lundi 28 février 2011

Petite histoire de psychologie - 5

Avant que vous ne vous précipitiez sur la nouvelle histoire, je dois vous dire que j'ai beaucoup hésité à la faire paraitre.
Vous vous souvenez sans doute qu'une des consignes était de ne pas écrire quelque chose qui valorise le passage à l'acte suicidaire (pour les lecteurs bien sur). Or la première lecture de cette nouvelle peut le laisser planer un certain doute.
J'ai donc discuté avec l'auteure de ce que je percevais d'une éventuelle incitation au suicide.
Voici sa réponse : 
"Maintenant que vous le dite, je trouve aussi. A la base je m'était inspirer de la sensation qu'on a quand on démennage quelque part ou l'on aime pas, d'ou la presence du verbe partir. Je le voyais plus en raport avec la liberté, mais maintenant que vous le dite on peut le comprendre ainsi aussi, ce que j'avais pas remarquer. Et je comprend tout t' as fait si vous ne voulez pas le poster il n y a aucun probleme. ^^"
Censurer n'ai pas quelque chose qui me plaît. Mais cette réponse -et autres petites choses- m'ont décidé publier cette histoire. A vous de vous faire une idée.

Voici donc la nouvelle de Chiwii





Forces contraires


”J'ai toujours était travailleuse, mais là je sais pas trop ce qui se passe.”

Ça monte, j'étouffe, j'asphyxie, je me noie.

 J'arrive a rien, toutes ses années perdues.

”Oui, ça fait du bien de parler, je pense que ça va s'arranger.”

Je panique, je pleur, pleur, pleur, pleur, pleur sans me faire voir.

Pourquoi suis-je aussi misérable?

”C'est ta fille! Fais quelque chose à cette folle!”

Je veux partir. Je veux partir.

J'ai envie de brulé la maison.

”Vous savez, j'ai pensé quitter l'école, ça fait déjà un ans, je suis trop à la traine.”

Je veux partir, je veux partir!

Tout ça, c'est de la faute à se foutu pays.

”En plus elle ne fait jamais rien, une vraie plaie! Juste bonne à se faire dorloter!”

Je veux pas rester, je veux partir, laissez-moi!

La boule de rancune grossit, prend toute la place, me laisse vide et mort. Puis explose.

”Je crois que j'ai plus la force de croire en moi.”

… Partir... Par...

Je ne réussirais pas, je ne peut pas partir.

”Oui, ça va surement aller.”

tir...






vendredi 25 février 2011

J'ai lu - "Coeur prisonnier ou l'art de la manipulation"

Aujourd'hui encore une critique de livre ayant trait à la psychologie.

"Coeur prisonnier ou l'art de la manipulation" est un court ouvrage (41 pages de lecture) mettant en scène l'histoire personnelle d'une jeune femme confrontée à un manipulateur.
C'est un témoignage d'une femme amoureuse qui tombe sur un pervers, au sens psychologique du terme, et qui va tenter de comprendre comment elle en est arrivée là, comment l'emprise s'est mise en place et quelle stratégie elle a mis en place pour en sortir.


Virginie Segard, l'auteure, n'a pas voulu s'étendre sur sa vie mais bien sur sa confrontation à la perversion.
Il y a deux parties intéressante dans le livre :
- celle qui présente l'énumération et la description des processus en jeu dans la manipulation qui amène les victimes à tout subir sans se rendre compte de ce qui se met en place, plutôt bien vu.
- celle qui explique les conséquences pour la "victime", plutôt réaliste.
Bien sur, comme c'est autobiographique, les exemples sont pris dans le vécu de l'auteure.

Dans la troisième partie il s'agit de comment de libérer de l'emprise d'un manipulateur.
C'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup de possibilités qui s'offrent aux victimes. L'auteure nous explique quel choix elle a fait et nous livre dans la foulée une conclusion -optimiste- sur sa vie. Cette partie nous est livrée de façon superficielle, voire bâclée, sans vraiment mettre en avant les stratégies choisies, comme si une fois posée les briques de son vécu elle n'avait eu qu'une hâte : s'en défaire. On sent une volonté non pas de raconter sa vie, mais bien de témoigner sur une partie de vécu.

Des livres sur les pervers vous me direz qu'il y a en des tas dans les rayons de toute bonne librairie. Certains bien plus étoffés et bien plus explicites quant aux solutions qui s'offrent aux victimes. Mais ils restent "froids" et ponctués de quelques témoignages.

Ce livre biographique interessera donc ceux qui vivent ces situations d'emprise et de terreur en ce qu'il leur montrera qu'ils ne sont pas seuls. Que d'autres vivent ou ont vécu cela et qu'il est possible d'en sortir et de reprendre goût à la vie. 

Face à la manipulation l'espoir est le plus fort, le tout étant de décider d'en sortir.



mercredi 23 février 2011

Le mariage

Oh la ! Du calme. j'en vois déjà qui fuit rien qu'à la lecture du titre.



Je ne vais bien sur pas vous parler de la façon dont on doit vivre le mariage.

Je pourrais vous parler de ceux qui ne veulent pas se marier :
- ceux qui l'ont déjà été principalement et qui se disent qu'on ne les y reprendra plus
- ceux qui ne l'ont pas encore été et qui se demandent si ça vaut le coup
- ceux qui ne l'ont pas encore été et qui se disent qu'aujourd'hui il y a d'autres façons de se "marier"
- et enfin ceux qui sont contre toute attache et qui vous balancent "que ce n'est pas un bout de papier qui va changer les chose".

En fait ils ont tous raison si on prend deux secondes pour réfléchir.

L'intérêt de l'union libre c'est que quand on en a marre, on peut se tirer du jour au lendemain sous le coup de l'impulsion.
L'intérêt du Pacs c'est que lorsqu'on n'en veut plus, il suffit d'envoyer un courrier dans la foulée de la décision pour être "dépacsé" **
L'intérêt du mariage.... est que pour vous séparer ça va prendre 6 mois si vous êtes d'accord, 5 ans si y en a un des deux qui veut gonfler l'autre. Et qu'en plus y a des histoires d'argent et de biens en plus.

