lundi 25 octobre 2010

Jeux de contrôle de respiration ("breath control play")

Cet article est fortement déconseillé aux personnes de moins de 18 ans sans regard parental.

Les précautions étant prises, le thème de cet article m'est revenu en m'apercevant que je ne sais plus quelle chaîne diffusait pour la millième fois le film "Soleil levant" avec Sean Connery, toujours épatant et Wesley Snipes, toujours inexpressif.

Je ne l'ai pas regardé car je le connais par coeur. Si je regrette que ce film ne fasse pas une part plus belle aux différences entre les cultures Japonaise et Américaine, ce film avait pour la première fois mis en avant  auprès du grand public une scène de plaisir sexuel via le contrôle de respiration (ce qui avait mené au scénario de décès d'une jeune femme d'où recherche du meurtrier).

Les jeux de contrôle de la respiration ("breath control play") sont etiquettés dans nos pays occidentaux comme des pratiques BDSM.


En Asie, au Japon tout particulièrement, cela fait partie des "jeux" sexuels permettant d'arriver à une exacerbation du plaisir.

Les Japonais ont toujours aimé les pratiques "limites" et surtout "raffinées", c'est à dire nécessitant une mise en oeuvre longue, contrôlée et esthétique. Et toujours dans le respect de la volonté de l'autre.

Les "jeux" dangereux, tels que le jeu du foulard fait partie des "breath control play".

Mais le but premier n'est pas de faire souffrir le corps par des pratiques violentes. 
On est bien dans la volonté de contrôler la respiration dans le but de la ralentir, de la limiter afin que le cerveau sécrète des endorphines face à ce qu'il considère comme un danger. 
Il ne s'agit jamais par contre de priver totalement d'oxygène, comme ce qu'on trouve dans le jeu du foulard, la strangulation longue ou l'électrocution.

Il s'agit de bien la réalisation d'un fantasme sexuel dans lequel celui qui "subit" reste en bonne santé et surtout vivant !

Il y a plein de techniques. La strangulation, la compression sur le torse, le sac plastique ou tout simplement retenir sa respiration ou la "noyade". Ou d'autres nécessitant des accessoires : ne pas pouvoir bouger dans une gangue de latex avec pour seule entrée d'air la présence d'une paille au niveau des narines ou de la bouche, la pompe à évacuation d'air, le sac gonflable, un masque à gaz ou le préservatif (grande taille) sur la tête... et j'en passe.

 

Ces techniques ne doivent en aucun cas être pratiquées lorsqu'on est seul.
On ne pratique pas non plus avec n'importe qui.
Et celui que sera limité en arrivée d'oxygène doit pouvoir à tout moment montrer, exprimer clairement qu'il est temps d'arrêter ou qu'il veut mettre fin au jeu. 
Il y a de nombreux décès tous les ans parce que des personnes sont toujours persuadées qu'elles seront plus intelligentes que les autres ou qu'elles ont tout prévu. 
Une vingtaine de décès en France, plus de 1000 aux USA chaque année.
Lorsque ces pratiques sont réalisées par une personne seule, on parle de "décès autoérotiques" (Michael Hutchence et David Carradine en sont les décès les plus célébres) car on a beau prévoir toutes les solutions possibles pour permettre le respiration, lorsqu'on a perdu connaissance défaire un noeud ou tirer sur une corde s'avère difficile.
Sans compter que le corps a une fâcheuse tendance à ne pas tomber là où le système de sécurité avait été placé. C'est bête.

Il est vrai que la limite entre jeu sexuel et jeu de la mort est plutôt floue.
Je viens de l'écrire la grande différence est d'abord qu'on y joue à 2 et pas tout seul.

Plusieurs facteurs permettent d'accéder à un puissant orgasme : le risque bien sur, le fait de participer à une action tabou, la confiance en l'autre.

