mardi 28 juin 2011

Un psy peut il devenir ami avec ses patients ?

Les patients ne restent pas toute la vie des patients.
Ils arrivent, ils vont mal. Ils vont bien, ils repartent.
Ils sortent de la vie du psy.
Et surtout le psy sort de leur vie.
Ce qui est bien plus difficile... pour le patient.

Mais en général les patients consultent le psy du quartier où ils habitent.
C'est comme pour le médecin. Ils vont au plus près.
Avant, lorsque le patient rencontrait le psy, il ne savait pas que c'était un psy.
Ils se croisaient, ne se regardaient même pas et s'oubliaient aussi vite.
Puis un jour, l'anonyme rencontré dans la rue devient "le" psy.
Et lorsqu'on le patient rencontre le psy -son psy- dans la rue, il le regarde et ne l'oublie pas.

Le patient n'aime pas croiser son psy.
D'abord ça lui fait tout drôle.
Le psy aurait donc une vie ?
Le psy aurait donc une vie sans son patient ?
Le psy fait ses courses ? 
Le psy discute sur le trottoir là avec une amie du patient ?
Le psy parle-t-il de son patient ?
Et puis le psy sait tout.
Tout de la vie du patient.
Le plus intime, le plus morbide, tout ce que le patient cache au monde le psy le sait.

Et puis un jour, le psy n'est plus le psy du patient.
Le patient n'est plus un patient.
Et cet ex patient rencontre toujours son ex psy.

Que faire ?

L'ex patient s'entendait plutôt bien avec son ex psy. 
Sinon il n'aurait pas réussit sa thérapie.
L'ex psy appréciait son ex patient.
D'ailleurs il a bien travaillé avec lui.


Mais si l'ex psy est capable de considérer son ex patient comme un non patient.
L'ex patient n'arrive pas à considérer son ex psy comme un non psy.
C'est ainsi qu'au hasard des rencontres urbaines, l'ex psy est amené à parcourir le trottoir dans le même et à la hauteur de l'ex patient.
Ils se disent bonjour.
Et puis ils se parlent.
Le psy (des autres) parlent de la pluie, du beau temps, de politique, du prix du caddie,demande des nouvelles des enfants...
Le non patient (du psy)... est bien embêté.
Il voudrait bien des fois que le psy accélère ou l'oublie.
Mais bon il est poli.
Et toute conversation engagé se doit d'être finie.
Et puis il s'entendait bien avec son psy (ça n'a pas changé depuis les lignes plus haut).
Alors le non patient discute avec le psy qui est désormais un non psy.
C'est difficile, le psy sent bien les réticences du non patient.
Et alors le non psy fait gaffe à ne pas se retrouver en train d'être psy sur le trottoir.
Et le non patient aimerait bien parfois faire le patient sur le trottoir.
D'autres fois, non. Il aimerait bien rester un non patient du non psy.
Mais voila le non psy est psy et l'ex psy sait tout de l'ex patient devenu non patient.

Franchement ça complique les relations.


"Alors si je comprends bien tant que le banquier est patient du psy, tout va bien. 
Mais lorsque le patient est le banquier du psy, tout se complique. 
Humm, faut que j'en parle à ma femme..."


16 commentaires:

  1. Ça sent le vécu!

    Après... il doit bien y avoir quelques exceptions? Des personnes qui apprécient de voir que leur ex-psy est aussi un humain...?

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  2. Vous avez réussi à me coller une migraine à 2h du mat', lol.
    Je pense que si les ex-patients se sentent si mal à l'aise ça peut s'expliquer par le fait que l'ex-psy du patient est associé à la période négative/douloureuse qu'il a traversé. Inconsciemment vite faire un lien comme celui-ci.

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  3. Jigsaw : c'est possible mais ce n'est vraiment pas l'impression que cela donne. Il existe une véritable gène.
    Maxen : sur ce principe oui certainement, mais je n'ai jamais réussi à faire "ami/ami" avec un(e) ex patient(e) ! (d'ailleurs je n'ai pas vraiment cherché non plus). Je crois que les relations sont faussées.

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  4. Je pense que ça doit être possible dans certains cas même si c'est toujours une situation délicate. Un patient peut parfaitement appréhender le fait que le psy est un être humain et a sa propre vie comme tout le monde, a une famille, des amis, des ennemis, s'amuse, pleure, va en vacances, fait ses courses... enfin vit comme tout un chacun. Ça me parait évident.
    Par contre, de là à faire copain copain avec son psy, là c'est autre chose, la relation ne peut être normale, elle est même totalement déséquilibrée. D'un côté le psy sait tout (ou presque) du patient et de l'autre côté le patient ne sait absolument rien du psy. Je comprends parfaitement que le patient puisse se sentir mal à l'aise dans ce cas et en plus comme le dit Jigsaw ça peut renvoyer à une période difficile et douloureuse ou a des choses dont il peut (encore) avoir honte.
    Donc pas facile à mettre de côté et parler de la pluie et du beau temps avec quelqu'un qui connait vos pensées les plus intimes et dont vous-même ne savez rien.

