jeudi 5 août 2010

les violences conjugales dans les couples gay/lesbiens

Lorsque j'ai créé SOS Hommes Battus il y a plus de 2 ans, les couples gay n'étaient pas concernés.
En effet soit en union libre soit pacsés, la violence dans un couple gay n'entraient pas dans les catégories prévues par les codes civil et pénal relatives aux violences intrafamiliales ou conjugales.

Depuis la loi a évolué et les personnes pacsées peuvent déposer plainte pour des actes de violences psychologiques et physiques au sein de leur couple.

Lorsque je suis intervenue auprès des éducateurs pour leur prêcher la bonne parole sur les violences conjugales subies par les hommes, un jeune homme n'a pas manqué de me demande ce qu'il en était dans les couples homosexuels.

Depuis, un homme se disant en couple homosexuel, a contacté l'association pour se plaindre de la violence de son partenaire et demander conseils.

 Au moins pendant qu'il lui tient sa main, il ne peut pas lui en coller une.

En France, il n'existe pas de données statistiques sur les violences conjugales au sein des couples homosexuels. Toutes les données que l'on va trouver sont, comme il se doit, soit américaines soit canadiennes.

Les constats sont édifiants : la violences conjugale est bien plus présente dans les couples homo que dans les couples hétéro. 

Dans les couples gay, la possibilité d'apparition de la violence conjugale est liée :
- au fait que l'on soit en présence de 2 hommes et que chacun d'eux est susceptible d'être soumis/dominant à un moment ou à un autre
- il existe une norme sociale qui veut qu'on ne frappe pas une femme mais qu'un homme ce n'est pas "si grave"
- on pense socialement que se frapper entre homme est une façon de régler "sainement" les conflits

On peut être aussi en présence d'un "sur-attachement" qui fait que le partenaire battu va être dans le déni de la violence, tout devant être mis en oeuvre pour préserver l'harmonie du couple même au prix de la négligence de ses propres besoins et envies. 


Et contre toute attente, c'est dans les couples lesbiens que la violence est la plus présente. C'est pourtant dans les couples lesbiens qu'on en parle le moins, par conviction féministes les lesbiennes n'acceptent pas de se positionner de façon réaliste dans la violence envers les femmes, ce "domaine" étant "par nature réservé aux hommes".

Dans les couples lesbiens, souvent, le couple est thérapeutique et il peut se rejouer une scène : 
- la relation père/mère
- une identification à un agresseur

Ce qui met à mal le besoin d'autonomie et d'indépendance de chacun des deux femmes. 

Mais quelque soit l'orientation du couple, gay ou lesbien, on retrouve souvent des abus sexuels (inceste ou pédophilie) chez au moins un des deux partenaires et une faible estime de Soi.

On retrouve aussi des difficultés de prise de rôle. Par essence sociale, on estime que dans un couple il doit y avoir un rôle masculin et un rôle féminin. Les couples homosexuels tentent de "coller" à cette norme de fonctionnement, mais à force de tenter de savoir et accepter qui des deux doit prendre le rôle de l'autre sexe, le couple est en souffrance. Le couple tiendra en se forgeant un autre fonctionnement que celui de la norme en redéfinissant les limites des rôles internes. Ce qui ne manquera pas de se (re)poser lors de la venue d'un enfant (qui est le papa, qui est la maman ?).



Ajoutons comme facteurs supplémentaires à la survenue des violences intra couples homo, les sur-consommations d'alcool (ches les gays) et de drogues (chez les lesbiennes).

Mais aussi une pincée de tous les stresseurs liés à l'homosexualité : les parents sont ils au courant ? les collègues de travail ? Faut il vivre cachés ? Comment désigner son/sa partenaire (ami(e) ? Copain/copine ? Colocataire ? Compagne/compagnon ?....) ? 



