lundi 6 décembre 2010

Natasha Kampusch

Je n'ai jamais rencontré Natasha Kampusch mais j'en avais entendu parlé comme beaucoup de personnes.

C'est l'histoire d'une jeune fille de 10 ans que aurait été enlevée à la sortie de l'école et qui est restée séquestrée par son ravisseur pendant 8 ans.
Au cours d'une inattention de son ravisseur elle aurait pris la fuite.
Il n'aurait pas survécu à son départ, se suicidant quelques heures après sa fuite.



Et puis, j'ai vu plusieurs fois Natasha Kampush à la télévision.

J'ai d'abord été étonnée par l'aspect quasi inexpressif de cette jeune fille.
Ce qui en fait ne daterait pas d'aujourd'hui car, d'après ses dires, elle n'aurait pas eu peur lors de son enlèvement et aurait surtout pensé à ses parents.
Elle serait donc dans le "contrôle" émotionnel depuis son enfance.

Ce qui est intéressant c'est la façon dont elle répond aux questions.
Elle reste totalement inexpressive émotionnellement lorsqu'on lui parle de son ravisseur, de ses conditions de vie durant sa séquestration, des privations et éventuels abus sexuels qu'elle aurait subit.
Un peu comme Poutine.
D'abord, la majorité du temps elle parle d'une voix douce mais ferme et répond juste par "oui", "non", "peut être", "je ne sais pas" et ne développe pas sa pensée.
Ce qui laisse les interviewers pantois et les spectateurs sur leur faim.
Après tout, si elle ne veut pas répondre c'est son droit, mais alors pourquoi passer dans les médias ?
Lorsqu'elle accepte de parler, elle le fait avec beaucoup de détachement, comme si ce n'était pas à elle que c'était arrivé.
Après une question, si elle développe elle répond sans aucun temps de pause, sans aucune émotion et en restant dans le flou.
On dirait une histoire apprise par coeur.
Certes elle a du répéter son histoire un sacré paquet de fois, certes elle a suivi une thérapie, mais il y a une mise à distance dérangeante.
Et puis le regard est "étrange", j'ai déjà vu cela chez les manipulateurs qui ont réussi leur coup.

Je ne l'ai vu deux fois exprimer des émotions.
Une fois lorsqu'on lui a demandé si c'était vrai que d'après la rumeur elle allait vendre la maison dans laquelle elle avait été séquestrée (elle a racheté la maison).
Là elle a d'abord montré de la colère, ça a duré une fraction de seconde puis les larmes sont montées au yeux au moment où elle répondait que ce n'était pas d'actualité.
Pas des larmes de colère, mais des larmes de tristesse.
Le lien avec la maison et l'agresseur apparaissent alors très fort.
Puis une autre question sur ces relations avec son père.
Celles ci n'étaient pas au mieux lorsqu'elle a été enlevée.
Elle a dit qu'elle "avait renoué avec son père lors d'une circonstance difficile concernant une personne proche".
Lorsque le journaliste a posé la question, elle était vraiment en colère, elle avait un regard haineux, très décalé par rapport avec son contrôle.
Ca s'est super intensifié sur le mot "père" et la colère a perdurée, jusqu'à ce qu'elle dise "personne proche", sur ces mots les larmes sont montées au bord des yeux. Mais elle a su se retenir.
De toute évidence, elle est très en colère contre son père et contrairement à ce qu'elle dit ça ne va pas mieux entre eux. Elle lui en veut surtout en ce qui concerne cette personne proche.
On la sent explosive, pas si lisse et douce qu'elle veut bien le montrer.

Je ne crois pas une seule seconde à un syndrome de Stockholm.
Ma première impression est qu'elle raconte des cracs.
Elle ment de toute évidence sur sa détention.
Tout est très calculé, appris, contrôlé.
Et mon impression seconde c'est qu'elle n'a pas été si malheureuse qu'elle veut bien le raconter et qu'elle aurait même été plus heureuse avec son ravisseur qu'avec son père.
Mon impression générale est que cette jeune femme est en colère mais pas contre son ravisseur et qu'il existe un mensonge important sous tout ça.
Et il existe des comportements autoritaire voire un sadisme chez elle.
Ca laisse une sacré malaise.
Ca me rappelle l'affaire Dils... 


