vendredi 19 novembre 2010

Les enfants opprimés par leurs parents ?

(nous parlerons ici des enfants en Europe et plus particulièrement en France)

Je reçois une jeune femme à titre informatif.
Elle a créé une association qui lutte contre la violence du sexisme.
C'est une jeune femme très grande, très mince, sans forme féminine.
Elle a eu du mal à arriver chez moi car il faut prendre l'ascenseur, ce qui la terrifie.
Nous nous rencontrons pour nous présenter mutuellement nos associations.

Je lui parle des violences conjugales faites aux hommes.
Ce qu'elle ne nie pas puisqu'elle en a rencontré et constaté.
Elle tique un peu sur les statistiques hors Europe.
Elle m'explique qu'elle a travaillé auprès de femmes victimes mais qu'elle était préoccupée par le fait que les hommes n'étaient jamais pris en compte dans la lutte, ce qui l'a amené à se poser la question du sexisme dans nos Sociétés.
Après avoir expliqué la violence des femmes par un retour de bâton de l'oppression faites aux femmes et avoir clairement exprimé la dévalorisation qu'elle attribue aux tâches ménagères, nous en venons à parler des rôles de chacun au sein de la Société mais aussi du couple.

Ce qui nous amène bien sur à la mise en place de l'identité sexuelle.
Cette notion d'identité sexuelle la gène car que fait on de ceux qui ne seraient pas dans cette problématique (tels que les hermaphrodites) ? Pourquoi devraient-ils optés pour un sexe ?
Ensuite vient sur le tapis le fait que des parents autour d'elles se posent la question à l'approche de Noël de comment éviter les jouets sexistes pour leurs enfants ?
Elle termine, le temps imparti à notre discussion étant fini, sur le fait que l'identité sexuelle étant mise en place par les parents, les enfants sont donc opprimés par leurs parents. 
Et que cette oppression doit cessée.

Nous nous séparons en nous promettant de nous revoir pour collaborer sur certains sujets.

Je reste dubitative sur cette rencontre.
Si je reprends les problématiques abordées,  je suis bien obligée d'opposer la vision du psychologue et la vision du sociologue.

 
Si je me penche sur le cas d'un hermaphrodite, il est évident que c'est à lui de décider ce qu'il veut être (et pas aux parents comme cela se fait et comme le force souvent les chirurgiens). Si l'herma veut rester avec son corps doublement sexualisé, ça ne regarde que lui. A lui ensuite de savoir et d'accepter comment et qui il se sent à l'intérieur de lui. Certains penseront qu'ils ne sont ni un sexe ni l'autre, d'autres qu'ils sont les deux. Peu importe du moment qu'ils sont en accord avec eux mêmes. 
D'un point de vue sociologique, l'hermaphrodite... on s'en fout.
Il ne représente qu'une minorité. C'est médicalement une simple erreur d'imprégnation hormonale qui a permis le développement de caractères sexuels des deux sexes. . En tant qu'erreur, il n'est pas amené à compter puisque la seule importance sociale est la survie de l'espèce passant par la reproduction. Donc il fait ses choix, mais pour la Société il ne compte pas.

