jeudi 11 novembre 2010

De l'utilité sociale de la déliquance et de la criminalité

Durkheim bien avant moi avait posé la question de l'utilité sociale de la criminalité.
Tardé ne l'avait pas raté en lui répliquant qu'il était inadmissible de justifier le crime et même de l'appeler.
Ca prouve qu'il n'avait rien compris et Durkheim, au cours d'une lecture, le lui avait gentiment mais sûrement fait comprendre.

Mais depuis personne n'a osé retouché à cette épineuse question.
Sauf les hommes politiques qui, toujours en recherche de crédibilité électorale, n'hésite pas à crier tout haut qu'il faut supprimer la délinquance et le crime, hontes de nos Sociétés développées et morales.




Sauf que....
Sauf qu'à bien vouloir y regarder de plus près cela pose d'autres questions.

D'abord pourquoi la délinquance et la criminalité existent-elles ?
Certes on m'opposera tous les grands sociologues accusateurs d'une Société en déclin, d'un consumérisme extrême et d'inégalités sociales criantes.
Certes on m'opposera les psychologues qui affirmeront que tout ça n'est qu'une affaire d'éducation et de structure par l'environnement.
Certes les psychanalystes viendront m'affirmer qu'une complexe d'Oedipe mal résolu mène à tout même à la violence, car la violence sur soi est intolérable alors il vaut mieux la retourner vers les autres.

En fait, je ne sais pas vraiment qui a raison.
Certainement tous en même temps.
Car la délinquance et la criminalité, comme tout autre comportement, sont multifactorielles.
Mais alors il faudra m'expliquer un jour pourquoi le délit et le crime existe depuis la nuit des temps.
On peut aisément imaginer l'australopithèque, qui dans ses difficultés de verbalisations, n'aura pu résoudre son Oedipe ni crier sa colère et sa frustration, ni dire qu'il n'était pas d'accord que le voisin de grotte lui pique le cuissot de mammouth. Et paf, un grand coup de massue sur la tronche. Ce qui, au vue de la conjoncture des forces gravitationnelles du poids de la massue et de la force musculaire, avait une légère tendance à faire des trous dans les crânes les plus épais.

Si la violence n'était pas au coeur de l'homme, pourquoi tous ces morts quotidiens ? Pourquoi ce besoin de justifier sans cesse la guerre et surtout de la faire sans que personne ne puisse trouver la solution ? (ce qui en fait n'est pas si compliqué : on colle tout le monde devant Mario Bros Kart, le premier arrivé à gagné. Le premier qui sort son flingue a triché).

Et puis il y a toutes ses violences : esclavages, prostitution forcée, mutilations... Et on peut se demander d'ailleurs si ce n'est pas parce qu'aujourd'hui ces grandes violences sont interdites que l'homme se rejette sur des petites violences. Car après tout si colère intérieure il y a, il faut bien la passer quelque part...

Et puis, plus une Société est directive est contraignante, plus l'être humain a peut être besoin de liberté et de se rebeller contre les chaînes. La délinquance n'est peut être qu'une réponse anarchiste au fait qu'on est partout contrôlé...

L'homme nait-il bon ?
JJ. Rousseau n'avait pas la réponse.
Les enfants élevés par des animaux, n'étaient ni bon ni méchants, question de point de vue. Ils étaient ce qui les avaient élevés : des loups, des ours, des chiens... Adaptés pour la nature, violents pour les humains.
Cela voudrait-il dire alors que toutes ses violences qui nous entourent ne seraient qu'apprises ?
Mais pourquoi les apprend-on alors ?
Demandez aux parents s'ils élèvent leurs enfants en valorisant la violence, tous vous diront non. Alors qui a appris aux enfants, aux ados, aux adultes à se comporter violemment ?
Ne mettons pas tout sur le dos des maladies mentales, trop facile.

Alors pourquoi ?
Peut être parce que la guerre est une façon de contrôler les populations.
Paf 500 000 personnes en moins, c'est toujours ça de nourriture et de pétrole en plus pour les autres.
Peut être que la délinquance et le meurtre sont une façon de supprimer des éléments génants pour la Société. Ou pour quelques uns. 

Mais peut être que la délinquance et le crime ont une utilité sociale.

D'abord elles permettent une certaine cohésion sociale.
Tout le monde est à peu près d'accord sur ce qui est mal.
Et ça permet de faire front ensemble face aux "dérives" comportementales et de se reconnaître comme appartenant à ceux qui luttent contre.