28 commentaires:

  1. Je ne suis pas psy (ça, tu le savais !) mais j'ai eu l'occasion de voir 2 fois Natacha en interview (chez Ruquier et dans un JT) et je me suis fait la même remarque :
    Elle ne répond que par oui ou par nom, ne développe jamais, reste inexpressive.
    Chez Ruquier, les habituels harceleurs mettaient forcément la pédale douce mais comme elle venait vendre son livre, ils s'interrogeaient sur le fait que jamais dans le bouquin elle n'emploie de mots très durs envers son ravisseurs. Que ça pourrait destabiliser les lecteurs qui s'attendent à du sordide.
    Aucune réponse, juste un "c'est comme ça, j'écris comme je le ressens"

    Par contre, mon opinion très terre à terre a été que cette nana venait faire à contre-coeur du racolage pour son bouquin sous la pression de son éditeur et que ça la gavait royalement.

    je n'ai pas cherché plus loin que ça.

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  2. Je n'avais jamais entendu parler de cette affaire, il faut dire que je m'intéresse très peu aux faits divers et autres histoires de ce style.
    Cependant je me suis du coup renseignée sur cette affaire, et j'ai du mal à la croire totalement manipulatrice, je ne sais pas, ça ne colle pas, ce détachement bien que très présent ne me choque pas, c'est une façon de se protéger je pense, une façon de mettre à distance ce qu'il s'est passé pour ne pas laisser toute cette histoire la bouffer. Mécanisme de défense plutôt légitime compte tenu de la situation.
    Enfin, on ne pourra probablement jamais vraiment connaitre la réalité.

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  3. Chucky : "ça ne colle pas"... Pourquoi parce qu'elle s'est faite enlevée ? Le kidnappés ne seraient donc jamais des menteurs ?
    Là ce n'est plus de la mise à distance, c'est reptilien.

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  4. Nakito : oui, ça l'ennuie de toute évidence, surtout que maintenant c'était il y a 4 ans.
    Les gens qui se rappellent des souvenirs ont certains mouvements des yeux (pas toujours en haut à droite non). Chez elle, il n'y a des mouvements oculaires de souvenirs que lorsqu'on parle de son père ou d'une autre personne de sa famille. Pour son histoire, rien, comme si elle inventait au fur et à mesure, d'où le fait qu'il ne puisse y avoir de détail.

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  5. Si c'est possible, je ne remets pas en doute cette hypothèse, bien sûr qu'elle peut très bien mentir ce qui expliquerait son inexpressivité et sa "froideur" apparente mais aucune idée de comment expliquer, c'est purement un ressenti par rapport à ce que j'ai pu voir ou lire de l'affaire, mais je ressens davantage sa froideur comme une mise à distance pour se protéger que comme un mensonge calculé.
    Et dans le doute je préfère appliquer "la présomption d'innocence".

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  6. Natasha Kampusch a toujours dit qu'elle avait des rapports "complexes" avec son ravisseur.

    Par exemple, elle souligne que l'une de ses plus grandes peurs était qu'il arrive quelque chose à son enleveur, alors qu'elles est enfermée dans sa cave à laquelle lui seul a accès.

    Lors de sa première interview, elle était assez composée la plupart du temps, mais avait des mouvements involontaires des mains lorsque certains souvenirs l'assaillaient.

    Je crois que vous ne pouvez pas faire l'impasse de la langue et du contenu de ses dires dans votre analyse.

    Je m'étonne que vous écrivez "elle aurait été enlevée", comme si vous doutiez de la véracité des faits. Laissez-moi vous dire que cet enlèvement a fait la une de la presse en Autriche au moment des faits, quand elle avait 9 ans.

    "Il se serait suicidé": Pourquoi mettre en doute que ce suicide a eu lieu? Parceque vous êtes trop loin, en france, pour vérifier les faits? Parce que vous ne faites pas confiance à la police autrichienne qui a constaté le suicide?

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  7. Meuffe : vous y étiez vous sans doute ? Moi tant que je ne vois pas, je ne suis sûre de rien. Et surtout la vie m'a appris que ce n'est pas parce que c'est écrit dans les magazines ou que ça passe à la télé que c'est vrai ou en tout cas que certaines choses n'ont pas été "modifiées".
    Moi je n'y étais pas. Ni à l'enlèvement, ni au suicide.
    Et tout ça fini bien, le ravisseur devient quasi un héros, un pauvre type que tout le monde plaint.

