensais... huumm.

Récapitulons :

- dans l'abréaction, le patient ne sait pas de quoi il souffre. Il ne va pas bien, un mal être est présent, il verbalise sur certains traumas. Puis au détour d'une question, d'une remarque ou d'une interprétation par la psychothérapeute un souvenir, parfois fugace mais toujours en souffrance, refait surface brutalement. Le patient est parfois "déconnecté" psychiquement car c'est trop brutal. La souffrance psychique s'exprime physiquement (le corps se tord). C'était un trauma réprimé "mal rangé". Le patient n'est pas toujours à même de verbaliser ce qui vient de remonter, car cela l'a "traversé". Il doit y le "rattraper" (comme un rêve qui disparait) puis s'autoriser à y penser.
Cette remontée brutale et inattendue, mais insupportable est l'abréaction.

- dans la dissociation hystérique, le patient connaît ses traumas. Il ne peut pas toujours les verbaliser. S'il le fait, cela produit une réaction très forte où la dissociation de personnalité est possible car le psychisme ne peut accepter ce qui s'est passé.
La remontée n'est pas brutale et inattendue, mais elle est insupportable, il y a dissociation.

Et lorsque le patient se libère via le "(re)vécu" psychique de la situation traumatique, c'est la catharsis (purification Aristotélienne).



lundi 26 juillet 2010

Mc Flurry ou comment les gros deviennent obèses

Si vous surfez sur le net vous n'avez pas pu échapper au flot de pub pour le Mc Flurry de McDonald.
Un véritable matraquage avec virus vers les réseaux sociaux.
Le Mc Flurry ne me demandez pas quel goût ça a, la dernière fois que j'ai mis les pieds chez McDo c'était il y a plus de 6 mois et c'était seulement pour y commander un café.

Mais bon le Mc machin chose, c'est censé être une gourmandise glacée, un truc qui ressemble à une glace à l'italienne mais très blanc parce que sans oeuf, sans vanille (arôme seulement), avec du glucose, du lait en poudre et de la crème. On y ajoute ce qu'on veut par dessus pour faire joli et donner du goût : caramel, sucres de couleurs, sirop de fraise, miettes de gateau... 

C'est pas appétissant pour deux ronds, pourtant il s'en vend à la pelle.

Alors vous le savez sans doute, depuis le temps que les medias vous le rabache, une femme a besoin par JOUR entre 1500 et 2000 calories et les hommes entre 2000 et 2500 calories.

Un McFleuri c'est juste 630 calories.

Ce qui veut dire madame que lorsque vous avez ingurgité avec délice un McFleur, vous avez ingéré 1/3 de vos calories totales de la journée. C'est donc un repas à lui seul.

Sauf que ça manque cruellement de protéines et de fibres.
Mais qu'en ce qui concerne la ration de lipides (gras) et glucose (sucre), vous avez reçu en 1 dessert la dose JOURNALIERE.

Après pour le reste de la journée, pour vous ce sera blanc d'oeuf et salade sans assaisonnement à volonté, silvouplé.

Sauf que les gens ne s'arrêtent en général pas là.
Parce que le Mc en fleur, c'est un dessert. 
Et qu'en France, le dessert vient à la fin du repas.
En général, après les frites (medium 450 calories), le hamburger (environ 500 calories) (ou des trognons de salade recouverts d'une 'vinaigrette' à 260 calories pour se donner bonne conscience) et le Coca (zero).
On arrive à 450 + 500 + 630 = 1620 calories.
Soit madame, en un repas ce que vous ne devriez avaler dans toute la journée.

Bien sur, c'est facile de taper sur McDo.
Je pourrais en dire autant de Starbucks où j'aime à consommer un café très allongé (11 calories) (oui je connais tous les vendeurs de café). 
Chez Starbeurk, un chocolat de taille moyenne, au lait entier, avec chantilly sur le dessus, c'est 591 calories.

D'ailleurs si vous désirez en savoir plus sur les calories de tous vos fast food ayant pignon sur rue, je vous suggère d'aller faire un tour par .

Mais on je veux en venir nom d'un teckel en rut ?

Eh bien, je me suis livrée à une observation de consommation.
Un samedi après midi ensoleillé, je suis allée au mini centre commercial de Thiais Village.
On y trouve pas mal de restauration (d'ailleurs à la vitesse où les magasins ferment bientôt y aura plus que ça).
En manque, j'ouvre la porte du Starbeurk pour me livrer à une débauche de caféine nécessaire à cette heure de l'après midi.
J'ai au moins 30 personnes devant moi.
En plus ils ne sont pas rapides, faut dire que les gens commandent des trucs compliqués, avec de la chantilly, avec du lait de soja, avec du caramel.... Les préparateurs doivent être dingues à la fin de la journée.
Bref ça travaille à la chaîne.
En quelques minutes il reste 20 personnes devant moi mais j'en ai autant derrière.
Et depuis le début j'observe les comportements de consommation des gens.