Ensuite, si la délinquance et le crime n'existaient pas, nous n'aurions plus d'échelle de valeur de ce qui est mal.
Si on supprime toute forme de violence, toute forme, aussi minime soit elle, de dérive risque de devenir un crime. Par exemple, si le summum de la violence c'est de mal se garer, boire un verre de vin deviendra de la délinquance.

Et puis demandons a qui profite le crime.
Les effectifs confondus police/gendarmerie (hors personnel administratif, technique et scientifiques) étaient de 222 059 en 2009.
On peut multiplier ces chiffres par 5 si on ajoute les personnels adminstratifs, technique et scientifique. Soit plus d'un million de "travailleurs" institutionnels en lutte contre le délinquance et la criminalité.

On peut ajouter toutes les entreprises qui s'occupent de sécurité : video surveillance et protection. On les estime à 100 000 en France. Certaines en PMI d'autres en énorme entreprise. Soit environ 1 million de personnes qui travaillent dans la sécurité.

On y ajoutera en passant, les agents privés de recherche (détectives privés), les criminologues, les maîtres chiens, les surveillants plantons, les associations...

Sans compter, les magistrats, les avocats, les huissiers...

A l'IHESI on estimait que la luttre contre la délinquance et la criminalité faisait vivre au moins  5 millions de personnes en France.

Supprimez donc la délinquance et la criminalité et vous mettez 5 millions de personnes au chômage. 

Et on les recasent où ?

Alors délinquance et crime, besoin social ?


8 commentaires:

  1. Si on suit ta logique implacable, puis que ces délinquants, de par leur activité, on une action bénéfique pour la société, il serait logique qu'ils demandent à être rémunérés pour ça.

    Et si les délinquants sont rémunérés, s'ils arrêtent d'être délinquants car mis en prison, ils doivent toucher le chômage puis que c'est une sorte de licenciement.

    Bien sur, ils ne toucheraient la retraite qu'à 67 ans après 42 annuités.

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  2. Oui, d'ailleurs n'oublions pas de rémunérer aussi les victimes. Qui elles, aussi, font vivre un sacré paquet de monde (associations, magistrats, médecins...).

    Ceci dit les délinquants ne seront jamais assez rémunérés. ils se mettront donc en grève de bienfaisance et pendant la grève pourront s'adonner à tous leurs penchants. Vite, une augmentation.

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  3. Ah non, on ne peut pas se permettre de les laisser en grève, ça paralyserait 5 millions de personnes.
    Il faut à tout pris instaurer un service minimum pour les délinquants.

    Pour les victimes, c'est plus aléatoires, je propose de créer un statut à part, un peu comme intermittent du spectacle.

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  4. Intermittent victimaire ? Attention, chez France Télécom trop de victimisations peut cacher un CDI.

    S'il n'ya plus de délinquants, il n'y a plus de victimes. Plus besoin d'assurance (des milliers de petits actionnaires sans rente) certes, mais pour les victimes perte de leur statut ce qui reste de créer chez certaines d'entre elles une sacrée remise en question dans leur existence (plus besoin de pleurer, de se raison de se faire chouchouter, d'écrire de bouquin...)

    Une Société n'est-elle jamais aussi forte humainement et économiquement qu'après une guerre ? (dans laquelle d'ailleurs il a été démontré qu'il vaut mieux être perdant).

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  5. J'aime beaucoup ton explication "anarchiste" du crime, et j'y adhère assez bien. Quand aux effectifs des forces de l'ordre, je pense que ça suit un peu la même logique et que la délinquance est positivement corrélée avec les effectifs de "forces de l'ordre"...Et non l'inverse.

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  6. Ce qui revient à dire plus il y a de police plus il y a de délinquance. Est ce que cela ne rejoint pas la notion d'échappatoire face à la contraintes ?

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  7. Le surveillant planton, c'est le surveillant pénitentiaire ??? Aux premières loges c'est sûr... Enfin, j'suis tranquille, pas de chômage en vu pour moi... Surtout pas avec les peines planchers instaurées par Sarko et compagnie... Ha ça par contre, rassurez vous, ils sont choyés et dorlottés aux frais de la princesse nos chers pensionnaires... Dans le Pays des Droits de L'Homme, avec les toutes nouvelles et toutes belles RPE, les Règles Pénitentiaires Européennes... un régal en terme de sécurité je vous assure...

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