jeudi 7 juillet 2011

C'est TOI le PSY...

Le beau temps étant propice à la réflexion, je vous propose d'aller vous asseoir à mi-ombre, l'apéro à la main et de vous trouver la réponse à cette lancinante préoccupation : de quoi souffre cette patiente ?


Alors, disons patiente 28 ans.
Mariée, divorcée.
Joli visage, corps déformé par la grossesse, habillée avec peu de goût toujours en noir.
Souriante, infantile, apprend vite.

Issue d'une mère "volage" et maltraitante par négligence ("tradition familiale") et d'un père absent (ayant eu marre des tromperies de sa compagne).
Père sur un piédestal.
Mère considérée comme une pauv'fille.
Son ex mari la maltraitait psychiquement et physiquement.

Cette patiente est peu cultivée, a quitté l'école de bonne heure.
Elle se souvient de sa mère se livrant à quelques orgies sur le canapé du salon avec ses courtisans alors que la fillette devenue ado était là.
Le sexe lui parait sale, horrible.
Sauf avec un mari "officiel".

Elle pense que tout le monde la regarde.
Et que tout le monde ne pense qu'au sexe, ce qui la dégoûte.
Elle ne supporte pas le regard des hommes jugé inaceptable.

Elle n'a aucun sens de la répartie et ne sait jamais quoi répondre à une vanne.
Etre en présence d'un homme la met très mal à l'aise et rien que de penser à lui parler cela "coince".

Patiente très croyante.
Très victimaire.
Se sent totalement inadaptée.
Voudrait ne plus sortir, faire face aux autres est trop difficile.



A votre avis, quelle est la problématique de cette patiente ?
A vos claviers ! 


J'aime bien l'idée de "telle mère telle fille"...
Si vous avez bien lu j'ai écrit qu'elle pense que tout le monde la regarde et ne pense qu'au sexe.
Ce qui veut dire qu'a LONGUEUR DE TEMPS elle pense qu'on la regarde et qu'on ne pense qu'au sexe.
Cela la dégoûte, elle met donc en place des stratégies pour réprimer ces pensées.
Cela la dégoûte elle, pas les autres.

C'est donc......... obsessionnel.

En fait la sexualité c'est sale.
Parce qu'il lui est inacceptable de se dire qu'elle ne pense qu'au sexe.
C'est pour faire simple "une obsédée sexuelle".
Elle est "en manque".
Elle ne supporte pas le regard des hommes parce que cela éveille chez elle des sensations inavouables.
Et elle croit que cela se voit.

Une partie du travail a consisté à lui faire accepter que la sexualité n'est pas un acte sale (elle a bien eu un enfant et elle même a été enfantée par la sexualité). Ensuite, lui faire comprendre que ce ne sont pas les hommes qui ont un problème (encore que ! LOL) mais elle. Elle finira pas accepter qu'elle aime la sexualité et qu'elle en a envie. Ses propres valeurs par contre l'obligeront à n'accepter la sexualité que dans un cadre officiel ("fiancé" au moins), même si cela la met en situation de séduction permanente.





16 commentaires:

  1. Bonjour,
    je dirais problème d'identification à la mère et oedipe non résolu ni dans l'enfance,(pere absent) ni dans l'adolescence.
    Idealistion du pere (tres croyante, dieu le pere ideal ou encore le mari officiel celui que la loi autorise) et se met en situation de ne surtout pas plaire aux autres hommes.
    Elle a développé une angoisse sociale pour se protéger du regard des autres et de sa position de soumission.
    Je suggère le couvent (ah ?!? c'est pire que l'asile ?)

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  2. « Telle mère, telle fille » ; voici un proverbe bien connu et qui détient une place centrale dans l’approche que j’établis de ce que tu nous à donné à lire.

    On pourrait penser que la problématique de cette patiente est une problématique essentiellement oedipienne (et ce sans tomber dans les clichés).

    Un père idéalisé et une mère responsable, de par ses mauvaises mœurs, du départ de celui-ci. Ce père qu’elle voulait séduire, c’est sa mère qui l’en a privé. On imagine sans mal la conclusion que peut en tirer un enfant : l’homme est parti car la femme était mauvaise femme. La mère, dans l’Œdipe, au-delà du rôle d’adversaire constitue également le rôle de modèle. On veut s’attribuer sa place, ses caractéristiques, on veut lui ressembler pour mieux posséder ce qu’elle possède (= le père). Mais quand cette dernière n’est pas dans la capacité de retenir ce pourquoi on veut lui ressembler (i.e. : le père, la raison qui nous pousse à vouloir ressembler à notre mère), que se passe-t-il ? On peut émettre l’hypothèse que la technique d’apprentissage « essai par erreur » s’applique ici : si le comportement de ma mère a provoqué la fuite de mon père, je n’ai qu’à me différencier, à me comporter d’une manière totalement opposée, pour reconquérir l’objet d’amour (renversement en son contraire).
    De ce postulat pourraient découler les quelques éléments dont tu nous fais part : l’infantilité (rester petite fille, c’est dans une certaine mesure s’assurer qu’on ne ressemblera jamais à la femme à laquelle on ne veut surtout pas ressembler) ; le dégoût pour le sexe et pour la gente masculine en générale (a contrario de la mère qui apparaît beaucoup plus libérée) ; la religion (comme barrière morale pour s’assurer de ne jamais tomber dans le vice dans lequel se complaisait la mère).

