mardi 26 juillet 2011

Le psy et les décisions importantes

Quel chemin prendre ?

 
Certains patients ne viennent qu'une fois ou deux.
D'autres qui ont vu leur thérapie prendre fin il y a plusieurs mois voire plusieurs années, reviennent voir leur psy pour 1 ou 2 consultations.

Il s'agit pour ces patients de prendre une décision importante.
Démission, divorce ou mise en couple, déménagement, départ à l'étranger, avortement...
Ces patients le disent, ils ont besoin d'une réponse.

Or si il y a bien quelqu'un qui ne donnera pas son avis et pas de réponse c'est bien le psy !

Mais il s'agira dans ce type de consultation de faire la part des choses entre ce que veulent vraiment ces personnes et toute la rationalité qu'ils y mettent.

Car, si je prends l'exemple d'une patiente qui se demande si elle doit avorter, elle ne se demande pas si elle veut garder l'enfant, elle se demande si c'est bien raisonnable (vu son âge, vu ses finances, vu le peu de durée de son couple, vu son travail, vu l'avis de ses parents...).

Et son avis à elle ?

C'est là que ça coince en général.
Les personnes, quelqu'elles soient, ont toujours de bonnes raisons de faire ou ne pas faire quelque chose.
D'ailleurs on leur a appris des "normes". Parfois implicites (par exemple, on ne fait pas un enfant "toute seule", ça n'a jamais été édicté ainsi mais lorsque la patiente était petite ses parents parlait de ses "filles-mères" tristes et amorales)

Et puis on a toujours tendance à se demander si c'est "bien" ou "mal", sans même être vraiment sur de ce qu'on met derrière ces deux termes.

Sans compter, la fâcheuse -mais réaliste- tendance à se demander si c'est bien le bon moment....

Comme si dans la vie il y avait des moments pour faire ceci et d'autres pour faire cela ! Bien sur, vu de l'extérieur on peut se dire qu'en effet si on est en fin de droits de chomage, si on vit dans un studio et si le couple est vacillant, ce n'est peut être pas le bon moment pour faire un enfant !
M'enfin, la nature elle s'en fout de tout ça. Ce qu'elle voit, c'est deux être humains qui ont copulé sans prendre de précaution et que c'est exactement ce qu'il faut pour perpétrer l'espèce. 

Alors prendre une décision importante est-ce un combat instinct vs civilisation ?

Sans doute.
 
Et c'est le rôle du psy, au cours de cette parfois unique consultation, de rappeler aux patients "trop civilisés" qu'ils ont aussi un instinct... et que s'il le suivait un peu plus souvent, la décision serait plus facile et plus adaptée à leur envie profonde.




5 commentaires:

  1. C'est super intéressant, je n'y avais pas songé. Faire le bon dosage entre instinct et société, pas facile...

    Mais j'ai une question complètement hors-sujet : j'ai vu hier à la télé que vivre en couple prolongeait la vie, et je ne comprends pas vraiment pourquoi. Est-ce que tu sais ? Surtout que couple n'implique pas forcément amour mais juste vie commune.

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  2. Je suis cette patiente d'1 seule fois: j'avais besoin que quelqu'un d'extérieur et d'"officiel" me dise qu'il était normal que je privilégie mon bien-être et celui de ma nouvelle famille fraichement constituée au détriment peut-être de celle que je formais avec mes parents et frères et soeur.
    ça tombe sous le sens mais je n'avais pas eu vraiment besoin de m'affirmer auparavent alors la situation me semblait délicate. C'est peut-être plus évident de briser ce lien dans la fougue et les excés de l'adolescence.

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  3. Cleanette : Je ne sais pas exactement si c'est ce que tu sous entendais, mais ce n'est pas au psy de dire si c'est normal !Cela s'appelle déléguer sa prise de décision et ne pas la prendre seule ! Ce qui est très immature du côté du patient... lol et non déontologique de la part du psy !

    Emma : les personnes en couple vivent normalement plus longtemps car la couple -normalement- permet de s'appuyer sur quelqu'un et de trouver un certain bien être psychique (on se met en couple parce qu'on s'aime) et puis les gens mangent plus équilibré. Et le fait d'avoir des enfants permet de conserver une certaine activité psychique (à moins que ce ne soit une activité certaine) qui recule l'âge d'apparition d'Alzheimer entre autre. Bref, toute stimulation psychique et tout stress positif fait vivre plus longtemps or c'est surtout dans le couple que cela se trouve (et pas dans la soirée entre potes devant un poker qui stress négativement ou en vidant la Poliakov...).

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  4. Comment fait-on pour entendre et suivre à nouveau son instinct, quand on est habitué et conditionné depuis l'enfance à être raisonnable, civilisé et à se comporter comme il se doit ?

    On va chez un psy ?!

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  5. Lea : ce n'est qu'un apprentissage, il faut apprendre autre chose ! Se comporter "comme il se doit" c'est souvent se comporter comme ses parents puisque ce sont leurs "normes" qui ont en général été apprises. Mais sont elles encore adaptées au monde d'aujourd'hui ? Sont elles adaptés à la personnalité de l'enfant devenu grand ? Sont elles adaptées tout simplement au milieu dans lequel ce devenu adulte évolue et qui peut être très différent de celui de ses parents ? Chacun décide pour soi tout en tenant compte de contraintes sociales (la Loi principalement). C'est ça la règle.

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