lundi 28 février 2011

Petite histoire de psychologie - 5

Avant que vous ne vous précipitiez sur la nouvelle histoire, je dois vous dire que j'ai beaucoup hésité à la faire paraitre.
Vous vous souvenez sans doute qu'une des consignes était de ne pas écrire quelque chose qui valorise le passage à l'acte suicidaire (pour les lecteurs bien sur). Or la première lecture de cette nouvelle peut le laisser planer un certain doute.
J'ai donc discuté avec l'auteure de ce que je percevais d'une éventuelle incitation au suicide.
Voici sa réponse : 
"Maintenant que vous le dite, je trouve aussi. A la base je m'était inspirer de la sensation qu'on a quand on démennage quelque part ou l'on aime pas, d'ou la presence du verbe partir. Je le voyais plus en raport avec la liberté, mais maintenant que vous le dite on peut le comprendre ainsi aussi, ce que j'avais pas remarquer. Et je comprend tout t' as fait si vous ne voulez pas le poster il n y a aucun probleme. ^^"
Censurer n'ai pas quelque chose qui me plaît. Mais cette réponse -et autres petites choses- m'ont décidé publier cette histoire. A vous de vous faire une idée.

Voici donc la nouvelle de Chiwii





Forces contraires


”J'ai toujours était travailleuse, mais là je sais pas trop ce qui se passe.”

Ça monte, j'étouffe, j'asphyxie, je me noie.

 J'arrive a rien, toutes ses années perdues.

”Oui, ça fait du bien de parler, je pense que ça va s'arranger.”

Je panique, je pleur, pleur, pleur, pleur, pleur sans me faire voir.

Pourquoi suis-je aussi misérable?

”C'est ta fille! Fais quelque chose à cette folle!”

Je veux partir. Je veux partir.

J'ai envie de brulé la maison.

”Vous savez, j'ai pensé quitter l'école, ça fait déjà un ans, je suis trop à la traine.”

Je veux partir, je veux partir!

Tout ça, c'est de la faute à se foutu pays.

”En plus elle ne fait jamais rien, une vraie plaie! Juste bonne à se faire dorloter!”

Je veux pas rester, je veux partir, laissez-moi!

La boule de rancune grossit, prend toute la place, me laisse vide et mort. Puis explose.

”Je crois que j'ai plus la force de croire en moi.”

… Partir... Par...

Je ne réussirais pas, je ne peut pas partir.

”Oui, ça va surement aller.”

tir...






10 commentaires:

  1. On peut y voir effectivement une allusion au suicide, je trouve. Partir est toujours ambigu dans ce contexte ainsi que le dernier mot: "tir...". Moi, avant de compléter le mot partir, ça m'a fait de suite penser à un coup de feu et j'ai trouvé que c'était un bon de jeu de mots d'ailleurs (mais c’est peut-être tout simplement dû à mon esprit quelque peu tordu). Dans tous les cas ce texte traduit bien une situation très difficile et un mal-être évident... mais reste ambigu quand à l'issue finale.

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  2. L'expression "tir..." m'a fait le même effet car on ne fait pas le lien entre "par" et "tir" et c'est justement cette ambiguité qui m'a freiné quant à la publication. Ca sent aussi l'appel au secours... Mais Chiwii dit allez bien.

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  3. Je trouve toujours extrêmement difficile de savoir si une parole ou un certain comportement est un appel au secours ou non. Parler de suicide reste un tabou, à côté de désespéré, on peut se sentir à tort ridicule et anormal et souvent on ne veut pas «déranger». Mais c’est une erreur, il faut justement en parler avec ses proches ou une tierce personne, aller sur des forums, discuter, écrire, voir un psy… c’est le meilleur moyen de ne plus avoir ces idées en tête et de sortir de cette spirale. Car à tout problème il y a une solution, mais, tout seul, elle nous échappe hélas très souvent. Mais bon, selon la situation c’est plus facile à dire qu’à faire et, là, c’est à l’entourage de remarquer les éventuels signaux.
    Et, dans le cas de Chiwii, j'espère qu'elle ne rêve que de liberté...

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  4. Dans le doute je préfère m'enquérir, mais ce n'est pas toujours pour cela qu'on a la bonne réponse...

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  5. J'aime bien l'ambiguïté associé au texte, je crois que c'est justement ce qui le rend si poignant.
    Les signaux, les appels à l'aide sont généralement silencieux dans le cas des réelles envies de passage à l'acte, et malheureusement c'est dans ces cas-là que le passage à l'acte est souvent "réussi", tandis que les appels à l'aide visibles sont davantage pour obtenir de l'aide, avec les TS associées plus soft, faire mumuse avec quelques veines c'est autre chose que de se jeter du quinzième.

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  6. Là, Chucky, je suis désolée mais je me sens obligée de réagir car il y en a qui appelle au secours, que personne n'entend et qui ne se rate pas. Il faut vraiment se méfier des généralités et de tout ce que l’on dit sur les personnes suicidaires, je pense. La personne qui en parle n’est pas forcément celle qui ne passera jamais à l’acte comme beaucoup on tendance à le croire, bien au contraire.

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  7. Je sais, je ne suis pas trop placée pour le savoir en fait d'ailleurs.
    Je ne sais pas si tu as eu l'occasion de voir le film 2h37, sur la thématique du suicide, vraiment intéressant, ça montre un peu ce que j'expliquais de façon maladroite plus haut.
    Tout le long du film la caméra suit différente personne, à la fin une personne se suicide, et contre toute attente c'est la personne auquel on s'attend le moins, grosso modo c'est ça. Perturbant.
    Mais je comprends ce que tu veux dire, on ne peut pas généraliser..

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  8. Je ne vais pas vous départager mais vous donner une autre vision. En fait, ceux qui laissent plein de signaux, sont ceux qui ont le moins envie de se suicider. Ceux là lancent des appels pour qu'on les écoute, qu'on les comprenne. C'est assez caractéristiques des femmes d'ailleurs. On compte qu'en moyen une femme fait 10 tentatives avant que ça "fonctionne" alors qu'un homme ne fera qu'une seule tentative avant de réussir son suicide.

    Une fois passé le cap des appels au secours, vient une phase de calme. Tout paraît rentré dans la normale, il n'y a plus de comportements suicidaires apparents, la personne dit allez mieux. Mais c'est ce qu'elle pas ce qu'elle planifie. Cette phase de latence est en fait une grosse préparation psychologique au passage à l'acte mortel. Et puis paf ! au moment où tout le monde s'y attend le moins, où tout le monde dit "ca va mieux", c'est là que le suicide, celui où on ne se rate pas, prend place.

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  9. Non,Chucky, je ne connais pas ce film mais je veux bien croire que pour le cinéma, ils ont choisi un scénario original et surprenant ! Mais je reconnais que dans un sens tu as raison, comme dit vergi, ça correspond peut-être plus à un comportement féminin de quelqu’un qui en a un peu moins envie (même si ça ne veut pas dire : pas envie du tout) mais je pense d’un autre côté avoir en partie également raison. Donc nous avons raison tous les deux, enfin tous les trois pardon. En tout cas, bravo à Chiwii car avec son histoire elle en a fait couler de l’encre !

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  10. Et c'est bien à cela que ces articles servent et c'est super !!

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