vendredi 7 janvier 2011

Petite philo du vendredi : quel avenir pour la psychologie ?

Vous vous doutez bien que je n'ai pas la réponse.
Mais je m'interrogeai il y a peu au volant de ma voiture en regardant les gens passer devant mon pare-brise. 
Je me disais que sur tous ces gens qui circulent, si on regarde bien, on voit que certains ne vont pas bien.
En fait, je trouve que la majorité des personnes ont des problèmes.
Soient liés à leur enfance, soit du à un trauma, soit dans leur vie actuelle, soit le tout ensemble.

La circulation redémarra et quelques abrutis, de ceux qui pensent que la voiture est un instrument de dominance, on espéré en coincer d'autres au péril de leur vie ou de la vie des autres.
Et voila que je penchais pour faire passer un test psychologique à tous les conducteurs afin de cerner leurs éventuels troubles de la personnalité et que certains ne seraient pas prêt de l'avoir ce permis.

Petit retour en arrière : il ne faut pas confondre psychologie et sociologie.
Si la sociologie s'intéresse au groupe, au relations des groupes entre eux et aux effets de groupe, la psychologie ne s'intéresse qu'aux individus et à leurs comportements dans le groupe.
La psychologie c'est la science des individus pris isolément.

Ce qui m'amena à me poser la question : "et si on faisait passer des tests psychologiques à tout le monde ?"
On en fait déjà passé pour recruter certains sur certains jobs (sauf aux cadres)
Au vu de l'actualité, on pourrait en faire passer à ceux qui veulent se mettre en couple, ça éviterait sans doute les violences conjugales et les divorces.
A ceux aussi qui veulent un enfant, ce qui éviteraient les mauvaises raisons d'avoir un enfant mais surtout la maltraitance et les abus
A ceux donc qui veulent conduire une voiture, afin d'éviter les tarés qui se croient armés.
A ceux qui veulent rester célibataires, afin d'être sûrs qu'en fait ils n'aimeraient pas les enfants de trop près.
A ceux qui ne supporte pas que les autres aient autre chose ou mieux qu'eux, des fois qu'ils seraient des agressifs impulsifs dont il faut nous préserver.
A ceux aussi qui aimeraient tuer leur mère ou leur père, afin de préserver les pauvres innocents qui seront tués à la place de...
A celles qui veulent devenir assistantes sociales, parce qu'elles sont dans la réparation.
A ceux qui veulent devenir psy...

Du coup, si une Société entière passait des tests psy, on saurait certainement surpris par la "norme", la moyenne exprimée + 1 ou 2 écarts types.

Du coup aussi, y'en a plein qui ne seraient pas dans cette norme et qu'on devrait écarter du système.
Y'en auraient qui seraient déclarés non aptes à se marier, d'autres qui seraient déclarés non aptes à  la conduite, d'autres à avoir des enfants, d'autres à intégrer les relations sociales....
Y'en a même qui cumuleraient des problèmatiques, voire qui les auraient toutes !
Après tout on peut être psychopathe, dominant, incestueux, agressif au volant et envieux de son voisin.
(Tout compte fait, c'est certainement souvent le cas)

Ca va en faire du monde laissé de côté !
Le psychopathe ? Paf, interdit de travail en équipe et de grade supérieur !
Le dépendant ? Paf, interdit de travail isolé, d'épousailles et d'enfant !
Le narcissique ? Paf, obligation de résultats personnels et interdiction du permis de conduire...

Vous le savez maintenant, la psychothérapie n'intervient que lorsque il y a une perception de gène dans la vie des personnes.
Or, le problème c'est que celui qui cumule les problématiques psychiques peut très bien n'en ressentir aucune gène, c'est son environnement qui va être géné.
La preuve, lorsqu'un mec dominant veut me bloquer la route avec son bolide, lui ça ne le géne pas. Moi si.
Lui sa norme n'est pas la même que la mienne, ça ne me viendrait pas à l'idée d'utiliser mon véhicule pour démontrer une quelconque supériorité, c'est juste un moyen de transport, rien d'autre.
Pour moi, ce type est un taré. Pour lui, c'est moi la dingue parce que inconsciente de mon statut inférieur j'ose ne pas le laisser passer.
Celui qui a raison, c'est celui qui est le plus prêt de la norme.

Si la norme glisse vers l'agressivité, l'impulsivité et bien c'est moi et mon flegme qui seront inadaptés à la Société.

Or je pense que si on fait le décompte des problématiques pour notre Société, la norme doit être assez "décalée" dirai-je vu ce que se trimballent un sacré nombre de personnes (involontairement parfois rappelons le).

