jeudi 30 septembre 2010

Porno : des ados sous influence ?

Ca on le sait et on le constate,  l'accès aux contenus pornographiques s'est fortement banalisé.
Ainsi, dans les foyers abonnés à Canal +, 11 % des enfants de 4 à 11 ans ont déjà visionné au moins une minute de film X, selon le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). 

Et ils sont plus nombreux encore à tomber, volontairement ou non, sur de telles images en surfant sur le Net.

La tendance devrait s'amplifier : on peut d'ores et déjà consulter des sites en ligne depuis son téléphone portable, télécharger et visionner des "vidéos adultes". Dès qu'un nouveau média apparaît, l'industrie du sexe l'envahit. Difficile de soustraire nos enfants à l'immense toile d'araignée pornographique !


Les ados y sont, et y seront, de plus en plus confrontés. Or, cette exposition n'est pas sans influence.
Si l'on en croit l'enquête Espad (étude européenne menée en 2003 auprès de 16 000 élèves), les filles seraient plus "traumatisées" que les garçons.
Ainsi 56 % d'entre elles disent que ces images les dégoûtent, 28 % qu'elles les mettent mal à l'aise et 26 % qu'elles les choquent.
Alors que 54 % des garçons se déclarent amusés, 34 % avouent même que cela leur plaît et 16 % que cela leur est utile.

Pour reprendre les constats de l'étude dans l'ordre, on pourra quand même objecté que les "effets" ne sont pas les mêmes sur un enfant de 4 ans. Si vous lui demandez ce qu'il a vu, il répond en général "un monsieur et une dame" et "ils étaient tout nu". S'y ajoute en général "dis pourquoi ils étaient tout nu ? Et pourquoi la dame elle crie ?". On peut toujours raconter alors une belle histoire et ce sera vite oublié.
(mais on image sans peine lors du prochain dîner familial. Le gamin : "l'autre fois j'ai vu à la télé des gens tout nu !". "Ah bon ?" "ben oui le monsieur il arrêtait pas de cogner les fesses e de la dame et la dame elle criait tout plein". Ca risque d'avoir son petit effet).

Pour ce qui est du net, deux choses :
- les parents doivent contrôler ce que les enfants et les ados voient sur le net. Leur apprendre à trier les spams, les sites signalés comme néfastes, à repérer les noms des sites et ça ils y arrivent très bien très tôt. Mais même s'ils y arrivent ce n'est pas une raison pour les laisser naviguer seuls. C'est encore moins une raison pour leur mettre l'ordinateur à dispo dans la chambre.

- ensuite il existe des filtres. Microsoft en a intégrer dans Windows qui ne marchent pas si mal, même si certains sites ou certaines images arrivent à passer il est vrai. Encore que si le filtre est à son niveau maxi, il y a vraiment peu de chose qui passent. Mais souvent les parents ont la flemme parce qu'après lorsqu'ils veulent surfer, il faut débloquer le système, valider, recommencer la requête, bref préfèrent confronter leur gosse à des images particulières plutôt que de perdre 2 minutes.

Pour ce qui est du téléphone portable.
Bon, dans la majorité des cas on n'a pas encore bien compris à quoi servait le portable chez les ados. On se demande comment faisait les générations précédentes... Les forfaits bloqués ça existe. On n'est pas obligé de donner un accès internet. Normalement les gosses se voient toute la journée, alors ils ne devraient plus rien avoir à se dire après l'école (ils testent tous, mais si ils ont compris que ça ne marchait pas ils laissent vite tomber).

En ce qui concerne les résultats de l'étude, on n'est guère étonné.
En effet, comment les filles pourraient elles ne pas être dégoutées par ce qu'elles voient puisque dans la majorité des films porno (regardés par les frères, les copains, le père), les femmes y sont représentés soumises, acceptant tout et n'importe quoi avec une annihilation complète de leur statut d'être humain (dire "non" mais ne pas être entendue par exemple). De plus, la pénétration étant en soi un acte de domination/soumission par sa nature, en rajouter une couche sur cet aspect ne les aide pas à s'abandonner à la pénétration.

On remarquera qu'aucun résultat ne vient conclure que cela "est utile" aux filles.
Alors que les garçons y voient l'équivalent de l'éducation sexuelle. (c'est vrai c'est vachement difficile de savoir ce qu'on bien faire d'un "bâton" face à un "trou"...). Mais cela leur permet par contre de déjouer leur angoisse de castration et de se rendre compte que pénétrer une femme ce n'est pas perdre sa virilité (non il n'y a pas de dents dans la vagin).

Reprenons les chiffres à l'envers.
(parce qu'on leur fait dire aussi ce qu'on veut aux chiffres).
L'étude dit donc :

Ainsi 56 % des filles disent que ces images les dégoûtent, 28 % qu'elles les mettent mal à l'aise et 26 % qu'elles les choquent.
Alors que 54 % des garçons se déclarent amusés, 34 % avouent même que cela leur plaît et 16 % que cela leur est utile.

Il y a donc 44 % des filles qui ne sont pas dégoûtées, 62 % que cela ne met pas mal à l'aise et 64 % qui ne sont pas choquées.
Il y a donc 46 % des garçons qui ne sont pas amusés, 56 % auxquels cela ne plaît pas et 84 % auxquels ce n'est pas utile.

Si en gros on peut dire qu'une petite majorité des filles sont dégoûtées et qu'une grande minorité des garçons sont amusés, les autres s'en foutent royalement.
Et on se demande pourquoi ils regardent alors ??



Un modèle unique
La curiosité sexuelle est normale à cet âge. Pour les spécialistes, le vrai problème est ailleurs. "La constitution de la sexualité se fait par le biais de l'imaginaire, explique un psychiatre. Des scénarios s'échafaudent, influencés par l'image de nos parents et celle de leur couple (que l'on soit dans l'imitation ou dans le contre-pied). Le risque principal de la pornographie, c'est que des images extérieures viennent prendre la place de cet imaginaire. Elles ne permettent pas à chacun de développer sa propre représentation, mais exposent un modèle unique, dans lequel l'affectif n'a aucune place : juste des faits crus, des femmes soumises, des partenaires réduits à l'état d'objet... "

Les garçons reconnaissent cependant que ces représentations ne sont pas respectueuses vis-à-vis des femmes. Mais, du coup, ils ont tendance à classer les filles en deux catégories : les "faciles", avec lesquelles on peut accomplir de tels actes, et les autres, auxquelles, éventuellement, on s'attache sentimentalement.

Par ailleurs, l'intrusion de la pornographie dès l'enfance a-t-elle des retombées sur les débuts de la vie sexuelle ? Une enquête américaine concluait que les jeunes les plus exposés à de telles images dans les médias avaient deux fois plus de chances de démarrer leur vie sexuelle précocement, entre 14 et 16 ans.