    Je ne vois pas trop ce que la barrière de la langue vient faire ici. Je n'ai jamais parlé des termes employés, mais pour avoir fait un peu d'allemand, j'ai constaté sur quels mots elles mettaient ses émotions.
    On voudrait encore nous faire croire que les allemands sont des gens froids dont les émotions sont bien cachées. Il n'en n'est rien, c'est plus lié à l'éducation.

    Bien sur qu'elle a des relations complexes avec son ravisseur, mais certainement plus qu'avec sa propre famille.

    (au fait, est on sur que la jeune fille d'aujourd'hui est bien celle qui a été enlevée ? Je n'ai jamais entendu parler d'une quelconque analyse de vérification, si vous avez des infos à ce sujet, ça m'intéresse).

    Chucky : je ne nie pas les mécanismes de défense. j'ai des patientes qui ont vécu des trucs horribles et qui raconte en surface avec un détachement qui font que leur entourage doute.
    Ce n'est pas la froideur qui me gène, ce sont certaines absences de réactions "universelles" qui devraient être présentes et qui n'y sont pas.
    En ce qui concerne la "présomption d'innocence", c'st étonnant de mettre ça ici, comme si elle était coupable...

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  8. Si c'était une usurpeuse, je suppose que sa mère ou son père s'en seraient rendu compte.

    La barrière linguistique intervient dans le sens où l'on peut pas faire l'impasse du contenu transporté: Vous faites des suppositions en laissant de côté bon nombre d'informations qui sont disponibles pour ceux qui comprennent la langue.

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  9. Dans cette histoire, il est clair qu'elle ne dit pas tout. Sans doute une partie de ce qu'elle raconte est vrai (la cave existe bien et l'"enlèvement" a bien eu lieu (enlèvement dans le sens elle a disparu de chez elle un jour sans que son entourage l'ai su + mise en route d'une enquete de police). Pour le reste, j'ai eu beaucoup de mal a croire au fait que la famille de cette fille (et notamment son pere) n'ai été au courant de rien (sa fille enlevée par un ami de la famille et cachée (enfin "cachée") a seulement quelques kilometres. Si je perdais un enfant dans ces circonstances je tournerais surement en voiture des jours et des jours à sa recherche... Et cette maniere qu'elle a de mettre a distance, par cette inexpression du visage et de la voix c'est que manifestement elle cache quelque chose
    Kirikou

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  10. S5 : vous supposez... tout comme moi !
    Vous n'en savez rien. Il existe pas mal de cas d'usurpations dans lesquels les parents n'ont rien vu (ou on fait semblant de ne rien voir).

    Vous parlez du contenu, je n'en parle pas. C'est marrant cette tendance à vouloir faire de "sa" langue un truc particulier.
    Comme pour Meuffe, je répondrais qu'il existe des universaux de comportements, de réaction. Pour ce qui est de comprendre d'ailleurs, vous ne savez absolument si je comprends l'allemand ou pas. Encore une de vos suppositions ?

    Kirikou : bien sur qu'il y a des choses vérifiques, je ne nie pas l'histoire. Mais il est clair qu'il existe un "truc obscur" dans l'histoire familiale en lien avec le ravisseur.

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  11. Mais de toute façon, Vergiberation, il me semble avoir un jour vu un reportage qui mettait déjà en avant le fait que ses parents l'avaient peut-être "vendu" au ravisseur... Le problème c'est que je ne me rappelle plus du reportage, que j'ai vu cette hypothèse soulevée qu'une fois, et plus jamais par la suite...
    Ce que je me rappelle, c'est d'une interview de la mère, qui m'avait paru également extrêmement détachée aussi...

    Il y a des intimes convictions comme ça.Personnellement, il y avait l'affaire en France d'un mère qui avait crié au loup car son bébé avait disparu. Elle avait fait un appel à la télé, et je me suis dit direct : "elle a fait quelque chose...Il y a un truc qui colle pas dans son regard, dans sa façon de parler"...Et quand on a su par la suite qu'elle avait noyé son bébé pour ensuite le jeter dans une rivière (je crois bien que c'était ça), ça ne m'a pas étonnée...

    Et oui, j'ai vu l'interview chez Ruquier, et j'ai eu la même impression. Quelque chose cloche chez Natasha K.