Et pour vous dire tout cela n'est pas le sujet de cet article !!

Ce qui m'intéresse dans le mariage c'est la notion de mariage en elle-même, ce qu'elle induit au niveau psychologique.

La cérémonie du mariage, volontaire ou forcé, avait au moins un intérêt : elle était et est toujours initiatique.

Comme lorsqu'une femme accouche, elle passe de l'enfant de sa mère à mère de son enfant (ça ne marche pas pour le père...).
Et bien lorsqu'on se mariait on passait d'enfants sous la réponsabilité des parents à adultes sous leur propre responsabilité.

De même qu'on avait des rites initiatiques pour chaque passage important dans la vie et bien le mariage en était un autre.
Il l'était aussi pour les parents. A l'issue de la cérémonie, ils n'étaient plus que les parents qui devaient rester chez eux et s'occuper de ceux qui restaient avec eux. Les mariés prenaient leur envol et vivaient enfin la vie qu'ils voulaient.

Bref, le mariage permettait la prise de conscience de l'âge adulte des mariés à la fois pour eux. Et le fait de faire une grande fête et de réunir famille, proches, amis ne servaient qu'à dire "vous avez vu, nous ne sommes plus des gosses, nous ne sommes plus à la charge de nos parents, si vous avez quelque chose à nous dire maintenant vous passez par nous... et si on fait n'importe quoi nous assumons les conséquences".

Il y avait donc une rupture -principalement légale- d'avec la famille et le passé. Mais aussi psychologique, même si dans la pratique ce n'était pas aussi simple... 

L'intérêt du mariage c'était justement sa difficulté à le rompre. Je ne parle pas du mariage religieux, vous l'aurez compris, mais bien du mariage civil. Si avant c'était trio difficile d'obtenir une rupture, surtout pour les femmes, les difficultés aujourd'hui restantes permettent de réfléchir, d'essayer d'arranger les choses au sein du couple, de suivre une thérapie de couple si nécessaire. D'essayer tout court de comprendre pourquoi on s'est  écartés l'un de l'autre avec le temps. 
Le concubinage ou le pacs permettent surtout le passage à l'acte impulsif. Chacun donne t il des chances à l'autre ? Parfois oui, parfois non. Souvent la seule chance laissée est d'espérer que le temps va arranger les choses, ce qui n'arrange rien lorsqu'on ne cherche pas à comprendre ou à modifier son mode de fonctionnement.

Aujourd'hui, notre Société bannie les rituels intiatiques. Le bizutage se basait sur ces rituels de passage, mais les dérives que l'on connait, on amené à remettre totalement en question cette pratique. 
 
Bettelheim et avant lui Albert Hall, se demandaient déjà à leurs époques respectives si l'accroissement de la délinquance ne venait pas en partie de ces manques de "repères" dans l'avancée en âge.

Qu'en pensez vous ?


(**Une patiente m'a dit "ce soir je me dépacse". Ca m'a immédiatement fait pensé à "k-pax"... )






lundi 21 février 2011

Petite histoire de psychologie - 4

Cette semaine l'histoire de Cessy-Loup



Le rituel commence à devenir habituel. J'arrive toujours en avance. J'attends dans la salle d'attente aux magazines tous plus débiles les uns que les autres, heureusement que j'ai apporté un livre avec moi. Ça m'occupe en attendant.
Il vient me chercher. Je me lève. Nous nous serrons la main. Je le suis.
Nous pénétrons dans la salle exiguë qui lui sert de cabinet. Il s'assoit dans un fauteuil massif. Il y en a deux autres en face de lui. Je choisis celui de gauche.

Je suis assise dans cet affreux fauteuil en faux cuir verdâtre mal assorti au mur de la petite pièce. Oh! Comme je les hais, ces horribles murs verts d'eau qui paraissent rétrécir à mesure que s'égrainent les secondes paresseuses. Je les fixe un instant avec ostentation. De ma place j'ai au moins l'avantage de pouvoir regarder par la fenêtre, juste sur ma droite. Elle donne sur une ruelle déserte où seules des feuilles mortes se promènent; s'y ennuient des bâtiments grisâtres et un arbre rabougri déshabillé par l'hiver qui agite ses pauvres bras nus dans le vent.

Il est assis dans son volumineux siège vert. Il n'est ni grand ni petit, ni gros ni maigre. Normal. Ces vêtements sont classiques, de couleurs sobres et repassés. Le bureau dans le coin de la pièce est rangé. Une étagère remplie de livres se dresse à sa droite. Un cabinet banal.
Le plus prégnant, ce sont ses lunettes. Des lunettes à grosses montures noires. Je ne sais pour quelle raison je les trouve remarquables ces lunettes.
J'évite de le regarder. Je ne sais pas pourquoi mais ça me dérange de le voir m'observer.
Il me pose une question et un bref instant les mots se bousculent dans ma tête pour être aussitôt obscurcis par un pathétique « je ne sais pas... » bredouillé tout bas. Je voudrais répondre mais je ne peux pas.
Un silence s'installe. Il s'étire et s'éternise. Il dure et je m'enlise.

Il ne dit rien.
Je me tais toujours.
J'aurai pu répondre. J'aurai dû le faire immédiatement car maintenant c'est trop tard. Les mots sont partis, ils ont quitté ma tête vide. C'est un combat silencieux que je livre, seule contre moi-même.
Et c'est comme si je me battais contre lui.
Je ne sais même pas vraiment pourquoi ni contre quoi je me bats.
Parler c'est juste trop dur et le silence me tient lieu de béquille. Il me tient compagnie. Il s'enracine en moi.
Je ne parle pas car je ne peux pas. Je le voudrais mais le silence a pris possession de moi et à remplacé mes pensées ténues et minées par son vide immense et lourd.
Je voudrais ne pas me trouver là. Mais en même temps personne ne me force à y être. J'ai choisis de venir de mon plein gré, en toute connaissance de cause. Cependant je n'avais pas imaginé que ça se passerait comme ça. Que je n'arriverais pas à parler.
Si encore c'était la première fois je pourrais me dire que c'est normal. Mais c'est la troisième fois que je viens là et les mots ne sortent toujours pas. Ils restent prisonniers dans ma tête, à un endroit où même moi je ne peux pas les voir. Je voudrais les attraper, les obliger à sortir mais je sais qu'aujourd'hui encore ils ne sortiront pas.
Alors dans mon for intérieur, je me dis : « la prochaine fois je parlerai ». Je me le promets, ce qui est bête car je ne sais pas si j'y arriverai.


