lundi 4 avril 2011

Histoire de tabou - 1

Je n'ai pas trop le temps de passer depuis 2 semaines et cette semaine encore ce blog va être un peu "flou", ne désespérez pas, je vais revenir.

De toute façon mes lecteurs écrivent tout aussi bien que moi -si ce n'est mieux--et ont des histoires à raconter.

Cette semaine donc, commence les lundis tabous.
Les nouvelles seront publiées dans l'ordre d'arrivée, vous saurez donc qui a le plus tardé à envoyer ses écrits hé hé hé (vengeance !).

Plus sérieusement, pendant quelques semaines les lundis seront réservés aux plus de 18 ans (merci à Blogger et Motigo de ne pas basculer ce blog dans la catégorie "adulte"). Certaines nouvelles sont crues, d'autres abordent des sujets polémiques ou de façon polémique, il y a de tout. Et comme il se doit, je fermerai la marche dans quelques semaines.

N'hésitez pas à laisser des commentaires (sans agressivité) et surtout à débattre. Ca fait toujours plaisir à celui qui a écrit de voir que ses mots mènent à réflexion.

Nous commencerons aujourd'hui avec l'histoire de Kirikou


Violence? Or not violence?

Il est tard ce soir. Passé une heure. J'ai si froid et je sens mon corps recroquevillé et tremblant. J'ai si froid et mes larmes ne semblent pas se tarir. Cela se passe chaque nuit ainsi, maintenant. C'est presque un rituel, un passage obligé.

Je repense encore et encore à toutes ces choses. Et encore. Et encore.

  La cour de récréation et moi! Ah! Je pense que nous allons bien nous entendre.
Cependant j'ai une appréhension comme une boule au fond de la gorge. Maman ne m'a pas beaucoup explique ce qu'était l'école mais j'ai plus ou moins compris que c'est pour apprendre des choses. Après tout j'ai deux frères. Ils ont toujours l'air gai quand ils rentrent! J'ai aussi envie de faire des tas d'activités, de rencontrer des copines!!
Ce premier jour d'école est tellement amusant et je me dis que si c'est ça l'école c'est vraiment cool! Ça me plaît d'apprendre. Apprendre; j'ai soif d'apprendre, de progresser.
Mais petit à petit, je me rends compte que les autres enfants et moi sommes différents. Je ne comprends pas pourquoi ils ne veulent pas que je sois pour une fois la maman ou la gentille fée. Pourquoi dois-je toujours jouer la sorcière? La marâtre? Je refuse et là des disputes. Des mots qui font si mal. Maman n'a pas dit que c'était ça l'école. Je décide de lui en parler ainsi qu'à l'institutrice. Mais pour elles, ce n'est pas si grave, cela va passer et puis c'est normal les disputes à cet âge là. Et puis si tu n'avais pas aussi mauvais caractère.

J'ai décidé de ne plus rien dire aux grandes personnes de tout ce qui se passe. Dorénavant, je reste près de la surveillante. Mais il reste encore tous les instants où les profs ne sont pas là. Les toilettes, les après quatre heures, les vestiaires,...
Ah le cours de gym. Je ne comprend pas pourquoi je suis toujours choisie en dernier, je joue pas si mal pourtant. Et ces petits rires. Et la prof de gym, pourquoi n'intervient-elle pas? Je lui demande de faire cesser ce qui me fait si mal à l'intérieur. « tu es assez grande pour t'arranger avec tes petits camarades; aller maintenant arrête de faire le bébé ». J'ai dix ans maintenant mais ces mots me blessent toujours autant qu'au premier jour, ces regard et ces rires me déchirent le cœur. J'ai envie de pleurer mais je me retiens. Je sais qu'ils n'attendent que ça pour recommencer à m'insulter, à se moquer. On est pourtant pareil. Du moins je crois...