Le but de la psychologie n'est pas bien sur de définir une "norme", au contraire c'est la norme sociétale inconsciente qui définit les besoins d'intervention psychologique.
Si on pense qu'il n'y a aucune norme, tout comportement devient normal. 
Il n'existe plus de troubles car tous les comportements jugés asociaux ou apersonnels n'existent plus. C'est le fait qu'une personne considère tel comportement comme agressif, par exemple, qui sera anormal. On se demandera pourquoi après tout elle ne livre pas elle même à ces mêmes comportements ?
C'est pour cela que je pense que la psychologie finira par disparaître.
Elle sera avalée par une autre science. 
Elle restera un vestige de la tentative de connaissance de l'individu et sera certainement supplantée par la norme physiologique (tout va bien si aucun trouble physique ou organique n'est présent le reste,  le fait de ne pas se "sentir bien" n'étant que stress et angoisse dus aux contacts avec le groupe et noyables par une pilule).

Et vous, comment voyez vous les choses ?




14 commentaires:

  1. je ne suis pas si sure que la psychologie va disparaitre. Déjà pour la simple et bonne raison qu'il y a plein de gens qui consultent pour justement être dans la "norme actuelle ": à 25 -30 ans je "dois" faire une analyse ou autre pour me trouver, savoir ou en est ma vie. Ou alors poussés par l'entourage (familial, judiciaire, ...) justement parce que c'est difficile pour les autres.
    et puis le fait pour une personne de trouver le comportement agressif comme anormal eh bien a cette époque la on l'enverra chez le psy pour voir pourquoi elle ne rentre pas dans la norme.

    Kirikou

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  2. Contrairement à ce qu'en laisse penser les médias, il n'y a pas tant de personnes que cela qui sont en demande d'analyse ou de thérapie. Si cela se développe chez les enfants, en fait la demande cachée est la majorité des cas une demande d'aide à la fonction parentale.
    Pour ce qui est d'être poussé, c'est la plus grosse bêtise. La démarche vers le psycho est une démarche personnelle, qui si elle est initiée par l'Autre ne porte jamais ses fruits.

    Et pour finir la question est : où commence l'agression ? Et comment tenir compte de l'évolution de la norme ?

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  3. Je pense que la mise dans des cases est déja la. Dans la société il faut rentrer dans des cases ou alors onest out. Quelle que soit la case, si on est différents on est mis a l'écart: tu es enceinte et tu gardes ton enfant trisomique, OUT, tu es gay, OUT, tu as pas de téléphone portable OUT.. Mais OUT de quoi? D'une norme que l'on ne choisit pas et qui ne nous convient pas toujours.
    Et tant qu'il y aura des gens qui veulent comprendre et se comprendre alors il y aura besoin de la psychologie.
    Restera t il encore longtemps de ces gens la, bonne question! Mais je pense que la psychologie a elcore de beaux jours devant elle

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  4. Alors ça c'est un sacré morceau de bon texte ! Je dis ça parce que toutes mes questions perso y sont ;)
    J'ai aussi très peur que la chimie remplace la parole au lieu de l'accompagner ...
    j'ai aussi l'impression que l'agressivité devient une qualité pour beaucoup : on confond force de caractère et besoin d'écraser ou de soumettre, alors que parfois la force est dans l'inertie au contraire.
    J'espère que la psycho survivra à cette époque, mais qui pourrait dire si la maturité redeviendra à la mode ?

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  5. les programmes télévisés sont un bon reflet de l'évolution sociétal.
    Ainsi, il y a une émission le soir qui ne présente que des situations d'agressions verbales / psychologiques conjugales. Il parait que c'est un programme comique. j'ai regardé une fois... 5 minutes ! j'ai changé de chaîne c'est super violent je trouve et je ne vois vraiment pas ce qu'il y a d'amusant à dire "ta gueule" à son/sa partenaire.
    Idem, en ce moment la pub Danone pour deux fromages blancs. Ils se disputent dans le frigo et on est sensé aller se connecter sur le net pour voir d'autres situations de disputes et savoir qui gagne...
    Si l'agressivité peut être positive car elle est pulsion de vie, notre Société la confond avec l'agression, or c'est cette dernière qui est mise en valeur par les médias.

