mercredi 6 avril 2011

La phobie scolaire

La "phobie scolaire" est une appelation population pour un trouble anxieux irrationnel face à la situation scolaire.


Les enfants refusent atteints de ce trouble refusent d'aller à l'école et si on tente -désespérement- de les y amener, resistent par des comportements reflétant un très forte anxiété.

Ces anxiétés se traduisent en général par :
- des douleurs au ventre, des nausées, des maux de têtes...
- des attaques paniques (tremblements, sueurs froides, palpitations...)
- des crises d'agitation ou des violences physiques 
- des tentatives de fuite
- des peurs (peur de rougir, peur des camarades, peur d'être interrogé, peur de l'enseignant, peur d'être en groupe...)
Ces peurs sont des peurs irraisonnées (ils ne s'agit pas ici de l'enfant qui subit vraiment un enseignant malhabile avec les enfants ou d'un enfant bouc émissaire des autres).

Ces enfants ne sont pas heureux de ne pas aller à l'école. 
Bien au contraire, ils aimeraient bien. 
Ils s'y préparent d'ailleurs longtemps à l'avance avant chaque rentrée avec joie. Et puis le jour de la rentrée, paf, l'angoisse s'installe et certains ne pourront jamais entrer dans l'école.
Le fait de ne pas réussir à aller à l'école les rend tristes, ils culpabilisent et se dévalorisent en se disant que même ça ils n'y arrivent pas.

La famille aussi est triste et surtout elle fatigue et s'énerve.
Tout est essayé : la gentillesse, les cadeaux, les promesses, la force, les punitions, la colère... tout y passe.
On fini souvent par trouver des familles qui ont baissé les bras, cède systématiquement et organise leur propre emplois du temps en fonction de la volonté de l'enfant. Sont alors proposé des cours à distance ou à domicile, ce qui fonctionne au départ mais qui finit par être rejeté par l'enfant. L'enfant ne fait donc plus d'apprentissage scolaire. Certains finiront par se couper du monde des autres enfants et rejettent même les activités extra scolaires entrant ainsi dans une boucle sans fin d'isolement et de dépression.

Les médecins n'aident parfois en rien. Ils cherchent par tous les examens possibles à trouver d'où cela peut bien venir et finissent par donner les certificats médicaux qui permettront à l'enfant d'échapper au système scolaire.

En fait le diagnostic de phobie scolaire doit être rapidement posé afin que l'enfant soit pris en charge.

On distingue deux types de phobies scolaires :

- les phobies scolaires sans angoisse de séparation
L'enfant craint un des aspect de la situation à l'école. Ces enfants n'ont aucun problème dans toutes les autres situations, même s'ils doivent être éloignés de leur domicile ou de leurs parents.
Cette situation relève de la phobie "simple" (peur d'un objet, d'une personne...) ou de la phobie sociale (peur d'être avec les autres, peur d'être observé, peur de faire une bêtise...).
Ces enfants arrivent (difficilement parfois) à aller à l'école et cela se traduit par une timidité qui n' amène pas au rejet par les autres enfants.

- les phobies scolaires avec angoisse de séparation
L'enfant est anxieux d'être séparé d'une personne à laquelle il est très fortement attaché. En général la mère (ce qui va évoluer avec le développement de la prise en charge des enfants par leur père).
En fait cette angoisse de séparation apparait dans de nombreuses situations dont l'école.

Le nombre de phobies scolaires semble en augmentation sans qu'on sache précisément pourquoi. Il semblerait qu'en fait l'investissement parental dans la scolarité de leur enfant permette à la fois un meilleur dépistage et une facilitation de la mise en place !
Sans compter l'effet de la compétition de plus en plus présent dès la collège.
La phobie scolaire apparait entre 5 et 7 ans surtout pour les filles (entrée au primaire avec angoisse de séparation) ou entre 11 et 13 ans surtout pour les garçons (entrée au collère angoisse face à la compétition). Elle peut parfois apparaître aussi après 15 ans.

Les enfants concernés sont souvent de bons élèves, avec un QI supérieur, qui aiment l'école et apprendre. La phobie scolaire pourrait alors apparaître suite à un échec transformé en blessure narcissique qui sera encore plus flagrante avec l'absentéisme scolaire.

Alors que faire ?
Bien sur le but est d'arriver à faire retourner l'enfant dans le système scolaire et surtout d'éviter une aggravation du trouble.

