samedi 30 avril 2011

Drame de Nantes - (3)

Qu'a-t-on donc appris depuis ces derniers jours ?
Pas grand chose en fait, la police gardant ses infos.

On sait désormais que les 3 voitures présentes devant la maison appartenait au père.
La voiture de la mère a été retrouvée dans une rue plus loin.

On sait que la mère a donné signe de vie après que les 3 plus jeunes enfants aient cessé tous contacts avec l'extérieur.
On sait aussi que le plus grand fils a été vus en compagnie de son père 2 jours après les faits présumés d'assassinats.

On aurait donc au minimum des meutres en 2 temps (voire en 3) :
d'abord les enfants et la mère
(ou d'abord les enfants, puis la mère 1 journée plus tard)
ensuite les chiens
ensuite le grand fils (qui comme je le soupçonnais n'était pas du même père.)

Il est évident que de toute façon l'autopsie ne pourra jamais donner la date exacte de décès (eh oui, on n'est pas dans une série américaine !).
C'est uniquement le fait d'avoir des témoignages sur le fait que le père et son grand fils étaient vivants à telle date qui permet de définir le mode opératoire.

Il a bien fallut au mini 2 balles par personnes pour les tuer (je l'ai dis le 22 LR ça a du mal à faire du dégât)

Le père avait peu de revenus (les médias ne sont pas claires sur les revenus : 4000 € par an ou par mois selon le support lu). Mais on peut rapidement faire un calcul (4 voitures = 4 assurances, une consommation de carburant élevé, les écoles privées (pas très chères) mais pour 3 enfants + la coloc du grand à l'université). On peut facilement imaginer que ce n'est pas le salaire de la mère qui va suffire à faire bouillir la marmite.

Le père avait fait un petit héritage qui aurait été dilapidé dans ses frais et dans le fait que le père semblait tenter de dévélopper des entreprises via le net (ce qui ne veut strictement rien dire, car il est désormais facile de lancer un truc via le net tout en occupant un autre emploi la journée). De plus, ce qui est déclaré comme revenus n'est pas nécessairement le reflet des rentrées.

Par ailleurs, le prêt de 50 000 € à son ex maîtresse montre qu'il avait de gros besoins (et qu'il avait trouvé une "bonne" fille pour lui prêter une telle somme, ce qui tendrait à montrer qu'elle n'était peut être sa maîtresse que pour son argent).

La mère passait semble t il son temps à se plaindre à droite et à gauche des dépenses de son mari.

Le profil infantile du père montre une éducation stricte, militaire et très pratiquante religieusement s'entend.
On peut facilement se dire que Xavier n'avait qu'une envie surpasser son père ou en tout cas lui montrer qu'il avait une valeur. Le regard du père était certainement recherché et il attendait que son père soit -enfin- fier de lui. 

Sa vie au premier abord rangée, sa belle maison, le fait de montrer ses "possessions" (voitures, famille...) allaient dans le sens de faire "bien" pour coller à ce besoin de reconnaissance du père (et des pairs). En fait, l'absence de revenus fixes, les dettes allaient totalement à l'encontre de ce cheminement intérieur.
On a donc une image extérieur 'parfaite' et une image intérieure 'en défaut'.
On peut imaginer le quête perpétuelle pour tenter de juxtaposer l'intérieur à l'extérieur.
Xavier Dupont de Ligonnès était donc recherche d'équilibre.

Il avait rejeté sa foi d'origine même s'il se complaisait à faire croire qu'il restait un catholique fervent. Mais il est difficile de rejeter complètement son milieu d'origine et de plus, sa crise spirituelle n'a pu apparaître qu'une fois son père décédé.

On voit bien qu'on n'est pas dans une bouffée délirante car il y a eu planification et il continue sa fuite.
On n'a pas affaire non plus à un schizophrène qui depuis longtemps se serait fait rattraper.
Ce n'est pas non plus un psychopathe, il n'aurait pas tuer ses proches ou alors il aurait continuer à tuer ailleurs et puis il aurait tuer pour répondre à un besoin de tuer. Ce n'est pas clair pour l'instant.

Xavier Dupont de Ligonnès me fait penser à un grand dépressif.
Les dépressifs ne sont pas heureux dans leur, ils ont dans la tête une vie "idéale", "rêvée" qui est trop en décalage avec la réalité, ce qui leur est insupportable d'où la dépression qui n'est qu'un repli.
Souvent, toute leur vie est calée sur une réponse aux désirs de la famille (études, travail, choix du conjoint, biens matériels...). Ils s'ennuient, rien ne va. Ils passent leur temps à remettre en question ce qu'ils vivent. Ils n'ont que deux choix : soit ils continuent leur vie (et sont dans la dépression), soit ils ont un sursaut et rejettent tout en bloc pour changer de vie.
Xavier me parait être entré dans ce mode de fonctionnement. Au fur et à mesure que la presse nous fait part de quelques bribes d'informations, on découvre que dernièrement il a changé beaucoup de choses dans sa vie, il a remis en cause jusqu'à son propre fonctionnement.
D'un dépressif, il a enfin laissé transparaître sa vrai nature, une personnalité narcissique.
Il choisit de mettre en accord son monde intérieur avec le monde extérieur. Il décide de changer l'extérieur, de le détruire peut être. Il le change et s'en libère.
Il faut un déclencheur à tout cela.
La procédure judiciaire pour dette par son ex maîtresse en parait un bon au premier abord. Acculé, il ne peut plus faire semblant, la vérité le rattrape et va rattraper toute la famille.
Il s'agit de changer de vie et aussi de faire en sorte que sa famille échappe à l'humiliation.

Il se peut aussi que le décès du père soit le déclencheur mais je n'ai pas la date du décès. Encore qu'il peut se passer beaucoup de temps, plusieurs années parfois, entre le travail de deuil et la prise de conscience de la libération du regard du parent.


Sûrement à suivre ICI....