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  12. Avez-vous entendu l'interview qu'elle a donné quelques jours après sa libération en langue originale?

    Vous êtes-vous rendu compte qu'elle parlait le viennois comme une viennoise, mais que, néanmoins, elle avait parfois des façons un peu étranges de s'exprimer, comme si elle n'avait pas le vocabulaire normal d'une fille de 19 ans?

    Voilà le genre de détails qui peut vous échapper quand vous ne parlez pas la langue.

    Plus vous êtes loin d'un événement, moins vous en connaissez les circonstances exactes, et plus d'hypothèse deviennent possibles.

    Ceci dit, certaines hypothèsent pourraient se falsifier (ou vérifier) facilement grâce à des informations disponibles dès que l'on se rapproche un peu des événements.

    C'est vrai pour la distance géographique, c'est vrai pour les barrières linguistiques et culturelles, c'est vrai également pour la distance dans le temps (histoire).

    Il est vrai que la distance (ou le fait de ne pas comprendre une langue) permet parfois de formuler un point de vue original, qui peut même correspondre à la réalité. Mais en suite, il faut faire les vérifications nécessaires: vous n'êtes apparamment pas en mesure de les faires, donc ce débat est assez vain...

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  13. Voici la réponse à votre question concernant le test d'identité: on a fait un test ADN pour vérifier s'il s'agissait bien de Natascha Kampusch

    http://wien.orf.at/stories/131605/

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  14. Meuffe : merci pour le lien sur lequel je vais me précipiter.

    Pour ce qui est de la distance, quelle hypothèse tordue. La preuve c'est que les voisins ne se sont rendus compte de rien, pourtant plus proches qu'eux ça va être difficile...
    Rapprocher les événements, je veux bien, mais des événements objectifs pas ceux donner par les médias qui sont réinterprétés, modifier, torturés, biaisés et parfois totalement faux ne répondant qu'aux attentes morbides des lecteurs. Lire les journeaux, ce n'est en rien faire des vérifications, c'est juste aller dans le sens des journalistes... rien d'autre.
    Il n'y a que 3 parties qui détiennent la vérité : Natasha, Le ravisseur et sa famille.
    Tout le reste, même la police, n'est que spéculations ou parties de spéculations.

    Mais en tout cas quelle agressivité ! Auriez vous donc un lien avec cette affaire (police ?) ou êtes vous systématiquement du côté de ceux qui se disent "victimes" quelque soit le vérité ?

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  15. Pour ceux qui ne lisent pas l'allemand, l'analyse ADN semble confirmer qu'il s'agit bien de Natasha. J'ai bien écrit "semble" car l'analyse ADN n'est pas fiable à 100 % et ne "mesure" que la filiation maternelle.

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  16. Ils ont comparé l'ADN de la victime avec celle de sa mère et de son père.

    De plus, l'on a trouvé le passeport de Natascha Kampusch dans le cachot. Ses proches l'ont également identifiée à l'aide d'une cicatrice et, je suppose, à l'aide de souvenirs communs.

    C'est vrai: nous ne sommes pas sûrs à 100%, mais ce serait tout de même une sacrée coïncidence.

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  17. Cette Interview "chez Ruquier" montre bien les difficultés de se parler malgré les barrières linguistiques et culturelles.

    Mme Kampusch l'entend par interprète interposé. L'interprète a en général un petit décalage, d'environ une phrase ou une demi-phrase. Donc Mme Kampusch ne réagit pas tout de suite, mais avec un petit temps de retard.

    C'est assez difficile à gérer pour un "moulin à paroles" comme M. Ruquier.

    Ensuite, M. Ruquier pose des questions. Peut-être que son intention est de la faire parler, mais ça ne semble pas marcher. Peut-être pose-t-il trop de questions auxquelles on peut répondre par oui ou non, ce qu'elle fait consciencieusement.

    Ceci dit, nous ne savons pas exactement comment ces question ont été formulées par l'interprète.

    J'ai constaté souvent que les personnes écoutant une interprétation simultanée "ratent" le bon moment pour réagir, et renoncent: Mme Kampusch ne peut simplement pas interrompre M. Ruquier, comme on aime tant le faire sur les plateaux de la télé française, parcequ'elle a toujours un peu de retard.

