mercredi 8 décembre 2010

Mes (nouvelles) pérégrinations dans le métro

Et voila j'ai repris le métro cette semaine et je recommence la semaine prochaine.
Ma vie est palpitante.

Quoi de neuf dans le tromé parisien ?

D'abord je n'ai pas eu de chance, à croire que la RATP c'était liguée avec le monde entier pour me mettre en retard.
Là où j'aurai du mettre 35 minutes j'ai réussi à chaque fois à en mettre 50.
Entre les accidents techniques, les tentatives de suicide et les colis suspects, j'ai eu le plaisir de mettre 10 minutes par station certains matins.
Les rames sont pleines à craquer, mais je ne sais pourquoi, emmitouflée dans mon bombardier (que j'ai ressorti du placard vu que c'est hype) et mon bonnet trop grand, personne ne vient me coller.
Ai-je plus l'air d'une délinquante attardée que de la Schtroumpfette ?



Sinon, aviez vous remarqué dans le métro les femmes ont tendance à s'asseoir à côté d'une autre femme et les hommes à côté d'un autre homme ?
C'est assez amusant, d'autant que cela donne lieu à des stratégies visuelles et comportementales un peu affolées. 
J'ai nettement eu l'impression par contre que ça génait plus les femmes d'avoir un homme qui s'asseyait à côté d'elle que les hommes qui voyait une femme s'asseoir à leur côté.

De la même façon, les hommes costard cravate s'asseoient "entre eux", les étudiants aussi, les personnes âgées aussi. Les lycéen attirent les collégiens, les jeunes attirent les jeunes, les plus vieux les plu vieux et les blouson/capuche braillards attirent les... blouson/capuche braillard ! Bravo vous avez tout compris.

Cette tendance à se regrouper inconsciemment par sexe, âge et "style" est quand même étonnante et passionnante dans un endroit qui semble trimballer de tout. 
Comme quoi, mêler de tout semble mener obligatoirement au ghetto.
C'est raté pour la mixité sociale.
Mais en fait on le savait déjà.

Les femmes sont nettement plus souriantes que les mecs.
Si vous tombez sur une femme (sans le faire exprès n'est-ce pas) et que vous vous excusez poliment, vous êtes accueilli par un sourire. 
Par contre, les hommes ça ne les fait pas du tout rire, mais lorsque c'est une femme qui perd l'équilibre, ils restent polis.

Ceux qui font le plus bande à part sont les jeunes de moins de 25 ans. 
Ils ne se marrent pas, sauf s'ils sont entre eux.
Dès que quelqu'un perd l'équilibre, au démarrage de la trame par exemple, on a plutôt l'impression que ça leur fait honte.
De plus, pendant les attentes, alors que les gens vont se mettre à ronchonner ou papoter entre eux, ce jeunes se renferment sur eux-mêmes.
Il existe une volonté de se mettre à l'écart du reste.
Ce n'est certainement pas pour rien que c'est parmi eux que l'on trouve le plus de personnes qui s'isolent via leur mp3.
(Je hais les mp3 dans les lieux publics. Normalement, si on porte un casque c'est pour écouter sa musique seul, sans déranger les autres. Mais ça hurle tellement dans leurs headphones que tout l'entourage en profite)

Autre remarque, les hommes lèvent surtout la tête à l'entrée d'une femme jeune (25 ans maxi je dirai), fine et grande.
Non, ça marche moins bien avec les petites et pas du tout avec les replettes.

J'ai bien ri lorsqu'en face de moi un type d'une trentaine d'année, cheveux mi-longs, jeans crades, pull et blousons trop grand (le look d'étudiant post soixante huitard thésard en culture bio dans le Larzac à moins que ce ne soit en astrophysique, le look est le même), se pâme en voyant entrer une jolie grande jeune fille au look étudiant qui, affichant un grand sourire à son égard, s'asseoit à côté de lui.
Il est flatté ça se voit, lui lance des regards en travers. Cherche de toute évidence une technique pour lui adresser la parole.
Lorsque la mademoiselle sort son tabac, son papier à rouler et se met à se rouler des clopes à la chaîne.
En deux stations, elle s'en roule 4 ou 5, mais digne de la Seita tellement c'est bien fait. 
Le mec la regarde estomaquer qu'elle fasse cela ici, mais surtout elle a perdu à ce moment là sa beauté et son attrait.
Il est surpris et déçu de toute évidence. Et lorsqu'elle se lève pour partir, il ne lance aucun regard.
Si ça se peut à cause de la clope, elle a raté le mec de sa vie.
A quoi ça tient des fois...

Bon alors, c'est mon tour de descendre.
Au détour d'un couloir je manque d'écraser une femme SDF qui s'était endormie dans les escaliers en plein dans un virage.
Elle était entourée de ses sacs plastiques, fort curieusement neuf et bien fermés.
Une fraction de seconde morbide, je me suis dit que si cela se peut elle était morte, écroulée là dans ce couloir. 
Bon, mais je fais comme les autres, je l'oublie 10 mètres plus loin pour constater -qu'enfin- le groupe musical améridien qui traîne dans le couloir depuis 2 ans a enfin été remplacé par un groupe de folklore russe nettement plus festif.
C'est l'année de la Russie, c'est vrai !

Je change de ligne et monte dans une rame immense.
Une petite nana monte au loin et je l'entends se mettre à jouer du tambourin.
Comme beaucoup sans doute, je me dis qu'on va encore tenter de nous taxer quelques euros.
Elle se met à déambuler dans la rame, sponsorisée sans doute par Décathlon, vu la tenue de sport d'hiver peu pratique qu'elle porte : gros bonnet de laine, gros gants, le blouson de ski.... et le tambourin. 
Je n'entends pas ce qu'elle chante, mais fort étonnament le rythme met fait penser qu'elle psalmodie un truc comme Hare Krisna... 
Sans avoir en fait rien demandé, elle descend de la rame.
Et je me dis que n'ayant sans doute pas les moyens de s'offrir un mp3, elle avait trouvé un moyen économique d'écouter de la musique durant son trajet... et d'en faire profiter les autres (voir plus haut).

Un constat, les Japonais et les Coréens devraient être interdits de métro.
Totalement hermétique à notre fonctionnement franchouillard pourtant hautement fonctionnel et organisé ,ils restent des minutes complètes  dans un couloir à choisir un embranchement tout en parlementant avec leur voisin en regardant 10 fois à la seconde leur plan de métro... et en bloquant le passage.
Du coup ils se font sans cesse bousculer... et là encore totalement hermétiques à notre mode de communication tout de finesse et de symbolique, ne bougent pas d'un pouce tout en ouvrant de grands yeux tourneboulés devant notre capacité toute européenne à entrer en contact.
Et puis non, décidemment non, une doudoune jaune, avec un béret vert foncé, des collants noirs sur mini jupe en laine marron et les ballerines sans talon, sans oublier les mitaines à pois, tout en ayant l'air frigorifié comme si l'hiver n'existait pas chez eux... c'en est trop !

Bon, que tout cela vous rassure, cela ne m'a pas empêcher d'aller m'acheter un petit café avant d'arriver à bon port.
Super café d'ailleurs car dans une boutique qui vend du café qui vient juste d'ouvrir, les caissières n'ont pas de monnaie sur 10 euros et m'offrent ma boisson.

Une journée qui commençait bien non ?









1 commentaire:

  1. une journée qui commence bien ? C'est juste le café peut etre.
    A la fin c'est pas sur les genoux mais direct au dodo non? que d'observation, quand on sais que c'est prenant l'observation...
    et moi qui me croyait bon en la matière...trop fort....

    Bonne journée

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