(certains auront lu l'interview que j'ai donné à 20 Minutes sur le sujet du drame de Nantes. Le contenu de l'article ne contient bien sur pas tout ce qui a été dit ni tout mon avis sur le sujet, le format journaliste étant de faire court et "frappant" !)



jeudi 28 avril 2011

Lait "contaminé" à la mélanine en Chine

Synutra est la plus grosse entreprise de production de produits de nutrition pour bébés.
Elle produit des laits en poudre et des compléments alimentaires ("bouillies") distribuée sur plus de 30 régions en Chine.
Ces managers ont fait dans leur majorité leurs études commerciales aux Etats-Unis.
Cette entreprise est connue pour la fiabilité de ses produits auxquels les clients font une confiance aveugle.
Côtée au Nasdaq, cette entreprise voyait ses bénéfices en accroissement exponentiel.

En 2008, première crise du lait "contaminé" à la mélanine. Synutra est impliquée ainsi qu'une autre entreprise (Yili).

Octobre 2010, une enquête va démontrer que ce sont les employés d'un concurrent qui ont fait courir une rumeur afin de tenter de prendre le marché du lait en poudre. Cette entreprise concurrente aurait même été jusqu'à payer certains employés pour qu'ils laissent des commentaires négatifs et affolant sur des forums internet.

Mais bien avant les résultats de l'enquête, très vite, l'entreprise se veut rassurante et les bénéfices remontent rapidement pour retrouver leur expansion moins de 24 mois plus tard.
En décembre 2010, Synutra obtient le renouvellement des tous ses agréments de production avec même la reconnaissance de la garantie de qualité des produits mis sur le marché.

Pourtant il y a bien une réalité :
6 bébés décédés et plus de 300 000 victimes d'empoisonnement.
Alors ?

En février 2011, Synutra vient visiter Carhaix, ville de France (dans le Finistère), en vue d'y implanter une usine de production de lait infantile sur une surface de 20 ha. Il s'agit de construire et mettre en fonctionnement sous deux ans de deux tours de séchage pour transformer les excédents de lait. La région se frotte les mains car il s'agirait de créer au moins une centaine d'emplois. Et toute une communication se met en place face à l'irréprochabilité de la qualité des produits. Tout fini bien.

Pourtant, en Chine ce mois-ci, du lait contaminé aux nitrites à fait surface.
L'enquête vient de montrer que ces nitrites avaient été ajoutés intentionnellement par deux personnes afin de mettre l'entreprise productrice de lait en difficulté. Encore une sombre histoire commerciale. Ayant obtenu peu de résultats la première, ils ont réitéré leur geste quelques jours plus tard, causant la mort de 3 jeunes enfants et l'empoisonnement d'une quarantaine de personnes.

Il y a quelques jours, 26 tonnes de lait en poudre contaminé à la mélanine ont été découvertes chez un fabricants de crême glacée.
Ce lait est issu d'un entreprise implantée régionalement et qui vendait son lait à très bas prix. 


En avril 2011, seules 55 % des entreprises laitières ont ré-obtenu leur licence de production, les autres étant jugées non fiables quant à la qualité et la sécurité des produits (telle que la possibilité de détection d'additifs non désirables).



lundi 25 avril 2011

Histoire de tabou - 4

Aujourd'hui, Cessy-Loup nous fait part de son histoire à sa façon, au travers de ses talents d'illustratrice.
(Cessy-Loup j'ai été obligée de diminuer drastiquement la taille de ton fichier et donc la résolution, mais c'était impossible sinon de le mettre en ligne)

(cliquez sur l'image pour voir en plus grand et plus net)


Copyright Cessy-Loup - pas de reproduction ou publication sans autorisation de l'auteure.

dimanche 24 avril 2011

Drame de Nantes (2)

Ajout du 23 avril :

On sait désormais que la femme et les 4 enfants ont été tués par une carabine 22 LR avec silencieux.
Il a été 5 fois au stand de tir pour s'entraîner en 1 semaine.
Le père a acheté des sacs de toile, de la chaux, un diable,... quelques jours avant.
Les corps ont été mis dans des toiles de jutes avant d'être recouverts de chaux puis enterrés sous la terrasse de la maison.
Le père a une dette de 50 000 €.

Le 22 LR est une plutôt un calibre de tir de stand. Il est précis, peu bruyant mais fait aussi peu de dégât à longue distance. A courte distance ça a l'intéret de ne pas défigurer la personne touchée puisque le trou d'entrée sera à peine perceptible. Cela fait un peu de dégâts à l'intérieur de la tête mais souvent la balle ne ressort pas. Les personnes tirées à bout portant ne meurrent pas à tous les coups. Le 22 LR est donc un calibre facile à obtenir mais risqué quant à la "fiabilité" du résultat. Ce qui pourrait expliquer le fait d'avoir tiré plusieurs fois sur certains corps. Ce ne serait donc pas un accès de colère mais bien un besoin d'obtenir -enfin- un décès, certaines personnes étant extrêmement "coriaces".

S'entraîner au stand de tir ? Oui mais pourquoi ? Il y a une sacrée différence entre tirer à 25 m et tirer à bout portant. S'il s'agissait d'apprendre à se servir du 22 LR, 1 séance suffisait. S'agissait il de ne pas éveiller les soupçons ? Ou plutôt d'apprendre aussi aux enfants comment s'en servir ? (pour se protéger ?).

Le fait que le père se soit fait une sortie chez Leroy Merlin n'a rien de représentatif, malgré ce que voudrait bien en dire la police. Il est évident que si on devait aller fouiller sous toutes les terrasses de ceux qui achètent de la chaux et de la toile de jute, on perquisitionnerait chez pas mal de poseurs de carrelage ou de mosaïstes. Donc ce n'est certainement pas ces achats qui ont mis la puce à l'oreille des forces de l'ordre.