On pourrait penser que les gens, en ces temps chauds où on se découvre, aurait tendance à faire dans le lignt.
Que nenni.
On pourrait penser que les gens en surpoids vont avoir tendance à faire plus light que les autres.
Que nenni.

Je peux très vite séparer la population consommatrice en deux camps :
- les "minces/normaux"
- les gens en surpoids évident (voir obèses)

Quels constats ?
Les minces commandent des jus de fruit, des cafés ou des préparations peu caloriques.
Les gros commandent des préparations hypercaloriques (et je t'y prends le plus grand format, et que j'y met du sirop et du caramel, et que je prends du lait entier et que je veux de la chantilly qui déborde. Et surtout j'assortie ma boisson à une part de gateau au chocolat).

C'est systématique.

 Aucune faute de goût, le chocolat sur la chantilly est bien assorti au chocolat du donuts

C'est assez amusant d'ailleurs, il y a des copines qui viennent à plusieurs. Dans le tas y a des minces (qui servent de faire valoir aus grosses) et y a des grosses (qui mettent en valeur les minces).
Eh bien sur le plateau des copines minces y a un jus de fruit tout seul et sur le plateau des copines grosses y a le grand chocolat avec chantilly et la part de gateau !
Y a même des familles complètes de minces et de gros. Ils ont des comportements de consommation très différents.

Après tout les minces pourraient se permettre un écart, mais ils limitent.
Et les gros devraient se préoccuper de leur capital corps, mais ils abusent.

On pourrait se dire que les gros assument leur surpoids et se foutent de ce qu'ils mangent.
Seulement ils tendent à devenir de plus en plus gros.
Ils ont faim, ils en dépensent des calories pour bouger leur corps. Mais ils ne mangeront pas une grosse salade avec du poulet ou un streak, non non.

On a donc affaire à un comportement autodestructeur.
"Je suis moche, donc je n'ai plus rien à perdre et surtout rien à gagner".
Comme si il fallait une couche de graisse supplémentaire pour cacher la graisse existante et surtout la personne qui est au fond.
Des personnes qui ne se respectent pas et qui ne s'aiment pas et qui poussent les autres à se comporter comme eux (le "allez pour une fois" ou "c'est moi qui te le paye" n'ont rien d'altruistes). 
Alors ne soyez pas dupe, si vous êtes mince la pub pour le McFleuri ne vous cible pas.
Et si vos enfants sont minces ils ne sont pas tentés, parce que vous leur avez appris qu'une fois de temps en temps c'était Ok, mais qu'il valait mieux éviter ce type de consommation.
Si vous êtes minces, il y a de fortes chances pour que vous consommiez peu les produits fast food ou les produits hypercaloriques.
Vous n'êtes donc pas intéressants pour ces vendeurs de bouffes.
Mais si vous êtes en surpoids, vous êtes leur première cible.
Vous mangez très gras et très sucré, vous vous cachez derrière vos kilos et comme vous n'allez pas bien vous vous consolez en mangeant gras et sucré... pour consoler l'enfant triste qui est en vous.

Ce ne sont pas McDo et les autres qui rendent les gens obèses, ce sont les gens en surpoids qui ont permis la survie de McDo et des autres.
Rentabilité en pariant sur le mal-être.
Bien vu.


samedi 24 juillet 2010

Et que vienne le jour...


Je suis assise dans mon lit
et j'attend que passe la nuit
Je suis assise dans mon lit
et je guette les bruits

Viendra-t-il cette nuit
me couvrir de sa pluie
Viendra-t-il cette nuit
vers moi qui pleure sans bruit

Lui qui est si gentil
il m'aura tout appris
C'est donc ainsi la vie
et je n'aurai rien dit

Viendra-t-elle cette nuit
le sortir de mon lit
Viendra-t-elle cette fois-ci
elle qui connaît ses envies

Je suis assise dans mon lit
Je ne sais plus qui je suis
Je suis assise dans mon lit
Trop tard la porte crie.

Vergiberation

jeudi 22 juillet 2010

Ne les abandonnez pas !


Vous avez sans doute vu la campagne d'affichage de 30 millions d'amis pour lutter contre l'abandon des animaux lors des départs en vacances (je n'arriverai jamais à comprendre comment on peut passer de bonnes vacances l'esprit détendu alors qu'on a balancé un chien sur l'autoroute ou qu'on a pris la "peine" de le laisser au chenil. Mais 60 000 familles ne se posent pas la question).

Cette affiche, que je trouve cette année très percutante, joue sur l'ambiguité du discours. Qui sera abandonné l'enfant ou le chien ?

Bien sur nous partons du principe que c'est l'animal qui sera abandonné et nous imaginons sans peine la souffrance du chien mais aussi de l'enfant.

Pourtant, l'être humain étant toujours prêt à toutes facéties possible, il s'en est trouvé au moins un pour décider d'abandonner... l'enfant.

En Allemagne, un "père" de famille qui venait d'aller chercher son fils à la suite d'un stage de "survie" (!), a décidé suite à une dispute dans la voiture d'abandonner son fils de 14 ans sur le bord de l'autoroute.

