mercredi 27 octobre 2010

Que regretterez-vous ?





Un de mes patients, la cinquantaine, malgré une verbalisation facile, me disait qu'il y avait certaines choses qu'on ne se disait pas dans sa famille.

Il aurait bien aimé parfois régler certains malentendus avec ses frères, parler de son impression de préférence pour l'un ou l'autre, dire son admiration pour le plus grand qui lui semblait avoir toutes les cartes pour réussir, mais aussi dire son amour pour eux et le plaisir de les revoir parfois ...

Je lui demandais pourquoi, lui qui avait la parole si facile, il n'avait pas réussit à dire tout cela à ses frères. 
La pudeur bien sur, la difficulté dans sa famille à exprimer les ressentis et puis aussi la peur de ce qu'ils allaient en penser.

"Pourtant j'aimerais" avait il ajouter.

Alors je lui demandais s'il ne risquait pas de le regretter jusqu'à la fin de sa vie. 
Passait il à côté de quelque chose ?


Et toi, Ô lectrice, Ô lecteur, ne vas tu rien regretter à la fin de ta vie ?

Statistiquement, si tu as 20 ans, il te reste 72 ans à vivre si tu es une femme, 67 si tu es un homme.
Si tu as 40 ans, il te reste 52 ans à vivre si tu es une femme, 37 si tu es un homme.
Si tu as 70 ans, il te reste 22 ans à vivre si tu es une femme, 17 si tu es un homme.

Mais ça ce sont des statistiques.

Quelque soit ton âge, que tu aies 10 ans, 22, 36, 47, 58 ou 84 ans, tout peut s'arrêter brutalement dans un mois, une semaine, un jour, une heure. A la fin de la lecture de cet article qui sait ?

Alors, que regretteras-tu de n'avoir pas dit, pas fait ?
Oh, je ne parle pas des rêves d'enfant. Ceux où chacun veut devenir vétérinaire, alpiniste, astronaute, se démontrer qu'on peut tout.
Non, je parle des choses plus profondes, des choses les plus importantes, de celles qui conditionnent notre vécu, de celles qu'on ruminent, de celles qui minent parfois.
Ce qu'on n'a pas osé dire à certaines personnes, en bien ou en mal.
Ce qu'on n'a pas osé faire pour certaines personnes...

Pour Soi.
Mais aussi pour ceux qui restent.

Ô lectrice, Ô lecteur, si ta vie doit d'arrêter là dans quelques instants, que regrettes-tu ?
"si j'avais osé, si j'avais pu, si j'avais su..."

Et n'est-il pas encore temps de le dire ou de le faire ?


16 commentaires:

  1. J'aurais aimé dire à mon grand-père avant qu'il ne meurt, combien certain de ses propos m'ont aidé à avoir confiance en moi. Le remercier. Mais je ne l'ai pas fait, même par écrit cela me semblait incongru. On ne parlait pas de ces choses là ensemble, une histoire de pudeur effectivement. Et je ne pense pas que cela aurait changé grand chose en définitive.
    Dans ma vie, j'accorde bien plus d'importance aux actes qu'aux belles phrases qui sont parfois trompeuses.

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  2. Tes phrases auraient elles été trompeuses ?!?

    Chaque personne à une vision différente. Les croyants pourront plus facilement "régler" leurs regrets en thérapie. Pour les autres, il faut trouver une échappatoire.

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  3. Amusons un peu la psychologue blogueuse : si j'avais osé, je ne serais pas devenue vétérinaire, mais musicienne. Et j'aurais regretté de n'avoir pas été vétérinaire. J'aurais donc eu une autre vie, différente de celle que je mène maintenant. Et j'aurais comme aujourd'hui traîné une sacrée Sehnsucht (le mot allemand correspond mieux à mon ressenti). Donc, en fait, ça n'aurait pas changé grand chose. Le seul moyen de s'en tirer, c'est d'avoir le don d'ubiquité... qui n'a pas trop réussi aux Sabines d'Aymé. Bon, on se mord la queue. Vite, le véto !
    A part ça, j'en aurais aussi envoyé plein les dents à certains fâcheux.
    C'est grave ?

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  4. impossible pour moi de demander à ma mère pourquoi elle ne nous a pas mieux défendu, ça serai la tuer de culpabilité, impossible aussi de dire à mon père tout le mal qu'il m'a fait, ça serai lui montrer ma fragilité ce qui me paraît dangereux pour moi, je préfère lui montrer que c'est moi qui suis dangereuse maintenant!

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  5. Je ne regrette rien, bien sûr j'ai fais des erreurs et bien sûr si j'avais su/pu ect.. j'aurais sans doute agis autrement, mais on ne refait pas le passé et si j'ai agis ou non-agis pour X ou Y chose c'est qu'il y avait sans doute une raison, ou peut être tout simplement aucune, dans tout les cas je n'ai pas envie de "refaire le passé" ni même d'y repenser, vivre le présent en évitant de reproduire les mêmes erreurs tout en , à ce qui m'commettant d'autres.
    Je crois que si ma dernière heure était venue je préférerais penser aux bons moments que j'ai vécu, à tout ces instants qui ont pu me faire vibrer et ressentir réellement ce qu'était la sensation de vivre, plutôt que de passer ces quelques minutes de trépas à me retourner le cerveau sur toutes mes exactions.

