lundi 18 juillet 2011

Régler son Oedipe à l'âge adulte

Bien que certains remettent totalement en cause la notion d'Oedipe (combien de patients -au masculin- m'ont affirmé qu'ils n'ont jamais eu envie de coucher avec leur mère !), sans bien comprendre parfois de quoi il s'agit, je ne peux nier qu'une fois l'Oedipe régler les patients vont mieux.
Est-ce à dire que l'Oedipe ne prouve son existence que par son anéantissement ? Bonne question que nous règlerons un autre jour. ;-)



L'Oedipe se règle pour les garçon assez facilement et une bonne fois pour toute dans leur prime jeunesse. Pour les filles c'est plus compliqué (les filles sont toujours compliquées lol). Si la question devra être réglée avant 8 ans, s'ensuivant un temps "calme" (dit "période de latence"), la question reviendra sur le plateau vers 12/14 ans et il faudra régler l'Oedipe une fois pour toute.

Je ne vous ferais pas un cours sur l'Oedipe, je l'ai déjà fait quelque part ailleurs... (mais où ???)

Par diverses circonstances de la vie, le complexe d'Oedipe ne se résoud pas toujours à l'adolescence. Le parent est absent physiquement ou psychologiquement ou au contraire il est trop présent et reste "le" modèle.

C'est comme cela que les patients se retrouvent à l'âge adulte à chercher papa ou maman parmi leurs partenaires. Lorsque le ou la partenaire à 15 ans de plus, ne cherchez pas plus loin à comprendre cette attirance. Maman ou papa n'est pas loin.

Un exemple :
Un patient vient me voir un jour parce qu'il n'arrive pas à mettre fin à se relation avec sa "copine" de l'époque. Il est évident qu'il n'arrive pas à la lâcher comme il n'a toujours pas coupé le cordon avec sa mère. Au fur et à mesure de la consultation, j'apprends que sa future ex a 15 ans de plus que lui, qu'elle a le même job que sa mère et qu'en plus, cerise sur le gâteau, elle lui ressemble énormément physiquement. Et comme par hasard, la sexualité entre eux c'était vraiment pas top. Rien d'étonnant, avoir l'impression de coucher avec sa mère ne doit pas faciliter les choses...

Une patiente, la trentaine, s'éprend d'un type de 50 ans. Ils s'entendent hyper bien. Il est fier de l'avoir à son bras, elle est admirative devant sa culture.  Leur sexualité est plaisante mais rare. Tout se complique le jour où le désir d'enfant arrive. Surprise, il n'en veut pas. Elle finira pas découvrir qu'en fait leur relation était très père/fille et qu'elle recherchait la protection du "père". Il lui avouera que de toute façon il l'avait toujours considéré comme sa fille.... 

Alors peut on résoudre son Oedipe à l'âge adulte ?
Mais oui bien sur.
Nul besoin de la présence du parent aimé (et désiré) pour régler l'Oedipe.
L'Oedipe c'est psychique rien d'autre. Alors que le parent soit présent, informé, vivant, mort n'y change rien.
Bien sur, normalement, c'est le parent qui permet la résolution de l'Oedipe de l'enfant, mais quand le parent n'est pas là c'est à l'enfant (au sens de descendance) de se prendre en main et de régler ça tout seul.
Le fait même parfois que le parent soit vivant et encore bien (trop ?) présent complique parfois les choses. Car ce parent a pris la vilaine habitude de fonctionner avec un enfant qui le met sur un piedestal et il ne va pas comprendre d'en descendre brusquement. Autant il aurait compris que son gosse le rejette pendant sa crise d'adolescence, autant là, ça fait 30 ans voire 50 que ça fonctionne comme ça... 

Alors bien sur, il existe des patients résistants.
Ceux là savent toujours tout. Lorsque je leur parle de leur relation au parent opposé, ils me disent "mais je sais tout ça".
Mais oui, cause toujours. Si le patient savait tout cela ne pèserait plus.
En fait oui le patient sait. Il est évident qu'on n'épouse pas son père ou sa mère. Encore faut il que l'inconscient, ce petit malin qui garde les désirs secrets, ait entendu et compris lui.
Or, en général, ce n'est pas le cas.
Parce que le patient, n'a jamais cherché à se convaincre que ce n'était pas possible. OK on lui a dit, OK il a entendu, mais ce n'est pas "rentré", ce n'est pas devenu une règle explicite.
Alors en dehors du fait qu'il va falloir que ça rentre et qu'il va falloir répéter (et énerver le patient qui "sait"), il va falloir travailler sur la relation au parent de sexe opposé.