Un automobiliste ayant rattrapé le père s'est vu rabroué aux dires qu'on était prié de ne pas s'immiscer dans l'éducation des enfants.

Soyons rassuré, il ne l'a pas attaché à un arbre et il lui a quand même demandé de se débrouiller pour rentrer à la maison (située à plus de 400 kms de là), ce qui veut dire qu'il voulait quand même le revoir.
Quel sens de l'humour quand même ces humains !

mardi 20 juillet 2010

Le syndrôme de Peter Pan ou l'enfant qui a perdu sa mère

Peter Pan est à la mode.
Je n'ai pas un patient (masculin et féminin) auquel  lorsque je dis que "c'est immature" qui ne me réponde "oui j'ai le syndrôme de Peter Pan !".



Ah bon ?
Je pourrais leur parler de la fée Clochette, mais vous lecteur, vous savez déjà.

Je pourrais leur parler de Peter Pan, mais ça serait leur créer un sacré désappointement et puis en consultation le psy n'est pas là pour parler des dessins animés.


Mais c'est quoi le "syndrôme de Peter Pan" au fait ?
Si je comprends bien mes patients, c'est se conduire comme un ado à l'âge adulte, ne chercher qu'à s'amuser.

Maintenant si je me penche vers les psychiatres et les psychologues, eh bien, personne n'en n'a jamais entendu parler.
C'est bête.
Perso, je ne sais pas ce que c'est.
Enfin, si je sais surtout que c'est une justification à des comportements inadaptés à l'âge adulte et une façon élégante de dire qu'on ne fait pas face à ses responsabilités et aux contraintes de la vie.

Dit comme je viens de l'écrire, c'est tout de suite moins sympa non ?

Pourtant c'est la réalité de ce que cherche à exprimer mes patients.

Mais revenons sérieusement à ce cher Peter Pan, que je n'apprécie toujours pas.

Peter Pan est un jeune garçon qui refuse de grandir, ça on l'a compris.
A t il des parents ? Bien sur puisqu'il lui a fallut naître.
Mais il a fait le choix d'abandonner ses parents.
En effet sa mère a eu un autre enfant et ce second enfant dort dans le lit de Peter Pan.
Il décide donc de ne plus revenir chez lui et part à Neverland. 
Il abandonne ses parents comme sa mère l'a abandonné.
C'est un enfant rejeté psychiquement par la mère, un enfant triste, mais faussement joyeux, sans coeur, mais faussement protecteur.
Il apprend à tous les autres enfants "perdus" donc abandonnés qu'ils ne doivent jamais s'attacher à personne.
Même pas à Wendy, ce substitut maternel, si gentil et avec lequel les enfants perdus sont tentés de repartir. Wendy c'est l'espoir d'amour, amour maternel d'abord, amour tout court ensuite.
Si Peter Pan n'a pas le droit à une mère, alors les autres enfants perdus non plus.

Peter Pan est un enfant rejeté, oublié par sa mère.
Cet enfant désespéré en devient méchant, agressif. 
Personne ne peut comprendre les enfants perdus sauf lui, personne ne peut les aimer sauf lui, s'en occuper sauf lui.
Mais il n'apporte pas d'amour, juste une volonté de survie, sa survie, en se mettant tout le temps en avant, en donnant des ordres (il faut même le saluer) , en brutalisant et en punissant. 

 
Enfant tyrannique qui fait tout pour qu'on ne l'oublie plus.
Enfant sans amour qui n'est pas (plus) capable d'en ressentir.
Il n'aime personne, surtout pas lui.
Peter Pan fait semblant d'avoir renoncé à la mère mais en fait n'attend qu'elle.

Peter Pan n'est pas un enfant qui ne cherche qu'à s'amuser, c'est un enfant perdu pour l'amour.
Sans coeur, à jamais.
En souffrance maternelle, pour toujours.

Vous croyez que c'est ce que veulent dire mes patients ??


(au moment de faire paraître ce post, j'ai effectué une recherche sur le net et j'ai trouvé cet excellent article. Je ne suis donc pas la seule à lire cette histoire de/en travers. A lire absolument par ceux qui cherchent des explications plus "jargonneuses").


lundi 19 juillet 2010

Le voleur de vent...

J'ai toujours aimé collectionner les os.

Le corps est propice à la rêverie. 
Tel le chat assoupit sur le rebord de la fenêtre, la lanterne tente d'éclairer le néant. 
De derrière le corps en décomposition, la fumée de premiers exalats s'élève en volutes enivrantes. 
La souffrance a eu raison de la torture. 
Et c'est dans la solitude de mon crime que je relève la tête. 
Tel l'événement du siècle qui élève ses héros.

Il y avait bien eu des cris et des pleurs et même des appels à temoins.
Mais rien n'avait transparut.
Une mince ligne de lumière éclairait le cadavre de l'esclave oublié.
Il avait alors l'air de ce qu'il devait être, comme un chef-d'oeuvre, un accomplissement.
Etre ou paraître. 
J'avais choisis être et paraître.