Je l'avais déjà écrit sur l'article sur les décès par autoérotisme, les jeux de respiration sont addictifs.
Eh oui, comme lorsque vous mangez un carré de chocolat, vous avez toujours envie d'en manger un second. Vous n'en n'avez pas besoin physiologiquement de ce deuxième carré de chocolat, mais les endorphines du plaisir libérées font que c'est un besoin psychologique.
Et bien là c'est pareil. A force de recevoir des sécrétions d'endorphines à haute dose lors des pratiques de jeux de contrôle de respiration, les relations sexuelles "classiques" n'ont plus aucun intérêt et n'apportent plus de plaisir. Du coup, il faut à chaque relation passer par la case contrôle et de plus en plus loin, avec des techniques de plus en plus sophistiquées et limiter la respiration de plus en plus longtemps.

Si les jeux de contrôle de respiration pratiqués à deux et dans un respect mutuel sont sans risques de mort, il n'en demeure pas moins que des études ont constaté qu'à partir d'une vingtaine de répétition le cerveau subit des dégâts neuronaux irréparables.

Un décompte à retenir lorsqu'il n'y a plus d'oxygène :
Il faut 3 secondes pour perdre conscience,
il faut 30 secondes pour entrer dans le coma
il faut 3 minutes pour mourir.


6 commentaires:

  1. Tu aurais du commencer l'article par la dernière phrase : "à partir d'une vingtaine de répétition le cerveau subit des dégâts neuronaux irréparables."

    Il y a tellement de façon de se faire du bien, de manière traditionnel ou complètement subversive, pourquoi aller essayer une pratique qui est dangereuse à court terme ET à long terme ?

    J'ai peu de tabou mais la connerie doit en être un :) (sur ce sujet-là, pour le reste, je suis sans prétention aucune)

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  2. Je pense que les pratiquants "spécialisés" sont conscients des risques. Je pense aussi qu'il ne faut pas confondre pratique et esbrouffe. L'esbrouffe c'est d'aller le plus loin possible, lorsque vraiment on manque d'air et que le corps est en panique montrant des gesticulations d'urgence. Je n'ai jamais vu ce genre de réactions chez ceux qui pratiquent régulièrement.
    Le problème c'est que les destructions neuronales ça ne se voit pas et comme c'est progressif on s'en aperçoit peu. Et lorsque c'est trop tard, pas de retour en arrière. Alors ils continuent ou s'arrêtent en disent ne rien regretter.
    Il y a plein de pratiques comme cela qui détruisent certaines fonctions du corps, les gens disent ne pas regretter même s'ils sont handicapés à vie. Mais c'est aussi une façon de ne pas voir le mauvais côté des choses, une espèce de méthode Coué.

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  3. Question : l'apnée libre mène-t-elle également aux lésions cérébrales ?

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  4. Normalement non car en apnée libre, il y a respiration, sauf que le plongeur utilise rationnellement son oxygène. Et lorsqu'il n'y en n'a plus, il est remonté à la surface.
    Mais oui, parfois cela a été démontré. D'ailleurs, certains plongeurs même expérimentés se noient car ils surestiment leurs capacités et souffrent avant de mourir d'un délire.
    La plongée en apnée ne génère pas de destruction neuronale tant que le plongeur reste donc sur sa réserve. Dès qu'il l'a dépassé, le cerveau est touché.
    Mais le plongeur en apnée pro est accro, ça c'est sur.

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  5. Les neurones se détruisent chaque jour même sans rien faire. En plus on en a une reserve assez importante.
    Je pense que les plus grave lésions vienne de ceux qui veulent tester sans savoir comment ca marche ni controler. Parce que seul c'est dangereux mais 2 abrutis qui connaissent rien c'est aussi dangereux et il y a autant de risque.

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  6. Hé hé...
    J'ai plusieurs fois voulu que mon compagnon me serre à la gorge pendant l'acte pour "m'étouffer" un peu, sans comprendre réellement pourquoi cela m'apportait une sorte de plaisir supplémentaire, et sans savoir que cela portait un nom... je me croyais un peu folle, me voilà tout à fait rassurée lol

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