Les corps ont été d'abord mis dans des sacs. Pourquoi donc ne pas les enterrer tels quels ? Au premier abord, on peut se dire que le fait de les mettre dans un sac permet de ne pas les voir, de ne pas voir leur regard puis de ne pas salir avec la terre. C'est assez classique et ça collerait au premier abord avec l'utilisation du 22 LR qui ne défigure pas. Mais bon, certains corps ont reçus plusieurs balles avec perte de sang. Ce qui n'a rien de propre ou de "beau". Les sacs peuvent être un moyen de ne pas se salir en manipulant les corps.
La chaux montre une méconnaissance complète de la décomposition et de l'effet de la chaux.
De plus la toile de jute ne peut que ralentir l'effet sur les corps.

Il y a donc beaucoup d'erreurs dans tout cela.
On aurait pu penser au début à une vengeance, un "truc" de mafia russe. si si.
Mais il est évident qu'on n'a pas affaire à un ou des professionnels. Trop d'erreurs, trop de méconnaissances, trop de maladresses.

Un tueur n'utiliserait un 22 LR avec lequel il est difficile de tuer quelqu'un, encore plus 5 personnes.
Il n'utiliserait pas de la chaux qui ne décompose que dans certaines conditions et encore très lentement et difficilement. Il a trop regardé les experts, c'est pas possible.

Le fait qu'il doivent 50 000 € peut être une piste.
Soit il vit une double vie dans laquelle il faisait croire qu'il avait des revenus ou un certain train de vie à sa famille et en fait la vérité était en train de le rattraper. Il ne fallait pas que la famille sache et il a préféré les tuer plutôt que de les confronter au déshonneur ("suicide altruiste).
Soit il y a un danger connu de tous (d'où le fait que les gamins se soient formés au tir) et que confronté à ce danger un choix ait été pris.
Rien ne dit d'ailleurs que ce n'est pas la mère qui a tué les enfants, puis le père qui ait tué la mère et qu'il s'est retrouvé dans l'impossibilité de se suicider. Déshonneur collectif ? Peur ?

On peut se demander, à la vue des photos, si tous les enfants sont bien du même père ou des parents.

Pourquoi donc aller dans un hôtel de luxe après tout ça ?
Parce que c'est là qu'on le cherchera le moins. Ca n'a qu'un inconvénient, ça coûte cher, d'où le fait de ne pas y rester.
Il semble exister de toute évidence une planification. Mais pas nécessairement celle du massacre de la famille mais d'une volonté de se couper des liens quotidiens et de disparaître.
On pourrait penser à un délire. En tout cas pas de schizophrénie, elle serait déjà présente depuis environ 15 ans. Une possible bouffée délirante, mais suite à un stress important puisqu'on l'a vu, il existe une planification sur un moyen terme.

En tout cas, malgré ce que semblent vouloir laisser suggérer les médias qui désignent parfois facilement, rien ne démontre pour l'instant que le père soit le meurtrier. D'ailleurs la police ne s'y trompe pas puisqu'elle le recherche pour "témoignage".

Ajout de dernière minute :

La lettre à la "maîtresse" ne démontre rien pour l'instant. Il n'est pas rare que dans une séparation difficile les menaces existent dans un ancien couple. Si la dame craint aujourd'hui pour sa vie, c'est rétrospectivement en prenant connaissance de ce qui s'est passé au domicile conjugale. Et si violences entre amants il y avaient, cela n'a pas de lien direct obligatoire avec le fait de tuer sa famille.


A suivre samedi 30/04 matin ICI...

samedi 23 avril 2011

Drame de Nantes : commentaires en direct...

Et non je ne suis pas morte !
Je sais que ça en arrangerait certains mais que voulez vous je me suis attribuée quelques jours de vacances.
Je ne vais pas tout vous dire non plus ! lol

M’enfin, j’ai le plaisir de constater que le monde n’a pas arrêté de tourner sans ma présence derrière cet écran et que LCI a vainement tenté de me joindre une bonne partie de la journée pour que j’aille faire un « plateau » sur l’affaire des corps de Nantes.

(je résume) ‘Bonjour, vous avez certainement suivi de l’affaire de Nantes… (ben non, j’ai même oublié que Nantes existait). Nous recherchons un spécialiste pour nous parler de ce qui a pu se passer (ça tombe bien, je ne sais même pas ce qui s’est passé à Nantes) et nous avons immédiatement pensé à vous (j’existe donc pour quelqu’un, alleluyah !) et ce soir à 22h00 (il est 18h00) nous préparons un plateau sur lequel vous seriez présente 2 à 3 minutes (wouah ma trombinette 2 min à l’écran, c’est la gloire). Alors vous nous rappelez on passe vous prendre (euh, jamais on me demande ?), on vous envoie même un taxi (là où je suis la note de frais va être intéressante).’

Je ne savais pas que j’étais corvéable à merci et à disposition.
Ok, Ok, en fait vous ne savez pas, je vous dit que je ne suis pas là mais je suis planquée chez moi et j’attends les appels de journalistes toute la journée, assise sur ma chaise à côté du téléphone, en train de me ronger les ongles fébrilement et me balançant d’avant en arrière dans l’angoisse qu’aucun d’entre eux ne m’appelle pour me demander de me déplacer immédiatement pour leur faire part de mon avis essentiel…

Bon allez moi je réserve à mes (rares) lecteurs ce que je pense de cette affaire (ben oui du coup je suis allez vérifier que Nantes était toujours à la même place sur la carte).

D’abord, je n’ai que les éléments de ce qui est paru sur le net. Ca va donc pas très loin.

Que dire ?

-         la mère a commencé par dire qu’elle était malade pour s’absenter de son boulot, puis qu’elle démissionnait, puis qu’elle partait en Australie
-         les enfants les plus jeunes ont été déscolarisé il y a déjà quelques temps
-         les enfants à l’université n’allait plus à leurs cours et personne ne les a vu depuis un temps incertain
-         le père donnait des explications diverses sur ses activités
-         leurs 2 chiens ont hurlé à la mort
-         le père a lui été vu le dernier
-         3 voitures ont été aperçues sur le site
-         le père a trimballé des gros sacs

Que dire (bis) ?

