vendredi 10 septembre 2010

Voyage voyage...

Mercredi, à l'autre bout de la France, je suis allée animer une formation pour un grand groupe.
Bien sur je suis partie mardi...
Jour des grèves !
Je devais partir en début d'aprem par train. 
Pas de train.
Paf, on me colle à Air France.
Avion de 14h30.
Annulé, reporté à 16h.
Annulé, reporté à 16h30.
Annulé, reporté à 17h00.
Annulé, reporté à 18h.
Pas de vol ce jour là.
Je suis donc partie... en train en fin de journée, après les manifs.
Train parti avec 5 min d'avance (tant pis pour les retardataires), arrivé avec 30 min de retard.
Il est 21h00.
On vient me chercher.
22 h miam miam avec toute l'équipe.
23h15 Hôtel.
Dodo. Enfin, pas vraiment, des trombes d'eau qui s'abattent toute la nuit, des éclairs intenses, immenses et magnifiques zèbrent le ciel.
Lendemain matin réveil super bonne heure.
Il y a 1 cm de flotte partout.
La directrice général du grand groupe qui m'a demandé d'intervenir veut me voir. Elle se demande à quoi ressemble une "profileuse".
En fait, ma venue a fait le tour de toutes les personnes présentes.
Tout le monde veut me croiser, venir voir mon intervention... 
Du coup, je suis traitée comme une princesse.
Marrant, je suis dans un village provencal recréé. 
Petits mas colorés, pas de voitures sauf les mini-moke du personnel d'entretien, toutes les personnes qu'on croisent disent "bonjour", au magasin de la presse j'ai le droit à "merci beaucoup madame, au revoir, je vous souhaite une excellente journée" avec un immense sourire. 
J'ai faillit répondre "bonjour chez vous !" (où est le numéro 6 ?)

Mais en quelques heures j'ai pris de mauvaises habitudes : voiturée à la demande (et un chauffeur "sympa", rien à débourser (je dis "bon en attendant, je vais boire un café à la terrasse" et hop on m'y accompagne (des fois que je me ferai enlever), on commande mon café, on me le paye (eh oh, j'ai rien demandé !), tout le monde est à mon service ("vous savez où je pourrais trouver une bouteille d'eau ?" "ne bougez surtout pas je vous en amène une"...).
C'est gentil, mais c'est fatiguant d'être materné.
Impossible d'être seule une seconde. On me tient compagnie, on me fait visiter, on me présente...
En tout cas, ça ne me met pas la pression.
Je devrai pourtant. Et je ne me gène pas pour leur dire.
Non mais, avec l'attente qu'ils ont de moi, ils risquent vachement d'être déçus.
Grande question : "quel est votre plan d'intervention ?"
Un quoiiii ?
Un plan ?!?
Jamais de ma vie je n'ai fais de plan dans mes interventions, je ne sais jamais comment je démarre, ce que je vais dire, ni comment je vais finir !
Ca les laisse sans voix et un peu angoissés ! lol
Ah oui, on m'a demandé de faire une intervention sur le "profiling comportemental" dans le domaine commercial et de faire -si possible- un parallèle avec le profilage criminel.
"Vous pensez introduire ça comment ?"
(c'est sexuel comme question !)
"Je ne sais pas, ça se fera à l'inspiration".
Là, c'est eux qui ont du mal à inspirer. L'angoisse monte (euh, nom d'un chien, on s'est planté, elle n'aurait peut être pas du venir...).
Je me marre en voyant leur tronche.