Mon trouble était visible à ma raideur.
Dans le silence, je consommais la douleur.
Un miroir face à moi et j'admirais mon reflet.
Un miroir, avant qu'il ne se brise. 

J'ai toujours aimé collectionner les os. 


Vergibération 

 

samedi 17 juillet 2010

jeudi 15 juillet 2010

Arrêter de fumer

Beaucoup de fumeurs ont envie d'arrêter de fumer mais n'y arrivent pas.
Ou alors ils arrêtent un temps, puis lors d'un stress important, paf, ils rechutent.
Ils auraient pu se jeter sur l'alcool, sur les jeux en ligne, sur la pornographie, mais non ils se jettent à nouveau sur la cigarette.



Pour arrêter de fumer il faudrait d'abord peut être se demander pourquoi on a commencé...
Beaucoup vous diront que tout le monde fumait, ce qui est un moyen de ne pas vous dire qu'ils ont fait comme les copains. Bref, ils se sont laissés influencés. 
Ces fumeurs présenteraient ils donc une personnalité influençable ?
S'ils sont influençables arrêter de fumer devrait être facile, après tout l'aspect "santé" est plus important que l'aspect "moutonnage" non ?
Ben non car puisqu'ils sont influençables, c'est l'effet de groupe qui va être le plus important au détriment de la pensée raisonnée.

C'était un exemple, mais les raisons qui font qu'une personne accepte non pas sa première cigarette, mais d'y revenir (alors que ça a un sale goût, que ça fait tousser car on envoie de la fumée dans la poumons et qu'ensuite on pue le tabac froid), sont un aspect important dans la thérapie cognitivo-comportementale qui permettra d'arrêter la cigarette.

En fait le patient s'aperçoit très vite que ce n'est pas la cigarette qui lui manque, mais 3 choses :
- le conditionnement horaire
- le conditionnement gestuel
- la sociabilité

En thérapie, on va donc travailler sur ces 3 aspects.
Lorsque je reçois des patients, ils s'attendent toujours à ce que je leur dise qu'ils devront essayer de ne pas fumer pendant 1 semaine au moins.
En cela ils se trompent. 
C'est la pire chose à faire.
Ils s'agit de déconditionner pas de priver.

La privation ne sert qu'à déclencher la frustration qui elle même amène au désir.
Or le désir de fumer est irrationnel.
Or l'irrationnalité est plus puissante que la rationnalité.
On est humain où on ne l'est pas !
C'est bien pour cela que la prévention faisant appel à la santé pour soi, pour les autres, à la citoyenneté, au respect... n'ont aucun impact.

Donc, je ne dis pas à mes patients que "oh la la, 3 paquets par jour, c'est pas bien". Pas la peine, ils le savent.
On va donc travailler sur les conditionnements puis aux rapports aux autres (c'est parfois difficile de résister à la cigarette tendue par un copain dans une ambiance emfumée).
On peut être amené aussi à travailler sur l'événement stressant qui a poussé à reprendre la cigarette, car après tout fumer ne résoud rien, sinon à s'énerver un peu plus de n'avoir pas su résister.

Lorsqu'on arrive à moins de 6 cigarettes par jour, mes patients s'attendent toujours que je leur disent "allez, sur toute la semaine vous allez supprimer une cigarette comme cela vous ne fumerez plus au bout de 7 jours".
C'est n'importe quoi.
Je leur demande juste de s'engager à ne pas fumer plus par jour.

De toute façon, fumer 3 ou 4 cigarettes par jour n'a rien de nocif pour la santé.
Cela reste embêtant pour l'entourage, mais c'est gérable.
Lorsque le patient est bien stabilité, en général, soit il reste à environ 3 cigarettes soit il finit par arrêter de lui-même au bout que quelques semaines.

Bien sur si vous souhaitez arrêter de fumer brutalement, c'est possible... si vous en avez la volonté.
J'en connais qui ont arrêté du jour au lendemain et n'ont jamais repris, mais ce n'est pas donné à tout le monde.
Les motivations peuvent être très diverses : maladie déclarée, grossesse, grossesse autour de soi, rencontre d'un éventuel partenaire non fumeur...
Maintenant si vous croyez qu'en dehors de la volonté il existe un moyen d'arrêter de fumer rapidement, autant avoir recours au vaudou.
Aucune, j'ai bien écrit aucune, méthode de court terme n'a jamais fait ses preuves.
Surtout pas les patchs qui entretiennent la dose de nicotine mais je joue sur aucun des conditionnements vus plus haut.
Non, non l'acupuncture n'ont plus.
(d'ailleurs l'acupuncture ne sert à rien, c'est un bel effet placebo)

La psychothérapie comportementale fonctionne très bien... à condition de se donner un peu de temps !



mercredi 14 juillet 2010

Le défilé du 14 juillet...

... je l'ai eu rien que pour moi.



Le matin les hélico sont passés juste mais vraiment juste au-dessus de moi ...
J'aurai presque pu les toucher.