Si on s’en tient à la mère, cela ressemble à la préparation d’une disparition en règle. Comme si elle attendait quelque chose et que de façon précipitée cela avait eu lieu. Ou l’idée qu’on l’a forcé à ne pas aller à son travail avec excuse bidon au début.
L’aggravation de la situation, montre qu’on pensait que la situation n’allait pas duré ou que ça allait s’arranger. Le fait qu’elle donne sa démission montre que la situation s’est compliquée et que la résolution est loin. Il ne fallait pas donner lieu à une enquête, d’où la justification. L’Australie sert à montrer qu’on part loin (ou a un endroit dont on ne revient pas ou où on ne peut être joint facilement). La démission peut être aussi le symbole qu’il s’est passé quelque chose de grave (un meurtre d’un proche ?) et que tout se qui se passe doit être pris au sérieux.
Le fait que les enfants aient été déscolarisé il y a quelques temps, montre qu’il y a soit une planification à moyen terme soit qu’il existait un risque pour les enfants et qu’ils ne fallaient plus qu’ils soient facilement accessibles.
Le fait que le père ait été vu le dernier n’indique en rien qu’il soit l’agresseur. Il peut être le « dernier », celui qui doit s’occuper des « basses œuvres ». Ceci dit j’ai du mal à croire qu’il ait trimballé sa femmes et ses gosses, parce qu’une fois morts il n’a plus rien à gagner et logiquement on pourrait pensé qu’il aurait préféré mourir avec eux plutôt que de les déplacer dans sa voiture. Donc soit dans les sacs il n’y a pas de corps, soit dedans il y avait des personnes vivantes.
Bien sur l’hypothèse du père meurtrier n’est pas à 100 % a rejeter, mais alors pourquoi emporter les corps, puis les ramener pour les enterrer sous la terrasse ?

Si on a affaire à des pressions avec meurtres à l’appui, on a affaire à des non professionnels. Trop de choses ne vont pas.
Les gamins ont été déscolarisés ce qui ne peut qu’étonner l’école. Et même si il n’y a pas d’enquête, cela montre qu’il se passait quelque chose.
La démission brutale de la mère, ne peut que surprendre et l’Australie sur un coup de tête fait parler les gens entre eux avec de possibles recoupements entre des petites choses qui auraient pu être dites.
La présence de voiture de marque américaine (Pontiac), particulièrement repérable car rare, ne peut que susciter le fait d’être remarqué.
Si les chiens ont été tué ce n’est pas parce qu’ils ont gêné le travail, mais bien au contraire s’étant retrouvés seuls, sans manger, sans boire, ils ont du se mettre à hurler. Quelqu’un serait donc revenu s’en débarrasser.

Les corps ont été tué semble t il par armes à feu vers le début du mois.
Ce n’est pas l’œuvre d’un tueur en série, ni d’un tueur de masse.
Il est évident que le but est de se débarrasser d’une famille.
Le fait que les corps aient été dispersés et enterré un peu n’importe comment prouve que ce n’est pas quelqu’un qui les appréciait et qui aurait eu des remords.
Faire taire ? non, sinon le père aurait été tué aussi.
Faire un exemple ? non, sauf si le père est censé raconté ce qu’il a vu.
Obtenir une information ? non on obtient une fois que tout le monde a été massacré.
Vengeance ? possible et dans ce cas on laisse le principal protagoniste vivant.
Plaisir ? Au premier abord non, les démembrements ne semblent pas rituels.
Espionnage ? possible, on créé une famille et on tue tout le monde lorsque la mission est danger ou qu’elle est fini (mais dans ce cas le père serait à tendance psychopathique, ce qui est possible, mais pas assez d’infos sur le sujet).


Ce que les articles ne nous disent pas c’est pourquoi la police a brutalement eu envie de s’intéresser à cette famille ou à cette maison. Puisque tout paraissait normal et que personne n’a fait de signalement, qu’est-ce qui a bien pu l’amener là ?

A suivre... !!

lundi 18 avril 2011

Histoire de Tabou - 3

Cette semaine, prenez un siège et lisez l'histoire de Lea.




Bonté et beauté de la nature humaine

Bourges, dimanche 1er juin 1980. Elle regarde Elsa jouer sur la couverture posée sur le carrelage glacé du salon. Elle vient tout juste d’avoir huit ans. Beaucoup disent à son égard qu’elle est belle comme un ange, sage comme une image et doux comme un sucre. Une vraie poupée, une adorable petite fille, un véritable amour selon sa grand-mère. Pour sa part, elle se trouve dans l’impossibilité totale de voir cette beauté et encore moins cette sagesse ou cette douceur. Elle l’a voit comme la cause de sa déchéance auprès de l’homme qu’elle aimait plus que tout au monde, ni plus ni moins. Et ça, vraisemblablement, elle ne peut lui pardonner et ne lui pardonnera jamais.

