mercredi 5 janvier 2011

Est-ce que si je vais danser je peux laisser mon gosse au parking ?

Eh oui, hier soir il m'a pris une envie folle d'aller me trémousser sur le dancefloor de la boîte du village.
Après tout, il faisait froid et je me suis dit que c'était l'occasion d'aller me réchauffer.
Et puis qui sait ? Peut être même que je pourrais m'envoyer un petit coup.
Un coup de gnole bien sur, qu'est-ce que vous croyez je ne suis pas une fille facile. (enfin pas trop).

J'enfile mon blouson en cuir, j'attrape mon sac à main, mes clés de voiture et hop.
Au moment où je mets la main sur la poignée de la porte, j'entends un bruit derrière moi.
Je me retourne brusquement et qu'est ce que je vois ?
Un gniard ignoble, la morve au nez. 2 ou 3 ans, je ne sais plus très bien.
Merde, je l'avais oublié celui là.
Bon, je lui enfile un pilote par dessus son pyjama sale. Il mangera plus tard lorsqu'on reviendra.
Tout le long de la route jusqu'à la boîte, il dit "maman, j'ai faim"
"Ta gueule, tu mangeras quand on rentrera. On passera chez papa après, il aura bien quelque chose dans le frigo".
Bon, ca y est on y est.
Je me gare, y a une place pas trop loin, c'est cool.
Je sors, il fait froid.
Mince, j'ai encore oublié qu'il était là.
Je crie à travers la vitre " tu m'attends, j'en n'ai pas pour longtemps, après on ira chez papa".
Et je me casse. A moi la liberté.
J'ai l'impression d'oublier quelque chose. Quoi ? Je secoue la tête, ça me reviens pas, allez je vais m'éclater toute la nuit, yaooouuu !

Ca vous fait hurler ?
Pourtant c'est souvent comme cela que ça se passe.
J'en avais déjà parlé pour les enfants oubliés dans les voitures, ici on a un quasi le même phénomène : l'enfant est oublié. Dans le sens où il est nié dans son existence.
Il est perçu comme génant, dérangeant, impossible à intégrer dans l'existence des parents.
Alors on l'oublie, on oublie qu'il existe.

L'actualité nous a servi quelques cas ces dernières semaines.
Des cas en général plutôt pathos : des parents immatures, alcooliques, fêtards et surtout incompétents dans leur rôle.
Le pire, c'est que ces cas sont connus des professionnels. Le psy sans doute, l'association de protection de l'enfance, la DASS certainement, une assistante sociale.... tout le monde sait qu'il y avait un risque.
Mais comme il vaut mieux laisser les enfants aux parents -et les enfants veulent à tout prix, même de leur vie, rester avec leurs parents- personne ne bouge.
Je connais plusieurs cas comme cela, dans lesquels la mère maltraite l'enfant, le père fait tampon pour que ça ne déborde pas, il ne part pas avec l'enfant parce que la Justice ne le permet pas et il perdrait son droit de garde à tous les coups et puis la mère à promis de tuer l'enfant s'il ne restait pas. Il y a les traces de coups, les morsures, les dires de l'enfant que "maman est très méchantes et qu'elle fait mal", les constats médicaux, les rapports des psys, les dépôts de plainte, les flics qui engueulent le père "y 'en a marre de vous voir monsieur", mais personne ne bouge.

Et lorsque ça bouge parfois la mère, reconnu comme n'allant pas bien, déséquilibrée, obtient malgré tout le droit de garde alterné.
Elle ne sait pas "gérer" sa vie dit-elle, alors un enfant. Elle l'aurait bien confié à sa mère pour qu'elle soit la maman de ce gosse, mais elle n'a pas voulu, c'est pas son rôle. 
A choisir, cet enfant elle ne l'aurait pas fait, d'ailleurs elle a eu très peur pendant sa grossesse. Comment ça allait se passer ? Qu'est-ce qu'il faudrait faire ensuite ? Personne ne lui a jamais rien dit.
A la naissance de l'enfant, ça été une cata. Elle était perdue. Elle voulait continuer à s'amuser. Son mari ne la regardait plus comme avant, elle qui avait gardé 10 kilos de sa grossesse. Son mari l'engueule tout le temps que c'est une mauvaise mère, qu'elle ne fout rien à la maison.
Ce gosse y'en a marre.
Entre temps divorce ou séparation, le père veut bien du gamin mais pas tout le temps.
Pour une fois elle va aller s'amuser comme avant.
Bon c'est quand même une mère, le gosse faut le canaliser, faudrait pas qu'il fasse des bêtises à la maison. 
Attaché dans la voiture, il risque pas de se faire mal. Et puis il est au chaud. Personne ne peut l'enlever non plus. Allez juste 1 heure, il n'aura pas le temps d'avoir envie de faire pipi.

Et puis l'alcool aidant, la drague faisant passer le temps, les mouvements du corps aidant à se détendre... l'heure passe. 

Mère immature, encore petite fille elle même, jeune encore, déjà divorcée ou à nouveau en couple avec un autre mec qui a bien compris que cette fille simplette, sans éducation et amoureuse ferait une parfaite bonniche.

Trop jeune dans la tête, pas encore adulte, comment être mère alors ?
Surtout quand on ne sait pas exprimer ses émotions, ni ses sentiments. Après tout l'enfant à tout ce qu'il faut : de la bonne nourriture, des vêtements, un logement agréable, la dernière console, les copains à la maison. C'est ça l'amour, c'est donner tout ça. Le reste, l'essentiel, elle ne sait pas donner. On ne lui a jamais dit à elle non plus. Elle fait de son mieux avec ce qu'elle a, avec ce qu'elle sait faire. 