Et il y a quelques minutes les chars Leclerc, les AMX, les vabs et tous les autres véhicules sont passés là juste en bas au milieu de la circulation...
Ca a fait un sacré embouteillage, tout le monde ralentissant pour les regarder passer.
Bien sur y'en a pour lesquels rien ne va jamais assez vite, ainsi une Smart à faillit se taper dans un char Leclerc en essayant de le doubler... Tsss tsss, pas sûre qu'elle aurait gagné ! lol

Ah oui, même que chez moi il pleuvait pas.

Vivement ce soir que je regarde le feu d'artifice de la tour Eiffel...
Là face à chez moi.

C'est comme ça tous les ans et je ne m'en lasse jamais.


lundi 12 juillet 2010

Atelier d'écriture thérapeutique

C'est marrant comme lorsque j'écris un truc de psycho mon quota de lecteurs s'effondre brutalement.
J'écris un truc banal ou toute autre chose non psy, paf, ça remonte.
Je vais finir que par n'écrire que sur des sujets ne traitant pas de psycho, j'arriverai peut être à dépasser les 3 lecteurs par jour...




Bref, écrire n'a rien de thérapeutique pour moi ici.
J'aime ça, je le fais ici facilement parce que cela ne me demande aucune concentration, aucun "travail".
C'est juste de l'inspiration.
Bref j'écris ce sur quoi je pense au moment où je l'écris.
J'écris d'abord pour moi, et puis les lecteurs venant, j'écris aussi un peu pour les autres.
J'écris surtout en me disant que ça fera peut être réfléchir, que ça lancera un débat, que ça ouvrira l'esprit.

En thérapie cognitivo-comportementale on fait pas mal écrire au patient, surtout au début.
C'est une première façon de "jeter" le trauma ou le vécu hors de soi.
Bien sur je l'ai déjà dit, je pense que la verbalisation reste bien plus efficace.
Mais lorsque la verbalisation n'est pas possible l'écrit est un premier grand pas vers l'externalisation et l'intégration du trauma.
Ainsi une de mes patients n'a jamais pu dire "viol". Elle pouvait le dire si elle parlait d'une emission, d'une amie à elle, mais pour elle jamais.
Mais elle a pu l'écrire.
Et bien d'autres patients, lorsque leurs paroles restaient "coincées" dans la gorge, arrivaient à écrire.
Ce qui permettait de lancer le thérapie.

Mais en consultation on écrit rarement. Lorsqu'on le fait on le fait seul, souvent chez soi, à la demande du psy.

Alors à la rentrée, je vais mettre en place un atelier d'écriture thérapeutique.
Pas un truc bidon comme il y a en 1000 sur le net, animés par des "thérapeutes" géobiologiste, philologue ou journalistes !
Non animés par une psy (moi donc). 
Je n'ai pas encore finalisé la "forme" de cet atelier, mais on y viendra raconter par écrit une partie de son vécu, un trauma. Le psy aidera à démarrer, à continuer, à préciser les mots, les scènes. Les patients en feront part (ou non) au groupe, on en discutera, on reprendra les écrits pour les finaliser. 

J'aimerai aussi monter un atelier d'écriture thérapeutique biographique.
C'est sur du plus long terme. Le but étant de raconter sa vie dans un but thérapeutique.

Je ferai des ateliers adultes et des ateliers ados de 6 à 8 personnes maxi sous forme de stages sans doute (du style 2 après midi d'affilés le week end ou 4 mercredi après midi...).

Voila, voila, ça prend forme.
Ca démarrera vers le 10 septembre.
Je n'ai pas encore potassé les tarifs.
Ca se passera à Montrouge (92), ça peut se faire ailleurs (modif : j'ai trouvé un local sympa en bord de Seine)

Faites moi part de votre avis, de vos conseils, de vos expériences peut être de ce type d'ateliers.

J'édite ce message pour vous informer que j'ai mis en place un site internet relatif à ces stages. Vous y trouverez toutes les infos nécessaires pour vous y inscrire. En fait ce site existe sous 2 formes différentes, à vous de choisir celle qui vous convient le mieux ! Une version ICI, une version LA !







jeudi 8 juillet 2010

Petite philosophie du mercredi - le rasoir et la fourchette

Je sais on est jeudi.

(mine de rien) Avez vous déjà remarqué la relation paradoxale qui existe entre une fourchette et un rasoir à barbe ?

Constat n° 1 : le rasoir

- à l'époque Edo, les samouraïs se rasaient la barbe avec leur sabre (lame = 90 cm de long)
- en Afrique, les peuplades isolées se rasaient avec leur coupe-coupe (lame = 50 cm)
- aux USA, les immigrants se rasaient au coupe-chou (lame = 30 cm)
- les baroudeurs, dans le monde entier, se rasaient à sec au couteau (lame = 20 cm)
- le temps passant, est apparu le rasoir jetable à 1 lame (= 5 cm)
- puis 2 lames.... jusqu'à 5 lames (= 3,5 cm)
- puis vint le rasoir électrique de voyage à 1 tête (largeur : 2,5 cm)

On constate donc que l'homme a moins besoin de se raser et lorsqu'il le fait c'est avec une lame de plus en plus petite mais de plus en plus performante.