Attention, rejetter, descendre du piedestal, ne veut pas dire ne plus aimer, ne plus voir, couper les ponts.
Cela veut dire rendre sa place à chacun. S'apercevoir que les parents font des erreurs, leur en vouloir s'il le faut mais surtout comprendre qu'il va falloir accepter que ce parent fonctionne comme cela et intégrer l'idée qu'on ne se fera pas avoir une autre fois. Bref, regarder le parent de sexe opposé avec objectivité et se dire qu'on peut aller chercher ailleurs quelqu'un d'autre et que ce n'est pas trahir son parent. Bien au contraire, contre toute attente, cela lui fait plutôt plaisir.

Et pour illustrer cela je vous donne un autre exemple :
Patient, ne recherchant que des compagnes semblables à sa mère. La mère ne dit jamais rien, la soeur devient intrusive et joue le rôle de la mère en critiquant. La psychothérapie va l'aider à se rendre compte de tout cela et il se choisira enfin une compagne très différente. Coup de foudre. Il n'ose pas en parler à sa mère, il a peur de la trahir, peur qu'elle ne l'aime plus. Il se décide, n'en parle pas à sa soeur, va voir directement la mère. Il lui explique ses choix antérieurs, lui explique son choix actuel. Pour la première fois sa mère le prend dans ses bras et lui parle enfin : "vit ta vie mon fils et soit heureux avec elle". Chacun reprend sa place, le cordon est rompu, il peut prendre ses distances... avec la bénédiction du parent.

L'Oedipe est résolu.


48 commentaires:

  1. Moi, ce qui me gène dans la théorisation de ce phénomène est que l'on parle de parent aimé et désiré, comme si le fils voulait se taper sa mère et la fille son père. On peut ne pas avoir couper le cordon ou ne pas avoir réglé son Oedipe (on aurait pu d’ailleurs lui donner un autre nom depuis) sans toutefois vouloir se faire son parent de sexe opposé !

    Je trouve que présenter les choses de cette façon est très restrictif et considère cela comme un manque de tact évident, ce qui pourrait d’ailleurs être la cause de pas mal de résistances chez beaucoup de patients en psychothérapie.

    A quoi vous pouvez toujours répondre : que les psy ne sont pas là pour faire preuve de tact (effectivement ça se saurait depuis. Lol) et qu’il ne faut pas avoir peur d’appeler un chat un chat…
    Mais bon quand même… Perso, l’idée de me faire mon père serait totalement inconcevable. Beurk ! Je ne peux même pas l’imager d’ailleurs, en tout cas pas de façon consciente… et je n’ai accès qu’à cette partie-là.

    Lea

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  2. Ah la corde sensible est touchée. Car si tu relis bien ce que j'ai écris, je dénonce justement ces patients qui s'obstinent à ne voir dans l'Oedipe que la volonté de coucher avec le parent de sexe opposé (arguments utilisés par nombre de pères incestueux). Ce n'est pas le cas. Il existe une séduction réaliste de l'enfant envers ce parent. L'enfant veut lui plaire et en attend un sourire, un mot, un geste, bref quelque chose qui montrera qu'il est aimé en retour. Il ne recherche pas de l'amour sexuel, mais bien de l'amour tout court. Et c'est cet amour qui l'aide à se construire, à croire en lui, à s'aimer. Mais un jour, très tôt en fait, le parent doit apprendre à l'enfant que l'amour du parent n'est pas l'amour du partenaire. Qu'il ne faut pas rester tourné vers l'intérieur de la famille mais bien allez chercher ailleurs autre chose. Même l'Oedipe réglé, il reste toujours une part d'amour du parent, il ne faut pas rêver nous cherchons tous dans l'autre une continuité de l'amour familial. Comme je l'ai déjà écrits maintes fois, "parents" au sens psy du terme peut être le parent, un autre proche, un ami de la famille... bref, quelqu'un auquel se raccroche l'enfant. Mais tant que les règles n'ont pas été clairement verbalisées l'enfant, même adulte, continue à croire inconsciemment que son accomplissement est au sein de la famille et même lorsqu'il se trouve un(e) partenaire ce n'est qu'un ersatz du parent recherché.