    « Telle mère, telle fille » pourrait donc être une des lignes directrices de la vie du sujet au sens où elle s’appliquerait à contredire ce proverbe à longueur de temps.

    Vincent.

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  3. Je vais répondre vite fait sinon le temps que je repasse il y aura déjà la réponse...

    Donc...
    Patiente avec une trés basse estime d'elle (bouh! pas trop dur ça)
    Qui se prend tout le temps pour la victime (bon ca c'est dit dans le texte)
    Légérement parano meme puisqu'elle pense que tout le monde l'observe, donc tout le monde parle d'elle, tout le monde critique, la juge et autre...
    Elle aime pas le sexe, ca la degoute meme, donc on pourrait penser qu'il y a eu un ptit soucis de se coté la... Un abus étant jeune?? Son mari?? Son pére? Non peut etre pas le pére il est sencer etre absent, peut etre la mére ca arrive assez souvent d'ailleurs... Aprés en faisant plus cliché vu qu'elle semble trés croyante, on peu meme pousser plus loin en s'imaginant un prétre un peu (beaucoup) pervers si elle a fait enfant de coeur par exemple ou bien aprés les cours de cathé.
    Bref donc un soucis de ce coté la avec surement une tendance homo, vu que les hommes la dégoute, qu'elle est mal a l'aise avec on peu s'imaginer qu'elle sombre (waaah le mot) dans le lesbianisme. Ou pas, aprés de se coté la ca reste un peu cliché aussi...

    Oups je viens de voir le paragraphe zappé sur les orgies ^^" honte a moi...!
    Ben vi donc gros soucis de se coté la donc autant ca peu etre meme la mére qui aurait abuser de la fille acompagné de ses courtisans... Orgies entre mére et fille pourquoi pas c'est déjà moins cliché (ou pas...)

    Donc bref...
    Pas de strucure, mére maltraitante, volage pas forcement la pour donné et montré son affection ...
    Pére absent...
    Aucun schéma parental (jme souviens plus du terme)
    Peut etre aucune limite, aprés tout elle a arreter l'école tot autant les parents en avait rien a fouttre... Autant la gamine trainait dans les rues...?? Autant elle se drogué??

    Bon beaucoup de bla bla pour pas répondre a la question sur la problématique...
    PAranoïa?? Début de schyzophrénie??
    Aprés tout c'est souvent le schéma des psychotique, pére absent, mére maltraitante, isolement sociale, idées paranoiaque....
    Ou alors elle est juste complétement paumé avec une enfance pourris et pi voila... Du coup personne l'aime et tout le monde parle d'elle et elle tombe dans la depression avec une envie d'isolement...


    Bon jvais arreter le café et allé au dodo =_='

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  4. Elle n'a jamais réussi à s'identifier à sa mère et elle cherche toujours à le faire?
    Cela a foutu en l'air son mariage...

    Ne pas avoir reçu l'amour qu'elle espérait de sa mère l'a amenée à mépriser sa mère, première image féminine qu'elle ait jamais eu...

    Elle ne sait pas comment se placer par rapport aux gens...
    Problèmes affectifs, relationnels, difficultés à se définir.

    Elle se protège des autres par habitude. Il n'y a que son père, qu'elle comprenne: Bien qu'absent, il a eu le 'courage' de partir.

    C'est ce à quoi j'aurai pensé... Ensuite, de là à sortir le nom d'une pathologie ou d'un problème psy précis... Il me manque les études! ^^"

    Bizarrement, rien n'est dit sur ses/son enfant(s), à part que la grossesse a déformé son corps.

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  5. Ma théorie: enfant, elle a été abusée par l'un des conjoints de la mère et rejette sa féminité et la sexualité. etre fille était trop dangereux pour elle dans le contexte où elle a vécu.

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  6. Salut

    Je me lance à mon tour.

    La patiente a une mauvaise image d'elle même , surement parce-qu’elle a une très mauvaise image de sa mère , figure féminine faisant office d'exemple.La mère , volage et maltraitante par négligence est , dans la tête de la patiente , responsable du départ du père.Elle ne veut cependant pas ressembler à sa mère , qui a fait souffrir son père , la raison étant , pour elle en tout cas , le sexe.