Copyright Cessy-Loup - Pas de publication et reproduction sans l'autorisation de l'auteur. 


dimanche 20 février 2011

vendredi 18 février 2011

Expéditions polaires et troubles mentaux

[Tout d'abord, rien à voir avec le titre, vous aurez remarqué qu'en-dessous des articles est apparue une nouvelle ligne qui permet l'appréciation de l'article situé au-dessus (la physique fait bien les choses).
Il s'agit de décider -je sais prendre une décision est difficile pour certain(e)s- si l'article est amusant ou intéressant ou passionnant. 
Pas d'appréciation négative vous aurez remarqué ! ]

Voila passons donc aux choses sérieuses.

Si comme moi vous vous êtes demandés comment on pouvait avoir envie d'aller passer ses vacances dans un paysages tout plat, blanc et glacé à -40°, alors sans doute ne serez vous jamais concerné par ce qui va suivre.


Mais vous le savez, les humains n'ont pas attendus ces basses préoccupations climatiques pour aller voir s'il était possible que ce soit mieux ailleurs.
Certains ont fantasmé sur les nounours polaires, celui en peluche que grand-père leur avait offert pour leur 2 ans. Certaines se souviennent encore avec un sourire ravi de Shiver l'oursonne blanche frileuse qui accompagnait Barbie dans ses tribulations féérique. D'autres ont pleuré en regardant le squelettiques ours blanchêatre se demandant comment il allait bien survivre sur sa mini banquise poussée au vent lors du passage de l'hélicoptère d'Artus Bertrand. Sans compter tous les sadiques qui se demandaient si c'était aussi blanc dedans que sur la fourrure...

Eh oui les expéditions polaires ont le vent en poupe.
Soit pour le tourisme soit à titre commercial soit à titre scientifique (ce qui englobe les camps de l'armée).

Blizzard, vous avez dit blizzard ? Les pôles, c'est souvent se frotter à l'obscurité pendant quelques mois. Rester quasi enfermé tout aussi longtemps. Des conditions climatiques extrêmes épuisantes et une proximité, enfin plutôt une promiscuité, humaine parfois lourde. Températures froides, pas d'humidité au Pôle Nord auxquelles nous ajouteront effets de l'altitude au Pôle Sud.

Bien sur, les expéditions polaires nous ont tous fait rêver.
On se dit que depuis Scott à Jean-Louis Etienne ceux qui acceptent de partir dans de telles conditions sont des personne qui n'ont pas "froid aux yeux".
Et tout semble toujours bien se passer, d'ailleurs ils nous ramènent tous des belles images...

Mais ça c'est l'image d'Epinal.
Car ces conditions particulières créent des troubles particuliers.

On trouvera des troubles du sommeil mais surtout des troubles cognitifs :
- altérations de la mémoire,
- problèmes de concentration et de vigilance
- déprime
- angoisse
- irritabilité avec conflits exacerbés entre les membres de l'expédition

Bref c'est comme Koh-Lanta mais par moins 40° ! 

Et contre toute attente il existe des variations saisonnières :

- un syndrome hivernal : augmentation de tous les symptômes ci-dessus avec un stress très important.
Ce syndrôme apparait en milieu du temps à passer en expédition. Il s'expliquerait par le fait que les participants prennent conscience qu'on est qu'à la moitié du temps et qu'il reste encore du temps à passer au froid et en confinement.

- lors des randonnées polaires, tous les symptômes sont présents puis diminuents après que les participants aient atteints le "point de non retour", c'est à dire le point où les provisions sont insuffisantes pour faire demi-tour.

- il existerait deux pics -en juillet et en novembre- des modifications du fonctionnement thyroïdiens avec altération de l'humeur et des fonctions intellectuelles.

- comme chez nous, la dépression saisonnière guette en fonction des variations de lumière du jour.

Afin de réduire le stress, diverses "techniques" ont été mises en place : propositions de loisirs, tâches à effectuées en groupe et aussi... mise à disposition d'alcool. Cet dernière solution ayant montrées ses limites : les participants devenaient moins performants et les conflits étaient exacerbés, sans compter quelques hallucinations.

En fait la méthode la plus efficace pour "survivre" à ces conditions est de sélectionner par des tests psychologiques -et avant le départ- des individus capables de supporter ces conditions extrêmes !

On les forme aussi à la résolution des conflits, au management et aux stratégies de groupes en milieu polaire et on leur propose pendant leur résidence au froid des consultations -à distance- avec un psychologue ou un psychiatre.


Si malgré tout cela vous avez toujours envie de partir au grand froid, sachez que les participants reviennent  de toute façon enchantés car se mettent en place des mécanismes de défense psychiques : émerveillement devant les paysages, sentiment d'appartenir à un groupe soudé, fierté d'avoir vécu quelque chose d'extraordinaire et d'avoir surmonter des défis et une estime de Soi regonflée...



mercredi 16 février 2011

J'ai lu.... "Le livre des grands contraires psychologiques"

Eh oui, un peu de culture dans ce blog de brute.

Aujourd'hui un livre pour la jeunesse qui m'a interpellé.
Alors que je furetais dans les différents rayons de chez Gilbert Jeune, d'un seul coup j'ai entendu : 
"Eh ho, regarde par là, je suis là... !"
Et j'ai regardé.
L'intitulé m'a déjà surprise. 
Des "Contraires psychologiques" ? Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ?
Vous pensez bien que ma curiosité m'a poussé à feuilleter puis lire ce livre.

Oui, je l'ai lu sur place, je l'avoue.
Et je l'ai trouvé super.