Mais cerner les causes de la phobie scolaire est parfois difficile car c'est un trouble souvent multifactoriel.

Il est absolument évident qu'il est nécessaire de passer par une psychothérapie de deux types :
- analytique
pour comprendre la relation à la mère, cerner ce qui se passe sur le chemin de l'école et retrouver un processus d'autonomie
Un constat, c'est que l'enfant est souvent en colère contre la mère et qu'il ne peut l'exprimer.

- cognitivo-comportementale
Il s'agit de trouver ce qui déclenche l'angoisse. Est-ce un facteur interne (une pensée..) ? Est-ce un facteur externe (la séparation, un élément sur le chemin...) ?
Il s'agit d'un reconditionnement avec apprentissage de nouvelles réponses.

Un apport médicamenteux peut être envisagé lorsque l'angoisse de séparation remonte à la petite enfance.

Enfin, une hospitalisation de quelques mois avec prise en charge multidimensionnelle doit être envisagée pour les cas graves de phobie scolaire (refus ancien, compliqué, anxiété massive des parents).

Les résultats sont encourageants bien que pas miraculeux. Seuls 1/3 des patients retrouvera une scolarité normale et pour les 2/3 restants soit il reste des anxiétés graves (examens par exemple) soit ils n'arriveront pas à réintégrer le système. L'adaptation sociale reste difficile pour la moitié d'entre eux à l'âge adulte. .
Plus l'enfant est pris en charge tôt (dès les premiers jours de refus de scolarité) et plus l'enfant est jeune plus les résultats sont bons.


5 commentaires:

  1. Bravo pour cet article très détaillé !

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  2. C'est un sujet que je ne connais absolument pas. En fait, je pense que si l'on n'a personne dans son entourage qui en souffre (ou si l'on n'est pas psy !), on n'en entend trés peu parler.
    Je ne savais pas qu'aussi peu de personnes retrouvaient une scolarité normale et que ça pouvait avoir autant d'incidence dans leur vie. Je pensais que c'était plus un problème passager.
    C'est un article intéressant entre autres pour les jeunes parents qui peuvent être confrontés à ce problèmes sans le savoir.
    Léa

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  3. Article intéressant, la phobie scolaire reste quelque chose dont on parle peu, c'est bien dommage d'ailleurs.
    J'ai connu ça, en dernière année de maternelle, une peur panique d'aller en cours, ma mère désespérait de me faire entendre raison à ce sujet, faut dire que je n'aidais pas vraiment en m'agrippant au porte-manteau de l'école tandis qu'elle tentait en vain de m'y décrocher, la scène devait être tordante vu de l'extérieur et je trouve ça ridicule maintenant mais je me souviens qu'à l'époque c'était à peu près comme si j'allais à l'abattoir et pourtant j'aimais l'école.
    Enfin comme quoi on peut très bien "s'en sortir" à ce niveau-là ^_^

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  4. Personnellement je me demande comment ça se passe lorsque les 2 parents travaillent et que cette phobie rend la présence d'un parent indispensable à la maison: jusqu'au moins 15 ans je n'envisage pas qu'on puisse laisser l'enfant seul à la maison des journées entières, ne serait-ce que pour superviser les devoirs par correspondance. Devoir changer de logement, de train de vie etc... à cause de ça!
    En fait j'admet et comprends bien plus facilement les tocs que cette phobie scolaire.

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  5. Chucky : oui heureusement on peut en sortir surtout si c'est pris tôt et qu'on cherche à comprendre ce qui ne va pas. Parfois, cela s'appuie sur des faits concrets comme le fait d'être tapé par un petit camarade ou le fait d'être obligé de faire la sieste alors que l'enfant ne veut pas la faire... Cela peut être aussi un indicateur d'autres troubles car si l'enfant refuse le contact avec les autres peut être ne les entend-il pas bien, peut être ne voit-il pas bien, peut être les perçoit-il comme agressifs (autisme ?)...

    Cleanette : en général dans cette situation, les deux parents ne travaillent pas et tout il y en a au moins 1 des deux qui a cessé toute activité et qui vit centré sur les demandes des l'enfant. C'est un cercle vicieux, car le parent vient nourrir le besoin de présence pour l'enfant. Les enfants ayant des troubles du comportements (que ce soit phobie scolaire ou troubles alimentaires) sont tyranniques !

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