    Les psys ne font pas preuve de tact, ils font preuve de réalisme. Maintenant, les patients sont résistants parce qu'ils le sont avant d'arriver en thérapie. Accuser le psy, c'est faire du transfert et.... c'est bien !

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  3. Formuler de cette façon, ça me va. Il y a demande d'amour et d'attention de la part de l'enfant mais il n'est en aucun cas question d'attirance sexuelle et si la réaction des parents à cette demande est inappropriée, l'enfant devenu adulte pourra inconsciemment rechercher dans son partenaire son papa ou sa maman (ou autre), mais ça ne veut en aucun cas dire qu'il ou elle souhaite un rapport sexuel avec la personne en question.

    Mais c'est rarement formulé de cette façon, c'est trop souvent simplifié à l'extrême et donne l'impression que la personne voudrait inconsciemment se faire son père ou sa mère et là, je ne suis pas d'accord... d'où ma réaction. Voilà.

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  4. Au fait, votre article sur le complexe d'oedipe est du 14 decembre 2009.

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  5. Je suis vraiment d'accord, mais j'ai mis longtemps à comprendre le complexe d'Oedipe (j'espère avoir bien compris maintenant !), je vais illustrer avec mon exemple personnel (en espérant que j'me trompe pas !)

    J'suis toujours sortie avec des garçons plus vieux, d'abord 5 ans de plus, puis 10, puis 15, puis 20 ans de plus. J'me disais bien que c'était bizarre et que l'Oedipe n'était pas bien loin, mais bon, soit, j'aime les vieux pourquoi pas, on aime tous un peu son papa, y'a pas de mal à ça (pensais-je).

    Je me suis toujours raccrochée très fort à l'amour de mon père parce que ma mère est très nocive, alors c'était vital pour moi d'être aimée de mon gentil et merveilleux papa, le meilleur des papas au monde, d'être toujours gentille avec papa, de lui faire plaisir, etc.

    Et puis l'année dernière ça s'est dégradé, il y a eu le jour où il a oublié mon anniversaire (gros coup de blues !), puis le jour où il a insulté mon demi-frère de 10 ans alors qu'il le voyait pour la première fois (grosse révolte, et surtout, "mais pourquoi mon merveilleux papa est-il aussi méchant ?"), et puis le coup final, dispute où j'apprends que papa ne souhaitait pas ma naissance, c'était la faute de maman, etc. J'ai fait plein de rêves où je frappais papa, j'étais folle de colère et de tristesse. J'ai commencé à voir clairement toutes les erreurs qu'il avait faites, toutes les fois où il ne m'a pas protégé de maman, les fois où il était injuste avec moi, j'ai réalisé qu'il ne m'autorisais pas à avoir d'amoureux, j'ai compris qu'il ne faisait presque rien pour moi, qu'il ne m'écoutait pas ... il m'aime mais il est pataud et fait tout de travers. Je l'idéalisais tellement.

    Maintenant je crois que ça va mieux, papa est tombé de son pied d'estale, papa est un homme comme les autres et ça n'est pas moi qui doit m'occuper de lui, mais lui qui aurait du s'occuper de moi. J'ai remis tout le monde à sa place et c'est vrai que je vais beaucoup mieux, et j'arrête de sortir avec des garçons qui lui ressemblent (des garçons qui m'aiment mais qui sont maladroits, des garçons gentils mais pas très futés, etc.)

    Merci beaucoup pour les explications sur le complexe d'Oedipe !

    PS : Ca serait vraiment génial si ce blog était plus ordonné au niveau des archives, s'il était possible d'archiver par ordre alphabétique, ou par thème, parce qu'il y a plein d'articles passionnants mais c'est dur de les retrouver (je suis accro à ce blog)

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  6. Je trouve l'Oedipe très intéressant mais de ce que j'ai pu lire dans le commentaire de Léa, un terme m'a particulièrement interpellé : restrictif.

    Au-delà des différentes divergences théoriques, au-delà des débats - plus ou moins animés - concernant le complexe d'Oedipe, force est de constater qu'il est (vraiment) très souvent utilisé en vue d'expliquer les différents problèmes psychologiques auxquels un individu peut être confronté.