D'abord la couverture :

C'est un grand livre carré. Je n'ai pas pris les mesures, mais c'est du genre qui ne tient vraiment pas dans la poche, je dirai bien 25 x 25 cm !
La couverture est plutôt kitch, pas très attirante et on ne voit pas très bien où ça veut en venir.
Le secret est à l'intérieur.

Il s'agit en fait de comparer par des textes courts et surtout de superbes illustrations des personnalités différentes : le discret et l'expressif, l'idéaliste et le réaliste, le simple et le compliqué, le sérieux et le joueur et quelques autres   ... Chaque personnalité faisant face à son contraire.

Par exemple :

Sur la page de gauche :

Sur la page de droite :
 

Bon mes tofs sont pas super parce que l'éclairage de Gilbert n'a pas pour but un rendu optimal en photographie.
Sans compter qu'un vendeur, m'observant avec mon portable, commençait à me tourner autour (mais bon ça change pas l'éclairage non plus ...) prêt à me balancer une réflexion.


Les descriptions simples mais pas simplistes m'ont fait pensé à des résultats de tests psy dans les revues. Vous savez lorsqu'on a une majorité de réponses "a", on est plutôt ci ou ça et s'ensuit une description.
La lecture se fera en compagnie des parents car certains termes de vocabulaire peuvent nécessiter une explication de texte ("concurrencer", "humanité", "infini"...).

Voici la 4ème de couverture :


Un seul reproche, le prix : 16,9 €
Ok c'est un beau livre à couverture cartonnée rigide, mais la simplicité belle et esthétique mais simple des illustrations et la quantité de texte ne vous permettront pas de finir l'hiver dessus si votre but est de vous en servir lors de l'histoire du soir.

Je recommande néanmoins chaudement ce livre qui, comme je l'ai déjà écrit, est très plaisant à l'oeil. On a vraiment envie de le feuilleter, on regarde les illustrations avec gourmandises et on a hâte de connaître la description donnée. Descriptions tout à fait susceptibles d'initier des grandes discussions avec vos enfants, d'abord parce qu'on s'y reconnait et ensuite parce qu'on compare avec les gens qu'on connaît. Un bon moment familial en perspective et un livre à laisser traîner sur la table ou à posséder dans votre bibliothèque si vous travaillez avec des enfants (comme je l'ai fait).
 

Il existe d'autres sujets, mais ils n'étaient pas présents à la librairie, mais j'avoue que certains sujets m'intéressent "la question de Dieu", "le sens de la vie" et "le grand livre des contraires philosophiques" des sujets qui questionnent toujours les jeunes.


Recommandé à partir de 7 ans

En fait en terminant l'article et en surfant sur le site de l'éditeur Nathan, j'ai découvert qu'on pouvait feuilleter le livre ! C'est ... ainsi que les autres livres de la même collection ! Le progrès est partout !! (et c'est bien plus beau que mes photos).


le site de Jacques Després, l'illustrateur

lundi 14 février 2011

Petite histoire de psychologie - 3

Cette semaine le texte de Nakito 


Voilà déjà quelques longues minutes qu'elle s'impatiente, malhabile et mal assise sur ce siège plus "second choc pétrolier dans la Creuse" que "second empire". Fugacement, elle se demande comme on peut avoir un Divan comme emblème dans l'imaginaire populaire et des chaises aussi merdiques dans sa salle d'attente.

Mais peu importe son séant, sa tête résonne de son leitmotiv: Bien se tenir. Détendue mais pas trop décontractée, regard impassible. Impavide mais pas vide, attention. Avec tous ces psy qui s’enorgueillissent de pouvoir vous juger au premier coup d'œil, elle ne veut surtout pas paraître pour ce qu'elle n'est pas. Soit, le psy vous détaille de la tête au pied en une seconde avec beaucoup plus de classe qu'un parangon de beauf à la sortie du Macumba Night, mais le résultat est le même, vous êtes catalogué et le magnéto du discours formaté peut démarrer. Oui, vraiment comme la tchatche du dragueur du Macumba...

Mais à quoi ne doit-elle pas ressembler, au fait ?
Ah oui, à une fille facile. A « une petite pute » comme aimait s’emporter sa mère et son sens inné de la modération. A chaque fois que, plus jeune, elle voulait sortir avec les copines, elle avait droit à ce type de réflexion : « Ta jupe est tellement courte qu’on voit ton string par au-dessus et par en-dessous ! », ou alors «  habillée comme ça, tu va te faire de l’argent de poche ». C’est sur que sa mère, question distraction, elle n’a pas du en connaître des tonnes. Personnalité psychorigide momifiée dans son ersatz de tailleur chanel défraichi, s’était-elle au moins amusée dans sa jeunesse ? Dur à imaginer…
« Les seuls pas de danse qu’elle a du faire, ce devait être des patins aux pieds pour cirer le parquet » s’amuse-t-elle à penser. Et de laisser son esprit vagabonder quelques secondes en se demandant comment son père a bien pu s’enticher de cet être qui n’avait de femelle que l’instinct ménager. Son père qui lui a de la prestance, de l’assurance, un charme certain comme elle aime se l’entendre dire par ses amies. Son père qui…

Non ! Surtout pas ! Il faut qu’elle laisse son paternel de côté. Elle a failli oublier le conseil numéro un des copines : ne pas parler de son père en propos trop flatteurs. Sinon, elle va se faire refourguer illico un package d’Œdipe et traumatismes affiliés et la discussion n’ira pas plus loin. Comme le clame son amie Julie qui s’y connait puisqu’elle a du passé plus de temps sur le divan d’un psy que sur les bancs de l’école, « L’Œdipe, c’est le hard-discount de la psychologie. Quand tu n’as pas les moyens d’approfondir le menu, tu ressors forcément avec un petit complexe bon marché, qui rassasie tes angoisses sur l’instant mais ne t’élève guère vers la nourriture spirituelle ».
… D’un autre côté, elle a bon dos de dire ça, Julie, elle est orpheline.

