mardi 20 juillet 2010

Le syndrôme de Peter Pan ou l'enfant qui a perdu sa mère

Peter Pan est à la mode.
Je n'ai pas un patient (masculin et féminin) auquel  lorsque je dis que "c'est immature" qui ne me réponde "oui j'ai le syndrôme de Peter Pan !".



Ah bon ?
Je pourrais leur parler de la fée Clochette, mais vous lecteur, vous savez déjà.

Je pourrais leur parler de Peter Pan, mais ça serait leur créer un sacré désappointement et puis en consultation le psy n'est pas là pour parler des dessins animés.


Mais c'est quoi le "syndrôme de Peter Pan" au fait ?
Si je comprends bien mes patients, c'est se conduire comme un ado à l'âge adulte, ne chercher qu'à s'amuser.

Maintenant si je me penche vers les psychiatres et les psychologues, eh bien, personne n'en n'a jamais entendu parler.
C'est bête.
Perso, je ne sais pas ce que c'est.
Enfin, si je sais surtout que c'est une justification à des comportements inadaptés à l'âge adulte et une façon élégante de dire qu'on ne fait pas face à ses responsabilités et aux contraintes de la vie.

Dit comme je viens de l'écrire, c'est tout de suite moins sympa non ?

Pourtant c'est la réalité de ce que cherche à exprimer mes patients.

Mais revenons sérieusement à ce cher Peter Pan, que je n'apprécie toujours pas.

Peter Pan est un jeune garçon qui refuse de grandir, ça on l'a compris.
A t il des parents ? Bien sur puisqu'il lui a fallut naître.
Mais il a fait le choix d'abandonner ses parents.
En effet sa mère a eu un autre enfant et ce second enfant dort dans le lit de Peter Pan.
Il décide donc de ne plus revenir chez lui et part à Neverland. 
Il abandonne ses parents comme sa mère l'a abandonné.
C'est un enfant rejeté psychiquement par la mère, un enfant triste, mais faussement joyeux, sans coeur, mais faussement protecteur.
Il apprend à tous les autres enfants "perdus" donc abandonnés qu'ils ne doivent jamais s'attacher à personne.
Même pas à Wendy, ce substitut maternel, si gentil et avec lequel les enfants perdus sont tentés de repartir. Wendy c'est l'espoir d'amour, amour maternel d'abord, amour tout court ensuite.
Si Peter Pan n'a pas le droit à une mère, alors les autres enfants perdus non plus.

Peter Pan est un enfant rejeté, oublié par sa mère.
Cet enfant désespéré en devient méchant, agressif. 
Personne ne peut comprendre les enfants perdus sauf lui, personne ne peut les aimer sauf lui, s'en occuper sauf lui.
Mais il n'apporte pas d'amour, juste une volonté de survie, sa survie, en se mettant tout le temps en avant, en donnant des ordres (il faut même le saluer) , en brutalisant et en punissant. 

 
Enfant tyrannique qui fait tout pour qu'on ne l'oublie plus.
Enfant sans amour qui n'est pas (plus) capable d'en ressentir.
Il n'aime personne, surtout pas lui.
Peter Pan fait semblant d'avoir renoncé à la mère mais en fait n'attend qu'elle.

Peter Pan n'est pas un enfant qui ne cherche qu'à s'amuser, c'est un enfant perdu pour l'amour.
Sans coeur, à jamais.
En souffrance maternelle, pour toujours.

Vous croyez que c'est ce que veulent dire mes patients ??


(au moment de faire paraître ce post, j'ai effectué une recherche sur le net et j'ai trouvé cet excellent article. Je ne suis donc pas la seule à lire cette histoire de/en travers. A lire absolument par ceux qui cherchent des explications plus "jargonneuses").


6 commentaires:

  1. ah je comprends enfant pourquoi je n'ai jamais trop aimé Peter Pan alors que je suis fan de fantastique, de conte de fée et que j'ai moi même du mal à ne pas être nostalgique de l'insouciance de l'enfance.

    Il y a des chances pour que certains de ceux qui avouent avec une pointe de fierté être atteint du syndrome Peter Pan aient effectivement un gros blocage affectif, cela explique d'ailleurs cette incapacité à s'impliquer sérieusement dans une relation de couple qui accompagne souvent le "syndrome PeterPan" tel qu'il est utilisé en société.

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  2. Ciel, je fais mon mea culpa, j'ai effacé les 4 derniers commentaires.
    Chucky, cleanette, marie Caillou, je suis vraiment désolée.

    Chucky : pour la Belle et le Clochard, je ne sais pas, je ne l'ai jamais vu.
    Dans Peter Pan, Wendy n'a rien d'une cruche, c'est une petite fille qui fantasme de trouver le Prince Charmant. Elle prend son "envol" comme tu l'écris (je m'envole, je m'envole), elle grandit et devient prête à devenir mère (auprès des enfants perdus par exemple).
    Son envol est un parcours initiatique, elle laisse son enfance derrière elle (dans sa chambre) et devient une adulte. C'est pour cela qu'elle reste à la fenêtre à la fin, pour dire au revoir à son enfance.

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  3. Moi, j'aurais interprété Peter Pan avec le petit frère qui occupe son lit comme une métaphore de l'enfant décédé, qui ne vit plus dans le même monde que sa famille, qui ne pourra jamais grandir, se développer, mais qui reste tout de même présent sous sa forme d'enfant.

    D'ailleurs, il paraît que la famille pour laquelle Peter Pan a été inventé avait effectivement un grand frère décédé.

    Moi non plus je n'ai pas trop aimé Peter Pan.

    Par contre, j'ai adoré "mio min mio" et "les frères coeur de lion" par Astrid Lindgren.

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  4. gbr : oui c'est une bonne idée d'interprétation. Mais l'enfant décédé reste dans le souvenir des parents et quelque part reste "vivant" or Peter Pan n'existe plus pour eux.
    Ou alors pour continuer la réflexion, Peter Pan serait nié en tant qu'être car remplaçant d'un frère mort. On lui donnerait alors la place et l'existence du grand frère et n'aurait plus la sienne.
    Intéressant. A méditer.

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  5. ou bien un enfant pas du sexe voulu?

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  6. Non, car Peter pan est l'enfant perdu. Dans le cas d'un enfant qui n'est pas celui qu'on attend, Peter Pan serait l'enfant qui n'est pas né.

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