Pourtant, en Europe, l'âge du premier rapport ne change guère (17,2 ans pour les hommes, 17,6 ans pour les femmes, selon l'enquête de la Confédération syndicale des familles publiée en mars 2007). (rappelons que c'est une moyenne car il y a dans les milieux défavorisés la sexualité commence autour de 14 ans chez les filles et autour de 19 ans dans les classes supérieures).

Toutefois, les jeunes expérimentent de plus en plus tôt des pratiques "crues" comme la fellation, la sodomie, ou les rapports à plusieurs. Pour reproduire la pornographie ou parce qu'ils le désirent vraiment ?

Si la vague pornographique induit de nouvelles expérimentations, plus "libérées", elle peut aussi renforcer l'angoisse de performance des débutants. Celui qui recherche ces images pour savoir "comment ça marche" a d'autant plus peur de ne pas être à la hauteur.

L'adolescent se trouve confronté à une réalité plus complexe que la vision simpliste véhiculée par la pornographie. Et c'est tant mieux, car ce décalage avec son vécu intime permet de réintroduire la dimension de la rencontre avec l'autre. "Dans la pornographie, l'affect n'intervient pas : l'amour est réduit à l'état d'objet de consommation. Or une sexualité épanouie se découvre à deux, dans la relation avec l'autre." A nous, adultes, d'aider nos enfants à comprendre que la relation amoureuse, ce n'est pas que ça ; de remettre des valeurs, de la poésie.."

Bref, ils faut que les parents jouent leur rôle de parents....

mercredi 29 septembre 2010

Le don du psy et les dons des autres

Non je ne vous parlerai pas des dons en monnaie sonnante et trébuchant (mais vous pouvez m'envoyer un chèque si vous le souhaitez, n'hésitez pas).

J'avais une patiente un peu particulière.
Elle est arrivée sur mon canapé en m'affirmant qu'elle se sentait étrange.
"Mais en quoi ?" lui ai-je demandé.
Elle m'affirma être différente des autres, se sentir en décalage entre son allure de femme rustique et bas de gamme et ce qu'elle était à l'intérieure. A savoir, un puits de culture, une intelligence supérieure acquise par des centres d'intérêts multiples et de très nombreuses lectures.
J'ai beaucoup discuté avec elle.
J'ai trouvé en effet en face de moi une femme analytique, mais avec seulement une culture livresque, mais pas ce que j'appellerai de "l'intelligence".
Elle est en fait très naïve, ne connait rien à la "réalité" de ce qu'elle raconte.
Ne sait jamais comment agir puisque dans les livres on dit tout et son contraire.
Néanmoins, elle analyse énormément tout ce qu'elle lit, ce qui fait qu'elle lit lentement.

Elle me dit avoir un "don".
Un truc qu'elle ne peut définir, quasi surnaturel.
Un don a sentir les gens, à développer des capacités de survie et à apprendre.

C'est vrai que pour ce qui est de survivre, elle s'est plutôt bien débrouillée vue son enfance.
Mais ça n'a pas empêché de se mettre en couple avec un type totalement dingue, qui deux ans encore après leur séparation contrôle toute sa vie, au point qu'elle n'ose plus sortir de chez elle.
Pour ce qui est de "sentir" les gens, c'est donc un peu raté.

Malgré son don, elle n'agit plus, déprime, n'ose plus initier de quelconques projets à part celui de partir loin, loin.
Ce qui ressemble plus à une demande suicidaire qu'à une volonté de partir.

Alors, comme je suis tordue, je lui prête un livre de ma bibliothèque.
Un livre en rapport avec son vécu bien sur.

Elle revient avec 15 jours plus tard.
Elle n'a pas eu le temps de tout lire, elle l'a survolé.
Elle a par contre bien retenu certaines expressions dans le livre, sans se souvenir des définitions exactes !
Elle y a reconnu une partie de son vécu.
Et a découvert une chose étrange.
Ce qu'elle appelle son "don" n'est qu'un mécanisme de défense.

Elle est désapointée.
"Je me sentais si différente, je croyais que j'étais exceptionnelle et là je découvre que je suis normale et que tout ce que j'ai mis en place n'est qu'une défense face a ce que j'ai vécu dans mon enfance".

Fort étrangement, cela lui fait un bien fou.
Parce qu'à force de se croire différente et surdouée, elle ne comprenait pas pourquoi elle ne s'en sortait pas.
Là elle comprend, qu'en fait il ne faut plus s'appuyer sur ce don mais au contraire trouver une nouvelle voie pour améliorer sa vie.




D'un autre côté, j'ai une jeune femme en consultation.

Elle a eu des résultats moyens au lycée, mais sans vraiment fournir d'efforts.
Elle s'est toujours sentie différente mais sans savoir en quoi.
Elle n'avait pas les mêmes centres d'intérêts que ses camarades de classe. Ok les garçons l'intéressaient mais sans plus. L'alcool, la drogue, sortir, les fringues ? Aucun intérêt. Elle a essayé par contre. Bon et après ?
Elle a fait des études de commerce moyennes sans forcer.

C'est une jeune femme qui comprend vite et à laquelle on n'a pas besoin de répéter des consignes.
Mais elle se trouve nulle, enfin surtout lorsqu'elle se compare aux autres.
Parce que tout l'ennuie vite, elle passe rapidement d'une chose à une autre, elle a du mal à finaliser certaines choses.
En fait, elle a un "don".
Elle est surdouée.
Elle s'ennuie parce que rien ne va jamais assez vite, elle ne finalise pas parce qu'une fois que c'est "finalisé dans sa tête" elle ne trouve plus d'intérêt à l'appliquer concrètement.

Prendre conscience de cet état de fait va lui permettre de comprendre bien des choses dans ses comportements passés et dans ses choix.
Elle a appris à modifier son regard sur elle-même.

Il est toujours fort étrange de constater que généralement ceux qui pensent avoir des "dons" n'en n'ont pas et ceux qui n'y pensent pas ou qui pensent ne pas en avoir en possèdent.

Mais dans tous les cas les "dons" restent des mécanismes d'adaptation. 
Ce qui se développe en chacun de nous n'est que le reflet de l'environnement dans lequel on a vécu ou dans lequel on vit.

Le don du psy est de s'en rendre compte, de l'analyser et de l'interprêter afin de permettre aux patients d'en prendre conscience, de l'accepter et d'avancer.


Porter un collant moulant bleu avec une cape rouge,
demande un sacré don... de Soi !

lundi 27 septembre 2010

La psychologie et le paranormal

La psychologie et le paranormal peuvent ils cohabiter ?
Je n'ai pas de réponse à cette question.
Surtout si vous croyez au paranormal.

Mais les croyances au paranormal de certaines personnes sont parfois assez... invalidantes... lors de consultations.
Face à la religion, le psychologue ne peut rien.
Les gens croient ce qu'ils veulent et en ce qu'ils veulent.
Ca pose problème parfois, mais la religion a ça de bien, c'est qu'il suffit d'y croire pour que ça marche.
Alors lorsque le psy connaît les convictions de son patient il en tient compte et parfois s'appuie dessus pour faire avancer le patient vers un mieux-être général.
Bon, mais régler l'Oedipe se complique sérieusement alors, de même faire accepter au patient qu'il a le droit d'avoir des pensées "impures" ou "incorrectes" se compliquent encore plus, faire le lien entre le psychisme et l'au-delà demande une sacrée gymnastique psychique.