Constat n° 2 : la fourchette

- fourchette à 1 dent : "pic" en métal ou en bois (longueur = 5 cm)
- fourchette à 2 dents : pour l'apéro en général (long = 10 cm)
- fourchette à 3 dents : pour les desserts (long = 20 cm)
- fourchette à 4 dents : pour les plats (long = 25 cm)
- fourchette de barbecue (long = 35 à 50 cm)

Conclusion :
Plus le rasoir rapetissit plus la fourchette s'agrandit.

Déduction logique :
Plus la bouche s'agrandit moins il y a à raser.

Questionnement philosophique :
- Si la fourchette continue à s'agrandir, le rasoir va t il, lui, continuer à rapetissir ?
- en avion vaut-il mieux emmener une fourchette à barbecue et un petit rasoir ou un pic à olive et un coupe-coupe ?
- les animaux poilus n'utilisent pas de fourchette. Alors si l'homme cesse de s'alimenter avec une fourchette ses poils vont ils pousser plus drus ?
- les imberbes utilisent ils une plus grande fourchette que les poilus ?
- A quand la fourchette électrique de voyage ?



A moins que tout ceci ne soit qu'une coïncidence...


mardi 6 juillet 2010

La paternité




En général, lors d'un accouchement, on est sûr que la femme qui est allongée là, est la mère biologique de l'enfant.
Je dis bien en général, car aujourd'hui avec les possibilités de dons d'ovules, on peut être la mère "porteuse" mais pas la mère biologique.
La nuance est subtile et elle mériterait qu'on s'y arrête, mais ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui.


Donc, si on général on sait qui est la mère, pour le père en revanche....
La Loi française dit que l'époux (donc avec acte de mariage) est le père des enfants nés pendant la durée de ce mariage.
Si un couple n'est pas marié, l'enfant est réputé ne pas avoir de père, sauf si le "mâle" présent reconnaît l'enfant avant ou tout de suite après la naissance.

Ca c'est ce que dit la Loi. 
Pour ce qui est de la réalité biologique c'est parfois une autre histoire.
En effet, on considère qu'environ 20 % des enfants ne sont pas issus de leur "père" légal.
Lorsque c'est clair dès le début, chacun sait plus ou moins où il en est.
L'homme de la famille sait qu'il n'est pas le père.
L'enfant sait qu'il n'est pas l'enfant de cet homme (mais de qui est il donc le père ?)
Ca ne facilite pas spécialement les relations, mais on a le mérite de ne pas vivre avec un secret.

Et puis, il y a la vérité qui vous atterrit un beau matin en pleine face.
Au cours d'une grosse dispute, la femme balance "et puis ton fils, c'est pas ton fils, il n'est pas de toi".
Que répondre à ça ?

D'un point de vue psychologique, cela pose la question de savoir où et quand commence la notion de paternité pour celui qui apprend cela.

J'ai eu quelques patients comme ça.
Ils ont parfois de grands enfants.
Ce sont leurs enfants, ils les ont aimé, élevé, choyé.
Et en quelques mots tout bascule.

On pourrait se dire qu'après tout ça ne change rien.
Lorsqu'on a passé disons 16 ans a élevé un fils, savoir qu'il n'existe pas de lien biologique, ne devrait rien changer.
C'était déjà comme cela pendant 16 ans, l'enfant reste le même et il considère et aime toujours cet homme en face de lui comme un père, comme son père.

J'ai demandé à mes patients ce que ça changeait pour eux.
Les réponses restent totalement floues et uniquement situées dans le ressenti. En gros ça ne change rien... et tout.
L'enfant là, celui pour lequel il y a encore quelques heures, quelques jours ce père aurait donné sa vie, se sacrifiait en tentant de lui faire intégrer les meilleures écoles... cet enfant là, n'est plus l'enfant de cet homme.
Ce n'est plus le fils ou la fille.
Ce sont les enfants d'un étranger.
Ils sont aussi les enfants de la trahison, de la honte, du mensonge mais aussi de la colère.
Lorsque je demande à ces hommes s'ils vont cesser d'aimer cet enfant, la réponse est basée sur la honte, car ils ne l'aiment déjà plus.
Vont ils continuer à s'en occuper ?
Oui oui, mais le mieux serait qu'il reste avec sa mère. De loin donc.

La question principale de ses hommes est de savoir s'ils doivent vérifier les allégations de leur épouse.
Faut il faire un test génétique ?
Si le test démontre que cet homme est le père, l'épouse est un monstre. Quelle torture mentale elle a infligée à son mari et à son enfant qui en subit les conséquences.
L'homme sera rassuré sur sa paternité, sa virilité. Il saura que son couple n'était pas basé sur le mensonge et que sa femme ne l'a pas trahit, mais qui est en vérité cette femme qui utilise de tels arguments ? Il ne la reconnait pas. Mérite t elle qu'on reste avec elle ? Sur quoi va t elle mentir la prochaine fois ?