En ce qui concerne les jouets sexués, je comprends la préoccupation des parents. 
Personnellement, je trouve inadmissible d'offrir une poussette à une gamine et un train électrique à un gamin, surtout tant que la demande ne vient pas de l'enfant. 
L'inverse n'est pas impossible et ce qui fait la problématique c'est plus le regard des autres du style "mais t'es un petit garçon, c'est pas à toi d'avoir une poussette" ou "il est joli ton train, mais c'est pas un jeu de garçon ça?".
Tant qu'on ne leur a pas dit que tel jeu était féminin ou masculin, les gosses n'en savent rien et s'en foutent totalement.
Et si je reprends l'exemple de la poussette, il faut aussi la remette dans son contexte, parfois cette demande est liée par exemple à une naissance qui donne envie de faire "comme maman", autant chez les filles que chez les garçons.
Mais il ne faut pas confondre comportements sexués et identité sexuelle.
Or une fille a besoin de savoir qu'elle est une fille et qu'un garçon qu'il est est garçon.
(ce qui a fait hurlé mon interlocutrice sous prétexte qu'on exclut les "autres" et pourquoi donc devrait-on opter ?).
Je lui ai réexpliqué que ce n'est pas parce qu'on sait qu'on est une fille qu'on doit avoir l'air d'une fille, ce sont deux notions différentes (ce qui la rassuré).
Or le problème que je n'ai pas eu le temps de discuter avec cette jeune femme, c'est que nous sommes physiologiquement différents.
Nous sommes sexués. Jusqu'à preuve du contraire, les garçons et les filles ont quelques différences (les organes génitaux bien sur, la pilosité, la répartition graisseuse, les hormones, le fait de pouvoir porter un enfant ou pas...).
Du coup nous sommes différents, nous avons une façon de nous tenir différente qui implique des comportements différents (par exemple lorsque nous dansons, les filles tendent à balancer le corps et à onduler du bassin, les garçons utilisent surtout leurs membres (bras, jambres) qu'ils remuent en mouvement saccadés).
Différences physiologiques, différences physiques, comportements différents... pourquoi donc devrions nous avoir les mêmes centres d'intérets ou les mêmes jouets ?
Les petites filles aiment les boîtes, les petits sacs, les pochettes, tout les trucs dans lesquels ont peut fourguer des "secrets". Dolto elle-même le disait, il faut donner des boîtes au filles, elles sont symboliques du vagin et de l'utérus qu'elles ne peuvent voir et qu'elles imaginent symboliquement avec ce qu'on peut mettre dedans.
D'ailleurs dans les jeux, les filles ont tendance à ramener les objets vers elles et les garçons à les écarter au loin.

Pour ce qui est de pourquoi obligatoirement opter pour l'un ou l'autre sexe, je n'ai pas vraiment la réponse, sauf que par constat personnel lorsque les gens ne savent pas bien ce qu'ils sont ils en souffrent et éprouvent le besoin de réussir à se glisser dans une catégorie plutôt que dans l'autre. On sait que le cerveau à tendance à simplifier pour coder l'information, il classe à longueur de temps toutes les infos qu'il reçoit. Ca, ça rentre dans telle case, ça dans telle autre... Le besoin d'être dans une catégorie peut n'être qu'un prolongement logique au fonctionnement psychique de base. En tout cas, il me semble qu'à partir du moment où on peut se décrire avec des éléments génétique, physiologique et physique comme étant fille ou garçon, j'ai du mal à comprendre pourquoi on voudrait être dans l'autre catégorie, si ce n'est parce que psychiquement on se sent différent (ce qui existe dans le transsexualisme), mais ce qui reste un phénomène, là encore, très rare.
Ce qui peut être pris en compte psychologiquement, mais pas socialement.

Alors moi lorsqu'un parent me demande comment éviter de donner des jouets sexués à ses enfants, je me demande surtout quelle est la problématique personnelle derrière...

Quant à l'oppression des parents, difficile de savoir exactement ce que mettait là-dessous mon interlocutrice.
Mais il était évident qu'elle le rapportait au fait que si nous étions si "formattés sexuellement" dans nos comportements c'était de la faute des parents.
Ce n'est qu'en partie vraie lorsque les parents cherchent à renforcer certains comportements sexués parce que cela répond à l'image qu'ils se font des filles ou des garçons.
Mais l'école s'en charge bien aussi, il n'y a qu'à voir les différences de comportements des surveillants dans une cour d'école.
C'était aussi de la faute des parents si certaines personnes ne savaient pas dire non et ne savait résister à l'oppression générale voire sociétale. Là, j'étais d'accord.
Lorsqu'un enfant n'apprend pas à avoir le droit de dire non, il dira oui à tout et ne s'opposera jamais à personne.
Mais l'école est pas mal non plus. Aujourd'hui on apprend à la maternelle et au primaire qu'il ne faut pas taper sur les autres. Certes. Mais on apprend aussi que si on se défend, comme on tape aussi sur l'autre, ce n'est pas bien. Si tu tapes le premier, tu es puni. Si tu tapes pour te défendre, tu es puni. Donc pour être bien élevé et en cohérence avec ce qu'on te raconte, tu n'as plus qu'à subir ceux qui ne respecte pas les règles. Soit tu es un rebelle, tu cognes, t'es punis mais au moins t'as cogné. Soit tu es "bien élevé", tu ne frappes pas, tu subis et tu vas dénoncé le "méchant" afin qu'il soit sanctionné.
Bref, l'école, au travers de règles paradoxales, est très douée pour faire de futures victimes qui doivent croire qu'en la Justice pour réparer les torts subis. Ca devrait, mais on sait que ça n'est pas.