Mais lorsque les esprits des morts montés au ciel ne suffisent plus, certains patients poussent leur réflexion un peu plus loin.
Je ne parle pas des extra-terrestres. 
Là j'envoie direct chez un psychiatre. Qui se débrouillera ! lol
Je parle des croyances aux esprits, aux communications psychiques, aux "visions", à l'extra sensoriel et j'en passe.

Alors bien sur j'envisage les mécanismes de défense du patient face à un trauma non intégré.
Je me pose la question de savoir si ce n'est pas une bouffée délirante.
Ou si ce n'est pas une entrée dans la schizophrénie.

Ca se complique encore plus, lorsque c'est un "don" familial !

Tenez, j'ai eu une jeune patiente.
16 ans 1/2.
Violée à 13 ans. A entamé un travail avec moi qu'elle n'a pas fini.
Consultations dans le silence. Parfois dans un monologue de réinterprétation de ma part puisqu'elle communique en fait énormément par le non verbal.
A fini par fuir les consultations.
Elle avait l'impression que je lisais ses pensées et qu'elle ne pouvait rien me cacher.

Son discours était qu'elle pensait qu'elle devenait folle.
Elle refusait de dormir, des visages apparaissant autour d'elle pour la surveiller.
Ces "esprits" s'amusaient à lui enlever son drap, à regarder par dessus son épaule, à fouiller dans son esprit. Ils surgissaient même la journée : sous la douche, au lycée (c'était deveniu un alibi intérieur pour ne pas aller en cours)....
Je ne pouvais pas l'envoyer chez un psychiatre, elle n'y serait pas allée. Je l'ai donc envoyé chez son médecin traitant, médecin que je connais bien.
Il lui prescrit des antidépresseurs légers. Ca ne change rien.
Je ne vois plus la jeune fille pendant 5 mois.
Sa mère m'appelle il y a peu.
"Ma fille pense qu'elle devient folle". "Vous savez dans ma famille on a tous des dons : ma mère est mediumn, mon oncle est voyant, son père aussi" (son père a travaillé comme voyant, mais je l'ai eu au téléphone il avoue ne rien n'y connaître et faire de la thérapie "sauvage" vu que c'est ce que veulent en fait les gens qui consultent des voyants). "C'est génétique, je pense que ma fille voit ses pouvoirs se développer et qu'elle a du mal à les contrôler, c'est une mauvaise passe, mais elle voudrait vous en parler".
Soit.

J'ai vaguement tenté de faire comprendre à sa mère que ça pouvait être plus grave. Que c'était un âge charnière et que "ça pouvait dégénérer" (quel effort de diplomatie !).
"Ma fille n'est pas folle" s'empresse t elle de me répondre.
(et elle, hum ?)

Voila, la jeune fille va revenir me voir. 
Et va se jouer la confrontation entre ce que va dire le psy (moi) et ce que va dire l'entourage proche (la mère principalement).
La rationalité (qui risque de ne pas plaire) face au paranormal (qui arrange bien tout le monde).

En général, lorsque je suis confrontée à ce type de cas, je sais que les envoyer vers un psychiatre ne sert à rien. 
Je le propose toujours, avec lettre de recommandation s'ils le veulent.
Mais ils n'iront pas.
Ils ne sont pas fous disent ils.
Non, c'est vrai. Ils sont irrationnels.
Il n'y a qu'une alternative : 
- soit ils reviennent à la réalité (et c'est parfois difficile, je vous en parlerai dans le prochain article)
- soit ils persistent dans leurs croyances et doivent apprendre à faire avec.

Le psy aussi.


Si, comme David Vincent, vous les avez vu au détour d'un raccourci clavier que
jamais vous n'avez trouvé, ne venez pas chez moi
, c'est trop tard.
Votre cauchemar a déjà commencé.


mercredi 22 septembre 2010

C'est toi la PSY ....

Patiente d'une trentaine d'année.
Plutôt jolie, mais "molle", lymphatique.
Joli sourire qu'elle affiche facilement.
Toujours habillée de façon un peu baba cool, jupon long flottant, légèrement négligée mais juste ce qu'il faut pour faire "artiste".
Toujours en noir.
Elle est créatrice dans la mode.

Mariée depuis 4 ans et amoureuse de son mari auquel elle trouve tous les compliments : beau, créatif, gentil, tendre, attentionné, amoureux.
Mais elle l'a trompé.
Avec un jeune mec dépressif voire suicidaire plutôt baba cool lui aussi, un type instable, sans job fixe et plutôt nomade.
Elle est partie sur un coup de tête, l'a aimé passionnément.
Au bout de 6 mois s'est rendue compte que c'était "n'importe quoi" et est rentrée à la maison où son mari l'a accueillit avec amour et sans reproche.
Elle dit ne pas mériter son mari.

En fait, elle se rend compte qu'elle ne fonctionne que comme ça : sur des coups de tête.
Elle aime l'instabilité.
Il faut que "ça bouge".

Enfance un peu spéciale.
En fait pas vraiment d'enfance.
Le père est parti lorsqu'elle avait deux ans. La mère s'est remis en ménage avec plusieurs hommes ensuite, mais est toujours restée très amoureuse du père de ma patiente et passe son temps à penser le voir à chaque coin de rue, à la télé... 
Mère infantile, incapable de prendre une décision, suicidaire, qui ne s'est jamais occupé de ses enfants. 
Et pour laquelle la fille aîné (ma patiente) a été le soutien, le repaire.

Ma patiente ne s'aime pas.
Elle se trouve moche, grosse, "brut de pomme" et "rustique".
Se décrit comme une adulte inconséquente, d'humeur changeante.
Elle ne s'autorise pas à s'amuser.
Notre travail l'amène à reconsidérer ses vues.
Mais elle n'arrive pas à grandir.
Elle ne veut pas devenir adulte.


Pourquoi ?
(ne me dites pas "à cause de...". Argumentez)
D'après vous que devrait elle reconsidérer pour changer d'avis ?

Bon je mets la solution juste pour Xelymphe qui a fait l'effort d'être intéressée.

Comme elle le dit si bien, la patiente n'a pas eu d'enfance.
Pas vraiment de modèle parental. A part celui de la mère qui est un modèle instable et insouciant. Ce qu'elle refait.
Mais comme elle a été la mère de sa mère et que c'est, dès l'enfance, qu'elle a du assumer toutes les contraintes adultes elle se dit qu'après tout être adulte s'est pas marrant.
Elle est tiraillée entre son envie de profiter de la vie et le fait que, devenue adulte, elle s'oblige à faire bonne figure en rêvant de devenir sage, raisonnable, stable et... triste.

