vendredi 15 avril 2011

L'anxiété de séparation chez l'enfant

L'angoisse de séparation est un phénomène normal chez les enfants. Il s'agit, jusqu'à environ 2 ans, de la peur d'être séparé du parent sur lequel l'attachement a eu lieu. C'est une réaction tout à fait normale et saine nécessaire au développement et à la sécurité de l'enfant.

D'ailleurs avec le temps, l'enfant va apprendre que ses parents peuvent ne pas être visibles ou partir et qu'ils vont revenir rapidement. Ce lien bien que s'amenuisant beaucoup va perdurer jusqu'à la fin de l'adolescence.



L'anxiété de séparation, à l'inverse, est une réaction de grande détresse qui va apparaître plus tard. Soit entre 6 et 7 ans soit entre 15 et 18 ans. les études ne sont pas d'accord sur la prévalence de ces anxiété : entre 4 et 19 % des enfants en seraient atteints. 

L'anxiété est donc une réaction excessive qui apparait souvent brutalement et qui se traduit en général par :
- une détresse lors de la séparation ou à l'anticipation de la séparation (avec pleurs, colère, état de panique, maux de tête, vomissements, vertiges...)
- des préoccupations morbides (crainte d'accidents pour lui et/ou ses proches, peurs des personnes extérieures, peur d'être kidnappé, peur de voyager, peur de ne pas revoir ses parents...)
- un désir d'être chez soi (la "maison" leur manque, tristesse...)

Les enfants atteints d'anxiété de séparation sont souvent autoritaires. Ils tyrannisent, exigent, veulent être le centre de l'attention, se plaignent que personne ne les aiment et plus grands n'envisagent pas de quitter la maison. Mais ils sont consciencieux et aiment faire plaisir.

L'enfant est soit en fait "trop" attaché, soit a subit une épreuve de séparation dans son jeune âge (hospitalisation, déménagement, décès...) et il est devenu dépendant.

En fait, on ne sait pas comment évolue ce trouble. Car si on voit comment cela peut persister entre l'enfance et l'adolescence (car les parents consultent), il n'y a aucune étude approfondie qui se soit penchée sur l'éventuelle continuité à l'âge adulte.

L'évolution de l'anxiété de séparation tend vers un isolement social (peu de relations, peu d'activités). Jusqu'à la "phobie scolaire" dont j'ai parlé il y a peu. On voit apparaitre plus tard des comportements agressifs (colères, violences dans la famille surtout envers le parent d'attachement), même lorsqu'il n'y a pas de séparation prévue.

L'anxiété de séparation permet la mise en place d'autre troubles à l'éadolescence : troubles paniques, phobies, dépression, troubles des comportements alimentaires, prises de toxiques.

La prise en charge souvent tardive repose sur les psychothérapies analytique (séparation de l'enfant et du parent d'attachement) et cognitivo-comportementale (désensibilisation puis exposition) pour l'enfant mais aussi... pour les parents obligatoirement ! En effet, c'est dans le milieu familial que se trouve la cause de l'apparition et du maintien de l'anxiété. On alterne donc les consultations individuelles et les familiales.




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