    Ensuite, le son dans la salle semble donner la version française avec (ou sans) la version allemande. (voila pourquoi tout le monde la comprend sans écouteurs) En parlant, Mme Kampusch entend l'interprète répéter ce qu'elle a dit dans une langue qu'elle ne comprend pas. Pas facile de communiquer dans une situation aussi inhabituelle.

    J'ai l'impression que Mme Kampusch est simplement un peu dépassée par les événements.

    Lorsque on discute le syndrome de Stockholm, elle répond poliement (comme le lui ont peut-être appris ses psychologues) qu'elle n'est pas d'accord avec le point de vue enoncé. Elle aimerait peut-être continuer, et attend juste pour laisser le temps à l'interprète, mais tout de suite, quelqu'un d'autre reprend la parole.

    J'ai simplement l'impression que ce type d'émission n'est pas fait pour faire parler des gens qui réagissent toujours avec quelques secondes de retard à cause de l'interprétation.

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  18. J'ai vu l'émission de Ruquier, c'était un vrai moulin à paroles avec des questions complexes et tarabiscotées. Je me demande comment l'interprête a réussi à traduire parfois et il est clair que ça ne devait pas être très compréhensible du coup...

    Mais je ne parlais pas de traduction.

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  19. J'ai tout simplement l'impression que Ruquier écrase sa pauvre interlocutrice, et après on s'étonne qu'elle ne parle pas.

    Comparez-voir avec Christoph Feurstein qui a mené les interviews dont je parlais: il parle lentement (peut-être même un peu trop), lui laisse le temps de réfléchir, ne la brusque pas, et formule très soigneusement ses questions (ouvertes et pas fermées, l'invitant à parler)...

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  20. non je n'ai pas à comparer. Ici c'est un blog, le mien, et j'y dis ma façon de voir les choses. Ce n'est pas une revue scientifique ni un site de défense des "pauvres" du monde. Cela ne peut convenir à tout le monde... Il suffit de cliquer et ne pas revenir.
    Vous voyez ce que vous voulez voir, c'est votre droit. C'est aussi le mien ne l'oubliez pas.
    Je ne cherche pas à vous convaincre, vous si.
    Quelle rigidité, je plains votre entourage.

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  21. Comme diraient nos amis anglo-saxons: don't confuse me with facts..., n'est-ce pas?

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  22. psycho rigide, persuadée de détenir la vérité, agressive, voulant toujours avoir le dernier mot. Ca porte un nom en psychiatrie, le saviez vous ?

    Votre adresse IP est intéressante.

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  23. Interpellé par ta vision (crédible) des choses, j'en ai discuté avec un copain qui est correspondant presse et AFP à Vienne, et qui a eu l'occasion d'interviewer Natacha.

    Il n'a pas eu vent de faits pouvant corroborer ton point de vue, mais par contre est très disert sur l'état mental de l'ancienne "petite fiancée de l'Autriche". En gros, tout le monde en a sa la claque de son histoire, elle n'est plus le centre d'intérêt et le vit mal. Sa froideur lors des points presse pour son bouquin a été remarquée par tout le monde et elle a été obligée de s'expliquer en disant qu'elle avait été contrainte et forcée de le faire par un contrat abusif.
    Il semble surtout qu'elle soit en pleine dépression et en train de devenir agoraphobe (pas sur d'utiliser le bon mot mais en gros, elle ne veut plus sortir de chez elle). Elle dit qu'elle rêve de rester tout le temps cloîtrée dans son appartement viennois. C'est peut-être le seul truc qui la rend humaine : quand elle raconte qu'elle ne peut plus aller à une fête de gens de son âge, parce dès qu'il y a une allusion aux émissions de jeunesse ou tout autre truc un peu nostalgique, quelqu'un finit par lui dire "ah ben oui, forcément, c'est vrai, toi, tu peux pas avoir connu ça, tu étais dans ta cave".
    Le nombre de vents qu'elle a dû se prendre !

    Après, est-ce que ça peut expliquer la communication non verbale que tu as remarquée, je ne sais pas.

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  24. Fort étrangement en me penchant sur les derniers néonaticides en Allemagne je suis tombé sur un vieil article sur Natascha. Lorsqu'elle a été libérée, un journaliste avait écrit dans un article qu'il semblait y avoir de grosses difficultés dans sa famille lorsqu'elle a été enlevée et il aurait semblé d'après l'enquête qu'elle aurait été plus "heureuse" avec son ravisseur.