    Et vous, que répondriez-vous à vos propres questions ?

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  6. Zygielle : Tu éludes la question car tu nous parles de tes rêves et pas des aspects relationnel/émotionnel.

    Furia : ta mère mourra un jour, de ça ou d'autre chose. Pourquoi croire qu'elle culpabiliserait, peut être a t elle une réponse après tout. Et pour ton père, lui dire en acceptant de lui faire face démontre que tu n'as plus peur et qu'il ne peut plus te manipuler. Tu utilises les armes de ton père. Devenir comme lui est-ce vraiment vers cela que tu tends ?

    Chucky : On ne peut pas refaire le passé, mais on peut améliorer son futur. Ta réaction est sans doute la bonne si toutes tes souffrances ont réussi à te mener là. Mais lorsque tu dis que tu ne referas pas les mêmes erreurs, ne dis tu pas qu'en fait tu repenses au passé ?

    Je ne répondrais rien car comme tout bon psy, j'ai réglé un maxi de choses.

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  7. Ma mère se ronge déjà de culpabilité.
    Je sais que je ne reproduirai pas le schéma de mon père, (j'suis même trop laxiste avec les enfants ^^, je suis inhibée par eux)
    Mais c'est vrai que j'utilise ses armes ^^, je peu me battre physiquement contre des mecs qui font deux fois mon poids, et je peu pas parler à mon père :/ .

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  8. oh quel beau cas d'inversion des rôles ! lol
    Tu protèges ta mère et tu défies ton père. Et ta mère culpabilise comme une enfant. Elle est infantilisée et toi tu joues le rôle maternel/conjointe... Personne n'est à sa place, au plus grand bonheur du père, car c'était ce qu'il voulait et qu'il a fini par obtenir.

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  9. Il serait parfaitement hypocrite de clamer ne plus penser au passé, il est en chacun de nous peu importe qu'il soit bon ou moins bon, et le fait de s'en souvenir permet justement d'être à même, et surtout d'avoir toutes les cartes en main pour régir d'une façon qui nous convienne notre présent et par voie de conséquence notre futur.
    Et les "si j'avais su" je n'en vois pas franchement l'intérêt hormis si on aime particulièrement les boulets et les chaines aux pieds.

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  10. :/ Oho...on m'a déjà dit que j'étais pas à ma place...

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  11. Je parle bien d'émotionnel, de choses qui conditionnent le vécu, qu'on rumine et qui minent. Mes relations avec mes proches ne pâtissent que de cela. Pour le reste, ça va, on s'aime tous et on se le dit.

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  12. Je crois que je ne regrette rien. Peut être aurais je été plus malheureux ou plus heureux en choisissant un autre chemin, peu être. Je ne regrette pas mes erreurs car si je ne les avais pas faites j’aurai été un autre et dans ce cas moi m'aurait manqué. Non vraiment, si c’était à refaire je referai exactement pareil, c'est-à-dire pas grand-chose. Ce n’est pas une pensée pessimiste (enfin juste légèrement) c’est plutôt un constat d’une vie, qui loin d’être finie, me convient.
    Remarque, si peut être un truc que j’aimerai faire avant de prendre la tangente. J’aimerai vivre quelques instants dans le corps et l’esprit d’une femme, comme ça, pour voir.

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  13. J'ai lu l'article, j'ai réfléchi 24h, j'ai fait l'exercice, mais non, définitivement non, je n'ai aucun regret.

    Ou, plus exactement, je regrette bien sur certaines de mes actions ou paroles passées, mais il n'y a rien qui me fasse dire : J'ai fait ça de la mauvaise manière mais je peux encore me rattraper, corriger le tir, en gros faire quelque chose qui annule lesdits regrets.
    Surement en l'occurrence car ce sont de tout petits regrets.

    C'est grave, docteur ?

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  14. Zygielle : je connais un grand chercheur au CNRS qui le week end donne des concerts en soliste... Tout n'est pas perdu !

    Droufn : remplir sa vie ne veut pas dire y mettre n'importe quoi. Si ta vie te convient, c'est qu'elle est suffisamment et correctement remplie.

    Nakito : Tu as réfléchis ??? Honte à toi ! Quel manque de spontanéité ! LOL
    On a tous fait des erreurs, il y a d'ailleurs des choses qui ne doivent pas être rattrapées.

    C'est le premier concept en psycho : tant que ça ne gène pas, pourquoi s'en occuper ?

    Etonnant ces "c'est grave ?" en fin de commentaire... Et si je répondais oui ?

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  15. je pars du principe, que le regret ne sert pas à grand chose, car au moment de nos choix ou de nos erreurs nous n'avions pas toutes les cartes en mains et qu'après coup c'est un peu facile de se (faire) juger. et doit-on se justifier de nos choix?

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  16. C'est un peu facile d'écrire cela car on sait que dans la vie cela fonctionne pour peu de personnes avec autant de facilité. Beaucoup de gens existent uniquement dans le regard d'un autre et se sentent obligés de se justifier par peur d'être jugés et surtout désaimés.

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