Mais l’heure tourne, la trotteuse trotte et son moral fait des ruades à force d’anticiper la « discussion » à venir. Heureusement qu’il n’y a personne d’autre dans la salle d’attente parce que vu l’état de stress qui l’étreint, à deux dans cette antichambre ça tournerait vite à l’ultime valse de deux condamnés dans le couloir de la mort. D’ailleurs, elle s’interroge encore. C’est étrange que les patients ne se croisent jamais chez le psy. Pourtant, même chez le proctologue, l’attente n’est pas confidentielle… Serait-ce honteux de faire une analyse ? Tout le monde se vante d’aller chez son psy mais on se cache en partant comme en sortant d’un sex-shop avec un double dong gargantuesque.
Elle, elle ne se sent pas vraiment honteuse. En fait, elle se demande plutôt ce qu’elle fout là. Et comment l’inconnu derrière la porte, sous prétexte qu’il a lu Freud et Michel Onfray, va pouvoir l’aider à faire comprendre à son Jules de ne pas laisser trainer ses chaussettes sales partout. Parce que soyons clair, le point d’orgue de la prise de tronche conjugal tourne souvent autour du panier à linge.

Mais voilà, les copines s’en sont mêlées. Leur obstination a vouloir savoir de qu’il se passe dans la chambre à baiser de chacune, autant pendant l’ascension des rideaux que lors de la redescente en zone de turbulence, les a fait réagir à tort et à travers. Et donner une profusion de conseils. Alors bien sur, elle a laissé de côté l’idée de celle qui lui conseillait d’écrire au courrier des lecteurs de Femme Actuelle. Mais comme une majorité de ses amies s’allongeaient aussi souvent sur le divan que sur la banquette arrière au fond du parking du Macumba Night, ce qui n’est pas peu dire, est a fini par se sentir ridicule de ne pas utiliser elle aussi cette avancée de la science offerte à tous aujourd’hui.

Il n’y a toujours personne lorsqu’elle quitte la salle d’attente par la même porte que celle par laquelle elle était entrée. Le psy, elle ira peut-être un jour. Quand elle l’aura décidé elle-même. Quand elle en aura vraiment besoin.



Copyright Nakito - pas de reproduction sans autorisation de l'auteur

dimanche 13 février 2011

vendredi 11 février 2011

De quoi allons nous mourir ?

A ne lire qu'après avoir lu son horoscope !
(ce sont des statistiques mondiales) 




La 21e cause de mort, une chance sur  119.998, est d'avoir été attaqué par un ou plusieurs chiens. 

La 20e cause de mort, une chance sur 81.701, est d'être frappé par la foudre.

La 19e cause de mort, une chance sur 62.950, est liée à des piqûres d'abeilles, de guêpes, de frelons.

La 18e cause de mort, une chance sur 51.199, est d'être victime d'une tempête.

La 17e cause de mort, une chance sur 6.174, est la chaleur.

La 16e cause de mort, une chance sur 5.981, est un coup de feu accidentel.

La 15e cause de mort, une chance sur 5.862, est un accident d'avion.

La 14e cause de mort, une chance sur 4.147, est un accident de vélo.

La 13e cause de mort, une chance sur 1.235, est un incendie.

 La 12e cause de mort, une chance sur 1.073, est la noyade.

La 11e cause de mort, une chance sur 802, est un accident de moto.

La dixième cause de mort, une chance sur 623, est de se faire renverser en étant piéton.

La neuvième cause de mort, une chance sur 300, est d'être victime d'armes à feu.

La huitième cause de mort, une chance sur 272, est d'être passager d'un véhicule accidenté.

La septième cause de mort, une chance sur 184, est de faire une chute.

La sixième cause de mort, une chance sur 139, est un empoisonnement accidentel.

La cinquième cause de mort, une chance sur 115, est une blessure auto-infligée.

La quatrième cause de mort, une chance sur 85, est un accident de voiture en tant que conducteur.

La troisième cause de mort, une chance sur 28, un infarctus. 

La deuxième cause de mort, une chance sur 7, un cancer.

La première cause de mort, une chance sur 6, une maladie cardiaque.


J'en déduis que j'ai peu de risques de mourir en me bourrant la gueule en restant chez moi (sauf si je chute en attrapant Jack Daniel, la bouteille me tombant alors sur la tête et m'ouvrant le crâne, je dégringole du tabouret et j'ai tellement la trouille que je fais une crise cardiaque tout en me noyant dans l'evier plein d'eau crade dans lequel flotte ma vaisselle d'hier soir) 
(Conclusion : l'alcool doit toujours être dans le placard du bas)


mercredi 9 février 2011

Bébé médicament. Et la psychologie alors ?

Le premier bébé médicament français à vu le jour.
Ce bébé va permettre de guérir sa grande soeur atteinte d'une maladie génétique.
En effet, né par sélection génétique, le sang du cordon ombilical de ce bébé plein de cellules souches devrait permettre de guérir l'aînée.



Bien sur tous les médecins et tous les magasines scientifiques se sont félicités de le prouesse médical et des espoirs de traitement dans un futur proche.
Espoir, c'est d'ailleurs le prénom de ce bébé. "Umut-Talha" voulant dire "notre espoir" en Turc.

Par contre, certaines personnes se sont mollement opposés ou inquiétés de cette naissance.
Mais nulpart de possibles préoccupations psychologiques.

L'aînée se sentira t elle redevable à ce frère ?
L'enfant va t il devenir la "lumière" de la famille ?
Ce bébé aura t il encore une raison d'être après sa naissance ?
Au contraire, sera t il considéré comme le "sauveur" auquel on doit tout ?
Le fait d'avoir été sélectionné génétiquement en fait-il le "bébé de l'amour"ou de la science ?
Comment lui se considèrera t il, comme un enfant désiré ou comme un objet nécessaire ?
Le fait d'avoir sélectionné le fera t il culpabiliser d'être là lui alors que sans ce projet soit il n'y aurait personne d'autre soit il y aurait un autre enfant "non parfait" ?
Si la greffe pour sa soeur échoue, sera t il considéré lui même comme un échec ?
Si cela échoue, se considèrera t il comme n'ayant plus de raison d'être ?
Si cela échoue, ne lui fera t on pas porter le poids d'une culpabilité de n'être pas "assez parfait" ?
Que vient-il guérir : sa soeur ou la peur de la mort des parents ?
Et si lui même a un problème, qui viendra lui le sauver ?