    Je n'ai pas de point de vue sur le sujet. je constate juste qu'elle semble mentir sur certaines partie de son histoire et que de toute évidence il existe un gros problèmes avec sa famille d'origine. On risque de n'en jamais rien savoir.

    Sa possible agoraphobie peut être une régression à son enfermement qui l'a exclue du monde et qui en fait devient un moyen de se sécuriser.

    QUant aux sentiments ambigus avec le ravisseur, c'est assez classique lorsque le ravisseur à apporter quelque chose de salvateur et créé une relation duelle. Le ravisseur est à la fois mauvais pour ce qu'il fait et bon par d'autres côté car il protège de quelque chose ou prend bien soin de la victime.

    A titre personnel j'ai d'ailleurs du mal à comprendre comment une jeune femme fraîchement sortie d'une telle situation peut ressentir la force de subir les médias. En tant normal c'est déjà agaçant, alors dans cette situation, sans compter les questions déplacées, c'est totalement décalée avec un certain humanisme.

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  25. "Elle dit qu'elle rêve de rester tout le temps cloîtrée dans son appartement viennois."

    Cette réaction ne m'étonne guère. Quand on passe 8 ans dans une toute petite cellule sans sortir, j'imagine que, malgré toutes les circonstances atroces, il y a une sorte d'accoutumance.

    Cette jeune fille a dû passer son adolescence à s'habituer à ne parler à personne, à n'avoir aucun contact, a se retrouver tout le temps dans ce cachot.

    Je m'étais donc dit que peut-être, elle construirait dans sa maison une chambre semblable, ou elle peut retourner pour s'isoler si le besoin la prend.

    Elle dit dans une interview qu'elle a beaucoup de peine à "être parmi les gens", que la moindre chose, p.ex. la fumée la dérange terriblement.

    Cette jeune fille a l'air très intelligente. Elle parle un allemand très cultivé, qui n'a rien à voir avec le dialecte viennois populaire de ses parents. Elle utilise même le prétérite à l'oral, ce que les autrichiens ne font pas normalement, sauf pour paraître très cultivés.

    Elle ne le fait pas pour "paraître cultivée", c'est vraiment la langue qu'elle a apprise, dans les médias, unique contact auquel elle avait accès. Peut-être aussi veut-elle s'exprimer de manière plus "litéraire" quand elle passe dans le médias, mais ne le fait pas quand elle parle normalement.

    Elle a rattrapé l'école en peu de temps, et j'imagine que cela la tenue et aidée.

    Toutefois, elle regrette qu'elle n'est souvent pas inclue dans les conversations normales, entre copains. Elle dit aussi avoir des lacunes dans le comportement social, l'interaction avec les autres.

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  26. Quant à la presse, je partage votre point de vue: on aurait dû la laisser tranquille.

    Elle a d'ailleurs refusé toutes les interviews, sauf avec un journaliste qui a suivi la famille pendant les 8 ans de sa captivité, et qui s'est montré assez sensible.

    Par contre, les journaux l'assaillaient. Elle dit que son père a "vendu" des "rendez-vous" avec Natascha aux journalistes. "Mon père a voulu me rencontrer, et quand je suis venue, les journalistes y étaient". Peut-être que c'est là la raison pour laquelle elle a cessé de la voir pour un certain temps.

    Elle n'était pas d'accord non plus que sa mère publie un livre, mais elle dit avoir dû se résigner. Sa mère a rendu public des faits dont elle ne voulait pas qu'ils transpirent.

    Donc voilà un peu la dynamique familiale après libération.

    Après enlèvement, les suspicions de la police se sont d'abord portés sur la famille. Je ne sais pas si c'est la procédure standart, en tout cas ça doit faire très mal de venir annoncer la disparition de votre enfant, et la policier vous rétorque: Ce ne serait pas vous, par hasard, qui l'auriez tuée?

    Ensuite, le père s'est adressé à toutes sortes de diseurs de bonne aventure pour retrouver son enfant, dont un détective, qui lui a assuré que la mère avait assassiné sa fille et jetée dans un étang (précis). Bien entendu, on n'a pas retrouvé le corps. Mais la mère s'est fait arrêter, puis libérer plus tard.

