vendredi 18 février 2011

Expéditions polaires et troubles mentaux

[Tout d'abord, rien à voir avec le titre, vous aurez remarqué qu'en-dessous des articles est apparue une nouvelle ligne qui permet l'appréciation de l'article situé au-dessus (la physique fait bien les choses).
Il s'agit de décider -je sais prendre une décision est difficile pour certain(e)s- si l'article est amusant ou intéressant ou passionnant. 
Pas d'appréciation négative vous aurez remarqué ! ]

Voila passons donc aux choses sérieuses.

Si comme moi vous vous êtes demandés comment on pouvait avoir envie d'aller passer ses vacances dans un paysages tout plat, blanc et glacé à -40°, alors sans doute ne serez vous jamais concerné par ce qui va suivre.


Mais vous le savez, les humains n'ont pas attendus ces basses préoccupations climatiques pour aller voir s'il était possible que ce soit mieux ailleurs.
Certains ont fantasmé sur les nounours polaires, celui en peluche que grand-père leur avait offert pour leur 2 ans. Certaines se souviennent encore avec un sourire ravi de Shiver l'oursonne blanche frileuse qui accompagnait Barbie dans ses tribulations féérique. D'autres ont pleuré en regardant le squelettiques ours blanchêatre se demandant comment il allait bien survivre sur sa mini banquise poussée au vent lors du passage de l'hélicoptère d'Artus Bertrand. Sans compter tous les sadiques qui se demandaient si c'était aussi blanc dedans que sur la fourrure...

Eh oui les expéditions polaires ont le vent en poupe.
Soit pour le tourisme soit à titre commercial soit à titre scientifique (ce qui englobe les camps de l'armée).

Blizzard, vous avez dit blizzard ? Les pôles, c'est souvent se frotter à l'obscurité pendant quelques mois. Rester quasi enfermé tout aussi longtemps. Des conditions climatiques extrêmes épuisantes et une proximité, enfin plutôt une promiscuité, humaine parfois lourde. Températures froides, pas d'humidité au Pôle Nord auxquelles nous ajouteront effets de l'altitude au Pôle Sud.

Bien sur, les expéditions polaires nous ont tous fait rêver.
On se dit que depuis Scott à Jean-Louis Etienne ceux qui acceptent de partir dans de telles conditions sont des personne qui n'ont pas "froid aux yeux".
Et tout semble toujours bien se passer, d'ailleurs ils nous ramènent tous des belles images...

Mais ça c'est l'image d'Epinal.
Car ces conditions particulières créent des troubles particuliers.

On trouvera des troubles du sommeil mais surtout des troubles cognitifs :
- altérations de la mémoire,
- problèmes de concentration et de vigilance
- déprime
- angoisse
- irritabilité avec conflits exacerbés entre les membres de l'expédition

Bref c'est comme Koh-Lanta mais par moins 40° ! 

Et contre toute attente il existe des variations saisonnières :

- un syndrome hivernal : augmentation de tous les symptômes ci-dessus avec un stress très important.
Ce syndrôme apparait en milieu du temps à passer en expédition. Il s'expliquerait par le fait que les participants prennent conscience qu'on est qu'à la moitié du temps et qu'il reste encore du temps à passer au froid et en confinement.

- lors des randonnées polaires, tous les symptômes sont présents puis diminuents après que les participants aient atteints le "point de non retour", c'est à dire le point où les provisions sont insuffisantes pour faire demi-tour.

- il existerait deux pics -en juillet et en novembre- des modifications du fonctionnement thyroïdiens avec altération de l'humeur et des fonctions intellectuelles.

- comme chez nous, la dépression saisonnière guette en fonction des variations de lumière du jour.

Afin de réduire le stress, diverses "techniques" ont été mises en place : propositions de loisirs, tâches à effectuées en groupe et aussi... mise à disposition d'alcool. Cet dernière solution ayant montrées ses limites : les participants devenaient moins performants et les conflits étaient exacerbés, sans compter quelques hallucinations.

En fait la méthode la plus efficace pour "survivre" à ces conditions est de sélectionner par des tests psychologiques -et avant le départ- des individus capables de supporter ces conditions extrêmes !

On les forme aussi à la résolution des conflits, au management et aux stratégies de groupes en milieu polaire et on leur propose pendant leur résidence au froid des consultations -à distance- avec un psychologue ou un psychiatre.


Si malgré tout cela vous avez toujours envie de partir au grand froid, sachez que les participants reviennent  de toute façon enchantés car se mettent en place des mécanismes de défense psychiques : émerveillement devant les paysages, sentiment d'appartenir à un groupe soudé, fierté d'avoir vécu quelque chose d'extraordinaire et d'avoir surmonter des défis et une estime de Soi regonflée...



2 commentaires:

  1. et ben, ça jette un froid...
    mais c'est richement intéressant, le froid comme outil thérapeutique et/ou pédagogique, on devrait y penser peut etre histoire de rechauffer l'être humain....

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  2. "fierté d'avoir vécu quelque chose d'extraordinaire et d'avoir surmonter des défis et une estime de Soi regonflée..."
    Donc au final ça valait le coup, non ?

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