Sans doute pourrait-on ajouter d'autres questions.
Vous en pensez quoi ?





lundi 7 février 2011

Petite histoire de psychologie - 2


Cette semaine, voici l'histoire proposée par Chucky




Le passé rattrape le présent…

« Ranges le cadavre Nate, bordel, combien de fois faudra-t-il que je te le dise ? C’est fragile ces machins-là et les vers doivent encore attendre un petit bout de temps avant le festin. »

Nate était mon assistant, pas bien débrouillard il faut dire et surtout aucune minutie, si bien qu’il n’était pas rare que « mon cadavre » ait une partie manquante à l’arrivée. Ah oui, j’oubliais, je m’appelle Andy et je m’occupe de cadavres, ou plus conventionnellement je suis médecin légiste, entres autres, ce n’est pas l’entier de ma profession mais j’y consacre le plus de temps possible, il n’y a pas à dire, les morts sont bien plus parlants que les vivants. Je vois mon métier comme une énigme perpétuelle, au départ j’ai dans les bras un corps dont on doute des circonstances exactes du décès et à l’arrivée c’est à moi de trouver quel salaud ou quelle saloperie a été à l’origine de la mort.

Je ne voyais que très rarement la famille des proches de la personne décédée, question de pure décence, je ne me voyais pas aller prendre le thé tout en expliquant que suivant le schéma qu’avait emprunter la balle du fusil et en fonction du calibre, la paroi du cerveau avait probablement explosé bien avant que le type ne se rende compte que son assassin avait tiré. La thèse du suicide ? Ecarté. La balle avait été tiré à bout portant, facilement repérable, utilisation d’un gros calibre, arme probablement de tireur professionnel, l’homme savait parfaitement qu’en tirant à cet endroit il ne laissait aucune chance à sa victime. C’était ingénieux, très ingénieux. Le mobile ? Vengeance, œuvre d’un psychopathe, règlement de compte, autant d’hypothèses possibles mais ça, ça n’était plus mon job. Pourtant cette fois, la famille avait tenu à me rencontrer, malgré mon refus initial, la hiérarchie avait fait pression pour que je concède à m’entretenir avec eux, question de fric sûrement, au vu de leur Audi TT et de leurs boutons de manchettes griffés J-P Gautier ils devaient certainement être aisé.

« Bonjour monsieur Xander,  serait-il possible d’abuser de quelques minutes de votre temps ? »
Les règles de courtoisie m’emmerdaient au plus haut point, d’autant plus lorsque ces dernières étaient prononcées sous la cape de l’hypocrisie.
« Quelque chose me dit que vous connaissez la réponse. Que puis-je pour vous ? La livraison de chrysanthèmes n’est pas assurés par mes services.. »

Nate me lança un regard noir, mes sarcasmes avaient souvent attiré des ennuis à la boite mais mes compétences étaient suffisamment recherchées et rares pour que l’idée de me virer ne soit jamais émise. Je côtoyais chaque jour la mort, si bien que je n’avais plus d’appréhension face à cette dernière. Vous savez, lorsque les gens pleurent des personnes qui leur sont proches à la suite d’un décès, ou à l’enterrement, au cimetière, à l’Eglise, ce n’est pas vraiment parce qu’ils ressentent de la peine devant la disparition de leur très cher, mais bien davantage parce que cela les renvoi à leur propre mort. La fameuse petite voix qui leur insuffle que bientôt ça sera leur tour, que si ça se trouve ils seront les prochains sur la liste, que demain un connard d’automobiliste va les faucher durant leur jogging matinal, qu’une saloperie de cancer va faire de leur vie un enfer et une lente agonie s’en suivra, ou encore qu’un dérangé ira leur planter un couteau dans le cœur pendant la nuit. Les gens n’ont pas peur de la mort des autres, non, ce dont ils ont peur c’est de leur foutu mort, nous sommes des monstres d’égoïsme, les chrysanthèmes et autres fleurs funéraires qui ornent les tombes c’est surtout parce que nous même nous aimerions que les gens se souviennent de nous lorsque notre tour viendra. J’ai longtemps cru pouvoir combattre ou défier la mort, à ma façon, depuis le décès de ma femme –un gars qui perd le contrôle de sa voiture, défaillance des freins, et qui percute sa voiture, l’accident con par excellence- j’ai eu une période de dépression où j’ai été amené à rencontrer quelques psychologues et psychiatres. Après avoir testé la méditation, les thérapies d’aide ou deuil, les groupes de paroles, les diverses associations, l’exploration de l’Inconscient –je n’ai toujours pas vu le rapport entre mon complexe d’Œdipe et le fait que j’ai des envies suicidaires associées à la perte de ma moitié-  puis les divers médicaments, les antidépresseurs, les anxiolytiques, les somnifères, Xanax, Temesta, Lexomil, Proxac, Stilnox… J’en ai testé une sacré pelletée et après avoir eu la bouche pâteuse, avoir été légumisé , déclaré inapte au travail et avoir eu la capacité de réaction d’une mouche écrasée : j’ai tout arrêté.  Je suis retournée au travail, j’ai découpé des corps en écoutant AC/DC en fond sonore et depuis, je ne me suis jamais senti aussi bien. La mort ne me fait pas peur, ma mort ne me fait pas peur.

« Eh bien.. Gary avait laissé une lettre que nous avons retrouvé en rangeant ces affaires et.. il se trouve.. qu’il a été responsable d’un accident de voiture il y a six ans de cela, sur une certaine Lydia Xander.. où il explique qu’il a prit la fuite après l’avoir percuté par accident. J’ai pensé que vous aimeriez le savoir. »


Copyright Chucky, pas de reproduction sans autorisation de l'auteur

 

dimanche 6 février 2011

vendredi 4 février 2011

Les cartes du crime

Si vous suivez un peu l'actualité, vous avez certainement entendu parler des "cartes du crime" que nos amis les anglais viennent de mettre en ligne.