Bon, je crois que j'ai un peu perdu le fil de mon article. 
Ce n'étaient que quelques réflexions.
Quel est votre avis sur ces sujets ?




4 commentaires:

  1. Tu veux une réponse aussi fouillis que ton exposé? ;-)
    Les jouets sexués sont un thème récurrent dans les groupes que je fréquente. Tous les parents qui s'interrogent sur la société actuelle, essayent de dépasser les modéles établis. Seulement dans les faits ce n'est vraiment pas facile. Il doit vraiment y avoir de l'innée dans certains jeux et ou préoccupations des garçons ou des filles et l'école les autres viennent rapidement confirmer tout ceci. Alors les parents peuvent ne pas opprimer leurs enfants, les laisser libres de leurs choix de jeux, le reste de la société se chargera de leur faire remarquer leurs différences éventuelles.
    Ensuite il est évident qu'il faut dire à un enfant de sexe féminin qu'elle est une fille et inversement. On ne peut pas faire autrement même si effectivement cela peut conditionner un certain nombre de chose.
    Ton "invité" préférerait-elle qu'on éduque les enfants sur un mode neutre jusqu'à l'adolescence? Outre les différence physique que les enfants ne peuvent s'empêcher de remarquer il y a tous les agissements qui différent entre fille et garçon et qui font qu'on ne peut les élever complètement sans distinction. Ne serait-ce que dans leurs interactions aux autres: les garçons même les plus pacifiques entreront plus facilement dans la confrontation physique alors que les filles, se disputent, font des histoires mais en viennent bien moins souvent au mains alors qu'elles se chicanent peut-être plus souvent.

    Est-ce que les parents formatent leurs enfants, ou bien est-ce que les enfants rentrent dans le moule que leur offre leur parent parce qu'il leur convient?
    Je suis l'ainée de 4 enfants, 1 sœur de 2 ans de moins que moi et 2 frères de 6 ans de moins que moi. J'ai depuis l'adolescence l'impression d'avoir au moins une moitié de cerveau de mec: je ne supporte pas les chicaneries de filles, j'ai du mal à me sentir à l'aise d'un milieu exclusivement féminin, j'aime des travaux plutôt d'ordinaire masculin: petite je jouais aux légos, j'aimais et je pratique l'informatique: monter des meubles et autres petits bricolages ne me font pas peur et cela gonfle mon égo quand je le fait autant que lorsque je reçois des compliments sur mon allure, je me sens en effet très bien quand même dans ma peau de femme.
    Je réalise que ces petits travaux de bricolage dans lesquels je me sens à l'aise ce sont ceux que mon père m'a montré et que je prenais plaisir à réaliser avec lui, profitant ainsi d'un peu d'attention de sa part. Ma sœur elle ne s'est jamais vraiment joint à nous, pas invité? Pas intéressée, par le bricolage et/ou la proximité avec notre père? C'est aujourd'hui une quiche en bricolage, qui n'a contrairement à moi aucun soucis de sociabilité avec les groupes féminins.
    Quid de l'innée et de l'acquis?

    Et effectivement, il faut déjà être bien armé pour pouvoir affronter l'école, les instits ne voient pas tout et ne peuvent pas tout régler. Combien de fois ai-je déjà du répondre à mes enfants" Oui effectivement ce n'était pas très juste, mais ton institutrice n'avait pas vraiment le choix dans cette situation. Il va falloir que toi, tu fasses attention à ne pas te remettre dans le même pétrin, car l'instit ne pourra pas plus te protéger une prochaine fois" Il s'agit généralement de peccadilles, mes enfants savent aussi que si il y a un problème plus grave je n'hésiterais pas à monter au créneau, rencontrer l'instit pour faire le point. On attends des élèves qu'ils s'écrasent à l'école, c'est effectivement aux parents de leur apprendre qu'il y a certaines circonstances ou on ne doit pas forcément se laisser faire. Il y a d'ailleurs des parents qui le montre malheureusement un peu trop bien à leurs enfants (d’où certains problèmes de respects des instits et profs).
    désolé pour les doublons si il y en a le site bug