  Les récréations sont tellement longues. Quand ces bouches venimeuses vont-elles enfin se fermer?
Et chaque année ainsi... Pourquoi est-ce la même classe chaque année? Pourquoi les nouveaux laissent t-ils faire? Et les mots qui sortent de ma bouche ne font qu'empirer les choses. Je deviens comme eux. Je lance ces mots haineux et martyrise à mon tour, je me fait horreur. J'ai 22 ans maintenant. Comment oublier? Pardonner? Pour cela il faudrait pouvoir le dire et être pris au sérieux?
Ben oui, pour tous, les « disputes » à l'école sont constructives, inévitables,...
Quel parent peut imaginer que son enfant est un harceleur, qu'il maltraite un autre rien qu'à force de mots; il le détruit à petit feu.
Quel instituteur n'a pas soupçonné cela sans intervenir?

  Parler de la maltraitance psychologique, du harcèlement moral au sien de nos écoles c'est encore tabou contrairement à la violence physique (jeu du foulard, petit pont massacreur) mais cela existe et les dégâts sont là bien des années après. Elles est d'autant plus violente qu'exercées sur des êtres en formation pas toujours armés pour contrer ces attaques
 Adultes que nous sommes, réagissons!
Et sanctionnons -à bon escient- de tels comportements car les enfants harceleurs deviendront des adultes qui reproduiront ( peut-être) ces schémas en entreprise, en famille,...  


Pas de reproduction et publication sans autorisation de l'auteur - Copyright Kirikou



14 commentaires:

  1. C'est vrai que l'on parle peu du harcèlement morale à l'école parce qu'il se voit moins que la violence physique mais c'est terrible pour des enfants de se construire en vivant de telles choses.
    Je trouve ce texte très intéressant.

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  2. Le harcèlement moral fait souvent bien davantage de mal que le harcèlement physique.. plus difficile à prouver, plus difficile à faire cesser. Et pourtant je ne serais pas surprise qu'il y ait bien davantage ce type de harcèlement présent, souvent en groupe d'ailleurs et les conséquences sont bien souvent négligées..
    Texte vraiment intéressant, bravo à l'auteur.

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  3. Le harcèlement psychologique est pourtant bien présent dans les écoles, dès la primaire. Les enseignants en tiennent peu compte, car il est difficile à prouver et à comptabiliser. Les traces de coups ça se voit, c'est facile de se dire que c'est vrai, le psychologique... bof. D'autant que beaucoup d'enseignants de la vieille école se disent que de toute façon les enfants doivent apprendre à se défendre seuls et que parfois ils l'ont bien cherché. Bref, plutôt d'avouer qu'ils sont démunis ils laissent le gamin se débrouiller ou subir. Contre toute attente, le bouc émissaire, celui qui subit la violence psy n'est pas le dépressif victime d'une famille difficile, c'est souvent le surdoué. Celui qui sait plus que les autres, celui qui est stigmatisé parce que "différent" mais qui est un hypersensible et qui ne comprend pas qu'on puisse faire cela et auquel il ne viendrait pas à l'idée de "rendre" la pareille...

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  4. merci pour vos critiques positives sur mon texte :-) Hé pour une fois j'étais la première lol

    mais soyons sérieux je voulais juste dire que je rejoins l'avis sur le fait que ce sont souvent des enfants hypersensibles, souvent dépassés par le monde qui les entoure qu'il appréhendent d'une manière tout à fait différente des autres enfants du même age ce qui crée très souvent une incrompréhension se traduisant chez les petit par une mise à l'écart et ces violences

    Kirikou

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  5. Qui a dit que les enfants étaient inocents?
    Ils sont souvent violents entre eux.

    Pour l'avoir vécu ce que je trouvaient géniale c'étaient de les ignoré complétement ^^ C'est moins drole pour les autres quand l'enfant harceler ne réagit pas ou montre qu'il s'en fou. Mais c'est super de voir leur réactions ^^ parce qu'au final ils voient qu'ils sont pas si fort que ca :p
    Mais bon les rares fois ou je me suis rebeller c'est moi qui me faisais viré du cours ou engueler alors que je faisais que me defendre. Donc la meilleur arme face a ca c'est l'ignorance.