Si le test démontre que cet homme n'est pas le père, la réalité s'effondre.
Le couple était donc basé sur le mensonge. "Elle" savait mais a fait comme si de rien n'était, il n'a rien vu, elle a tellement  bien menti. Mais sur quoi d'autre a t elle menti ? Et les autres enfants de qui sont ils ?
La suspicion s'installe.
Et cet enfant qui était le sien, qui est il donc en fait ? 
Ses comportements positifs (réussir à l'école) comme négatifs (actes délinquants) sont ils dus à son éducation, sa personnalité ou à l'hérédité de son père biologique ?
A  qui ressemble t il ? 
L'homme ne se reconnait plus dans son enfant. Il lui a tout donné alors que ce n'était pas à lui de le faire mais à "l'autre".
L'enfant est mis de côté, isolé quasi immédiatement, c'est la seule façon que le psychisme de ces hommes trouve pour ne pas craquer.

Pourtant, socialement, on peut se dire que l'on se rapproche d'un enfant adopté.
Celui-ci n'est pas l'enfant biologique, mais il est aimé et choyé comme s'il l'était (encore que c'est à voir). 
Si l'enfant adopté est informé de son histoire, il a le choix entre décider de mettre une distance avec ses parents adoptifs et rechercher ses parents bio ou faire une croix sur son hérédité bio et décider que ses seuls parents sont ceux qui l'ont aimé et éduqué.

Mais ça c'est le point de vue de l'enfant. Et dans l'adoption les parents adoptifs font le choix d'avoir un enfant qui n'est pas le leur biologiquement. Ils décident et intègrent que l'amour n'est pas lié à la création biologique.

Mais là, ces hommes sont placés devant le fait accomplis.
Ils ont cru que l'enfant était le leur biologiquement.
Ils ont donc été trompés.
Si on leur avait placé chez eux un enfant sans lien bio et sans leur demander leur avis, ils n'auraient pas acceptés.
Ils veulent un enfant à eux, de eux, un enfant des deux parents aussi. L'enfant de l'amour psychique et physique, l'enfant comme symbole d'une réussite conjugale.
Cet enfant là, qui ne leur correspond plus génétiquement, n'est plus le représentant de cet amour conjugale. 

Le couple, désormais basée sur le trahison et le mensonge, se meurre.
Il sera désarticulé, rejeté et mis au placard.
L'enfant qui devient le représentant de ce couple, suivra le même chemin dans le psychisme du "père".

Si il est difficile de répondre à la réalité biologique du sentiment de paternité, il est évident qu'avant tout la paternité est une représentation psychique d'une réussite de construction de notions de couple et de famille.

Qu'en pensez-vous ?


vendredi 2 juillet 2010

La régression ou dissociation hystérique





Revenons donc un peu en arrière.

Je vous parlais donc de cette patiente, je crois l'avoir appelée Caroline, abusée de façon multiple dans son enfance.

En fait, j'ai une de ses amies aussi en consultation. Nous ne faisons jamais de collusion. Elle a bien essayé mais j'ai refusé d'entrer dans ce jeu. 
Sauf une fois.
Parce cette amie m'a expliqué que Caroline lui avait fait une régression au cours d'une discussion et qu'elle n'avait pas su quoi faire et souhaitait avoir quelques conseils si elle se retrouvait à nouveau confrontée à cela.

Bon, Ok "régression" moi aussi je l'utilise, mais dans notre jargon ça ne veut pas spécialement dire ce que les gens y mettent.
Qu'entendait elle donc par régression ?
Elle m'explique alors qu'au cours d'une discussion ayant trait sur le vécu de Caroline, brutalement elle s'était retrouvée non plus avec la "grande Caroline" mais avec la "petite Caroline", la petite fille de 7 ans, celle qui se faisait violer et torturer. Cela avait semble t il duré un bonne demi heure.

Je lui donnais donc des conseils pour la prochaine fois. Et nous n'en n'avons plus jamais reparlé.

J'ai appris par ma patiente Caroline qu'elle avait fait plusieurs "régressions" avec chacune de ses amies. Mes conseils avaient fait le tour de son cercle et avait été appliqués, ce qui faisait que la "crise" ne durait plus qu'une dizaine de minutes.

Ce qui est étonnant c'est que temps que personne n'appliquait ces consignes, Caroline régressait souvent. Ce qui avait apeuré ses amies était devenu un jeu. Car à la "petite Caroline" ont lui faisait faire ce qu'on voulait : de la gym, servir un verre., rester un bras en l'air.. Elle obéissait à tout. A partir du moment où mes consignes ont été appliquées, Caroline a cessé de régresser avec ses amies.

Mais à moi elle ne m'avait pas encore fait le coup.

Il faut vous dire que le passé de Caroline a été assez particulier.
La "petite Caroline" a été psychiquement anéantie par ses agresseurs. Elle est morte dans une chambre sous les coups de plusieurs pédophiles.
Et d'elle est né une dissociation, un jeune garçon que nous nommerons "Paul". 
Caroline a disparu, Paul était né.
Ma patiente est devenu un garçon. Un garçon manqué certes, mais ses comportements, son look, ses amours ont été ceux d'un garçon.