Dans tous les cas, que les couples soient hétérosexuels ou homosexuels, les rôle du battu et du battant, de la victime et de l'agresseur,  n'apparaissent pas brutalement du jour au lendemain. Ces rôles existent souvent déjà avant la mise en couple et sont présents lors de l'installation. Ils s'exacerbent avec le temps.


La violence au sein des couples homosexuels est dénoncée depuis 1980. Mais il n'existe quasi aucune études sur le sujet du fait que plus encore que les victimes hétéro, les victimes homosexuelles se taisent.


Quelques "trucs" pour savoir si vous êtes victime de violences conjugales (à lire au masculin mais à transposer au féminin) :

Avez-vous peur de votre partenaire ?
Votre partenaire vous a t il/elle déjà agressé  ?
Vous menace-t-il/elle de vous blesser si vous n'agissez pas d'une façon qu'il/elle trouve acceptable ?
Votre personnalité, votre capacité de communiquer ouvertement, votre confiance en vous ont-elles diminué depuis que vous êtes en relation avec lui/elle ?
Vous humilie-t-elle/il délibérément (sans qu'il s'agisse d'une entente préalable) ?
Vous menace-t-elle/il de sévices physiques si vous ne vous conformez pas à un comportement qu'il/elle juge acceptable ?
Vous retrouvez-vous à apaiser votre partenaire, surveiller votre comportement, censurer vos paroles ?
Avec elle/lui, vous sentez-vous dégradé(e), insignifiant(e), impuissant(e) et sans valeur ?
Pouvez vous facilement inviter des ami(e)s dans la maison que vous partagez avec lui/elle ?
Vous menace-t-il/elle de dévoiler votre orientation à vos amis, à votre famille, à vos collègues si vous le/la quittez ?
Vous menace-t-elle/il de vous blesser ou de vous tuer (ou de se tuer) si vous le/la quittez ?
Est-ce que le fait de l'aimer vous amène à ne plus vous estimer ?
Critique-t-elle/il vos capacités intellectuelles publiquement, en privé ?
Surveille-t-elle/il vos appels, votre courrier; fouine-t-elle/il dans votre journal intime, vos emails... ?
Ses besoins sexuels/émotionnels sont-ils la seule priorité dans votre relation ?"
Pouvez vous discuter de tout ceci avec elle/lui ?


Dans les cas de violences conjugales homosexuelles, on conseille principalement des consultations psychothérapeutiques individuelles. Mais le recours à des consultations en couple peut être efficace...... à condition que le thérapeute n'y plaque pas les théories de fonctionnement hétérosexuelles. Il faudra en effet cerner les relations de couple à la lumière des rôle de chacun des partenaire, des "théories" en oeuvre dans le couple (ultra féministe par exemple), de l'homophobie subie et de la connaissance de l'homosexualité par l'entourage...


8 commentaires:

  1. Intéressant d'avoir des statistiques à ce sujet, c'est toujours délicat et c'est vrai qu'on a aussi tendance à oublier ce côté-là qui est également présent dans un couple lesbien ou gay.
    Récemment j'ai eu une conversation avec un ami à propos des violences conjugales. Lorsqu'il a terminé d'exposer son point de vue, je lui ait fait remarqué qu'il n'avait parlé que de violences exercées par un homme sur une femme, et pas l'inverse. Et il a rit, ça lui paraissait complètement improbable qu'une femme puisse exercer une forme de violence que ce soit psychologique ou physique sur un homme. La suite était sans grande importance et ressemblait plus à l'assurance de sa virilité à qui, bien sûr, jamais cela n'arriverait. Stéréotype de base, femme faible, homme puissant. L'homme ne pouvant être faible face à une femme sinon pas un homme.

    Au final sa réaction ne surprend pas tant que ça, simplement ça permet aussi de remarquer que ce sont des sujets qui restent encore tabous et je trouve ça bien, ce que vous faites, le fait d'en parler, de créer cette association.

    Enfin, c'était une petite aparté ^_^.

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  2. Bonjour.

    Cet article est affligeant. Il est bourré d'amalgames et entaché d'une homophobie profonde.