    Sinon j'aime bien le ptit message de prevention a la fin.

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  6. Il est interessant de mettre ce tabou en lumiere, c'est effectivement un problème qui est souvent ignoré ou qui peut même être (in)directement encouragé par certains adultes. Un exemple, un petit garçon au CP du nom de Juste (et oui des parents ont osé faire ca !) qui avait un retard certain en général et plus particulièrement au niveau du langage, il parlait très très lentement et avait un regard que l’on pouvait difficilement qualifier de vif. Pendant les séances de lecture, la maitresse d’école le faisait toujours lire en dernier et prenait plaisir à faire le commentaire suivant : allez maintenant au tour de Juste, il faut bien qu’il apprenne à lire également, on ne va pas aggraver son retard quand même. Les enfants, ne vous endormez pas de suite, vous pourrez partir quand Juste aura terminé son passage. Allez, Juste à toi, tout le monde t’écoute avec le plus grand intérêt et la plus grande impatience. Imaginez dans la cours de récré après ca ! Et la dame, elle est maitresse d’école et elle éduque nos enfants… Ca fait réfléchir quand même !
    Lea

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  7. Lymphe : ça ne fonctionne pas à tous les coups. j'en connais qui ont feint l'ignorance et qui du coup sont devenus le bouc émissaire, celui qui prend les coups, celui qui ne peut plus entrer dans les toilettes sous peine de s'y faire tabasser et/ou celui à qui on pique toutes les affaires dans le cartable (et qui finit par se faire engueuler par l'enseignante parce qu'il n'a pas ses affaires...)

    Lea : ah ça j'ai vu lorsque j'ai fais un stage en école primaire. Un gamin avec des difficultés en français se faisait systématiquement rabaisser par son enseignante "et qui a encore eu un 1/20 ? " et les enfants en choeurs "c'est lui" en le désignant. "Et oui, tu ne comprends toujours rien" ajoutais l'enseignante... Je me souviens en avoir parlé à l'équipe qui était bien embêté. Le pire c'est qu'en fait c'était tout simplement la méthode d'éducation "classique" qui ne lui convenait pas, lorsque je le mettais devant un ordinateur à faire des exercices de français, il avait tout bon !

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  8. Ça arrange bien souvent beaucoup de monde de désigner un imbécile de service au lieu de chercher des solutions alternatives adaptées à la personne et lui permettant de développer ses propres capacités. Ça leur permet de se mettre en valeur (certains n'ont que cette possibilité pour le faire d'ailleurs, alors il faut les comprendre ! )
    Et, des fois, il est plus facile et plus rapide pour certains de cataloguer directement quelqu'un dans la catégorie "imbécile" et hélas même dans le corps enseignant. Pour ne pas dire surtout dans le corps enseignant.
    Léa

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  9. Le problème c'est que l'éducation nationale n'accepte pas les solutions alternatives. C'est très clair dès le départ, l'enfant doit rentrer dans un "moule". D'ailleurs ce qu'on apprend aux enseignants c'est à s'occuper d'un enfant "moyen", tout ce qui "déborde" est difficile à gére et lorsque ça déborde beaucoup ça devient ingérable et mis de côté voire stigmatisé.

    Pourtant à l'EN il existe des circulaires pour tous les types de troubles, il faut s'occuper des autistes, il faut s'occuper des surdoués... c'est une obligation, le problème c'est qu'ils ne "savent pas faire" (ce que les enseignants me disent souvent), "on n'est pas formés pour...". La seule solution qu'on va proposé c'est le RASED (en voie d'extinction !) qui n'est pas adapté en fait car il stigmatise l'enfant en classe en le désignant comme différent. Vouloit prendre en charge tout le monde en même temps en faisant comme si tous les enfants étaient pareils relève de l'utopie. Mais en même temps il n'y a quasi rien pour accueillir ailleurs les enfants "différents" (places quasi inexistantes, listes d'attente longue, tarif exorbitant...) et sans garantie aucune du suivi et du niveau atteint au bout.