    Et que ce fait soit justifié ou non, je trouve cela quand même bien restrictif.

    Le bien fondé de l'Oedipe n'est plus à prouver selon moi, mais le fait de le remettre en question est nécessaire, je pense.

    Un étudiant en psycho qui passait par là :)

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  7. Emma : je n'ai pas de moyens de classer les articles sous Blogger.

    Je te remercie de ton témoignage qui vient à point nommé car je voulais justement faire une parenthèse sur un sujet que tu abordes : les pères qui ne veulent pas que leur fille règlent leur Oedipe (et ça existe aussi chez les mères, mais j'en n'ai encore peu connaissance). Certains pères ne souhaitent pas que leur fille se tourne vers l'extérieur de la famille, ils doivent rester le compagnon rêvé, idéal, le seul capable de comprendre et rendre heureuse cette fille-femme. J'ai ainsi eu connaissance via certaines patientes de pères qui leur faisaient quasi ouvertement des avances sexuelles (alors que jamais ces pères n'avaient eu de gestes déplacés). Il existait alors une séduction du père qui entretenait la séduction de la petite fille puis de l'ado dans une relation de plus en plus sexualisée. Inconsciemment la fille joue le jeu car elle a bien compris que pour avoir les "faveurs" de son père, il lui faut répondre aux attentes de séduction. Et même lorsqu'elles deviennent des jeunes femmes qui se trouvent un compagnon, la relation est non satisfaisante car seule le père pourrait être un compagnon convenable.

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  8. L'étudiant en psycho : il faut toujours remettre en question les théories. Mais il faut parfois se demander pourquoi certains le font. C'est le doute qui permet d'avancer et de constater qu'on plus on en sait moins on en sait.

    je ne pense pas que l'Oedipe explique tout, mais on y revient souvent il est vrai. Si je reprends l'exemple que j'ai écris dans mon com ci dessus, une patiente viendrait me voir parce qu'elle a subit des paroles incestueuses par son père. OK, c'est de l'abus, de l'inceste psychologique avec tous les traumas qui vont avec. Si le père a pu prendre ce chemin de traverse c'est parce que à un moment donné de l'histoire du développement psychique, l'enfant attend cela. Ce qui fait que souvent l'enfant accepte l'inceste parce qu'il croit que son parent a raison, qu'il sait ce qui est bien pour lui et que c'est comme cela que cela fonctionne. Mais aussi parce qu'il pense qu'en faisant plaisir au parent il se l'aliène pour la vie (ce qui est vrai) tout en éjectant l'autre parent (et ça fonctionne aussi). L'Oedipe est alors central : le père qui l'utilise et ne veut pas l'enfant le règle + l'enfant qui ne veut/peut pas le régler. Si on regarde bien les règles de l'interdit de l'inceste ne sont que des règles qui permettent de régler l'Oedipe. De ce fait, il est vrai que l'Oedipe va se retrouver à un moment donné au centre de la psychothérapie.

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  9. Emma : comme on n'arrête pas le progrès j'ai ajouté une barre de recherche d'articles dans le contenu du blog.

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  10. Dans votre com à l'étudiant en psycho vous dites : Si le père a pu prendre ce chemin de traverse c'est parce que à un moment donné de l'histoire du développement psychique, l'enfant attend cela.

    Qu'est-ce que vous entendez pas là ?

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  11. Lea : parce que l'enfant attend des mots et des gestes du parent opposé. Pour l'enfant jeunes les gestes n'ont pas de connotation sexuelle. Alors que ce soit une caresse sur la joue ou une pénétration, pour l'enfant c'est toujours un geste d'amour du parent. L'enfant trouve cela étrange, mais comme il fait confiance à ses parents, il met ses doutes de côté.

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  12. Merci pour la barre de recherche ! Si on tape "oedipe" on a les anciens articles sur le sujet, c'est déjà bien =))

    Mais pourquoi les pères voudraient empêcher leur fille de régler leur oedipe ? Parce qu'ils ont besoin de cet amour, amour qu'il n'arrive pas à trouver dans une relation de couple ?