Cette patiente a du comprendre d'abord, que bien qu'elle veuille absolument ne pas faire les mêmes "erreurs", elle fonctionne comme sa mère.

Elle ne s'aime pas car, puisque sa mère a fini par rejetter le père et que ma patiente est aussi issue du père, elle pense qu'elle mérite d'être rejettée.

Ensuite, cette patiente a du faire un cheminement de réflexion sur ce que c'est que d'être adulte.
Elle a fini par découvrir qu'être adulte ce n'est pas être gris, triste, sérieux. Il n'existe pas de transition entre l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte. Les adultes s'amusent, font des bêtises et se trompent. Etre adulte ne comporte qu'une seule contrainte : assumer des responsabilités.
Une fois cela compris et intégré, elle a pu se mettre à rire de choses triviales et profiter des bonheurs de sa vie. 
.. et décider de faire un bébé .




lundi 20 septembre 2010

Je passe à la télé... ou pas (2)

Ben en fait, je suis passée à la télé.

Aujourd'hui, lundi.
Sur Canal +, dans l'émission "L'édition Spéciale".
C'était pas prévu que ça passe aujourd'hui et le journaliste ne m'a pas prévenu, alors que c'était convenu.
J'ai été coupée au montage. Interview de 45 min pour en passer 15 secondes.
Décidemment, c'est la dernière fois que je montre ma bouille.



Entre temps, y a un journaliste d'une émission de Delarue qui a décider de venir lundi pour tourner. 
Il vient m'a t il écrit dans un email, sans demander ! Non, mais il s'y croit !
Je m'en vais lui donner de mes nouvelles.
Je ne supporte plus ce milieu de gens goujats, qui exigent, pour lesquels il faut être disponible lorsque ça les arrange eux et qui se parlent entre eux comme des chiens.

Ceci dit, du coup l'association a été débordée d'appels et d'emails (c'est même comme cela que j'ai appris que le reportage était passé).
Plein d'hommes victimes qui sont prêt à témoigner.
Ce qui fait que je ne sais plus trop si ce sont vraiment des victimes ou juste des gens qui cherchent un créneau pour passer à la télé.
J'espère que ça va faire avancer les choses.

Je vais à la HALDE le 1er octobre. Je vous tiendrai au courant.

Test : êtes vous psychopathe ?

Il me semble que j'ai déjà fait un truc sur ce sujet, mais j'ai un doute.

Mais j'ai trouvé en ligne un test marrant et pas si mal pour savoir si nous sommes tous des psychopathes en puissance.

Cliquez sur l'image (test en anglais)



Franchement, je le savais, personne ne peut plus rien pour moi.

Et vous quels sont vos résultats ?

samedi 18 septembre 2010

Les bracelets magnétiques

Je lisais dans un magazine people qu'il était "hype" de porter un bracelet magnétique.
Surtout que je ne sais plus qui le portait, ce qui montrait bien que c'était le top du top de la mode.

En fait, les bracelets magnétique existent depuis fort longtemps.
Et on a tous eux un père ou une grand-mère qui portait un bracelet en cuivre autour du poignet.
Ces bracelets étaient censés rééquilibrer les ondes électriques du corps et permettre de diminuer les douleurs rhumatismales articulaires.

C'est un peu le principe de la "bague de Ré" dont je rappelle les principes énoncés :
"- Elle procure une immunité contre toute agression invisible.
- Elle protège contre les influences et les dangers de toute nature.
- Elle forme un mur vibratoire neutralisant toutes vibrations maléfiques, sortilèges et même les envoûtements.
- Elle améliore l'état général de santé.
- Elle favorise les contacts métaphysiques.
- Elle est un outil personnel, car elle s'harmonise au magnétisme de la personne qui la porte. Basée sur le principe du Yi-King, elle fonctionne par micro-vibrations imperceptibles (ondes de formes).
Portée dans la main gauche, elle constitue une mesure de protection contre les perturbations d'origine tellurique et contre les influences occultes.
Durant le sommeil ou la méditation (main gauche), elle favorise les contacts psychiques.

Portée en main droite, elle filtre et concentre nos propres vibrations : Pour persuader quelqu'un afin de mener à bien une négociation et lors de toutes démarches où l'on doit convaincre ou faire comprendre une pensée.
"

Tout ceci n'a bien sur jamais pu être démontré.
En fait on a même démontré que ça ne faisait rien.
L'ex animatrice Danièle Gilbert en a fait les frais.



Les bracelets au cuivre ce sont vite avérés toxiques pour le corps, puisqu'ils s'oxydaient et l'oxyde de cuivre passait dans le sang provoquant des troubles hépatiques (de la même façon que pour les anciennes casseroles en cuivre, les nouvelles étant en laiton) (et c'est pour cela que les stérilet sont en cuivre puisqu'ils altèrent les spermatozoïdes).

Pour les fameux bracelets magnétique aujourd'hui on est loin de "vapeurs" toxiques.
Beaucoup de sportifs les portent absolument persuadés que ces bracelets leur permettent d'avoir soit un meilleur équilibre, soit une meilleure souplesse, soit de devenir plus forts....

De quoi donc est composé ce fameux bracelet ?
Un fabricant nous explique : "[..] utilise un hologramme programmé avec des fréquences qui réagissent positivement avec les champs énergétiques du corps humain et imprimé sur un film de Mylar....Lorsque l'hologramme est en contact avec le champ énergétique du corps humain, il permet à votre corps d'interagir avec la fréquence stockée et donc d'optimiser le flux énergétique . Tout cela apporte une amélioration de votre force, de votre équilibre et votre souplesse.. "
On apprend par ailleurs que l'hologramme est programmé avec différentes ondes... Mais lesquelles ? Ben, ce n'est spécifié nul part.Les bracelets sont en silicone fabriqué en Chine (et sans doute toxique) dans lequel est inséré un hologramme en mylar (représentant le logo du fabricant).
  Une hologramme programmé avec des fréquences...Voila qui laisse songeur non ?Rappelons -et je ne suis pas une spécialiste- qu'un hologramme est une photo en 3D réalisée avec deux laser qui interfèrent entre eux. Donc oui il y a des ondes.Et pour pouvoir voir l'hologramme il faut qu'il soit éclairé sous un certain angle, afin que l'onde lumineuse puisse générer l'image pour l'oeil.  Bien sur on parle d'onde, mais d'onde lumineuse.A chaque fois que vous allumez la lumière chez vous est-ce que cela génère quelque chose ? Non (enfin d'après ce qu'on en sait) (enfin si, de la bonne humeur, je reparlerai de cette expérience bientôt). En fait, l'hologramme présent sur les bracelets n'en n'est pas un, c'est une image en 3D (vous savez comme dans les photos prises avec un appareil à 3 viseurs).   Quant au Mylar ne peut pas être programmé car c'est tout simplement un "plastique" (PET) qui sert d'isolant de fils électriques.   Le bracelet c'est donc un photo en 3D recouverte d'un film plastique isolant.   Mais je vois bien que vous avez envie d'y croire. Si si.Y'en a bien qui croient à l'homéopathie et à l'acupuncture (non ça je l'écris juste pour en embêter quelques uns qui vont se sentir visés, LOL)Mais quand même, me direz vous (car vous avez tout saisi) si le film de mylar est isolant, comment les "ondes" de "l'hologramme"  peuvent-elles interagir avec le corps ?Elle est bonne la question, non ?  C'est pour ça que j'aime mes commentateurs, parce qu'ils réfléchissent (sans miroir).   

jeudi 16 septembre 2010

Comment séduire un homme lors du 1er rendez-vous?