Il s'agit de cerner, pour une ville, un quartier, quels types de crimes y sont les plus survenus :
- les cambriolages
- les comportements anti-sociaux
- les vols
- les attaques aux véhicules
- les attaques violentes
- tous le reste (dont le trafic de drogue)

Si vous passez par une ville ou si vous y habitez, il est donc maintenant possible de savoir quels sont les risques que vous encourez.

Ainsi, par exemple, il ne fait pas bon habiter dans le quartier compris entre Covent Garden et "le" Strand, bref tout le côté gauche du Mall lorsque vous tournez le dos à Buckingham Palace. Là tout y est possible.

Ca a un intérêt, vous savez ce que vous devez protéger. Vous, votre véhicule ou votre appartement, selon les quartiers et même en fonction de certaines rues.

Ca a un inconvénient, c'est que ceux qui habitent là et qui n'avaient pas vraiment conscience de ce qui se passaient, vont partir ailleurs ou ceux qui voudraient déménager n'iront pas dans ces rues là.
Ce qui va modifier les mouvement de population entre rues, quartiers, villes, régions.

Ca peut aussi être perçu comme un façon de stigmatiser certains quartiers qui deviennent les lieux du stupre et de la délinquance. Mais bon, je pense franchement qu'en général, les habitants s'en doutent un peu.

Alors pourquoi ne fait-on pas ça en France ?

Pour tout vous dire cela a existé.
Même bien plus précis que cela.
Il y a encore une quinzaine d'années, la police traçait des cartes de crimes et délits.
Sur ces cartes apparaissaient, comme sur les cartes anglo-saxonnes, les lieux des faits constatés. On avait là aussi, les crimes, la vente de drogue, les vols de voiture, les attaques au personnes, les comportements non citoyens... 
Ca permettait de savoir où il fallait déployer les forces de police ou où on pouvait s'attendre à des exactions et coincer quelques délinquants.
Ca été très efficace.

Ensuite, il existait une autre série de cartes qui pouvaient venir se superposer sur les premières.
C'étaient celles des lieux d'habitation des commettants.
Ainsi, on pouvait dire que le délinquant (arrêté bien sur) qui avait cassé l'abri-bus rue untel, habitait à tel endroit.
Ca permettait de voir de quels quartiers venaient les délinquants / criminels.
On s'apercevait très vite que ceux qui réalisaient des attaques aux personnes ne venaient en général pas du même quartier que ceux qui réalisaient des cambriolages.
On constatait par exemple, que ceux qui volaient des voitures, habitaient tous dans tel quartier et venaient tous les voler dans telles rues, en général éloignées de leur lieu d'habitation du fait des différences de niveau social.
Mais que par contre, en ce qui concernait les attaques aux personnes, les délinquants / criminels n'hésitaient pas à s'en prendre à des gens de leur quartier, voire de leur rue. 

Ces cartes étaient bien sur informatisées et pouvaient être mises à jour tous les jours. 

C'était très intéressant socialement. C'était intéressant aussi pour comprendre comment lutter contre les inégalités entre quartiers. Ca l'était aussi pour comprendre comment contrôler les déplacements. Le Maire, les associations d'interventions, les bailleurs sociaux, tout le monde trouvait que ça facilitait le travail.

Mais plusieurs association s'en sont mêlées, puis la CNIL, qui montraient la stigmatisation de certains quartiers (pour ne pas dire de certains immeubles), le fait que les commettants étaients trops ciblés. Et que parfois, il est vrai, certaines dérives avaient été constatées, comme par exemple la construction d'un mur ou d'une route à grande circulation entre deux quartiers pour empêcher les "collusions". Le constat était aussi, que ces cartes, normalement non diffusées, finissaient par être connues et que certains quartiers étaient désertés et que les nouveaux venus ne voulaient surtout pas habiter dans certains quartiers. Les gens sont mesquins. lol

Bref, dès 1998, ces cartes ont été interdites afin de mieux respecter la mixité sociale et la non stigmatisation des délinquants.

Les anglo-saxons, eux, fonctionnent différemment. S'il est vrai qu'en Angleterre on est plus vidéo surveillé qu'en France, ils n'hésitent pas à mettre en ligne des fichiers sur les pédophiles, les criminels, les actes déviants. 

Est-ce bien ou pas ? Qu'en pensez-vous ?

(lien vers le site des cartes de crime)


mercredi 2 février 2011

Comment les psys gèrent leur souffrance

Je reprends le titre d'un article paru dans la Figaro.
Article sur lequel j'avais envie de revenir avec mon regard personnel.

Il s'agissait dans cet article de montrer que le "psy" (sans précision duquel) est humain et que parfois il souffre de troubles semblables à ceux de ses patients.

Ca m'a laissé un peu pantoise.
Mon expérience de la fac de psychologie remonte à quelques années et j'avais pu à l'époque rencontrer, regarder et observer certains des futurs psychologues.

Il est vrai que je pense que 25 % des étudiants en psychologie arrivent là parce qu'ils ne savent pas quoi faire.
Doués en rien, mais pas trop nuls en tout, le droit c'est pas leur truc (trop carré), médecine n'en parlons pas (trop difficile et de toute façon pas de bac S), les langues étrangères (Ok mais bon les postes qui payent bien sont rares).... alors il ne reste que la psycho.
Ceux là, en général, fournissaient la majorité du lot des étudiants qui ne finissaient pas leur première année et qui nous permettait -enfin- d'avoir de la place en amphi.
Depuis la réforme a changé tout ça, puisque nous nous étions spécialisés dès la première année alors que maintenant le L1 et L2 (années de licence 1 et licence 2 équivalentes à l'ex DEUG) sont deux années généralistes pour toutes les sciences humaines.
Mais bon de toute façon ensuite ça épure grave, puisque dans une université donnée, de 1000 en amphi on se retrouve en master 2 (ex DEA ou DESS) à 3 classes de 15... Les moins motivés et les moins doués aux études sont déjà loin.