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  13. Je comprends mais c'est formulé maladroitement, je trouve. A la première lecture, j'ai lu que c'était un peu de la faute de l'enfant si le parent se permettait de prendre ce chemin de traverse (pour reprendre vos propres mots), comme si l'enfant en attendant cela incitait le parent à agir de la sorte... et là je m'insurge !
    L'enfant n'attend pas des paroles ou des comportements incestueux, il veut de l'amour et de l'attention, rien de plus.
    Après, qu'il ne soit pas apte à juger du caractère délétère de l'acte incestueux car il a normalement entière confiance en ses parents est exact mais ça ne peut dans tous les cas donner une quelconque justification à de tels actes.

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  14. Emma : parce que le père veut la fille pour lui ! Elle remplace la mère qui souvent à céder la place.

    Lea : C'est la faute de l'enfant si l'on veut après tout, tout est une question de lecture. Si l'enfant ne passait pas par l'Oedipe il serait plus difficile au parent d'en profiter. Ce n'est pas parce qu'on propose qu'on doit disposer. Combien d'enfants semblent aguicheurs, séducteurs ? Ils grimpent sur les genoux, ouvrent la porte de la salle de bains lorsque les parents y sont, montrent leur culotte... Certains parents sont incapables d'y résister et y voit un appel sexuel. C'est le rôle du et des parents de dire qu'on ne se comporte pas comme cela, qu'on doit se tenir correctement, qu'il existe des choses interdites. On protège l'enfant mais ne rêvons pas, cela met aussi les parents à l'abri de tout dérapage...

    Ne pas oublier que l'envie de l'enfant est de séparer ses parents et il fera tout pour cela (et lorsque cela fonctionne, il est bien malheureux car son désir oedipien n'a rien à voir avec sa pulsion de vie qui dit l'inverse). Il veut garder le parent de sexe opposé pour lui seul. L'autre parent cède la place parfois (soit parce qu'il est absent, malade ou parce qu'il y est poussé par l'autre parent dominant ou parce que cela l'arrange bien après tout). Bien sur que ce n'est pas un désir de relation sexuelle, d'ailleurs on le retrouve plus tard chez l'adulte qui recherche son parent dans ses partenaires, la sexualité n'est pas géniale voire absente.

    Qui a parlé de justification à part toi ? Pourquoi te sens tu si concernée ?

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  15. "Certains parents sont incapables d'y résister et y voit un appel sexuel."

    Il y avait tout une génération (les 68ards) qui voulaient se libérer de la pudeur que leur imposaient leurs parents et qui croyaient qu'il était important de ne pas "être pudique". Au fait, pour ces gens-là, être pudique était une insulte. On disait aux enfants que "personne ne te volera rien" quand ils ne voulaient pas se montrer nus à la piscine, on insultait ceux qui se couvraient dans le sauna, on prenait des bains avec les enfants de sexe opposé jusqu'à l'adolescence et au-dela, on allait à la plage nudiste, on faisait beaucoup de bruit pendant l'acte sexuel, même si les enfants, réveillés, venaient voir ce qui se passait...

    En un mot: ils étaient complètement à côté de la plaque...

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  16. Dans nos Sociétés oui. Il a existé et il existe des Sociétés dans lesquelles les "normes" ne sont pas les mêmes. L'inceste est normalement réprouvé partout. Mais dans les faits, certains Sociétés se sont construites (mais n'ont pu perdurer) via l'inceste. Maintenant la nudité est aussi quelque chose de social. Si l'interdit de l'inceste/pédophilie sont bien intégrés par les adultes, l'enfant pourrait très bien être nu et ça n'éveillerait rien chez ces adultes. Les bushmen qui vivent avec un simple pagne sont ils plus sujets aux relations incestueuses/pédophiliques que chez nous où on couvre les enfants ? Pas sur... C'est en cela que les théories en psychologie et plus encore en psychanalyse ne fonctionnent bien qu'en Europe...

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  17. Je suppose que dans les sociétés "nues", les gens se regardent autrement: la nudité en tant que telle ne représente problablment pas de stimulus sexuel, mais je suppose qu'il y a également des règles sur la sexualité, le pudeur, ce qui est approprié et ce qui ne l'est pas, même si elles sont peut-être très differentes des nôtres.