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  6. Si on imagine que le but de chacun c'est de mener une vie heureuse, la solution serait d'avoir le moins de problème possible. Quand on consulte c'est pour se sentir mieux (être heureux non ?), et si on accepte de se soigner, ça marche, on arrive à mettre des mots sur les soucis, on guérit. Pourquoi la psychologie disparaitrait ? J'ai l'impression qu'elle ne fait que naitre au contraire. D'accord la société ne tourne pas bien rond, mais l'Histoire fonctionne par vagues, on approche du fond et ensuite ça sera ira mieux (j'espère). Enfin, pas facile de répondre à ces questionnements, qu'est-ce que la norme. Et si nous étions tous heureux grâce aux bienfaits de la psychologie, ça serait peut-être horrible.

    Pour ma part je ne voudrais vraiment pas que la psychologie disparaisse, non non non !

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  7. Mais est-ce que c'est le fait de ne pas avoir de problèmes qui nous rendrait heureux ? Une vie plate, sans souci qui permet d'apprécier les bons moments, est-ce le bonheur ? Certaines personnes ne sont elles pas heureuses "dans" leur trauma car il leur a permis de devenir ce qu'elles sont ?
    Une certaine problématique en gène certains et pas du tout d'autres. Certains se noient dans un verre d'eau, d'autres même en accumulant les cata restent forts et combattifs...
    Si le malheurs des uns fait le bonheur des autres, le bonheur de l'un fait il le malheur de l'autre ? Tout dépend de la personnalité mais aussi de la Société dans laquelle on vit.

    Mais Aphone, tu as raison, le monde n'est qu'un éternel recommencement. La démocratie, l'oligarchie, le royalisme, la dictature, la terreur... Tout se suit et recommence encore et encore. Et on a beau le savoir, on refait les mêmes erreurs...
    Et la psychologie deviendra une arme pour permettre à une élite de se donner des droits à dire ou à faire.
    Après tout ceux qui consultent sont ceux qui sont déjà en démarche d'aller bien et qui veulent aller mieux. Futures victimes de ceux qui vont mal et qui ne veulent pas le savoir ?

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  8. Les statistiques indiquent que le pourcentage de maladies psychiatriques augmente dans les arrêts de travail et invalidités.

    Donc je suppose que le travail ne manquera pas aux psychothérapeutes.

    En même temps, j'ai l'impression que l'imagerie cérébrale et d'autres progrès de la science permettent à la psychiatrie/psychothérapie de mieux comprendre ce qui se passe et à faire évoluer leurs traitements. Je crois que tout cela va faire un grand bond en avant ces prochaines années.

    Et je trouve que les progrès depuis les années 50, disons, ont déjà été assez faramineux.

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  9. Je ne pense pas non plus que la psychologie va disparaître au contraire j'ai plutôt l'impression qu'elle est de plus en plus présente dans plein de domaine: les ressources humaines, l'éducation...
    Mais l'appliquer de façon systématique à tout les domaines ça fait un peu régime totalitaire, comme dans ce livre de Ira Lewin « This perfect Day » où un ordinateur décide de tout pour tout le monde en fonction de test qu'il leur a fait passer.

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  10. La psychologie a de l'avenir si elle sait évoluer et recentrer les bases du discours. L'individu est mal dans sa peau, a tel ou tel problème : c'est toujours la faute de l'autre. Le psychologue doit être capable d'amener son patient à voir ce qui ne va pas chez lui et le réadapter de façon à ce qu'il rentre dans sa peau et puisse vivre au maximum en harmonie avec son environnement. Peut-être que cela passera par une intégration d'une vision sociologique, car on ne peut pas traiter l'individu seul sans prendre en compte l'environnement proche et au-delà l'environnement global dans lequel il évolue. Avoir le courage de dire à quelqu'un qu'il est sur la mauvaise route pour lui, en se basant sur des arguments objectifs et non pas sociaux, culturels ou moralistes. Dans notre société actuelle, il y a une très forte dérive individualiste, où le plus grand nombre tend à considérer que son intérêt domine l'intérêt général. C'est ainsi que l'absence de respect devient légitime et qu'elle justifie l'agressivité (exemple que tu donnes de la domination au volant). Reposons le respect au centre et tout finira par s'ordonner... En se centrant uniquement sur des problématiques, le psy stigmatise le mal-être. il devrait savoir extraire les éléments positifs de la vie de son patient, il y en a quasiment toujours et s'appuyer dessus pour atténuer le ressenti négatif vis-à-vis du vécu difficile.
    Le respect est fondamental. Il est à la base de tout rapport humain, "interne" comme "externe". Exiger le respect de la part de ses enfants, les respecter aussi... Considérer avec respect le piéton qui passe au feu... Et face au manque de respect, savoir se mettre au point mort (neutre) afin d'éviter que le manque de respect ne se transforme en agressivité. Le mal-être ? Manque d'amour de soi-même, donc de respect de soi-même. Etc...