Cette dissociation hystérique est caractéristique des personnes qui ont vécu des traumatismes extrêmes. 
Elles meurrent psychiquement et renaissent sous une forme qui leur paraît plus adaptée (ici le fait d'être un garçon faisait qu'elle n'intéressait plus ses agresseurs. Ce qui n'est qu'un leurre, puisque elle continuait d'être agressée. Mais elle était Paul tout le temps, un garçon fort de corps et en gueule, sauf pendant le temps des abus où elle était Caroline, chose destructible à volonté).

Bref, ma patiente, a vécu une enfance avec deux personnalités.
Mais il a fallut grandir, le corps s'est transformé et Paul s'est rendu à l'évidence que son corps n'était pas celui d'un garçon.
Alors Paul s'est effacé. Caroline a refait surface, mais Caroline est faible, fragile, déséquilibrée. Du coup, les deux personnalités cohabitent.
Ca va un temps ça. Puis la vie vous met face à certaines choses qu'il faut gérer.
Par exemple, puisqu'on pense être un homme, on a donc des relations avec des femmes, mais tout en souhaitant tomber amoureuse d'un homme et se faire pénétrer alors que ça fait peur. Caroline/Paul ? Paul/Caroline ?

La dissociation hystérique bloque le processus "d'avancement psychique". Une partie psychique sait quelle date on est, qu'on a un travail et qu'on est adulte. Une autre partie pense toujours être à la date du trauma, avec l'âge qui va avec et les préoccupations de ce moment là.

Avec la psychothérapie Paul a disparu. Caroline a reprise sa place. En fait la thérapie l'a ramené à la vie, mais elle reste terrorisée à l'idée que tout puisse recommencer.

Avec Caroline, nous entamons une de nos séances de stimulation bilatérale.
Pour une raison difficile à comprendre, Caroline craint beaucoup cette séance. Pour elle, c'est la scène la plus difficile à raconter. Pourtant à la fin du récit je constate que ce n'est pas la séance la plus difficile si je puis dire. Elle a vécu des scènes plus monstrueuses,  s'il existe des graduation dans l'horreur, mais celle là est quasi inabordable.

Elle se lance. Le récit débute.
Comme d'habitude elle ne raconte pas, elle vit la scène.
Elle y est. 
Elle est dans la chambre, face à son agresseur.
Là encore je la vois se battre, souffrir et mourir psychiquement encore une fois.
Le récit s'achève.
J'attends un peu qu'elle retrouve son souffle.
Et je lui parle.
Elle garde les yeux baissés.
Je sens que quelque chose ne va pas et je lui demande de me regarder.
Et là je constate que ce n'est plus Caroline qui est en face de moi.
Enfin pas la "grande".
Le regard a changé, l'expression aussi.
Je lui demande qui elle est, elle ne répond pas.
Ce qui me tracasse à ce moment là, c'est que contrairement à ce qu'elle m'en a dit, je n'ai pas l'impression du tout d'avoir en face de moi la "petite" Caroline, mais une autre personne.
Je ne sais pas et je ne saurai jamais qui c'était parce que ma patiente ne garde aucun souvenir de ce qu'elle me raconte et encore moins de ses crises hystériques.

Je lui demande si elle sait quelle date on est, elle me fait "oui" de la tête.
Je lui dit qu'on est en 2009. Elle me regarde comme si je venais de dire une ânerie.
Bon de toute évidence pour elle ce n'est pas la bonne réponse.
Elle ne "revient" pas.
Alors je lui explique que nous sommes en 2009, qu'elle a 35 ans, ... et bla bla bla.
Je vois une lueur dans ses yeux.
Il y a une partie d'elle qui accroche à ce que je suis en train de lui dire.
Je décide de ne parler qu'à cette partie là.
En même temps, un truc en moi passe du genre "et si je n'arrivais pas à la ramener ?".
Au bout de 2 minutes, je lui dis "maintenant fermez les yeux, je ne vais rien vous faire, je vais juste compter jusqu'à 3, à 3 vous rouvrirez les yeux et vous serez redevenue la "Caroline, la grande Caroline".
Elle ferme les yeux.
Je compte "1... 2... 3".
Elle ouvre les yeux.
Elle est redevenue "elle".

Je lui explique ce qui s'est passé, elle n'en garde aucun souvenir.
Je ne l'ai jamais vu si fatiguée. Elle a mal à la tête.
Elle n'arrive pas à se lever.
Je lui amène un verre d'eau et je continue à lui parler, il est important qu'elle garde le contact avec la réalité.
Je lui explique ce que j'ai fais et ce que j'ai dis.
C'est important aussi lorsqu'on perd contact de savoir ce qui s'est passé et dit afin que la personne puisse garder le contrôle et n'être pas dans une "petite mort".

Elle refait surface et me dit "mais vous avez fonctionné comme avec l'hypnose alors ?"
"Non, vous n'étiez pas hypnotisée" lui dis je "c'est de la manipulation mentale rien d'autre !"
Et nous avons éclaté de rire.

C'était une belle dissociation hystérique non ?




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