    Le problème des 68ards est que d'une part, ils avaient tendance à se leurrer ("la pudeur n'est pas nécessaire", alors qu'en réalité c'est un élément important pour construire son intimité) et d'autre part, certains d'entre eux se sont carrément cachés derrière le "naturalisme" pour poursuivre d'autre objectifs beaucoup moins avouables. Parfois sciemment, parfois ils n'en avaient pas conscience eux-mêmes,...


    souvent les adultes se sont cachés derrière le "naturalisme"

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  18. mais pourquoi toujours envers le parent de sexe opposé? et l'oedipe chez les homos..? (c'est une vrai question)

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  19. Eh bien parce que :
    1. l'homosexualité est une perversion, c'est donc un trouble des comportements (même si sous la pression des lobbies LGBT on a retiré l'homosexualité du DSM 4), mais psychiatriquement ça ne change rien
    2. L'Oedipe n'est justement pas résolu du tout chez les homosexuels.
    3. il existe un déni
    Dans tous les cas les parents n'ont pas joué leur rôle de distanciation entre eux et leurs enfants.
    Ca peut paraître très conservateur ou réactionnaire, mais la psychanalyse et la psychiatrie ont une explication pour tout !

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  20. Cher anonyme, c'est étrange ce besoin d'écrire partout "c'est une vraie question". Pourquoi il en existe donc des fausses ??

    Maintenant soit vous prenez un pseudo ou un compte, soit je ne répond plus au question. Il est admis sur ce site que les gens "existent" sous une forme ou une autre. Reposez vos questions lorsque vous aurez une existence virtuelle.

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  21. (c'est l'anonyme qui pose des "vraies questions")
    (votre dernier message est-il une réponse à mon 2e commentaire? je me le demande car vous ne l'avez pas publié -mon commentaire).

    je précise "vraie question" pour préciser que ce n'est pas une blague. Demander si les homos ont leur oedipe sur le parent de même sexe pouvait paraitre comme une remarque à la légère, une blague. pourquoi est-ce étrenge? (et si je me met en anonyme c'est bien que le blog me le permet... enfin, maintenant je serai ann) (diminutif d'anonyme^^) (ça c'était une blague)

    euh, sinon dans mon 2e commentaire je demandais si le point de vu que vous m'avez ennoncé était largement partagé dans la "communauté scientifique" des psys, ou si il existait des avis très différents qui avaient leur poid. (thèses de l'origine génétique par exemple)

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  22. Eh bien Ann, on pourra s'étonner que vous pensiez que poser une question est une blague...
    En effet, l'Oedipe ne se fait pas sur le parent du même sexe. Et le fait d'être homo, de par la psychanalyse, n'existe justement que parce que l'Oedipe n'est pas réglé correctement, sinon il n'y aurait pas d'homo.
    Il existe evidemment des avis différents, c'est tout l'intérêt de la science. La génétique a en effet son importance mais uniquement chez les gays, car tous les embryons sont "féminins" et c'est l'imprégnation hormonale qui permettra une orientation vers la masculinité, si cela explique très bien la transexualité (qui existe chez tous les mammifères) ça n'explique en rien l'homosexualité qui n'est pas un trouble de l'identité sexuelle (l'homme sait qu'il est homme et s'accepte comme tel, idem du côté de la femme) mais de l'orientation sexuelle (préférence pour un partenaire du même sexe). D'ailleurs lui donner une base génétique revient à dire que l'homosexualité est une maladie mentale (et il existe depuis quelques années un courant psychiatrique qui va dans ce sens).

    Alors peut on se soigner de l'homosexualité ? La réponse est oui. Par expérience personnelle, je n'ai jamais eu que des patientes lesbiennes, une fois diverses problématiques réglées, elles "deviennent" bisexuelles. En effet, elles n'ont pas de raison de rejetter les femmes mais apprécient la sexualité avec les hommes (non un gode ne remplace pas un homme). Certaines resteront homo parce qu'elles vivent avec une compagne avec laquelle elles sont bien. Il y a deux questions en fait : si on est homo, que gagne t on à "devenir hétéro" ? Et puis surtout pourquoi est on homo, est-ce vraiment un choix personnel, volontaire et basé sur un désir profond ? Lorsqu'on a été abusée par son père ou son grand père ou un ami ou lorsque toutes les femmes de la famille passent leur temps à dire que les mecs ne sont des nuls obsédés et agressifs, la réponse n'est pas oui.