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  11. Claire : il faut absolument que tu changes de psy.

    Aucun psy(chologue) n'accuse l'autre, aucun psy ne juge, aucun psy ne dit qu'un acte est bien ou mal. Par contre, tous les psys s'appuient sur les forces du patient et l'aide à les développer. Mais si les patients ne s'aiment pas c'est parce qu'on leur a appris ou fait penser à ne pas aimer certaines choses chez eux.

    Quant à l'irrespect, c'est de l'agressivité. Pourquoi rester neutre lorsqu'on se fait agresser ? Pourquoi être dans la passivité ?

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  12. V.. : je n'ai pas de psy. Et ne souhaite pas en avoir. Mais le rôle du "psy" n'est il pas de guider ? Et quand on guide n'influence-t'on pas l'autre ?

    Car il me semble que tu m'as mal lue... Je n'ai parlé à aucun moment de jugement ou d'accusation, de bien ou de mal. Je parle de mauvaise route par rapport à la problématique individuelle... Ce qui te déclenche du mal-être EST une mauvaise route. Si je parle de sociologue/psychologue, ce n'est pas pour les opposer mais pour les intégrer et mon exposé justement va dans ce sens. Mais si les psys ne sortent pas de leurs dogmes, effectivement, la psychologie deviendra de moins en moins efficace.

    Là où tu as totalement tort c'est que face à de l'agressivité, nous devons tout faire pour éviter une escalade de violence, parfois au prix de renvoyer l'agressivité quand cela est possible et salvateur, parfois au prix de l neutralité. Car l'agressivité, c'est de la violence... La neutralité n'est absolument pas de la passivité.

    Je ne suis pas psy. Je suis seulement médecin.

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  13. Le rôle du psy n'est absolument pas de guider. C'est le patient qui se guide tout seul ! Le psy n'est qu'un "éclaireur". Le patient dit, le psy montre les interprétations possible, le patient en fait ce qu'il veut. Faire du psy un guide c'est en faire un gourou, ce qui me semble grave.

    Il n'y a pas de mauvaise route dans la vie, toutes les routes sont bonnes. C'est la perception qu'on donne à cette route qui fait le mal être. Certains tuent et le vivent très bien, certains ne traversent pas dans les clous et le vivent très mal. Le travail porte sur la "géne". Pourquoi telle acte, telle pensée génèrent-t-ils du mal être chez cette personne ?

    Tu confond totalement agressivité et agression. L'agressivité c'est la pulsion de vie. Ta vision est une vision occidentale qui voit tous ses besoins primaires satisfaits. Ce qui permet de survivre lorsqu'ils ne sont pas satisfaits c'est la pulsion de vie, l'agressivité, qui fait qu'on va se battre pour trouver de quoi manger, de quoi boire... quitte à la piquer à l'autre. L'être humain humain n'est ni neutre, ni gentil, il est agressif... comme n'importe quel autre animal.

    Me sortir ton statut social ne change rien à la perception que j'ai de toi, juste que cela me montre que tu n'as pas confiance en toi et que surtout, ta compréhesion de la psychologie, me semble très éloignée de la vérité. Mais les psy et les médecins ne font pas bon ménages.

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  14. Tu a raison Claire je ne publierai pas ton dernier commentaire. Cela te permettra de te dire "j'avais raison" en jubilant. Enfin tu pourras exister.
    Pour les autres j'expliquerai que ton commentaire n'était que colère désordonnée et pour le coup agression (et non pas agressivité).
    Tu n'as certainement jamais été médecin, ton niveau de vocabulaire, ton niveau de réflexion et ton manque d'empathie ne le rendent pas possibles.
    Tu es certainement quelqu'un qu'on a sans cesse dévalorisé, qui a peut être cessé d'exister un jour pour tes proches. Tu as tellement besoin d'exister.
    je comprends mieux ton besoin de justifier que l'Homme est bon car tu as tellement d'agressivité en toi que tu dois trouver des gardes-fous pour ne pas l'exprimer.
    Ta méconnaissance de la psychologie est navrante, elle te permettrai de comprendre et de sortir de ta situation. Tant de colère si peu constructive, quelle perte d'énergie.
    Met toi en colère mais fais le contre ceux contre lesquels tu es vraiment en colère depuis ton enfance. Comprends ce que tu es, tu comprendras alors enfin ce que sont les autres et ce qu'ils ressentent.
    Aucun de tes prochains commentaires ne sera lu ni publié.

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