mercredi 8 septembre 2010

L'encadrement militaire des délinquants

Voila une idée qu'elle est bonne !
Mais vieille....

Lorsque j'entends Ségo croire qu'elle fait preuve de créativité en proposant l'encadrement des délinquants par l'armée, je lui propose de se renseigner un peu mieux auprès des ministère de la Défense et de la Justice. Mais normalement elle est au courant de ce qui s'est déjà fait dans le domaine.

L'encadrement militaire des délinquants à déjà été tenté.
Lorsque j'étais à l'IHESI, un amiral, Christian Brac de la Perrière, plein de bonne volonté, était venu nous expliquer comment fonctionnait les écoles pour délinquants subventionnées par je ne sais plus quel ministère.
Partant du principe qu'il fallait que les délinquants apprennent à vivre en groupe, qu'ils apprennent qu'il existe des règles et que la vie n'est pas qu'un jeu, il avait mis en place une structure d'encadrement militaire.
Levés à l'aube, les jeunes devaient se livrer à des exercices de gym, réaliser des tâches nécessitant une mise en commun des savoirs faire, suivre des cours, travailler pour faire vivre la collectivité, apprendre qu'il fallait respecter les autres afin d'être soi même respecté, tout cela sous le regard d'anciens militaires bourrus mais pétris d'humanisme, voulant croire dur comme fer que rien n'était perdu pour ses jeunes.

Lorsque j'ai rencontré ce charmant monsieur, il nous expliquait que les crédits diminuaient un peu plus chaque année.

Et pour cause, les résultats étaient catastrophiques.
D'abord, pour ce qui est d'apprendre des règles, ça les délinquants savent faire. Ils ne savent même faire que ça. Ils apprennent très bien les règles de leur groupe et les appliquent docilement sous peine de sanction et d'exclusion.
Il existe des règles internes qui ne sont pas celles de la Société et ces règles ont la primeures sur les règles sociétales.
Bref, un gang tout compte fait ça a un fonctionnement très militaire.

Les jeunes délinquants étaient choisis en fonction de la gravité de leurs actes et de leur âge.
Je ne sais plus bien comment.
Le but était qu'au bout d'environ 6 mois que ces jeunes passaient à l'école ils aient intégré les règles de la Société et soient prêt à se réinsérer.

Taux de réussite d'insertion sociale : 30 % à la sortie, 15 % après 2 ans
Taux échec et récidive des jeunes à deux ans : 75 %

Alors notre général s'est penché sérieusement sur la question.
Après tout il n'était sans doute pas devenu général d'armée que par piston, on pouvait pensé qu'il était aussi intelligent et plein de mérite. 
Franchement, il croyait à son projet et était très déçu, presqu'au bord des larmes, de voir que cela ne fonctionnait pas.
Il avait fait 1 constat :
- la réinsertion ne fonctionnait qu'avec les jeunes délinquants qui avaient envie de se réinsérer.
CQFD

Ces jeunes arrivaient à l'école avec une envie de se sortir de la délinquance, l'envie de construire. 
A peine arrivés, ils se plongeait dans le montage d'un projet, bossaient dur, faisaient peu d'esclandre et montraient une volonté à s'impliquer, à se former, à travailler et à nouer des contacts ouverts avec les autres.
Ceux là s'en sortaient.

Les autres...
Les autres n'arrivaient jamais à se lever le matin, il fallait les faire tomber du lit.
Ils insultaient tout le monde, passaient leur temps à échapper aux corvées, passaient leur nuit à se faire la belle et à aller zôner en ville. 
Ils refusaient de participer aux tâches collectives, considéraient que ceux qui le faisaient étaient des planqués.
Il était impossible de leur faire monter un projet à part "avoir du fric et tirer des bombasses".
Les contacts relationnels étaient limités et agressifs.
Ceux là réintégraient leur gang dès leur sortie et récidivaient rapidement dans leurs actes délinquants.

La grand différence entre ces deux groupes :
- les premiers avaient accepté de venir d'eux-mêmes
- les seconds y avaient été forcés (par la Justice, par les parents...).

Tout cela coûtait cher et notre général avaient donc décidé pour sa dernière année de crédit de ne recruter que des jeunes qui montraient une volonté de s'en sortir. Les autres étant du temps et de l'argent perdu pour la Société.

A l'Ihesi quelqu'un avait suggéré que l'école étant un endroit calme, l'idéal serait peut être de placer les jeunes délinquants en situation réelle de terrain de guerre afin qu'ils prennent conscience des chances qu'ils avaient.
Il avait été opposé, avec un sourire, que sur le terrain l'armée avait mieux à faire que d'encadrer des jeunes. C'est ce même argument qui, à juste titre, refait surface aujourd'hui.


Allez Ségo, fais nous une autre proposition réaliste.



Et pour en savoir plus, j'ai retrouve un article qui retrace la création des "JET", ici


3 commentaires:

  1. Très intéressant! Dans la formation que je suis (en systémique) il y est beaucoup question de thérapie sous contrainte. C'est le dada du patron de l'Institut (ancien assistant social...tout s'explique. Non seulement je n'y crois pas, mais en plus je trouve ça carrément limite d'un point de vue éthique thérapeutique. Utiliser des techniques relativement directive contre le gré de l'intéressé ne me convainc pas. En outre, la base en systémique, c'est qu'il faut un problème pour qu'il y ai thérapie. Mais le problème doit-être perçu comme tel par le client ! Pas par l'autorité sanctionnante! Le plus amusant, c'est que la représentante de l'autorité dans les case studies était roulée d'enfer en mini-jupe et juste au corps rouge mettant en évidence sa plantureuse poitrine ! J'aurais été l'ado, j'aurais persévéré dans la délinquance juste pour pouvoir mater la substitut!

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  2. Voila un article très intéressant ! Bravo !

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  3. Aleis : ce n'est pas pour rien qu'en psychothérapie on recherche l'adhésion du patient. Lorsqu'une personne prend RDV à la place d'une autre, ça n'a aucun intérêt, il faut absolument que la personne concernée rappelle et confirme sa volonté de consulter.
    Dans les pathologies mentales, c'est différent. Le patient n'ayant pas conscience de leur pathologie ni de leur délire, ils ne peuvent demander à être pris en charge.
    Perso, je ne conçois pas de faire une thérapie auprès de quelqu'un qui ne présente pas un problème. Cela relèverait plutôt de la psychanalyse afin de mieux se connaître.
    Leur démarche est très "marketing" : je créé une thérapie, je considère qu'elle concerne tels troubles et je montre que ce trouble est partout afin de placer ma thérapie.

    Pour la substitut, belle personnalité histrionnique ! Quel manque de confiance en elle obligée de 'vendre' son corps au lieu de vendre ses compétences ! A ne pas draguer, c'est sans espoir de conclusion. Je n'ose imaginer la sévérité de ses sanctions...

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