samedi 30 avril 2011

Drame de Nantes - (3)

Qu'a-t-on donc appris depuis ces derniers jours ?
Pas grand chose en fait, la police gardant ses infos.

On sait désormais que les 3 voitures présentes devant la maison appartenait au père.
La voiture de la mère a été retrouvée dans une rue plus loin.

On sait que la mère a donné signe de vie après que les 3 plus jeunes enfants aient cessé tous contacts avec l'extérieur.
On sait aussi que le plus grand fils a été vus en compagnie de son père 2 jours après les faits présumés d'assassinats.

On aurait donc au minimum des meutres en 2 temps (voire en 3) :
d'abord les enfants et la mère
(ou d'abord les enfants, puis la mère 1 journée plus tard)
ensuite les chiens
ensuite le grand fils (qui comme je le soupçonnais n'était pas du même père.)

Il est évident que de toute façon l'autopsie ne pourra jamais donner la date exacte de décès (eh oui, on n'est pas dans une série américaine !).
C'est uniquement le fait d'avoir des témoignages sur le fait que le père et son grand fils étaient vivants à telle date qui permet de définir le mode opératoire.

Il a bien fallut au mini 2 balles par personnes pour les tuer (je l'ai dis le 22 LR ça a du mal à faire du dégât)

Le père avait peu de revenus (les médias ne sont pas claires sur les revenus : 4000 € par an ou par mois selon le support lu). Mais on peut rapidement faire un calcul (4 voitures = 4 assurances, une consommation de carburant élevé, les écoles privées (pas très chères) mais pour 3 enfants + la coloc du grand à l'université). On peut facilement imaginer que ce n'est pas le salaire de la mère qui va suffire à faire bouillir la marmite.

Le père avait fait un petit héritage qui aurait été dilapidé dans ses frais et dans le fait que le père semblait tenter de dévélopper des entreprises via le net (ce qui ne veut strictement rien dire, car il est désormais facile de lancer un truc via le net tout en occupant un autre emploi la journée). De plus, ce qui est déclaré comme revenus n'est pas nécessairement le reflet des rentrées.

Par ailleurs, le prêt de 50 000 € à son ex maîtresse montre qu'il avait de gros besoins (et qu'il avait trouvé une "bonne" fille pour lui prêter une telle somme, ce qui tendrait à montrer qu'elle n'était peut être sa maîtresse que pour son argent).

La mère passait semble t il son temps à se plaindre à droite et à gauche des dépenses de son mari.

Le profil infantile du père montre une éducation stricte, militaire et très pratiquante religieusement s'entend.
On peut facilement se dire que Xavier n'avait qu'une envie surpasser son père ou en tout cas lui montrer qu'il avait une valeur. Le regard du père était certainement recherché et il attendait que son père soit -enfin- fier de lui. 

Sa vie au premier abord rangée, sa belle maison, le fait de montrer ses "possessions" (voitures, famille...) allaient dans le sens de faire "bien" pour coller à ce besoin de reconnaissance du père (et des pairs). En fait, l'absence de revenus fixes, les dettes allaient totalement à l'encontre de ce cheminement intérieur.
On a donc une image extérieur 'parfaite' et une image intérieure 'en défaut'.
On peut imaginer le quête perpétuelle pour tenter de juxtaposer l'intérieur à l'extérieur.
Xavier Dupont de Ligonnès était donc recherche d'équilibre.

Il avait rejeté sa foi d'origine même s'il se complaisait à faire croire qu'il restait un catholique fervent. Mais il est difficile de rejeter complètement son milieu d'origine et de plus, sa crise spirituelle n'a pu apparaître qu'une fois son père décédé.

On voit bien qu'on n'est pas dans une bouffée délirante car il y a eu planification et il continue sa fuite.
On n'a pas affaire non plus à un schizophrène qui depuis longtemps se serait fait rattraper.
Ce n'est pas non plus un psychopathe, il n'aurait pas tuer ses proches ou alors il aurait continuer à tuer ailleurs et puis il aurait tuer pour répondre à un besoin de tuer. Ce n'est pas clair pour l'instant.

Xavier Dupont de Ligonnès me fait penser à un grand dépressif.
Les dépressifs ne sont pas heureux dans leur, ils ont dans la tête une vie "idéale", "rêvée" qui est trop en décalage avec la réalité, ce qui leur est insupportable d'où la dépression qui n'est qu'un repli.
Souvent, toute leur vie est calée sur une réponse aux désirs de la famille (études, travail, choix du conjoint, biens matériels...). Ils s'ennuient, rien ne va. Ils passent leur temps à remettre en question ce qu'ils vivent. Ils n'ont que deux choix : soit ils continuent leur vie (et sont dans la dépression), soit ils ont un sursaut et rejettent tout en bloc pour changer de vie.
Xavier me parait être entré dans ce mode de fonctionnement. Au fur et à mesure que la presse nous fait part de quelques bribes d'informations, on découvre que dernièrement il a changé beaucoup de choses dans sa vie, il a remis en cause jusqu'à son propre fonctionnement.
D'un dépressif, il a enfin laissé transparaître sa vrai nature, une personnalité narcissique.
Il choisit de mettre en accord son monde intérieur avec le monde extérieur. Il décide de changer l'extérieur, de le détruire peut être. Il le change et s'en libère.
Il faut un déclencheur à tout cela.
La procédure judiciaire pour dette par son ex maîtresse en parait un bon au premier abord. Acculé, il ne peut plus faire semblant, la vérité le rattrape et va rattraper toute la famille.
Il s'agit de changer de vie et aussi de faire en sorte que sa famille échappe à l'humiliation.

Il se peut aussi que le décès du père soit le déclencheur mais je n'ai pas la date du décès. Encore qu'il peut se passer beaucoup de temps, plusieurs années parfois, entre le travail de deuil et la prise de conscience de la libération du regard du parent.


Sûrement à suivre ICI....


(certains auront lu l'interview que j'ai donné à 20 Minutes sur le sujet du drame de Nantes. Le contenu de l'article ne contient bien sur pas tout ce qui a été dit ni tout mon avis sur le sujet, le format journaliste étant de faire court et "frappant" !)



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