    Un juge d'une autre région d'Autriche croit toujours en la culpablité de la mère. Il y a eu plusieurs procés, intentés tantôt par l'un, tantôt par l'autre, mais ce juge n'a jamais eu gain de cause. Le dernier procès a eu lieu après la libération, où ce juge ou plutôt ex-juge avait affirmé que la mère aurait vendu sa fille. Encore une fois, la mère a été lavée de toutes les suspicions.

    En d'autres termes: les parents de Natascha étaient divorcés (ou plutôt séparés, je ne sais pas s'ils ont jamais été mariés) avant l'enlèvement et se disputaient.

    L'enlèvement et la libération n'ont rien fait pour arranger les choses.

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  27. Je viens de tomber sur votre blog et sur cet article.
    J’ai vu l’interview avec Natasha et je l’ai ressenti d’une autre manière.
    Bien qu’effectivement les décalages entre les réponses ne rendaient pas service au dialogue, j’adhère au fait que la façon dont Ruquier avait de l’aborder n’était pas très subtile.
    Cette fille est venue dans cette émission non pas comme dans un confessionnal. Pour ça elle a son psy et peut-être sa foi. Il me semble qu’elle était venue juste pour vendre son livre. Et si toutefois elle cache des détails de son enfance ou même de sa détention – c’est son choix.
    Ne pas avoir envie d’évoquer certaines choses, auprès de parfaits étrangers est après tout légitime. Et ce n’est pas synonyme de mensonge. Pourquoi ce constat ?
    J’ai également constaté la mise en distance évidemment et le peu d’émotion qu’elle laissait transparaître. J’ai lu votre article sur les parents immatures et enfants adultes. Cette fille a du assurer comme une adulte sans doute. Coupée du monde, des gens de son age, d’adultes matures, de la pratique de la communication.
    Il ne me semble pas évident du tout qu’après cette solitude forcée, aussi enrichissante fut-elle ! .. cette fille soit capable d’émotivité saine et de plaisir a la communication.

    Bien évidemment ce blog est le votre et il est par ailleurs très intéressant ! :) , mais enfin, je suppose que l’on peut se montrer en désaccord avec vous sans que cela signifie de l’agressivité ? « Meuffe » s’est peut-être un peu « emballée », mais je peux comprendre sa réaction.
    Car en fait votre article sur Natasha Kampusch est le fruit de votre « Ressenti » personnel. On a déjà du mal a connaître sa propre « vérité », on ne peut prétendre savoir celle des autres. Et si a certains moments vous parlez de vos « impressions », dans d’autres vous etes dans des « évidences » oui, qui peuvent etre ressenties comme dérangeantes :
    « Elle ment de toute évidence sur sa détention ».
    « Tout est très calculé, appris, contrôlé ».
    « Et il existe des comportements autoritaire voire un sadisme chez elle.
    Ca laisse une sacré malaise ».

    S’il y a de la colère dans cette fille. Elle-même ne sachant peut-être pas encore envers qui, après tout quoi de plus « normal » vu son histoire ?
    Quoi de plus « normal » que cette émotivité bloquée ? Il me semble compréhensible qu’elle ait envie de contrôler une émotivité qui sans doute la dépasse.

    Si elle avait été légère, abordable, ouverte, confiante, a fond dans ce dialogue ( de plus assez mal mené par Ruquier ) c’est a ce moment la que moi j'aurais ressenti un malaise...

    Bonne soirée :)

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  28. Rosee : le problème c'est que Meuffe s'est montrée agressive. Elle a sa façon de voir les choses, que je respecte, mais je n'ai aucun respect pour sa façon de vouloir prêcher la bonne parole, comme si elle détenait plus la vérité que les autres. Mais Meuffe avait une raison d'être ici. N'y revenons plus.

    Nous sommes tous dans le "sans doute" quant à son vécu. On peut donc partir en vrille et penser ce que nous voulons. Je ne parle pas de son vécu, je parle de ce qu'elle raconte. Ce sont deux choses différentes. Elle montre sur son visage beaucoup de signes de mensonges voir de décalage entre ce qu'elle dit (en allemand) et ce qu'elle pense. Ce qui me fait dire qu'elle ment. Sur quoi ? Pourquoi ? C'est elle qui sait, pas moi.

    Je pense qu'il aurait, même en français, été difficile d'être dans le dialogue avec Ruquier qui posait des questions tordues, longues et parfois incompréhensibles.

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