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  23. L'oedipe se définit par détacher de sa mère ses désirs libidineux pour les reporter sur un objet réel étranger, vous en avez parlé, mais qu'en est-il de la réconciliation avec le père ? Dans le cas aussi ou le père serait psychiquement peu présent :/

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  25. Anonyme (prenez un pseudo) : la réconciliation avec le père ? Vous êtes donc fâché(e) avec lui ? Vous parlez donc d'un homme puisque vous parlez de l'Oedipe sur la mère. Il n'y a donc pas d'Oedipe sur le père dans ce cas. Mais cela ne veut pas dire nier les rôles symboliques de chacun. La mère apporte -pour faire très simple (et je crois l'avoir déjà écrit qq part)- la sécurité intérieure (l'attachement), le père la sécurité vis à vis de l'extérieur (la Loi sociale). En tant que garant de cette Loi sociale, le pèr se doit de séparer le fils de sa mère (cette femme, c'est ma femme pas la tienne,si tu en veux une tu dois aller chercher à l'extérieur du cercle familial), ce qu'entérine la mère (tu n'es pas mon époux, tu es mon fils). Je schématise bien sur. Le père n'est pas toujours présent physiquement, il peut l'être par la pensée si la mère lui laisse cette possibilité (ce qui est assez rare). Le "père" peut être aussi une autre personne, une figure paternelle (un proche, un ami de la famille, le père d'un copain...). l'enfant cherche naturellement les "cadres", s'il n'en trouve pas c'est soit parce que l'environnement dans lequel il évolue est très fermé, soit parce qu'on ne veut pas qu'il en trouve. Mais si le père n'est pas là, plutôt que de l'accabler, sans doute faut il tenter de comprendre pourquoi il n'était pas là (qu'a t il vécu lui même ? Que vivait il dans ce couple ? Quel rôle a t on fait jouer à l'enfant ?). Il est évident qu'il faut se réconcilier avec chaque parent, cela ne veut pas dire leur tomber dans les bras, ni être d'accord avec ce qu'ils ont fait ou ont dit ou ont été, mais simplement accepter que cela s'est passé ainsi et que toute la rancune du monde n'y changera rien. A part faire stagner au lieu d'avancer.

    Vador : je suppose que ce que vous entendez par Oedipe à l'envers c'est lorsque le fils s'accroche au père et la fille à sa mère ? Alors d'abord, il faut savoir que chez certains enfants, même autour de 10 - 12 ans, cela peut être tout à fait normal. En fait l'Oedipe s'est fait dans le "bon sens", mais c'est l'attachement, la mise en sécurité qui n'est pas pérenne. Du coup l'enfant recherche sans cesse ce qu'il n'a pas eu, ce qui extérieurement semble "inversé" comme vous dites, mais ce n'en n'est pas le cas.
    Ensuite, ces Oedipe "déviants" existent, on les retrouve souvent chez les homosexuel(le)s. En fait l'Oedipe n'a pas trouvé sa sortie. Il manque quelque chose (Pour un garçon, la mère a pu être dans une emprise forte sur son enfant,seule elle peut l'avoir considéré comme un compagnon de substitution, le père peut avoir été dénigré (qu'il soit présent ou pas)... En fait ici la non résolution de l'Oedipe est lié à une pathologie dans le fonctionnement dans le couple mère/enfant (troubles des comportements de la mère, relation incestueuse psychologiquement, castration psychologique...). Ce n'est donc pas que l'Oedipe est inversé qu'il ne peut trouver sa résolution.
    Bien sur tout cela est simplifié pour être claire.

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  27. Vador : les patients dans cette situation sont souvent "féminins" dans leurs comportements (et pas spécialement dans leur orientation sexuelle) parce qu'ils ont été très couvés, donc ils prennent difficilement des initiatives, ils sont souvent hypocondriaques, ils attendent que les femmes prennent les décisions. En fait, s'ils sont hétéro, ils sont souvent des doutes, doutes basés sur le fait qu'ils ont été "castrés" psychologiquement par leur mère (et parfois la soeur avec).