Elle la trouve laide avec ses cheveux raides comme des piquets encadrant son visage, ses dents de devant écartées, son regard affectueux et stupide et son habitude à vouloir se coller à elle pour l’embrasser. Elle la trouve si laide et si bête qu’elle en a des nausées. Des câlins, elle veut des câlins ! Est-ce qu’elle en a eut, elle, des câlins quand elle était petite ?! Tu parles ! Faites des gosses qu’ils disent… Des morveuses qui s’accrochent à ta jambe comme des sangsues, de vraies vampires voulant te vider de ton sang jusqu’à la dernière goutte. Elle ne savait vraiment que faire d’une telle plaie…
Pourquoi n’avait-elle pas utilisé un moyen de contraception à l’époque ? Et pourquoi ne s’était-elle pas tout simplement fait avorter ? Tout aurait pu être si simple en fait. Que pouvait-elle faire d’elle maintenant ? L’abandonner et disparaitre ? La vendre à l’étranger ? La noyer comme les chatons l’été dernier ? Ça aurait l’avantage au moins de régler une partie de ses problèmes. Et elle serait avec lui maintenant, ils se promèneraient entièrement nus dans une grande maison et feraient l’amour au bord de la piscine comme au tout premier jour. Mais non, au lieu de cela, elle se trouvait dans un appartement minable à faire le garde chiourme pour une sale gamine crasseuse. Elle ne sait même pas se laver toute seule, fait encore pipi au lit et hurle presque chaque nuit en raison de cauchemars épouvantables. Si elle croyait qu’elle allait sortir du lit pour elle, elle pouvait rêver ! Elle se demandait ce qu’elle avait bien pu faire pour mériter ça. Personnellement, elle ne rêvait que d’hommes et de paillettes… pas de layettes et de colliers de nouilles.
Hitler avait, entre autres, dans l’idée de contrôler les naissances pour ceux n’étant pas considérés aptes à élever un enfant. Ses idées ont beaucoup été critiquées mais à bien y réfléchir peut-être n’avait-il pas complètement tort… Personnellement, elle ne se sentait pas vraiment l’âme d’une mère et se demandait même ce que l’on entendait par fibre ou instinct maternel. Cette notion lui était à priori totalement inconnue, elle considérait d’ailleurs sa maternité comme un accident de parcours plus que regrettable en fait.

Et aujourd’hui est pour elle le jour maudis entre les jours maudis… La fête des mères.

Elle sait d’avance qu’elle va recevoir de son rejeton un cadeau abominable et totalement inutile, comme chaque année, ainsi qu’un témoignage de son amour et une effusion d’affection pathétique. Nous sommes dimanche après-midi et, au moment du goûter, elle va se voir remettre l’horreur faite spécialement pour elle par sa fille. Combien de temps ça va encore durer ? Jusqu’à ses dix-huit ans ? Oh mon dieu, je vous en supplie, faites en sorte qu’elle parte avant, au sens propre ou figuré d’ailleurs, honnêtement, peu lui importe. Elle voulait reprendre sa liberté définitivement et ne plus être enchaînée à cette chipie et ce rôle de mère qui vraisemblablement ne lui convenait en rien.

Elle est perdu dans ses pensées et ne se pas rend compte que la morveuse n’est plus dans la pièce. Quand elle réalise son absence, elle se met à l’appeler d’une voix criarde : « Els, t’es où ? »
Pas de réponse.
« Eeeeels !!! »
Toujours rien.
« Elsa, bordel, t’arrives ou quoi !! Tu vas voir, si je me déplace. »
Mais toujours rien.
Elle décide finalement de s’extirper de sa chaise pour voir ce que cette petite peste peut bien faire.
Dans sa chambre, personne.
La cuisine, vide, à part un gâteau sur la table sur lequel on peut lire l’inscription maladroite, Maman je t’aime, faite avec ce qui semble être une sorte de ganache au chocolat. Tssss !
Sur le balcon, rien également.
Dans sa propre chambre, idem.
Elle sent une odeur de parfum provenant de la salle de bain. Elle ouvre la porte, le miroir est embué et des vapeurs ainsi qu’une forte odeur de lavande s’échappent de la baignoire fumante. A travers la buée et la mousse abondante, elle discerne une forme sombre dans l’eau du bain.
« Mon dieu, Elsa, qu’est-ce que tu fous ! Tu vas voir ce que tu vas prendre ».
Elle avait vidé la totalité de son flacon de bain moussant. « Putain de sale gosse !! ». Elle l’a prends par le bras pour lui mettre une raclée dont elle se souviendra pendant longtemps. Mais son bras est tout mou et n’offre pas la moindre résistance. Et, plus incongru encore, il est également toujours recouvert de sa manche de chemise.
« Elsa, je t’ai demandé ce que tu fous ?! ».
Pas de réaction.
« Elsa ? » dit-elle d’une voix légèrement plaintive et ayant perdu ce ton acide qui la caractérisait jusqu’alors.
Elle ouvre la petite fenêtre pour aérer la pièce et y voir mieux. Elsa, totalement immobile, a les yeux fermés et semble profondément endormie, son visage est à moitié recouvert par la mousse à la lavande. Un filet de sang coule de son front et colore la mousse d’un blanc immaculé de taches rougeâtres. L’eau n’est troublée par aucun rythme ou mouvement quelconque. Une lettre est posée à côté du lavabo, elle reconnaît son écriture hésitante et tremblotante. Cette année pour sa fête, elle ne lui fera pas de cadeau comme d’habitude. Elle veut simplement lui faire plaisir et qu’elle soit heureuse. Elle lui a préparé un bain pour qu’elle puisse se détendre et a fait spécialement pour elle son gâteau préféré au chocolat et à l’orange.
Bonne fête maman.
Je t’aime.
Elsa


dimanche 17 avril 2011

La BD du dimanche

Le PSY voit du positif partout (2)

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vendredi 15 avril 2011

L'anxiété de séparation chez l'enfant

L'angoisse de séparation est un phénomène normal chez les enfants. Il s'agit, jusqu'à environ 2 ans, de la peur d'être séparé du parent sur lequel l'attachement a eu lieu. C'est une réaction tout à fait normale et saine nécessaire au développement et à la sécurité de l'enfant.

D'ailleurs avec le temps, l'enfant va apprendre que ses parents peuvent ne pas être visibles ou partir et qu'ils vont revenir rapidement. Ce lien bien que s'amenuisant beaucoup va perdurer jusqu'à la fin de l'adolescence.



L'anxiété de séparation, à l'inverse, est une réaction de grande détresse qui va apparaître plus tard. Soit entre 6 et 7 ans soit entre 15 et 18 ans. les études ne sont pas d'accord sur la prévalence de ces anxiété : entre 4 et 19 % des enfants en seraient atteints. 

L'anxiété est donc une réaction excessive qui apparait souvent brutalement et qui se traduit en général par :
- une détresse lors de la séparation ou à l'anticipation de la séparation (avec pleurs, colère, état de panique, maux de tête, vomissements, vertiges...)
- des préoccupations morbides (crainte d'accidents pour lui et/ou ses proches, peurs des personnes extérieures, peur d'être kidnappé, peur de voyager, peur de ne pas revoir ses parents...)
- un désir d'être chez soi (la "maison" leur manque, tristesse...)