    Le sexe est ainsi une chose qui lui parait sale dont tout le monde parle.Elle est donc coincée par rapport aux hommes , enfin par rapport à tout le monde , pensant que tout le monde parle de cette chose sale qu'est le sexe.

    Pensant que sa mère est une pauv' fille , pensant , par conséquent la même chose d'elle , elle s'est retrouvée mariée avec un homme violent.Le sexe représente chez elle quelque-chose de violent et d’agressif ( la douleur de son père parce-que sa femme le trompait ).

    Sans y a t'il un travail à faire sur sa vision du sexe , lui faire comprendre que le sexe peut-être quelque-chose d'agréable et que çà peut aussi être un partage avec son partenaire sexuel.

    Voila voila ... en espérant ne pas m'être trop trompé dans mon analyse ...

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  7. Facile !!!
    Vu la mauvaise mère qu'elle a eu et que son propre mari est parti, elle pense qu'il est impossible car incompatible d'être à la fois une bonne mère pour son enfant et une femme pour le reste du monde, en particulier les hommes.

    Donc centrée sur son enfant, elle s'isole du monde extérieur et de la sexualité en particulier, élément déclencheur du rejet de sa propre mère.

    J'ai bon, dit ?

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  8. Ben je savais pas que c'était une obligation de faire paraître quelque chose !! Pff, qu'ils sont contraignants ces lecteurs !

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  9. Je n'avais pas vraiment envisagé le versant obsessionnel mais c'est vrai que les éléments prennent un sens tout particulier dans selon cette réponse.

    Mea culpa.

    Très bonne idée néanmoins, félicitations à l'auteure :p

    Vincent.

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  10. C'est duuuuuuuuuuuur, j'aurais pas trouvé ! La psychologie est une science qui me laisse pleine d'admiration !

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  11. Anonyme : oui il y avait un problème d'identification à la mère et l'Oedipe n'était en effet pas résolu (la fille était "amoureuse" du père). Par contre par d'angoisse sociale, mais angoisse de ce que les autres peuvent percevoir d'elle.

    Lymphe : En effet la patiente avait développé de puissants aspects paranoïaques (tout le monde la regarde et la trouve bizarre) mais qui n'étaient en fait que la projection de ses envies (et avec conscience que cela venait d'elle). Aucun schéma parental, aucune éducation, aucune compétence sociale (le transfert va permettre à la psy -moi- de jouer le role éducateur nécessaire à une bonne intégration sociale).

    Maxen : difficile de choisir un partenaire ou de réussir son mariage lorsqu'on est encore une petite fille sans modèle féminin.

    Ossia : non pas d'abus physique, mais avoir assisté aux ébats de sa mère était "abusif".

    Nakito : elle ne peut pas se centrer sur son enfant, c'est une enfant elle même. Elle n'a pas eu les clés pour grandir.

    Yann : la sexualité est en effet violences, mais c'est une violence parmi d'autres. En fait, elle prenait du plaisir. Mais prendre du plaisir est honteux, cela la ramène au plaisir de sa mère qu'elle rejette. Comment accepter le plaisir pour soi si on ne l'accepte pas pour les autres ?

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  12. Fallait pas mettre que la réponse serait lundi alors :p
    Puis faut faire marcher le quota de chieur dans les commentateur :p

    Avec la réponse d'un coté ca semble logique, mais c'est souvent comme ca ^-^
    En voyant sa mére en permanence coucher avec des hommes ca lui donne envie aussi tout en la repoussant en meme temps...

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  13. En même temps difficile d'avoir un rapport lambda avec le sexe alors que la mère s'envoie en l'air dans le salon ou après s'être fait "démonter" par l'ex-mari.
    Comment pouvez-vous être certaine qu'il s'agisse bien de désirs inavouables et jugés inacceptables pour cette patiente, et non pas "simplement" d'un réel dégout qui l'obsède du fait de son passé ?

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  14. Jigsaw : à quoi servirait la thérapie si ce n'était justement pour arriver à verbaliser les subtilités ?
    On ne peut pas nier que tout est lié, mais, comme toujours en psycho, on traite l'arbre mais derrière il y a la forêt.

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  15. Je ne voyais pas forcément la sexualité comme violence , enfin des fois si , cela va de soit ... en tout cas c'était apparemment le cas pour votre patiente ... je me pose cependant une question : Comment réussir à régler son oedipe à l'âge adulte , surtout que dans le cas de cette femme , le père est absent ... est ce que renouer de bonnes relations avec sa mère l'aiderai ou faire table rase du passé?C'est compliqué la psycho quand même lol

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