Il y a quelques jours je lisais un article sur le net expliquant aux femmes comment elles devaient se vêtir et se comporter pour arriver à séduire un homme.

C'est vrai, quoi, ça fait quelques milliers d'années que l'être humain se reproduit et les femmes ne savent toujours pas comment faire pour trouver un reproducteur. Ah la la, on n'est pas douée parfois, nous les faaammes !

Alors dans cet article digne d'un magazine féminin, il était expliqué en gros :
- qu'il fallait se maquiller
- qu'il fallait faire un effort vestimentaire
- qu'il fallait être sexy
- qu'il ne fallait pas négliger l'hygiène.

Je m'étais penchée sur les commentaires et je fus fort étonnée de constater que c'est le 4ème principe qui s'attirait les foudres des commentatrices.
Comment pourrait on envager de ne pas être propre, hein franchement ?
Surtout la fifilles, c'est toujours propre c'est les mecs qui sont crades !
Je dirais qu'il suffit de prendre le métro ou d'aller dans les grands magasins à une heure d'affluence pour constater que l'hygiène fait gravement défaut chez de nombreuses personnes et cela chez les hommes tout autant que chez les femmes.
Croyez moi, y'en a un sacré paquet qui fument sous la douche, comme disait Coluche (oui je me mets à la citation d'homme célébre, ça fait cultivé).
Croyez moi aussi, les nanas qui sentent les vieilles bolognaises abandonnées sur un coin de l'évier j'en ai croisé un certain nombre pour ne pas écrire un nombre certain.
Bon, sans parler de l'épilation.
Non, c'est vrai parce que lors d'un premier RDV, vous allez au resto, au ciné ou au théatre, mais vous ne savez jamais comment ça va se terminer.
Un dernier verre et hop emballé c'est pesé.
Imaginez un peu la tronche du mec qui, équipé de sa pioche, décide d'escalader la fesse cachée et qui découvre au hasard d'un virage le Yéti en personne bien au chaud dans sa doudoune hivernale !
Ca ferait courir n'importe qui non ?

Pour le maquillage, restons de bon thon.
Je l'ai déjà dit, je ne sais plus bien où, les mecs n'aiment PAS le maquillage.
Bon un trait d'eye liner ou un peu de mascara ça met en valeur les pupilles.
Faut il encore que cela ne coulasse pas dans les ridules sauf si vous aimez le look famille Adams.
Le rouge à lèvre est une cata.
Madame, tentez donc le coup un jour d'embrasser une personne qui porte du gloss (homme ou femme, on s'en fout, le tout c'est essayer).
Eh bien vous constaterez que c'est extrêmement désagréable.
1. Ca glisse
2. C'est parfumé
3. C'est collant
Nous l'avons déjà vu quelque part dans ce blog (non je ne sais pas où pour ça non plus), le rouge à lèvre est censé reproduire la couleur des lèvres vaginales afin d'attirer le mâle reproductif.
C'est justement là le problème.
C'est que si on présente des photos de nanas maquillées et des non maquillées à des mecs, ils vont préférer les nanas :
1. légèrement maquillée plutôt qu'à la truelle
Et ça dans la mesure où ils doivent passer une nuit avec (en gros, je tire et j'me casse). Le maquillage joue le rôle de l'attrape-mouche.
Maquillée légèrement une nana a l'air en bonne santé, donc doté de meilleurs gènes, donc attirante pour se reproduire.
Il s'agit donc pour le mâle de semer le plus possible d'ADN dans la nature.
2. nature plutôt que légèrement maquillée
(faut suivre)
Lorsqu'il s'agit de classer la nanas en spécifiant avec lesquelles ils aimeraient construire un couple durable, fort bizarrement les mecs préfèrent les nanas au naturel.
Donc, bref mesdames, pour une nuit on L'Oréal, pour du long terme on Nature & Découvertes.

Quant aux fringues...
Jolie et sexy.
Et pourquoi pas sois belle et tais toi ?
Le mec n'a pas besoin que vous soyez sexy, sinon il ne vous aurait pas donné rendez-vous alors que vous vous traînassiez dans un jogging informe encore humide de votre transpiration et de vos hormones à la sortie de votre cours de Body Combat.

D'ailleurs, si vous portez un truc très différent, il risque de ne pas vous reconnaître le bougre !
                        

S'il vous a croisé en jogging, pas sûr qu'il vous reconnaisse en robe du soir (l'inverse étant vrai aussi)

D'autant que si vous avez réussi à vous chopper un rencard alors que vous étiez dans une tenue de sport, c'est qu'il vous apprécie au naturel et sans artifice. Et vous voir arriver méconnaissable le soir apprêtée risque de le refroidir (enfin en partie parce qu'il vient de découvrir que vous n'étiez pas la femme de sa vie, mais que vous pouviez être "bonne"...).

(y a aussi des mecs qui aiment les nanas crades, mais bon, on n'est pas là pour envisager toutes les patho possibles non plus).

Etre sexy, c'est comme être jolie, je ne sais pas trop ce que ça veut dire.
Bien sur, si pour être sexy il s'agit de se contorsionner les hanches sur des talons de 15 cm dans une robe micro au décolleté (très) plongeant, il est clair que ça va pas être facile pour tout le monde.
Et quand bien même, je vais vous dire un secret (plus près) (plus près), les nanas sexy ne servent que de faire valoir aux mecs. Ca leur permet de dire aux potes "t'as vu avec quoi je sors ? La mienne est plus vulgaire que la tienne" (et si en plus vous avez tourné dans quelques films hard diffusé en fin de soirée, c'est le summum).
Bref, vous devenez un objet à exhiber pour avoir ses entrées dans les clubs ou pour permettre à votre "chéri" de vous échanger contre 20 g de coke.

Vous savez combien on est sérieux dans ce blog.
Alors je ne donne que des conseils sérieux.
(et tant pis pour la suprême superficialité)
C'est marrant combien de patientes j'ai qui me disent "je ne vais pas bien, j'ai trop de masques, je ne suis pas en accord avec moi même" (et j'en passe).
Et puis sans compter les "je n'arrive pas à me trouver un mec sérieux, ils me traitent tous comme un objet" (patiente arrivée dotée d'un 100 D arrivée en t-shirt hyper moulant et jupe hyper serrée et courte), "je n'arrive pas à me faire draguer, j'ai l'impression que les hommes ont peur de moi (sculpturale patiente d'1m85 quasi en tenue de domina), "je suis moche, personne ne me regarde" (patiente en jogging défraîchi et cheveux pas coiffés), "je ne me fais jamais aborder (patiente jolie hyper maquillée, hyper lookée bcbg, juchée sur 10 cm de talon).