Les enfants atteints d'anxiété de séparation sont souvent autoritaires. Ils tyrannisent, exigent, veulent être le centre de l'attention, se plaignent que personne ne les aiment et plus grands n'envisagent pas de quitter la maison. Mais ils sont consciencieux et aiment faire plaisir.

L'enfant est soit en fait "trop" attaché, soit a subit une épreuve de séparation dans son jeune âge (hospitalisation, déménagement, décès...) et il est devenu dépendant.

En fait, on ne sait pas comment évolue ce trouble. Car si on voit comment cela peut persister entre l'enfance et l'adolescence (car les parents consultent), il n'y a aucune étude approfondie qui se soit penchée sur l'éventuelle continuité à l'âge adulte.

L'évolution de l'anxiété de séparation tend vers un isolement social (peu de relations, peu d'activités). Jusqu'à la "phobie scolaire" dont j'ai parlé il y a peu. On voit apparaitre plus tard des comportements agressifs (colères, violences dans la famille surtout envers le parent d'attachement), même lorsqu'il n'y a pas de séparation prévue.

L'anxiété de séparation permet la mise en place d'autre troubles à l'éadolescence : troubles paniques, phobies, dépression, troubles des comportements alimentaires, prises de toxiques.

La prise en charge souvent tardive repose sur les psychothérapies analytique (séparation de l'enfant et du parent d'attachement) et cognitivo-comportementale (désensibilisation puis exposition) pour l'enfant mais aussi... pour les parents obligatoirement ! En effet, c'est dans le milieu familial que se trouve la cause de l'apparition et du maintien de l'anxiété. On alterne donc les consultations individuelles et les familiales.




lundi 11 avril 2011

Histoire de tabou - 2

Aujourd'hui l'histoire de Naelle.
Naelle n'est pas une "petite nouvelle" qui arrive sur ce blog juste pour ce sujet et qui ne reviendra pas. Elle fait partie des commentatrices habituelles de ce blog, mais pour des raisons perso elle préfère qu'on ne fasse pas le lien avec elle. Vous pouvez donc lui laisser vos commentaires, ils seront lus.


- Et toi, tu as déjà fait des trucs sexuels avec un garçon ?


J'ai 14 ans.
Personne ne m'avait encore posé la question.
Au collège, on est tous plus ou moins puceaux.

Je baisse les yeux, je sens mon visage qui devient chaud.
Ma nouvelle amie me regarde bizarrement.

- Olaaa excuse-moi je voulais pas te mettre mal à l'aise, t'es pas obligée de me le dire hein ! J'comprends, c'est intime ... hey, ça va ?

Silence.
Qu'est-ce qui m'arrive ?
Je ne sais plus quoi dire, je suis toute rouge et je n'arrive même pas à rire de la situation.

Ca faisait plusieurs minutes qu'elle était en train de me raconter ses petites aventures du week-end avec son nouveau copain "trop mignon trop bien foutu et expérimenté en plus".
J'aurais du me douter qu'elle allait me retourner la question.
J'aurais du répondre non, simplement.
Pourquoi je ne l'ai pas fait ?



J'ai 14 ans.
Avant j'étais drôle.
La première à faire des blagues cochonnes pendant la récré c'était moi.

Ma meilleure amie m'adorait.
J'entendais son rire tout le temps, fort et éclatant.
Au collège, et même le soir au téléphone. Elle aimait bien m'avoir au téléphone.

J'étais Naelle le clown.
Naelle, celle qui fait rire tout le monde.
Beaucoup d'amis, des bonnes notes, sage et gentille.

Et puis il y a eu les grandes vacances.

A la rentrée, ma meilleure amie était trop contente de me revoir :

"Putain c'était trop long 2 mois sans toi, j'ai cru que j'allais mourir d'ennui avec mes vieux ! Tu me racontes une blague cochonne ? Allez steuplait ! Celle sur le zoophile ! Bah pourquoi tu veux pas ? ..."

"Naelle tu viens on va faire un scandale au Mcdo ? Non ? ... Pfff, t'es pu drôle ... t'as changé ..."

"T'as l'air triste, qu'est-ce qui va pas ? Rien ? Bah alors pourquoi t'es comme ça ?"

" ... T'étais mieux avant ..."


Elle a trouvé une autre meilleure amie.
Une plus drôle.
J'ai rien dit.

Je restais seule, c'était pas grave.
D'façon j'avais rien à raconter.
Je m'isolais. Je me cachais. Des autres, de moi-même.
J'achetais des vêtements au rayon garçon, des vêtements amples, des gros pulls.
Les devoirs, je ne les faisais plus trop. A quoi ça sert ?
Les profs disaient que j'allais redoubler si je ne me ressaisissais pas.
Le matin j'avais beaucoup de mal à me lever.
Le soir dans mon lit je pleurais.

Je pleurais, sans savoir pourquoi.
Je me disais "c'est normal ... le blues de l'adolescence ... on y passe tous ... ça passera ... ça va passer ..."

Oui.
"C'est normal".
Tout va bien.
Je suis une adolescente sans histoire, je n'ai rien à raconter.



- Et toi, t'as déjà fait des trucs sexuels avec un garçon ?

Cette question, inatendue, de cette fille qui aimait bien être avec moi, qui était douce.
D'un coup c'est revenu.
J'avais oublié.

Oui. J'ai 13 ans. C'est en juillet, une nuit, il fait chaud. On est seuls dans la chambre. Maman est dans le salon avec le beau-père, endormis devant la télé. Mon grand-frère me masse le dos. Il me demande d'enlever mes vêtements au fur et à mesure, pour me faire un super massage de tout le corps. "Mets-toi sur le dos". Je somnole. J'adore les massages de mon frère, on en fait souvent.
Il descend ses mains de plus en plus bas. Trop bas. J'ai voulu qu'il arrête, il m'a dit "sshhhhhh". M'a appuyé sur le ventre pour que je reste allongée. J'ai eu un peu mal, et puis après c'était étrange.
Je suis retournée dans ma chambre, vite. Les mains qui tremblent. Mon petit frère dormait depuis longtemps, j'ai écouté son petit souffle paisible. J'ai fais bien attention de ne pas le réveiller.

