mercredi 1 décembre 2010

Sale pervers !

Les mots des "patois" professionnels finissent par passer dans le langage commun.

C'est comme ça qu'on se retrouve avec des parano et des personnes qui "psychotent" un peu partout.
C'est comme ça aussi que les psychologues se retrouvent avec des patients qui vous parlent de leur partenaire ou de leur chef de service en terme de "pervers narcissique" après avoir découvert l'expression au détour du net.
Sans même bien comprendre ce que cela veut dire.

Le problème, car c'en est un, on se récolte des patients qui soutiennent mordicus que c'est cette expression qui exprime le mieux ce qu'ils vivent et que du coup ils orientent leur thérapie et que toute tentative de dévoiement les faire fuir.

J'ai eu un patient comme ça, qui avait la bonne idée de lire des articles parus dans un malheureusement célèbre magazine traitant de psychologie et qui me rapportait à chaque consultation un article pour bien m'expliquer ce que je devais comprendre.
Non seulement il me prenait pour une bille (ce qu'il niait avec véhémence), il tentait de m'apprendre mon travail mais en plus il tentait de m'instrumentaliser en me montrant ce que je devais penser de ce qu'il vivait.

Et lorsque je lui montrais, il niait -avec un sourire en coin- tout en faisant l'innocent et que je me faisais des idées et que décidemment les psys interprétaient tout.

Le problème est que sa femme aussi et son entourage professionnel aussi.

Ce monsieur était un sacré pervers.

Dans le langage "courant", un pervers est souvent lié à l'image d'un obsédé sexuel, surtout s'il s'attaque aux enfants.

On pourrait presque dire d'ailleurs qu'il fut un temps où pervers et pédophile était devenu synonymes.

Il suffisait lors d'un procès qu'un expert psychiatre prononce le mot de "pervers" ou de "perversion" pour que le type sur le banc se prennent quelques années de prison pour ses déviances sexuelles présumées (mais non avérées !).



En psychologie, comme en psychiatrie, un pervers est un manipulateur / dominateur.

C'est une personne qui n'aime que manipuler les gens afin de se mettre en avant, voire de les utiliser à leurs dépends pour des profits personnels.
L'autre n'existe pas.

Le pervers est à la base quelqu'un qui n'a aucune confiance en lui.
En contre-partie afin de ne pas devenir la cible potentielle (et fantasmée) du reste du monde, il se construit une façade agressive.
Il a été victime, il devient bourreau.
Il attaque avant qu'on l'attaque.
Ses connaissances sont souvent basées sur une "pseudo" culture. Il lit toutes les revues de vulgarisation. Et c'est toujours le dernier article lu qui a raison.
Le pervers est en soi plutôt influençable, même s'il tend à se montrer supérieur, même s'il rejette toujours les conseils ou explications des autres.
Car la Loi c'est lui.
Lui seul connaît la Loi et c'est sa Loi à lui qui s'applique.
En dehors tout n'est que mensonge, immoralité et fausseté.

Le pervers ne change quasiment jamais.

Lorsqu'on le retrouve en thérapie, ce n'est pas pour lui. C'est toujours pour aider/soigner un autre (l'enfant, la femme...).

Le pervers ne voit pas l'intérêt de modifier quoi que ce soit, il se sent bien tel qu'il est.
C'est le reste du monde qui doit changer pour s'adapter à lui.

Il tombe souvent en dépression car le pervers essaie de tout prévoir. Or c'est impossible et lorsque l'imprévu arrive, il s'aperçoit qu'il ne contrôle rien, qu'il ne détient pas la Loi.
Et il s'effondre.
Pour renaître plus fort ensuite.




9 commentaires:

  1. interessant....et accessible par moi donc j'aime....je crois reconnaitre du monde dans ce profil, ca fait peur....
    aucunne parade possible?

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  2. Je ne pensais pas que les pervers pouvaient tomber en dépression... Intéressant. ^^

    Je pensais que ses "dépressions" étaient des simulacres "calculés" pour vérifier l'impact et la souffrance que ça pouvait occasionner à l'entourage.

    "la loi c'est lui". Mon prof psychiatre disait, pour schématiser:
    - la loi, c'est l'Autre = névrosé
    - la loi, c'est moi = psychotique
    - la loi, c'est mon plaisir = pervers

    En tout cas, je regrette aussi que le mot "pervers" soit entré dans le langage courant et aie perdu son sens premier.
    Par contre, il est bien utile de savoir les repérer dans une institution en crise. ça évite de se faire bouffer.