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  2. Pour ce qui est des jouets je n'aime pas bien l'idée "d'imposer" quelque chose à un enfant, un gosse arrive suffisamment jeune à émettre lui-même ses préférences et je trouve ça important d'en tenir compte sans vouloir à tout prix le conformer selon les diktats de son sexe.
    Je me souviens lorsque j'étais gamine, les poupées, poussettes, maquillage, déguisement de princesses ou autres jouets typiquement féminins ne m'amusaient pas du tout, je préférais les voitures, les figurines de Batman, tortues Ninja ou autres super-héros. J'avais bien sûr quelques poupées dues à des cadeaux (les gens pensent toujours bien faire ^_^) mais même lorsqu'il m'arrivait de jouer avec ça n'était pas de "façon féminine", c'était des bagarres, barbie kidnappée par Schreder (le méchant dans tortue ninja), et au final les poupées finissaient toujours par se faire descendre ou esquinter lol. Et lorsque je me forçais à "faire la fille" pour jouer avec des amies je me souviens m'ennuyer royalement et me débrouiller pour que Barbie se fasse kidnapper ou prise d'otage pendant la virée shopping histoire de mettre un peu de piment au milieu de cet univers insipide. Mais ça ne m'a pas empêcher de savoir que j'étais une fille, et de m'amuser avec mes jouets-garçon tout autant -voir plus- que les filles qui passaient des heures à coiffer leur poupée ou à faire semblant de se trimballer avec une poussette.
    Après j'ai l'impression que les parents se mettent une pression monstre à élever leur enfant "en fonction de leur sexe", le vieux cliché "chambre bleu ou chambre rose", et combien de parents s'insurgent lorsque leur petite fille chérie leur fait part de s'inscrire dans un club de foot ou de rugby ou lorsque leur garçon adoré veut s'inscrire dans une école de danse classique ?
    Il y en a encore beaucoup, et c'est bien dommage je trouve, les enfants sont capables de se rendre compte par eux-même de leur identité sexuelle sans forcément devoir se conformer aux jeux ou activités qui vont avec dans la tradition.

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  3. Cleanette : 7 "doublons" !Moi qui croyait en voyant le nombre de com que le sujet avait passionné les foules !

    En ce qui concerne mon "invité, je pense en effet qu'elle tend vers une éducation totalement non sexuée. Je ne sais pas trop comment on peut faire ! Mais il me semble important de demander l'avis de l'enfant et lorsqu'il n'est pas encore en âge de le donner de respecter un certaine neutralité.

    je pense que les filles comme les garçons ont les même capacités dans toutes la majorité des activités (la différence étant encore dans la taille ou la musculature... pour l'instant !). pourquoi se forcer à faire quelque chose (du bricolage par exemple) alors qu'en se faisant passer pour une nulle y a toujours quelqu'un pour le faire à ta place ? Y a ceux qui font et ceux qui manipulent pour que les autres le fassent.

    C'est marrant la vision que tu as des tâches féminines (je me sens très masculine d'un seul coup... lol). L'informatique et le bricolage seraient donc masculins ? Qui a décrété cela ? Les hommes ou les femmes ? Les femmes ont toujours bricolé (pendant la guerre les femmes ont continué à vivre et à faire vivre la cité). Je me demande si, comme ta soeur, parfois les femmes ne sont pas de grosse malignes qui ont longtemps fait croire qu'elles ne savaient rien faire pour que les hommes le réalisent à leur place. A force ça s'est retourné contre elles, les hommes ont fini par croire qu'elles n'étaient bonnes à rien...

    Chucky : de nos jours les parents se mettent la pression pour ne pas sexualiser leurs enfants ! Ils confondent tout, identité sexuelle, orientation sexuelle, comportements sexués... Merci à eux, dans 10 ans, les psys seront riches !

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  4. Je vais juste réagir pour l'instant sur la partie la plus anecdotique du sujet, à savoir la différentiation des jouets.
    Je suis persuadé d'après les exemples autour de moi que petits les enfants s'amusent de manière mixte, autant poupée que voiture, poussette que train electrique, etc. j'en ai le parfait exemple chez moi, le fiston adore sa poussette, coiffer ses peluches, jouer à la guerre avec ses pistolets et faire des circuits de train électrique. Par contre, avec l'école, les choses changent. Maintenant, il refusera de prendre sa poussette au parc parce que "ça fait fille" et qu'il risque de croiser des copains de classes. Les pubs, c'est illico "ah ça c'est un jouet pour les filles ! "... Mais ça ne l'empêche pas de demander une cuisinière pour Noël car il sait que ça ne sortira pas de la maison !
    la pression, c'est d'abord les copains de l'école, et le pouvoir des adultes est très restreint là-dessus.

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