Et puis son nouveau mec, il l'aime pas trop le gosse. C'est pas le sien c'est normal après tout. De toute façon, le nouveau il est souvent bourré alors faut être calme et sage. Sinon, c'est la trempe. Pour lui et... pour elle.

Parfois, c'est le père qui pête un câble et qui a besoin de se "détendre". Faut bien qu'il voit ses potes et qu'il autre une autre "maman".

Et puis le gosse, il a l'habitude, c'est pas la première fois qu'ils font ça, ça c'est toujours bien passé.... et les autres ils n'en sauront rien, papa ou maman ils reviennent toujours.



Ajout de quelques liens :
Une mère laisse seuls ses 6 enfants pour aller faire la fête
(il est très courant que l'aîné d'une grande fratrie, même s'il n'a que 10 ans, garde ses frères et soeur pendant que les parents partent en week end)

Elle part en week end et laisse seul son fils de 5 ans
Elle part faire la fête et laisse seul son enfant de 4 ans



8 commentaires:

  1. C'est vraiment pénible à lire ce genre de récit. Mais pour ma part j'ai une dent contre tous les psy à 2 balles et les magazines qui encourage les jeunes parents à abandonner leurs jeunes enfants régulièrement pour une soirée voir un week-end pour "se retrouver". Ils véhiculent ainsi le message que les enfants sont gênants voir nuisibles pour le couple et qu'il sera forcément fragiliser tant que l'enfant sera là. Et ils encourage l'individualisme, l'intérêt de l'adulte forcément plus important que celui de l'enfant.
    Dans ces conditions on se demande bien ou est l'intérêt de faire des enfants si on ne sait pas vivre une vie agréable et épanouissante avec eux.

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  2. Le problème dans une vie de famille c'est que chaque individu ne doit pas oublier qu'il est 3 personnes à la fois : lui + un partenaire + un parent. Il ne faut jamais oublier aucune de ces parties. Mais ça ne veut pas dire se débarrasser de l'enfant, cela veut dire le confier à l'autre (après tout il y a 2 parents) si nécessaire.

    les raisons pour lesquelles les gens font un enfant ne sont souvent pas les bonnes : pour faire comme les autres, pour être mieux perçu professionnellement, parce qu'après c'est trop tard, parce que le partenaire force la "main", parce qu'on croit qu'on va jour à la poupée, parce que c'est une "nouvelle expérience"... mais par amour et/ou pour faire le bonheur d'un enfant ça c'est autre chose (même si c'est ce que le gens verbalisent pour faire bien).

    Il n'est pas normal que les parents n'arrivent pas à se "retrouver" même lorsque l'enfant est là, c'est parce qu'ils se laissent déborder par un enfant tout puissant et tyrannique.
    Mais malheureusement, je pense qu'il n'y a pas grand chose à véhiculer comme idée, car la maltraitance sur enfant par négligence est extrêmement présente, sauf qu'on en parle peu puisque cela ne se voit souvent pas. Ce qui se passe en public est très différent de ce qui se passe dans le privé.

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  3. rien avoir avec le theme de l'article (cela dit intéressant!) mais le fonds est dix fois mieux que l'ancien: c'est plus clair et ça change; ça me parle plus que l'univers :-)

    kirikou

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  4. Peut-être que l'on a tellement dénigré les tâches ménagères et d'éducation pendant des années, que les gens ne se rendent pas vraiment compte du savoir-faire qu'elles exigent.

    Les enfants grandissent souvent sans enfants plus jeunes autour d'eux, ils n'ont plus tellement l'occasion de voir comment on fait. Même chose pour la cuisine, le ménage.

    Alors que tout le monde veut se développer intellectuellement, personne ne prend au sérieux toutes ces tâches pratiques, et ça va de mal en pire, de génération en génération.

    Il faut "un village pour éduquer un enfant". Deux parents, souvent débordés, ne suffisent pas. Stop au confinement solitaire des mamans.

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  5. Ça me révolte ce genre d'agissements. Quand j'entends qu'un parent, un foutu parent supposé avoir suffisamment de plomb dans la cervelle pour agir de façon responsable, au moins vis-à-vis de sa progéniture, laisse son gamin pendant que monsieur ou madame va aller mater des gonzesses ou se faire sauter dans un club, ça me donne envie de vomir.
    On fait un enfant on assume, on admet qu'on ne peut pas faire mumuse en toutes circonstances parce qu'on est supposé être responsable, sinon Dieu inventa les capotes, les pilules et autres moyens contraceptifs et ça marche très bien.
    C'était la gueulante énervée du jour, cet article a mit le feu au poudre, mea culpa.

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  6. Je ne m'étais jamais posé la question sous cette angle là mais le point de vue de Cleanette me semble très intéressant : C'est vrai quand dasn les émissions avec des couples, on dit souvent au parents de laisser un peu de côté les enfants pour se retrouver... Belle ambiguité. et merci de ce point de vu, donc !

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  7. Il s'agit souvent de parents qui justement ne sont pas capables d'être responsables. D'eux mêmes déjà et encore moins d'un enfant.
    Souvent la mère ne voulait pas d'enfant, mais elle y a été "forcée" par son compagnon. On pourrait dire qu'on ne peut pas être forcée, qu'il y a la contraception... mais les profils de ces patients sont assez particuliers, ils ne sont pas dans la compétence.

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  8. Ah oui, pour le fond j'ai donné dans le "greenwashing". Sujet dont je reparlerai d'ailleurs !

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