Oui, j'ai déjà fait des trucs sexuels avec un garçon.
Mais pas n'importe quel garçon.
Et j'avais honte, tellement honte.

Et ce jour-là, j'ai compris.
Et je me suis sentie mieux.
Oui, beaucoup mieux.








Toute publication de ce texte est soumise à l'autorisation de l'auteure - copyright Naelle.

mercredi 6 avril 2011

La phobie scolaire

La "phobie scolaire" est une appelation population pour un trouble anxieux irrationnel face à la situation scolaire.


Les enfants refusent atteints de ce trouble refusent d'aller à l'école et si on tente -désespérement- de les y amener, resistent par des comportements reflétant un très forte anxiété.

Ces anxiétés se traduisent en général par :
- des douleurs au ventre, des nausées, des maux de têtes...
- des attaques paniques (tremblements, sueurs froides, palpitations...)
- des crises d'agitation ou des violences physiques 
- des tentatives de fuite
- des peurs (peur de rougir, peur des camarades, peur d'être interrogé, peur de l'enseignant, peur d'être en groupe...)
Ces peurs sont des peurs irraisonnées (ils ne s'agit pas ici de l'enfant qui subit vraiment un enseignant malhabile avec les enfants ou d'un enfant bouc émissaire des autres).

Ces enfants ne sont pas heureux de ne pas aller à l'école. 
Bien au contraire, ils aimeraient bien. 
Ils s'y préparent d'ailleurs longtemps à l'avance avant chaque rentrée avec joie. Et puis le jour de la rentrée, paf, l'angoisse s'installe et certains ne pourront jamais entrer dans l'école.
Le fait de ne pas réussir à aller à l'école les rend tristes, ils culpabilisent et se dévalorisent en se disant que même ça ils n'y arrivent pas.

La famille aussi est triste et surtout elle fatigue et s'énerve.
Tout est essayé : la gentillesse, les cadeaux, les promesses, la force, les punitions, la colère... tout y passe.
On fini souvent par trouver des familles qui ont baissé les bras, cède systématiquement et organise leur propre emplois du temps en fonction de la volonté de l'enfant. Sont alors proposé des cours à distance ou à domicile, ce qui fonctionne au départ mais qui finit par être rejeté par l'enfant. L'enfant ne fait donc plus d'apprentissage scolaire. Certains finiront par se couper du monde des autres enfants et rejettent même les activités extra scolaires entrant ainsi dans une boucle sans fin d'isolement et de dépression.

Les médecins n'aident parfois en rien. Ils cherchent par tous les examens possibles à trouver d'où cela peut bien venir et finissent par donner les certificats médicaux qui permettront à l'enfant d'échapper au système scolaire.

En fait le diagnostic de phobie scolaire doit être rapidement posé afin que l'enfant soit pris en charge.

On distingue deux types de phobies scolaires :

- les phobies scolaires sans angoisse de séparation
L'enfant craint un des aspect de la situation à l'école. Ces enfants n'ont aucun problème dans toutes les autres situations, même s'ils doivent être éloignés de leur domicile ou de leurs parents.
Cette situation relève de la phobie "simple" (peur d'un objet, d'une personne...) ou de la phobie sociale (peur d'être avec les autres, peur d'être observé, peur de faire une bêtise...).
Ces enfants arrivent (difficilement parfois) à aller à l'école et cela se traduit par une timidité qui n' amène pas au rejet par les autres enfants.

- les phobies scolaires avec angoisse de séparation
L'enfant est anxieux d'être séparé d'une personne à laquelle il est très fortement attaché. En général la mère (ce qui va évoluer avec le développement de la prise en charge des enfants par leur père).
En fait cette angoisse de séparation apparait dans de nombreuses situations dont l'école.

Le nombre de phobies scolaires semble en augmentation sans qu'on sache précisément pourquoi. Il semblerait qu'en fait l'investissement parental dans la scolarité de leur enfant permette à la fois un meilleur dépistage et une facilitation de la mise en place !
Sans compter l'effet de la compétition de plus en plus présent dès la collège.
La phobie scolaire apparait entre 5 et 7 ans surtout pour les filles (entrée au primaire avec angoisse de séparation) ou entre 11 et 13 ans surtout pour les garçons (entrée au collère angoisse face à la compétition). Elle peut parfois apparaître aussi après 15 ans.

Les enfants concernés sont souvent de bons élèves, avec un QI supérieur, qui aiment l'école et apprendre. La phobie scolaire pourrait alors apparaître suite à un échec transformé en blessure narcissique qui sera encore plus flagrante avec l'absentéisme scolaire.

Alors que faire ?
Bien sur le but est d'arriver à faire retourner l'enfant dans le système scolaire et surtout d'éviter une aggravation du trouble.

Mais cerner les causes de la phobie scolaire est parfois difficile car c'est un trouble souvent multifactoriel.

Il est absolument évident qu'il est nécessaire de passer par une psychothérapie de deux types :
- analytique
pour comprendre la relation à la mère, cerner ce qui se passe sur le chemin de l'école et retrouver un processus d'autonomie
Un constat, c'est que l'enfant est souvent en colère contre la mère et qu'il ne peut l'exprimer.

- cognitivo-comportementale
Il s'agit de trouver ce qui déclenche l'angoisse. Est-ce un facteur interne (une pensée..) ? Est-ce un facteur externe (la séparation, un élément sur le chemin...) ?
Il s'agit d'un reconditionnement avec apprentissage de nouvelles réponses.

Un apport médicamenteux peut être envisagé lorsque l'angoisse de séparation remonte à la petite enfance.