    D'un autre côté, quand la thérapie s'est bien passée et l'issue positive, un lien s'est créé entre le patient et le psy pendant la thérapie et je pense que ce lien pourrait peut-être se transformer en amitié. Mais il faut de part et d'autre (que ce soit du côté du patient comme du psy) oublier le rapport de force totalement déséquilibré qu'il y a eut à un moment donné. Et j'ai l'impression que c'est loin d'être facile, pour les deux parties d'ailleurs, le psy peut également avoir tendance à reprendre son rôle qui lui convient si bien. Non ?

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  5. Franchement je ne me verrais pas amie avec un de mes anciens psy, c'est glauque, la personne cannait certains détails de votre vie tandis que vous, vous ne connaissez en principe pas grand chose de la sienne, c'est complètement déséquilibré, il ne peut pas y avoir de relation saine dans ces conditions.

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  6. Lea : il n'y a jamais eu de rapport de force. Et normalement un "psy" sain n'utilise pas ce qu'il sait d'une personne. Le problème c'est surtout le transfert. Le "psy" reste l'image de la mère ou du père. Maintenant je sais que lorsque je croise un patient je ne lui parle jamais de lui, de "nous" (au sens thérapeutique de la relation). Je fais l'effort d'abord des sujets de tous les jours, mais justement ça me demande un effort parce que je crains que le patient ne rentre dans une thérapie "sur le trottoir" (ça m'est déjà arrivé à mes débuts !).

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  7. Rapport de force n'est peut-être pas le terme adéquat. Ce que je voulais dire rejoint un peu ce que vous dites au sujet du transfert (même si je l'ai formulé maladroitement). Il y a une relation d'autorité (mieux je pense) entre le psy et son patient qui n'est peut-être pas réelle (pour le psy) mais qui l'est bien pour le patient à cause justement du transfert (mais également du contre transfert). Et je ne sais pas s'il est possible pour le patient, même en ayant compris son transfert et terminé la thérapie, de pouvoir regarder son psy comme il le devrait au vue de leur relation réelle.

    Pour ma part, je pourrais également difficilement envisager une amitié avec mon psy une fois ma thérapie terminée et, pour faire un lien avec un article précédent, d'où la raison d'ailleurs pour laquelle je n'ai pas choisi un psy à côté de chez moi, il y a ainsi peu de chances que je le rencontre dans la rue ou en faisant mes courses.

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  8. Et quand le psy rencontre une obsessionnelle compulsive qui lui réclame à corps et à cri la sortie ciné du mercredi, il fait quoi, hein ?

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  9. Lea : tellement peur de rencontrer ta "maman" ou ton "papa" de substitution ? lol

    Zygielle : comme j'avais mis un jeu lundi, je me suis dit que jeu + quiz, j'allais perdre mes 10 lecteurs quotidiens... Alors le quiz c'est ce soir vers 23 h et ça va pas être simple... Mais la semaine prochaine on revient au mercredi pour te rassurer !

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  10. Et ben... à priori oui.

    Et ainsi éviter peut-être toute confrontation possible en dehors du cadre thérapeutique.

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  11. ben, moi j'en connais (des psys) qui ont même épousé une patiente, mais ça a mal tourné (je suppose que c'était aussi une histoire de transfert mal réglé)...

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  12. Au premier abord j'ai envie de dire que c'est l'horreur. Mais tout dépend dans quel situation il avait dragué sa patiente... ça fait peur quand même.

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  13. Ca reprend un peu le psy qui rencontre ces patients à la piscine.
    L'ancien patient pense surement que tout les passant savent que l'autre personne est psy du coup se sans gener car s'il parle avec lui c'est qu'il le connait et suis une therapie donc se dépêche d'esquiver le psy pour pas qu'on ne le vois discuter avec.

    Sinon dans certaines exception peut etre que ca peu se faire (de faire ami/ami) Si par exemple ca fait 10ans que la therapie a été fini que l'ancien patient rencontre son ancien psy dans un atelier au louvre par exemple et decide d'allé boir un café ou autre.
    Mais bon... Tout de suite aprés la thérapie faire ami ami je suis pas sur que se soit possible.

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  14. Je découvre ce blog, m'y promène t tombe sur cet article.
    J'ai consulté une Psy, pendant plusieurs années, dont le cabinet était à deux pas de mon domicile. Je l'ai rencontrée, pendant mon analyse, puis après avoir arreté, et je n'ai jamais ressenti la moindre gène ni le moindre embarras.

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  15. Fabien : et bien cela prouve que vous avez été au bout de votre travail et que vous n'attribuez pas/plus à votre psy un rôle parental et de juge !

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  16. Je n’ai jamais croisé mon psy dehors de nos séances (malheureusement, LOL), mais j’aimerais, et je me trouve capable de jaser avec lui de n’importe quoi comme avec un ancien collègue ou ami, ça pourrait être plaisant.

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