    En gros, on y apprend que les couples homosexuels sont corrompus par la violence, la pédophilie, la drogue, l'alcoolisme et l'inceste. Et bien bravo la mentalité !

    Tout d'abord , les couples homos assument totalement le fait d'être du même sexe et ne cherchent strictement pas à jouer le rôle du sexe opposé. Un homme est un homme, une femme est une femme. Point barre. Les homos sont suffisamment gavés par l'image du couple hétéro omniprésent dans notre société, alors s'imaginer qu'ils voudraient le copier c'est se mettre 1 000 fois le doigt dans l'oeil.

    Contrairement à ce qui est écrit, les homos en couple n'ont pas une faible estime d'eux-même relative à leur sexualité.
    S'ils sont en couple c'est qu'ils le veulent bien, donc qu'ils l'assument forcément.

    Et pour l'anecdote, un homo ayant une très faible estime de lui-même a de forte de chance de signifier qu'il n'assume pas son homosexualité (honte de soi, peur du regard des autres, ...). Hors, s'il arrive a assumer ce complexe, il en sortira énormément grandi et sa confiance et estime de soi bondiront en flèche. Car réussir à se débarasser et passer outre toutes les méchancetés dégueulées par la société contre l'homosexualité est la preuve d'un immense courage. J'aurai donc tendance à dire que les homosexuels ont de manière générale une forte estime d'eux même.

    Puis, concernant le paragraphe sur la parentalité. Un couple homo a suffisament de recule pour savoir qu'un enfant n'a pas besoin d'un amour sexué, mais d'un amour sincère, complice et saint de la part de ses parents. En effet les couples homos ont su se débarasser de cette norme sociétale qui induit sans arrêt un père et une mère comme format de perfection pour l'éducation d'une enfant. Ils sont conscients que la conception et l'éducation d'un enfant sont deux choses totalement différentes.

    Le sujet démarre et fini bien, mais le taux de conneries en plein milieu est affligeant.

    Quand je lis cet article j'ai l'impression que la personne qui le traite n'y connait absolument rien et se base sur le genre de préjugés populaires qu'on peut entendre dans les cités malfammées ou dans les cours de récréation.

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  3. Ce qui est énervant dans les commentaires agressifs qui viennent sur cet article, c'est que de toute évidence les gens ne savent pas lire. C'est affligeant.
    Les gens lisent ce qu'ils veulent lire et non ce qu'il y a d'écrit. Vous ne vous en rendez certainement pas compte, mais à force à lire ce qui n'est pas écrit vous voyez le mal partout et le bien nul part. Interprétation intéressante en tout cas qui révèle un profond mal être, voire un quasi délire de persécution pour certains.

    Mon article est basé sur des réalités étudiées. Ca vous gène qu'on disent que les couples homo ns bivivent moien leur vie de couple, tant pis. Pour être plus précise encore, on sait qu'environ 1 couple sur 4 homo est conjugale. C'est seulement affligeant de se fermer les yeux. Vous fermez les yeux comme d'autres ferment les yeux sur l'inceste par exemple (hier encore j'ai reçu un email d'une jeune femme qui m'a affirmé que l'inceste n'existait pas, que jamais un parent n'aurait l'idée d'une telle chose...).

    Je connais bien le milieu lesbien, j'ai même et depuis longtemps des lesbiennes (et gay) en consultation, leur répartition des rôles est évidente. Seulement c'est difficile de s'avouer qu'on tente de fonctionner comme les "autres" (ce qui permettra de réfléchir à un nouveau fonctionnement). Le psy n'a pas à dire si c'est bien ou pas, c'est un constat c'est tout.

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  4. Je reviens finir mon commentaire.