Elles ont toutes un point commun : elle joue un rôle.
Aucune d'elles n'est vraiment Elle.
Elles pensent toutes qu'il faut être comme ci ou comme ça, d'ailleurs elles l'ont lu dans les magazines.
Et puis les mecs leur a t on dit ne pensent qu'à draguer (et pas les femmes peut être ?).


Je n'ai qu'un conseil à donner : SOYEZ VOUS !



mardi 14 septembre 2010

La retraite à 75 ans



Ma vie est passionnante. Il y a deux jours, j'ai croisé dans l'ascenseur commun, un de mes voisins d'immeuble.
Un homme auquel j'ai du mal à donner un âge, mais qui je dois bien le reconnaître a pris un sacré coup de vieux en très peu de temps.

Je l'ai connu il y a peu encore grand, très grand, très élancé, brun, portant beau, parlant peu mais avec un bel accent chantant.
C'est maintenant un homme courbé, le cheveux très blanc mais néanmoins toujours très soigné et bien plus ouvert au monde.

Pour diverses raisons, j'ai sympathisé avec lui et sa femme.
Le croisant, donc, dans l'ascenseur, et le trouvant l'air las, je lui demande des nouvelles de sa santé.
Il me répond "oh, pas super".
Et il ajoute "ne vous mettez jamais à la retraite, c'est une catastrophe".
"Ah bon ?" lui dis-je (tout en étant plutôt d'accord avec lui).
"Oui, depuis que je suis à la retraite, je ne vais pas bien. Les 6 premiers mois, c'est fantastique, ce sont comme des vacances, mais après c'est la dépression".
Sa femme continue à travailler.
"Alors vous n'allez pas conseiller à votre femme de partir à la retraite afin d'être plus avec vous ?"
"Non, surtout pas. Suivez mon conseil, travaillez le plus longtemps possible, surtout si vous avez un travail qui vous plaît, vous resterez active et ne tomberez pas en dépression".

Merci du conseil.

Lorsque je vois aujourd'hui les gens descendre dans la rue parce qu'on veut les faire travailler jusqu'à 62 ans, j'ai parfois du mal à comprendre.
Je suis d'accord pour certaine professions très physique ou mettant en contact avec un environnement particulier, mais bon pour les autres j'ai des doutes.
Ne croyez pas que je sois contre une Société de loisirs, bien au contraire.
Qui n'aimerait pas rester chez lui à toucher son salaire, s'il peut en faire ce qu'il veut et s'il peut occuper son temps comme il veut ?

C'est à l'époque de Mitterand que la retraite est repassée à 60 ans, puisque pour rappel, elle était à 65 ans avant pour les hommes (et 60 ans pour les femmes) avant son avènement.

Des gens à la retraite, nous en avons tous autour de nous.
Vous, je ne sais pas, mais moi je constate que la retraite n'est pas toujours le temps paradisiaque auquel s'attendaient les gens.
D'abord, il faut avoir les moyens.
C'est pas le tout d'être à la retraite, mais si de votre actif vous touchiez un bas salaire, c'est pas avec ce que vous allez toucher à la retraite que vous allez pouvoir vous payer des participations à des ateliers créatifs ou des voyages à Rome.
Vous aurez au moins le plaisir de siroter votre bière en passant votre temps devant les programmes télévisuels de l'après-midi (si si, vous finirez par apprécier Derrick vous verrez).

Ensuite, faut il encore être en bonne santé.
Parce que, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il existe une tendance parmi les retraités à tomber malades dans l'année qui suit le départ à la retraite.
Vacherie de vieux !
Augmenter le trou de le Sécul alors qu'ils profitent de leur temps libre... tss tss, tous à l'abattoir.

Sans compter ceux qui meurrent dans les 12 à 18 mois.
C'était bien la peine que les collègues restés au taf fassent une collecte pour payer une jolie montre.
Bon, ça sera tout de même une retraite en moins à payer, c'est toujours ça de pris.
Et puis en général, la femme suit dans les 2 ans.
Donc en 5 ans, paf, deux retraités en moins.
Ca fait de la place pour les nouveaux-nés.

Sérieusement, si on peut être sérieux dans ce blog, les gens à la retraite sont rarement heureux de leur nouvelle situation.

A moins d'avoir conservé un réseau d'amis (ne pas confondre collègues de travail et amis, car à la retraite les collègues amis redeviennent souvent simplement des ex collègues) et un niveau de vie intéressant, la retraite ne semble n'être qu'une longue agonie.

Bien sur, j'ai connu des personnes qui n'en pouvaient plus de leur travail dans lequel elles étaient victimes de harcèlement, des crises d'angoisse du supérieur hiérarchique, de la fainéantise ou de la méchanceté des collègues, des mises au placard et qui rêvaient de la retraite, eldorado bien mérité.
Le jour de la retraite a fini par sonner. 
Et puis sont revenus les fantômes du travail : "Je me souviens de celle-là qui foutait rien de la journée", "Et l'autre là, qui était toujours sur mon dos"....
Et que je te revis le temps du travail.
C'est bien la peine d'être à la retraite pour passer son temps à revivre ses années de travail.
Et puis y a ceux qui ont enfin quitté le monde du travail et qui pour des raisons inattendues passent leur temps à y revenir "pour revoir un collègue sympa", "pour aller chercher tel papier"...
Pour vérifier surtout qu'ils n'ont pas été déjà oublié.
C'est souvent la grosse claque.
Car si la vie de travail du retraité s'arrête lorsqu'il part, pour ceux qui restent la vie continue. Et que j'oublie les anciens et que j'accueille les petits nouveaux et que je découvre -parfois- qu'ils sont plus sympas que les anciens.
Tout un monde qui s'écroule
Et puis y a celui pour qui le travail était la "colonne vertébrale", comme me disent certains patients.
Moyens ou pas moyens, la retraite est une mise au rancard. 
Ils pensent n'avoir pas été reconnus à leur juste valeur ou à leur juste engagement (sinon on ne les aurait pas mis dehors).
Ils découvrent qu'en fait l'entreprise n'avait pas besoin d'eux, enfin plutôt que eux ou un autre, c'est pareil. Eux qui se croyaient indispensables découvrent qu'ils sont interchangeables.
Ceux là "s'éclataient" dans leur travail, ils étaient passionnés parfois.
Au point d'avoir oublié comment c'était "sans".
Alors la retraite et redécouvrir les temps vides, le fait que personne n'a besoin de vous, que si vous n'allez pas vers les autres vous restez enfermer entre vos murs, que personne ne vous rappelle pour vous demander comment vous faisiez, le fait de se "coltiner" le ou la partenaire pendant 24 heures alors qu'on ne voyait que 3 heures par jour (et encore à table et devant la télé) depuis 40 ans.... 
Quelle claque.
Ayons une pensée émue aussi pour nos actuels smicards qui partiront à la retraite et devenus incapables de payer leur loyer, iront en villégiature ensoleillé dans une maison de retraite au doux nom de "Au mouroir de Provence".
Petit déj 6h30, repas 11h00, diner 18h30.
Entre les 3, scrabble ou regards par fenetre, au choix tous les jours.
Pas sur, qu'ils avaient vu les choses comme ça.
 
