lundi 19 juillet 2010

Le voleur de vent...

J'ai toujours aimé collectionner les os.

Le corps est propice à la rêverie. 
Tel le chat assoupit sur le rebord de la fenêtre, la lanterne tente d'éclairer le néant. 
De derrière le corps en décomposition, la fumée de premiers exalats s'élève en volutes enivrantes. 
La souffrance a eu raison de la torture. 
Et c'est dans la solitude de mon crime que je relève la tête. 
Tel l'événement du siècle qui élève ses héros.

Il y avait bien eu des cris et des pleurs et même des appels à temoins.
Mais rien n'avait transparut.
Une mince ligne de lumière éclairait le cadavre de l'esclave oublié.
Il avait alors l'air de ce qu'il devait être, comme un chef-d'oeuvre, un accomplissement.
Etre ou paraître. 
J'avais choisis être et paraître.

Mon trouble était visible à ma raideur.
Dans le silence, je consommais la douleur.
Un miroir face à moi et j'admirais mon reflet.
Un miroir, avant qu'il ne se brise. 

J'ai toujours aimé collectionner les os. 


Vergibération 

 

4 commentaires:

  1. J'aime beaucoup, vraiment beaucoup.
    Vous écrivez beaucoup, souvent, depuis longtemps des poèmes ?

    C'est vraiment jolie en tout cas.

    RépondreSupprimer
  2. Merci beaucoup.
    J'écris beaucoup... de tout. Comme ce blog le démontre chaque semaine, mais aussi des articles "sérieux", des poêmes, des livres (qui restent dans mes tiroirs)... selon mon humeur.

    RépondreSupprimer
  3. Chucky : comme pour ce blog, j'écris pour moi même d'abord. Ensuite, je suis bien contente si les autres me lisent, mais ce n'est pas primordial.
    Et puis lorsque j'ai fini d'écrire, cela n'a plus d'importance. C'est fini justement. Le publier serait une phase qui ne viendrait combler aucun manque ni répondre à aucun doute.

    RépondreSupprimer

Stats