    Si je reprends le com de M. Tremousse, qui n'apporte aucun argument, mais qui vient juste crier sa rage, il semblerait que tout les homo assument leur homosexualité. Combien de couples homo se cachent encore en se faisant passer pour des coloc ou des "amis" ? Non, ils n'assument pas tous d'être avec une personne du même sexe, bien au contraire certains se demandent s'ils ne seraient pas mieux (et plus simple !) avec une personne de l'autre sexe (surtout lorsqu'il y a eu des abus sexuels dans l'enfance). S'ils se mettent en couple ce n'est pas toujours parce qu'ils "le veulent bien", mais parce qu'ils (elles) veulent tester. D'ailleurs chez les lesbiennes la vie en couple est parfois difficile face à la demande d'autonomie personnelle.

    Le terme "corrompu" est intéressant. les homos seraient ils donc parfaits ? Ils ne boivent sans doute pas, ne consomment pas de drogues... Ils sont forts dites moi.

    Les couples homos n'ont souvent aucun recul (sans jeu de mot) justement. C'est bien leur problème.

    Quant à la parentalité, mais ça c'est une opinion perso, si conception et éducation sont deux choses différentes, il faudra un jour qu'on m'explique pourquoi la majorité des enfants adoptés ou conçus par donneurs font tant de démarches pour savoir qui sont leurs parents biologiques car cela relève d'un vrai besoin...

    Quant à vous, vous avez une vie de couple sans doute sans heurt. C'est parfait pour vous. J'en connais aussi qui vivent très bien leur homosexualité et leur couple. Heureusement, il y en a. Mais ce n'est pas parce que pour vous tout va bien, que pour les autres c'est pareil. Vous vivez dans un monde d'utopies.. Ouvrez les yeux.

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  5. Je suis d'accord, M Tremousse devrait relire cet article avec plus d'attention : on parle ici de violence conjugale, donc de couples qui ne fonctionnent pas !

    Je pense qu'il existe des couples gays ou lesbiens qui marchent très bien, mais comme pour les couples hétérosexuels, ce n'est pas une donnée générale. Pourquoi le mal être, la violence, les questionnements ne devraient-ils pas y exister ?
    Dire que les couples homos ne sont pas tous sûrs d'eux et parfaits constitue-t-il une critique ? de l'homophobie ?

    J'aimerai que M Tremousse revienne sur cet article et réponde à nos commentaires.

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  6. bonjour,

    Je suis étudiante en Master 1 de psychologie clinique et criminologique et je travaille, dans le cadre de mon mémoire, sur la question des violences conjugales dans les couples gays (avec hypothèse de violence sexuelle, subie durant l'enfance, chez le conjoint agresseur).
    Auriez-vous une adresse mail où nous pourrions échanger sur ce thème ? car j'ai de nombreuses questions et un fort besoin de documentation et de sources !
    je vous en remercie d'avance.
    jennifer

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  7. En France nous n'avons quasi aucune étude sur le sujet, mais j'en ai lu et il faudrait que j'ai le temps de chercher, ce qui est difficile en ce moment.
    Par contre, comme d'hab, les américains et les canadiens n'hésitent pas à lancer des études de grandes envergures. Je vous conseille le site de l'agence de santé publique du canada où en lançant des recherches vous trouverez pas mal de données : http://recherche-search.gc.ca/s_r?t3mpl1t34d=1&s5t34d=phac&l7c1l3=fra&S_08D4T.1ct57n=search&S_08D4T.s3rv5c3=basic&S_C6LL2CT46N.f53ld=fulltext&S_C6LL2CT46N=url%3Aphp&S_m5m3typ3.sp3c5f53r=INDEX&S_m5m3typ3.v1l93=html%2Bxhtml&S_m5m3typ3.t3xt6p3r1t7r=OR&S_F8LLT2XT=violence+homosexuel&S_S20RCH.l1ng91g3=fra

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  8. bonjour,

    Désolée d'avoir tardé à répondre, mais je vous remercie sincèrement pour le lien, qui va vraisemblablement m'aider !

    j'espère avancer sur le sujet, et vous souhaite une bonne continuation de votre côté !

    cordialement,
    jennifer.

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