Bref, rêver qu'on va enfin pouvoir s'occuper de son jardin est une utopie.
Parce que franchement 1. s'occuper vraiment d'un jardin c'est très dur physiquement, 2. ça va 5 minutes.

La retraite est une rupture énorme.
C'est d'abord une rupture d'activités,
C'est ensuite une rupture des liens sociaux,
C'est aussi une rupture avec Soi.

Ce temps de vie pour Soi peut très vite devenir un temps de mort de Soi.

Ceux qui n'arrivent pas à se remettre en question, à se trouver des activités de substitutions et à conserver des contacts réguliers ne seraient-ce que familiaux, ceux là seront désespérés lors de leur retraite.
Et ils sont bien plus nombreux qu'on ne le croit.
L'heure de la retraite, je pense que c'est un temps qui devrait être individualisé et évalué sur des critères valides.

Certains ne devraient jamais travailler (pensons aux psychopathes), d'autres devraient finir leur vie au travail (pensons aux chercheurs encore en possession de leurs moyens psychiques), d'autres devraient être poussés dehors (lorsqu'ils perdent leurs compétences) et d'autres devraient pouvoir demander à partir (lorsqu'ils perdent leur motivation).

Parions que beaucoup resteraient bien après 65 ans.



lundi 13 septembre 2010

Soleil et cendres

Maman dessinait à la peinture rouge des petites croix sur l'écorce des arbres.
Elle dessinait aussi des formes qui ressemblaient à des pommes. 
A la fin on aurait dit que les arbres étaient en sang.. 
Il faisait beau. 
Le soleil était là mais sa chaleur était glacée.. 

Une tache noire chatoyait sur sa joue.
La putréfaction était déjà là. 
Elle se décomposait plus vite que je ne l'aurai cru.. 
Je la voyais dans sa petite robe noire. 
J'avais froid. Elle était moite.. 

Ce matin, il l'a trouvé qui lui barrait le passage.
Il ne la reconnaissait plus. 
Ce n'était plus la même femme. Elle mourrait par l'intérieur.. 
Elle avait chaussé des sabots. 
Ils étaient esthétiquement inappropriés à la scène. 
J'aurai aimé avoir un chiffon pour pouvoir les gommer me suis-je dis. 

Dans un rayon de soleil, j'entrevis la poussière qui tombait. 
Sur le chemin du retour, j'avais l'impression que c'était ses cendres qui s'envolaient à chacun de ses pas.. 

Amaigrie, l'air d'une louve, elle me séduisait autant qu'elle m'effrayait.
Je l'aimais et la détestais à la fois. 
Je m'imaginais au cimetierre, en pleurs, penché sur une dalle grise. 

J'entrais dans la maison. 
Le chat était toujours assis au même endroit comme s'il attendait notre retour. 
Toute mon enfance était là..

Vergibération



vendredi 10 septembre 2010

Voyage voyage...

Mercredi, à l'autre bout de la France, je suis allée animer une formation pour un grand groupe.
Bien sur je suis partie mardi...
Jour des grèves !
Je devais partir en début d'aprem par train. 
Pas de train.
Paf, on me colle à Air France.
Avion de 14h30.
Annulé, reporté à 16h.
Annulé, reporté à 16h30.
Annulé, reporté à 17h00.
Annulé, reporté à 18h.
Pas de vol ce jour là.
Je suis donc partie... en train en fin de journée, après les manifs.
Train parti avec 5 min d'avance (tant pis pour les retardataires), arrivé avec 30 min de retard.
Il est 21h00.
On vient me chercher.
22 h miam miam avec toute l'équipe.
23h15 Hôtel.
Dodo. Enfin, pas vraiment, des trombes d'eau qui s'abattent toute la nuit, des éclairs intenses, immenses et magnifiques zèbrent le ciel.
Lendemain matin réveil super bonne heure.
Il y a 1 cm de flotte partout.
La directrice général du grand groupe qui m'a demandé d'intervenir veut me voir. Elle se demande à quoi ressemble une "profileuse".
En fait, ma venue a fait le tour de toutes les personnes présentes.
Tout le monde veut me croiser, venir voir mon intervention... 
Du coup, je suis traitée comme une princesse.
Marrant, je suis dans un village provencal recréé. 
Petits mas colorés, pas de voitures sauf les mini-moke du personnel d'entretien, toutes les personnes qu'on croisent disent "bonjour", au magasin de la presse j'ai le droit à "merci beaucoup madame, au revoir, je vous souhaite une excellente journée" avec un immense sourire. 
J'ai faillit répondre "bonjour chez vous !" (où est le numéro 6 ?)

Mais en quelques heures j'ai pris de mauvaises habitudes : voiturée à la demande (et un chauffeur "sympa", rien à débourser (je dis "bon en attendant, je vais boire un café à la terrasse" et hop on m'y accompagne (des fois que je me ferai enlever), on commande mon café, on me le paye (eh oh, j'ai rien demandé !), tout le monde est à mon service ("vous savez où je pourrais trouver une bouteille d'eau ?" "ne bougez surtout pas je vous en amène une"...).
C'est gentil, mais c'est fatiguant d'être materné.
Impossible d'être seule une seconde. On me tient compagnie, on me fait visiter, on me présente...
En tout cas, ça ne me met pas la pression.
Je devrai pourtant. Et je ne me gène pas pour leur dire.
Non mais, avec l'attente qu'ils ont de moi, ils risquent vachement d'être déçus.
Grande question : "quel est votre plan d'intervention ?"
Un quoiiii ?
Un plan ?!?
Jamais de ma vie je n'ai fais de plan dans mes interventions, je ne sais jamais comment je démarre, ce que je vais dire, ni comment je vais finir !
Ca les laisse sans voix et un peu angoissés ! lol
Ah oui, on m'a demandé de faire une intervention sur le "profiling comportemental" dans le domaine commercial et de faire -si possible- un parallèle avec le profilage criminel.
"Vous pensez introduire ça comment ?"
(c'est sexuel comme question !)
"Je ne sais pas, ça se fera à l'inspiration".
Là, c'est eux qui ont du mal à inspirer. L'angoisse monte (euh, nom d'un chien, on s'est planté, elle n'aurait peut être pas du venir...).
Je me marre en voyant leur tronche.