Arrive mon heure.
La directrice générale me présente.
Je suis derrière tout le monde, j'ai repéré quelques personnes dans la salle susceptibles de me "servir" pour mon intervention.
Musique des experts Las Vegas "who are you, hou hou, hou hou..."
Hop, c'est parti.
Je leur fais un sketch avec une profilseuse en jupette et l'intervention d'Horatio et ses fameuses remarques sybillines.
Tout le monde se marre... et se détend.
J'ai, comme d'hab, fait mon intervention au "feeling", bien sur que je savais les grandes lignes de ce que je devais dire, mais ça disgresse, du coup c'est "dense" comme on dit.
Je choppe quelques personnes dans l'assistance et je les soumet "à la question" : 
- gestion de l'instinct
- communication non verbale
- repérage du mensonge dans le discours d'une personne
Tout le monde est mort de rire.
Je construis mon intervention au fur et à mesure.
J'intègre ce que je sais de leur job, de ce que je sais de leurs relations à leurs clients...
Et je saupoudre le tout de souvenir de scène de crime.
Ben voila, j'ai dépassé mon temps de parole. 
Personne ne m'a interrompu.
Standing ovation à la fin.

La directrice générale est soulagée, super contente, a trouvé mon intervention "géniale" (je ne me fais aucune illusion, dans la com tout est toujours soit très nul soit génial).
Et on me sort "on savait que vous alliez faire un truc super !"
Bande d'hypocrites va ! ;-)

Juste le temps de déjeuner avec le direction générale en terrasse (il fait super beau) : poissons crus marinés au jus de citron vert, légumes au lait de coco, tiramisu et Opéra...
Et mon café. Non, hop, re-train... parti avec 10 min d'avance !
Et arrivée avec 45 min de retard, les chutes d'eau dans le Sud ayant arraché les signalisations de la SNCF, le TGV a roulé lentement pendant 1 h !
Je n'en peux plus d'être assise, je commençais à faire des bonds sur mon fauteuil.
Je vois passer Maisons-Alfort puis Montrouge. J'ai super besoin de bouger. 
Je fais le tour complet de la gare de Lyon sous la pluie pour me détendre et je me décide à rentrer.
Ben voila, je suis revenue.
J'aime beaucoup faire des interventions, mais les déplacements c'est infernal, restez assise  je ne sais plus faire.
Vivement la téléportation !
Urgent, Scotty à l'inter !! (Beam me up Scotty !)




6 commentaires:

  1. Votre gestion de la pression m'impressionne ^_^.
    Rien de plus perturbant que lorsque des gens attendent quelque chose de vous, le risque de décevoir est d'autant plus important.
    En tout cas, com ou pas com, si une présentation a été réussie ça se remarque d'emblée, il suffit de regarder si le public se décroche la mâchoire en baillant ou pas ;)
    Donc, bravo si vous avez pu faire ce que vous vouliez malgré les divers problèmes techniques et climatiques rencontrés !
    Hum, question, on vous a jamais fait la suggestion d'écrire un bouquin, ou vous même en avez jamais eu l'idée ? Le profiling n'est pas quelque chose de très connu, enfin si on enlève le folklore autour lié aux séries Tv, la profession en tant que telle, peu de gens connaissent sa véritable teneur.

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  2. Je ne gère pas le stress, je le prends de plein fouet. Je ne suis jamais stressée avant quoi que ce soit, c'est lorsque je fais face, là, paf ! Lorsque je vois 50 ou 300 personnes qui me regardent, là d'un seul coup c'est le grand vide, le néant, la mort cérébrale, lol !
    Y a un moment, il faut oublier le public, il faut "jouer" pour soi.

    Ecrire un livre ? j'aimerai bien mais j'ai la flemme d'écrire ce que je pense. Il me faudrait une personne qui écrit au fur et à mesure que je raconte. Ca intéresse quelqu'un ? lol
    J'ai déjà commencé à récupérer les articles de ce blog, mais ça augmente plus vite que je n'arrive à faire du copier coller. Après tout 500 articles d'âneries et de vulgarisation, ça devrait se vendre non ?

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  3. Pleuvoir dans le sud?? pas possible :p

    Le blog est sympa mais vu qu'il est gratuit je vois pas l'interet d'acheter le livre ^^"

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  4. Lymphe toi t'as l'adresse du blog, mais vu le nombre de mes lecteurs, j'en toucherais sans doute beaucoup plus en passant par le papier.

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  5. C'est cool que tu n'aies pas un trop grand nombre de lecteurs, on a un peu l'impression d'être des privilégiés :-)

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