    Il y en a une là où je travaille.
    C'est un vrai catalyseur de conflits, et elle fait en sorte que les relations de travail ne s'améliore pas... Ses attaques sont sournoises et je ne sais pas comment la prendre. Du coup, je fais semblant de ne pas entendre ce qu'elle veut me dire derrière les mots et je la garde à distance. Mais au fond, ça l'intrigue encore plus et elle se rapproche de moi. Je ne sais plus comment la gérer...

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  3. Je suis de plus en plus contre les étiquettes. Ceci dit...j'ai eu à faire avec une perverse narcissique de très très près...Et je ne souhaite ça à personne...

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  4. Alexis : psycho et psychiatrie passent leur temps à coller des étiquettes. D'autant que lorsqu'on regarde de plus près, il y a peu d'étiquettes à coller car les êtres humains sont... prévisibles.

    Alma : Pour le pervers, la loi c'est lui mais uniquement pour son bon plaisir.

    Il n'y a malheureusement rien à gérer. Tout n'est que manipulation. La seule chose à faire c'est de trouver son "secret" et enfoncer le clou. Elle tombera en dépression et tu seras débarrassée !

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  5. Bon, l'article date d'il y'a longtemps, mais, j'ai quelques questions à poser, parce que ça commence à me turlupiner, tout ça ...
    Voilà, cela fait un (et oui, déjà ...) que je passe mes journées sur le net à vérifier par a+b au carré puissance un millions divisé par trente mille qu'il est impossible que je sois pervers narcissique (enfin pervers quoi, maintenant que j'ai compris), ou, plus exactement, malade mental, qu'importe. Et je fais bien sûr tout pour ne pas ressembler à ces personnes là: je travaille mon imagination, je m'impose des règles à la Kant (toujours comprendre l'autre, toujours ressentir ce qu'il ressent, ses émotions, tout ça tout ça, on ne sait jamais... et dit comme ça, ça fait vraiment parano...) Ah, oui, je me suis forcé à me rabaisser, pour ne pas être narcissique, parce qu'à une période, j'étais un gros con. Je m'étais fait largué, j'en avais marre de jouer l'empathique qui écoute tout le monde (que je n'étais même pas forcément, mais je crois que j'étais au moins tolérant: j'essayais de défendre Hitler, et la subjectivité.)Enfin, je dis ça, mais j'ai toujours défendu ces gens là 'Ils ont souffert, moi aussi: je les comprends!'
    Bref, en gros: est-ce que je peux être un pervers? Parce que j'aime les films culs-culs (les mangas pour fille, notamment, qui me font chialer, et dont je suis assez heureux et fier). Et surtout, est-ce qu'un pervers peut-être pervers, et pleurer devant un film, croire en la vérité de l'art, aimer la beauté, et la pureté?
    Parce que j'ai des fantasmes particuliers, mais je crois à l'amour, et en tout cas au sentiment. J'ai toujours peur d'être pédophile, ou autre; En outre j'ai des des phobies d'impulsions constantes qui me bouffent la vie, je me vois violer ma mère, tuer des gens dans la rue, faire des choses affreuses en tant que le 'Joker' de Batman: le premier méchant de film qui passé, paf! je suis sûr de le devenir, et je m'empresse d'essayer de contrôler cela.

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    1. Perversité et perversion n'ont rien à voir avec des maladies mentales, ce sont des troubles de la personnalité.
      Tout va dépendre de l'âge que tu as... autour de 17 ou autour de 30 / 35 ?