Arrive mon heure.
La directrice générale me présente.
Je suis derrière tout le monde, j'ai repéré quelques personnes dans la salle susceptibles de me "servir" pour mon intervention.
Musique des experts Las Vegas "who are you, hou hou, hou hou..."
Hop, c'est parti.
Je leur fais un sketch avec une profilseuse en jupette et l'intervention d'Horatio et ses fameuses remarques sybillines.
Tout le monde se marre... et se détend.
J'ai, comme d'hab, fait mon intervention au "feeling", bien sur que je savais les grandes lignes de ce que je devais dire, mais ça disgresse, du coup c'est "dense" comme on dit.
Je choppe quelques personnes dans l'assistance et je les soumet "à la question" : 
- gestion de l'instinct
- communication non verbale
- repérage du mensonge dans le discours d'une personne
Tout le monde est mort de rire.
Je construis mon intervention au fur et à mesure.
J'intègre ce que je sais de leur job, de ce que je sais de leurs relations à leurs clients...
Et je saupoudre le tout de souvenir de scène de crime.
Ben voila, j'ai dépassé mon temps de parole. 
Personne ne m'a interrompu.
Standing ovation à la fin.

La directrice générale est soulagée, super contente, a trouvé mon intervention "géniale" (je ne me fais aucune illusion, dans la com tout est toujours soit très nul soit génial).
Et on me sort "on savait que vous alliez faire un truc super !"
Bande d'hypocrites va ! ;-)

Juste le temps de déjeuner avec le direction générale en terrasse (il fait super beau) : poissons crus marinés au jus de citron vert, légumes au lait de coco, tiramisu et Opéra...
Et mon café. Non, hop, re-train... parti avec 10 min d'avance !
Et arrivée avec 45 min de retard, les chutes d'eau dans le Sud ayant arraché les signalisations de la SNCF, le TGV a roulé lentement pendant 1 h !
Je n'en peux plus d'être assise, je commençais à faire des bonds sur mon fauteuil.
Je vois passer Maisons-Alfort puis Montrouge. J'ai super besoin de bouger. 
Je fais le tour complet de la gare de Lyon sous la pluie pour me détendre et je me décide à rentrer.
Ben voila, je suis revenue.
J'aime beaucoup faire des interventions, mais les déplacements c'est infernal, restez assise  je ne sais plus faire.
Vivement la téléportation !
Urgent, Scotty à l'inter !! (Beam me up Scotty !)




mercredi 8 septembre 2010

L'encadrement militaire des délinquants

Voila une idée qu'elle est bonne !
Mais vieille....

Lorsque j'entends Ségo croire qu'elle fait preuve de créativité en proposant l'encadrement des délinquants par l'armée, je lui propose de se renseigner un peu mieux auprès des ministère de la Défense et de la Justice. Mais normalement elle est au courant de ce qui s'est déjà fait dans le domaine.

L'encadrement militaire des délinquants à déjà été tenté.
Lorsque j'étais à l'IHESI, un amiral, Christian Brac de la Perrière, plein de bonne volonté, était venu nous expliquer comment fonctionnait les écoles pour délinquants subventionnées par je ne sais plus quel ministère.
Partant du principe qu'il fallait que les délinquants apprennent à vivre en groupe, qu'ils apprennent qu'il existe des règles et que la vie n'est pas qu'un jeu, il avait mis en place une structure d'encadrement militaire.
Levés à l'aube, les jeunes devaient se livrer à des exercices de gym, réaliser des tâches nécessitant une mise en commun des savoirs faire, suivre des cours, travailler pour faire vivre la collectivité, apprendre qu'il fallait respecter les autres afin d'être soi même respecté, tout cela sous le regard d'anciens militaires bourrus mais pétris d'humanisme, voulant croire dur comme fer que rien n'était perdu pour ses jeunes.

Lorsque j'ai rencontré ce charmant monsieur, il nous expliquait que les crédits diminuaient un peu plus chaque année.

Et pour cause, les résultats étaient catastrophiques.
D'abord, pour ce qui est d'apprendre des règles, ça les délinquants savent faire. Ils ne savent même faire que ça. Ils apprennent très bien les règles de leur groupe et les appliquent docilement sous peine de sanction et d'exclusion.
Il existe des règles internes qui ne sont pas celles de la Société et ces règles ont la primeures sur les règles sociétales.
Bref, un gang tout compte fait ça a un fonctionnement très militaire.

Les jeunes délinquants étaient choisis en fonction de la gravité de leurs actes et de leur âge.
Je ne sais plus bien comment.
Le but était qu'au bout d'environ 6 mois que ces jeunes passaient à l'école ils aient intégré les règles de la Société et soient prêt à se réinsérer.

Taux de réussite d'insertion sociale : 30 % à la sortie, 15 % après 2 ans
Taux échec et récidive des jeunes à deux ans : 75 %

Alors notre général s'est penché sérieusement sur la question.
Après tout il n'était sans doute pas devenu général d'armée que par piston, on pouvait pensé qu'il était aussi intelligent et plein de mérite. 
Franchement, il croyait à son projet et était très déçu, presqu'au bord des larmes, de voir que cela ne fonctionnait pas.
Il avait fait 1 constat :
- la réinsertion ne fonctionnait qu'avec les jeunes délinquants qui avaient envie de se réinsérer.
CQFD

Ces jeunes arrivaient à l'école avec une envie de se sortir de la délinquance, l'envie de construire. 
A peine arrivés, ils se plongeait dans le montage d'un projet, bossaient dur, faisaient peu d'esclandre et montraient une volonté à s'impliquer, à se former, à travailler et à nouer des contacts ouverts avec les autres.
Ceux là s'en sortaient.

Les autres...
Les autres n'arrivaient jamais à se lever le matin, il fallait les faire tomber du lit.
Ils insultaient tout le monde, passaient leur temps à échapper aux corvées, passaient leur nuit à se faire la belle et à aller zôner en ville. 
Ils refusaient de participer aux tâches collectives, considéraient que ceux qui le faisaient étaient des planqués.
Il était impossible de leur faire monter un projet à part "avoir du fric et tirer des bombasses".
Les contacts relationnels étaient limités et agressifs.
Ceux là réintégraient leur gang dès leur sortie et récidivaient rapidement dans leurs actes délinquants.

La grand différence entre ces deux groupes :
- les premiers avaient accepté de venir d'eux-mêmes
- les seconds y avaient été forcés (par la Justice, par les parents...).

Tout cela coûtait cher et notre général avaient donc décidé pour sa dernière année de crédit de ne recruter que des jeunes qui montraient une volonté de s'en sortir. Les autres étant du temps et de l'argent perdu pour la Société.

A l'Ihesi quelqu'un avait suggéré que l'école étant un endroit calme, l'idéal serait peut être de placer les jeunes délinquants en situation réelle de terrain de guerre afin qu'ils prennent conscience des chances qu'ils avaient.
Il avait été opposé, avec un sourire, que sur le terrain l'armée avait mieux à faire que d'encadrer des jeunes. C'est ce même argument qui, à juste titre, refait surface aujourd'hui.


Allez Ségo, fais nous une autre proposition réaliste.



Et pour en savoir plus, j'ai retrouve un article qui retrace la création des "JET", ici


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