Enfin, une hospitalisation de quelques mois avec prise en charge multidimensionnelle doit être envisagée pour les cas graves de phobie scolaire (refus ancien, compliqué, anxiété massive des parents).

Les résultats sont encourageants bien que pas miraculeux. Seuls 1/3 des patients retrouvera une scolarité normale et pour les 2/3 restants soit il reste des anxiétés graves (examens par exemple) soit ils n'arriveront pas à réintégrer le système. L'adaptation sociale reste difficile pour la moitié d'entre eux à l'âge adulte. .
Plus l'enfant est pris en charge tôt (dès les premiers jours de refus de scolarité) et plus l'enfant est jeune plus les résultats sont bons.


lundi 4 avril 2011

Histoire de tabou - 1

Je n'ai pas trop le temps de passer depuis 2 semaines et cette semaine encore ce blog va être un peu "flou", ne désespérez pas, je vais revenir.

De toute façon mes lecteurs écrivent tout aussi bien que moi -si ce n'est mieux--et ont des histoires à raconter.

Cette semaine donc, commence les lundis tabous.
Les nouvelles seront publiées dans l'ordre d'arrivée, vous saurez donc qui a le plus tardé à envoyer ses écrits hé hé hé (vengeance !).

Plus sérieusement, pendant quelques semaines les lundis seront réservés aux plus de 18 ans (merci à Blogger et Motigo de ne pas basculer ce blog dans la catégorie "adulte"). Certaines nouvelles sont crues, d'autres abordent des sujets polémiques ou de façon polémique, il y a de tout. Et comme il se doit, je fermerai la marche dans quelques semaines.

N'hésitez pas à laisser des commentaires (sans agressivité) et surtout à débattre. Ca fait toujours plaisir à celui qui a écrit de voir que ses mots mènent à réflexion.

Nous commencerons aujourd'hui avec l'histoire de Kirikou


Violence? Or not violence?

Il est tard ce soir. Passé une heure. J'ai si froid et je sens mon corps recroquevillé et tremblant. J'ai si froid et mes larmes ne semblent pas se tarir. Cela se passe chaque nuit ainsi, maintenant. C'est presque un rituel, un passage obligé.

Je repense encore et encore à toutes ces choses. Et encore. Et encore.

  La cour de récréation et moi! Ah! Je pense que nous allons bien nous entendre.
Cependant j'ai une appréhension comme une boule au fond de la gorge. Maman ne m'a pas beaucoup explique ce qu'était l'école mais j'ai plus ou moins compris que c'est pour apprendre des choses. Après tout j'ai deux frères. Ils ont toujours l'air gai quand ils rentrent! J'ai aussi envie de faire des tas d'activités, de rencontrer des copines!!
Ce premier jour d'école est tellement amusant et je me dis que si c'est ça l'école c'est vraiment cool! Ça me plaît d'apprendre. Apprendre; j'ai soif d'apprendre, de progresser.
Mais petit à petit, je me rends compte que les autres enfants et moi sommes différents. Je ne comprends pas pourquoi ils ne veulent pas que je sois pour une fois la maman ou la gentille fée. Pourquoi dois-je toujours jouer la sorcière? La marâtre? Je refuse et là des disputes. Des mots qui font si mal. Maman n'a pas dit que c'était ça l'école. Je décide de lui en parler ainsi qu'à l'institutrice. Mais pour elles, ce n'est pas si grave, cela va passer et puis c'est normal les disputes à cet âge là. Et puis si tu n'avais pas aussi mauvais caractère.

J'ai décidé de ne plus rien dire aux grandes personnes de tout ce qui se passe. Dorénavant, je reste près de la surveillante. Mais il reste encore tous les instants où les profs ne sont pas là. Les toilettes, les après quatre heures, les vestiaires,...
Ah le cours de gym. Je ne comprend pas pourquoi je suis toujours choisie en dernier, je joue pas si mal pourtant. Et ces petits rires. Et la prof de gym, pourquoi n'intervient-elle pas? Je lui demande de faire cesser ce qui me fait si mal à l'intérieur. « tu es assez grande pour t'arranger avec tes petits camarades; aller maintenant arrête de faire le bébé ». J'ai dix ans maintenant mais ces mots me blessent toujours autant qu'au premier jour, ces regard et ces rires me déchirent le cœur. J'ai envie de pleurer mais je me retiens. Je sais qu'ils n'attendent que ça pour recommencer à m'insulter, à se moquer. On est pourtant pareil. Du moins je crois...

  Les récréations sont tellement longues. Quand ces bouches venimeuses vont-elles enfin se fermer?
Et chaque année ainsi... Pourquoi est-ce la même classe chaque année? Pourquoi les nouveaux laissent t-ils faire? Et les mots qui sortent de ma bouche ne font qu'empirer les choses. Je deviens comme eux. Je lance ces mots haineux et martyrise à mon tour, je me fait horreur. J'ai 22 ans maintenant. Comment oublier? Pardonner? Pour cela il faudrait pouvoir le dire et être pris au sérieux?
Ben oui, pour tous, les « disputes » à l'école sont constructives, inévitables,...
Quel parent peut imaginer que son enfant est un harceleur, qu'il maltraite un autre rien qu'à force de mots; il le détruit à petit feu.
Quel instituteur n'a pas soupçonné cela sans intervenir?

  Parler de la maltraitance psychologique, du harcèlement moral au sien de nos écoles c'est encore tabou contrairement à la violence physique (jeu du foulard, petit pont massacreur) mais cela existe et les dégâts sont là bien des années après. Elles est d'autant plus violente qu'exercées sur des êtres en formation pas toujours armés pour contrer ces attaques
 Adultes que nous sommes, réagissons!
Et sanctionnons -à bon escient- de tels comportements car les enfants harceleurs deviendront des adultes qui reproduiront ( peut-être) ces schémas en entreprise, en famille,...  


Pas de reproduction et publication sans autorisation de l'auteur - Copyright Kirikou



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