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  6. et j'ai un autre toc, assez chiant: je me répète en boucle ce que je dois faire afin d'être absolument sûr de le faire et de me conformer à la loi. Pour ce qui est de la loi, j'ai une tendance marquée ou pour la tolérance, ou pour l'intolérance, ca dépends de quand je réfléchis. quand je suis à fond, je considère que comme je bosse, c'est normal que je sois avantagé, mais d'un autre côté, tous les ressentis se valent, voir tous les points de vue. Disons que des fois, j'aimerai bien être un grand érudit, savat géniie, scientifique, et après, paf, je me rends compte que je suis plutôt nul, ou en tout cas, bien trop imbue de cet univers.
    Par contre, j'ai un problème de dépendance affective (ou pas, j'en sais rien). Mais disons que je suis capable de pas mal de chose pour une personne que j'aime, enfin pour LA personne que j'aime, cette femme qu'on aime sans limite: partir habiter à l'étranger, essayer de s'aligner sur elle pour ne pas la vexer être sûr de ne pas lui déplaire, enfreindre les interdits parentales, pourvu que, bordel, sa voix me caresse l'oreille, et qu'elle me dit 'je t'aime' ou 'je pense à toi'; et alors là, c'est un grand soulagement, une bouffée d'amour dans l'âme, et à la limite des pleurs. Il m'est arrivé, une fois, qu'une fille m'insulte au téléphone, et, comme j'avais mérité ses reproches (enfin je ne sais pas si je les méritais, mais en tout cas, je pensais que oui, et même si non, j'essayais de m'en persuader pour qu'elle me pardonne, quitte à faire la serpillière), j'ai été soulage, content d'au moins entendre sa voix. Et puis trois jours après, elle m'a dit je t'aime, et ce fut la joie la plus absolu.
    Enfin bref, je pourrai continuer pendant des heures. J'ai été diagnostiqué par un psychiatre qui m'a dit avoir fait sa thèse dessus, et qui m'a affirmé que ça n'était absolument pas possible. N'empêche, si j'étais un bon gros pervers, inconsciemment, est-ce que je ne l'aurai pas embobiné? ou pas assez dit ce qu'il se passait, ce que je ressentais, ce qu'il en était de mes tares, et des mes bêtises? Et ainsi, je repasse toutes mes journées à ressasser tout ce que je viens de dire, encore, et encore, et encore, et encore, et encore...
    Est-ce que vous pourriez me donner votre avis, et surtout répondre à une de mes questions les plus cruciales là dessus: est-ce qu'on peut devenir pervers comme ça, d'un coups, après avoir été névrosé, ou je ne sais quoi? Parce qu'en plus, j'ai une tendance à beaucoup me trouver des excuses.
    Par contre, je déteste la souffrance. JE déteste les films d'horreur, et la souffrance me répugne vraiment. Ca me brûle de l'intérieur, ça me panique, bref, c'est une horreur. C'est égoïste, et j'y travaille, mais c'est dur...
    Je m'excuse aussi de la longueur de mon pavé, et du langage peu châtié, mais ça m'est venu comme cela, et comme j'ai lu qu'il fallait écrire comme ça venait ... (quel manipulateur pervers je fais, vous avez vu?). Et puis du caractère obsessionnel et chiant. Vraiment désolé.

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    1. Le psychiatre t'a t il prescrit quelque chose ?

      Tu dois avoir un sacré passé...

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    2. J'ai dix neuf ans ^^ Un sacré passé je ne sais pas... Je ne me rends pas compte. Pas vraiment, en tout cas. J'ai un père classé chez les fameux 'pervers narcissiques' mais je défends becs et ongles, un frère qui a des tocs depuis quatorze ans, et qui est actuellement en hôpital psychiatrique pour des raisons obscures.. D'après le médecin à cause des traumatismes de son père. Ma mère est à moitié folle, mais pas dans le sens psychotique: elle est anxieuse, traumatisée.
      En gros, j'ai vêcu dans un milieu ou on parle de suicide (et ou on se suicide) assez souvent. Mon père en a fait trois. Mon frère est déjà venu me trouver en me disant 'faut que tu me plantes un couteau dans le coeur, je veux mourir', et ma mère qu'elle allait se foutre sous le train. Mon père disait souvent aussi que si on l'emmerdait trop, il allait retourner à la maison fleurie; il allait se suicider, quoi, encore une fois.
      Je sais que les gens trouvent ça horrible. Mais j'en suis fier, moi... Fier d'en être passé par là. Fier de m'en être sorti jusque là sans faire trop de mal à personne. Seulement, je n'arrive pas à admettre que je ne peux rien pour eux, et que moi-même ait déjà pas mal à régler avec moi-même. Et je suis infantile aussi, du moins immature en partie, et très largement accrochée à mes amis, copines etc.
      D'un autre côté, je doute de moi-même comme pas possible, j'ai l'impression que je vais finir fou très souvent. C'est très pénible, et assez difficile à gérer.
      Oui, il m'a precris des anti-dépresseurs et une thérapie comportemental, mais la thérapie, c'est six mois d'attente, et les anti-dépresseurs ont des effets secondaires embêtants. Et puis surtout, j'ai toujours cette orgueuil irrépressible de vouloir m'en sortir seul. D'être au moins capable de cela, de tenir debout, et d'aimer, d'aider l'autre (même si depuis un an, c'pas facile d'y arriver, voir impossible).
      Euh, et sinon... Quelqu'un atteint de paraphilie? (enfin perversité, c'est ça?) peut-il aimer?
      Sinon, j'ai pas mal de fantasme particulier. A la limite, ce sont des fantasmes dérangeant plus pour moi que pour les autres, c'est moi la victime. En y repensant, c'est un fantasme apparenté à celui du viol. J'ai déjà parlé de tout cela avec un sexologue, mais il m'a dit que ça n'était pas une perversion (paraphilie?). Bref, pas mal de vêcu... oui et non ^^

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