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  10. Désolée pour les fautes de frappe et d'orthographe..

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  11. C'est dommage mais c'est comme toutes les minorités, elles sont laissées de côté, elles ne comptent pas dans notre système.

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  12. Bon, article est très intéressant. Je voudrais bien partager mon histoire de l’école. Maintenant j’ai 22 ans aussi, je suis en M2 de Relations internationales. J’ai terminé l’école en 2006 en Ukraine. Avant 7e classe (12 ans), ça allait super bien, on était tous amis dans mon classe. Après mon école est devenu parmi les plus pires dans ma ville. En 7e quelques cons ont commencé de m’agresser. Qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai compris que je ne veux pas être victime. L’été j’ai fait beaucoup de sport avec mon ami. Je suis arrivé en 8e classe, et j’ai tappé les gueules de tous ces cons. Moi et mon ami on est devenu en quelque sorte intouchable dans notre classe, on était les leadeurs. Puis on a fait connaissance avec les autres gars de l’école. On est devenu amis. Personne n’a osé de nous faire chier, sauf quelques criminels, mais on se battait (moi, j’ai eu luxation de mon nez en 9e classe, j’ai eu 14 ans). Bien sûr, on devait insulter les autres gens ou agresser (pour maintenir notre « respect level »), c’était l’école comme ça. Y’avait aussi un mec dans mon classe, il était victime mais il faisait tout pour être tappé (peut-être masochiste ?). Je ne sais pas si cette fille de 22 ans lit tout ce que j’écris, mais je peux dire que je regrette que j’ai insulté certains gens, ils ne le méritaient pas. Petite conclusion, peut-être tout ça ce n’est qu’une sélection naturelle ? Est-ce que je deviendrais un tel personne qui je suis maintenant ? (Je ne suis pas un monstre, et je suis contre délinquance, je ne suis pas fort comme Schwarzenegger, mais je suis fort et je peux surmonter les obstacles). En étant en 3e année de la fac, je me suis rendu compte que mon école était le meilleur pour un garçon. Sinon la vie n’est pas le monde de bisousnours, c’est plutôt « marche ou crève ». C’était comme ça, c’est comme ça, et ça sera comme ça toujours.

    Merci que vous lisiez tout ce que j’ai écrit.

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  13. Proof : ça dépend des pays, ça dépend des régions. Ce que tu as vécu forme surtout des personnes qui peuvent facilement passer à l'acte.
    Il est évident qu'il faut apprendre au enfants à se défendre. Savoir se défendre ne veut pas toujours dire attaquer en premier. Dans ton vécu tu as eu de la chance, tu n'es pas tombé sur quelqu'un qui ne disait rien parce qu'il était patient mais qui aurait pu être bien plus fort que toi dans la colère.

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  14. Non, non, je ne disais pas que je suis trop fort etc. Juste normal quoi. Je pense juste qu'il ne faut pas trop dramatiser tout ça. Ça veut pas dire quelqu'un doit être agresseur, juste il faut savoir se protéger.

    Il y'a beaucoup d'agresseur non-français en France, et ils français font rien contre eux, ils se défendent pas. Peut-être ça vient de l'école ? Tous ont l'habitude que y'a toujours les profs à l'école pour régler leurs problèmes. Mais quand ils grandissent, y'a pas les profs à côté qui surveillent. La dernière situation je me souviens en France, c'était le pauvre français agressé par les arabes. Et les gens dans tout le bus avaient peur. C'est choquant.

    Moi, je suis contre la violence, et j'utilise pas la force le premier. On se battent pas dans les rues comme vous croyez. Par contre y'a moins d'agression en Ukraine qu'en France.

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