En seconde année on perdait encore 25 % de l'effectif. 
"De mon temps" (lol lol), le premier cours magistral était clair : "beaucoup d'entre vous viennent en espérant régler leurs problèmes personnels sur les bancs notre université. Soyons clairs, si vous êtes venus pour cela, vous ne serez plus là dans deux ans. Vous n'aurez rien réglé, voire même vous irez encore moins bien et vous aurez perdu votre temps".
Et c'était vrai.

Oh j'en ai vu des nanas (beaucoup de filles en psycho)  victimes de traumas divers (incestes, viols, parents perdus tôt, nanas sans estime d'elles-mêmes....), effondrées au milieu du cours. Certaines déjà en analyse ou en thérapie, certaines se précipitant au BAPU (le service psy des étudiants) pour expliquer tout ça.
Car en psychologie, on aborde tous les traumas sans se demander si dans parmi les étudiants ça va choquer, géner ou faire remonter quelque chose. Certain(e)s étaient outré(e)s qu'on parle sans ambiguité de la mort ou de la pédophilie et s'en prenaient au prof pour son manque de tact !
D'autant qu'au cours des deux premières années, au fur et à mesure qu'on étudie les troubles du comportements et les maladies mentales et qu'on essaient sur nous mêmes les tests de psycho, on finit par se trouver tous les symptômes. Un jour on est schizo, le lendemain psychopathe, le surlendemain personnalité dépendante, le jeudi on est narcissique et on finit la semaine bon pour l'asile. Et comme on parle de libido et de sexualité toute la journée, les futurs psys sont de grands déviants...

Contre toute attente, au fur et à mesure de l'avancée dans les années d'études, j'ai croisé peu de personnes qui n'avaient pas réglées leurs problématiques.

Le plus dur restait à faire : mettre de la distance avec la problématique du patient.

Car si le patient nous touche, parce qu'il nous renvoit à quelque chose de vécu ou parce qu'on a envie de lui "donner une chance", il n'empêche que c'est sa vie à lui pas la nôtre.

Et lorsque je lit l'article du Figaro, je suis étonnée. Je n'ai jamais rencontré de patients qui ait eu l'impression que je ne comprenais pas leur souffrance ou qui pensait que je n'avais pas souffert. 
Les patients, même s'ils me prennent pour Dieu (LOL !), savent que je suis avant tout un être humain.
Des fois je suis malade, des fois il arrive des trucs difficiles, des fois je m'ennuie... 
Mais je n'étale pas ma vie, j'ai acquis la capacité à gérer la souffrance différemment puisque je peux faire la part de choses entre le fantasme et la réalité. Et j'ai appris que ce n'est pas parce que moi j'ai un problème que mon patient (ou les autres en général) doivent le vivre par procuration. Ils ont assez de leurs problémes ou problématiques.

Je croies aussi que je discute beaucoup avec mes patients. Lorsque la fin de la séance est arrivée, je ne les pousse pas dehors. Pendant que nous reprenons RDV, nous discutons du temps, des vacances à venir, des diffcultés à trouver un bon plombier... Bref, mes patients savent que je suis un individu normal et que pendant la séance ils peuvent ne penser qu'à eux car je ne suis concentrée que sur eux.

M'est-il arrivée de me sentir affectée par la souffrance d'un patient ? oui et non.
Oui, parce que je suis capable de me dire que ce patient à beaucoup souffert et qu'il existe toujours un horrible pour surpasser l'horrible précédent.
Oui, parce que ce que disent de leur vécu certains patients est -justement- horrible et que je suis épuisée à la fin de séance. Car l'empathie à cela de catastrophique, c'est qu'on est capable de visualiser et de ressentir pour l'autre. 
Et non, parce que toute la force de ma personnalité c'est de me dire que ce n'est pas moi qui ait vécu cela mais le patient.
Et lorsque mon patient pleure, c'est plutôt jouissif. "OUI" me dis-je "il avance ! Il pleure ici parce qu'il ne le fait pas ailleurs, il pleure devant quelqu'un, une émotion surgit, c'est génial !"
Ca m'aide à comprendre comment s'est construit son trauma, ça m'aide à comprendre comment je vais le "sortir" de là. 
Ca m'aide aussi à comprendre ce que je suis et où sont mes failles. Mais parfois ça ne m'aide en rien car je sais que ça ne peut pas / plus m'arriver, en tout cas pas comme cela. Mais dans tous les cas ça me rend plus forte dans ma construction et plus efficace dans ma profession.
Je suis concernée pour mon patient, mais je ne suis pas concernée par lui.

Un patient m'a dit un jour "votre métier est difficile, vous n'entendez que de la souffrance toute la journée".
Certes, mais ce n'est pas la mienne ! Et puis ce que le patient considère comme souffrance pour lui, n'en n'est pas obligatoirement une pour moi. Chaque patient pense que son problème est compliqué, insoluble, destructeur. Ce que je respecte pleinement, après tout chacun sa perception. Parfois la solution est simple, mais ces patients ne peuvent voir la sortie du fait de leurs blocages, de leur éducation déficiente ou traumatisante... La souffrance des uns n'est pas la souffrance des autres.
C'est juste une interrogation. Et c'est aussi ce qui permet de rester professionnelle et de ne pas s'impliquer, ce qui pousserait le patient à renforcer son mal-être (comme le font parfois des amis qui vous racontent que eux aussi... ou que "oui, c'est dégueu"... ça aide super à s'en sortir...).

Je crois que les psys en voyant, écoutant, lisant la souffrance de l'autre, ne souffrent pas d'y être confrontés. Le "bon" psy a mis de la distance avec tout cela.
Je pense par contre que les psys souffrent de voir ce qu'est réellement l'humain et de quoi il est capable.

Les psys "fragiles" le sont soit en début de carrière, soit ne resteront pas psys. 
Comme un conseiller matrimonial qui serait divorcé, un psy qui ne connait pas son propre fonctionnement et qui n'a pas réglé ses problématiques ne peut pas être un bon psy. 






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