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  29. Bjr,

    Je ne comprends pas bien comment on peut résoudre son complexe d'oedipe dans un cabinet de psy. Parce qu'on fait jouer des rôles à notre psy comme dans un pièce de théâtre ? N'est-ce pas un jeu de dupes ? Est-ce qu'on n'a pas besoin de le faire aussi dans la vraie vie ? Bon la question est orientée. j'ai l'impression de me battre avec ce fameux complexe pas tout à fait résolu depuis un moment dans un face à face avec ma psy, mais de ne pas y arriver. Et par ailleurs d'avoir totalement projeté le truc sur un homme plus âgé que moi de 20 ans au bas mot.

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  30. Claire : régler son Oedipe chez le psy est complexe c'est vrai. L'idéal étant de le régler "en vrai" lorsqu'on a encore la chance d'avoir ses parents. Mais tout dépend aussi de l'échange qu'on a avec son psy. S'il n'explique rien, c'est sur que ça ne va pas se régler. Il faut discuter du transfert et du contre transfert. Il faut accepter l'idée aussi qu'on aime son père (dans le cas d'une fille) même s'il a été maltraitant et dépasser la quête amoureuse. Mais une fois régler, il faudra encore régler les comportements appris. Chaque chose en son temps (mais on peut être très heureuse avec un type de 30 ans de plus même une fois l'Oedipe réglé. Reste la question de la vieillesse à gérer mais là aussi c'est une autre histoire).

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  31. Super rapide la réponse...
    Le truc est plus compliqué. Père décédé quand j'avais 8 mois, beau-père à fuir. Je suis en couple depuis 14 ans avec un homme de 11 ans de plus que moi, ce qui me va très bien. Et paf, il y a deux ans, liaison passionnelle avec ce type de plus de 20 ans mon aîné. Ai rompu, mais j'ai eu l'impression de faire réémerger tout cet irrésolu, qui me semble toujours aussi insolvable ! Beau-père décédé aussi il y a deux ans. Les package que nous offrent la vie !!! Alors, voilà. Pas envie de tout plaquer pour partir avec l'autre (pas sûre qu'il en est envie de toute façon). Plutôt bien avec le régulier qui m'apporte beaucoup de bonheur. Mais toujours un goût d'irrésolu. Je suis retournée voir ma vieille psy (déjà une tranche d'analyse dans mes vertes années). Et je fais quoi avec ces deux papas dont aucun en est un et une maman très bouffée par un beau-père... psychanalyste dans ses vieux jours ?

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  32. Bonjour,

    je me suis interessee a la question a cause de la situation devenue invivable dans laquelle je suis!
    Mon mari est un peu plus age que moi, mais ca n`est pas du a un Oedipe de ma part, simplement a une belle coincidence/coup de foudre. Bref, de sa "vie avant moi" il a eu 2 filles dont l`ainee me rend la vie impossible.
    Elle a 10,5ans et depuis plusieurs mois, elle est a "fond" dans son Oedipe. Bref, entre autres exemples, si mon mari et moi nous nous tenons la main en marchant, elle va me mettre des coups de pied dans des jambes pour tenir la main a son pere....alors que l`autre est libre! elle lui raconte aussi des mensonges sur moi en se faisant passer pour Dieu sur terre et les exemples ne manquent pas.
    Le papa en a ras le bol et se sent "emprisonne" (je cite ses propres mots) mais ne veut rien faire de peur de la blesser dans son instinct.
    Inutile de dire que des que j`essaye d`en parler avec lui, lui demander de faire quelque chose, il se braque et je deviens la mechante belle mere jalouse (de quoi? il est incapable de me le dire, peut etre parce que je ne le suis pas, mais la c`est un autre debat!)
    Bref, la situation degenere a tel point, qu`un jour, je suis partie parce que je n`en pouvais plus. Je sais, c`est nul, c`est lache mais faut aussi se proteger parfois et la, la premiere a se sentir un peu bete, je vous le donne en mille....ma belle fille qui en etait pourtant la responsable!
    Je finis par me demander si c`est moi qui suis folle et qui imagine des choses ou si il se passe bel et bien quelque chose. Et la, intervention de mon voisin et de 2 tantes a mon mari (le tout a 3 moments distincts sans concertation entre eux) "mais, tu trouves ca normal? C`est toujours comme ca? Tu fais comment pour supporter ca?"
    En clair, j`aimerais bien quelques conseils pour pouvoir regler le probleme aussi rapidement et efficacement que possible!

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  33. Le psy ne donne pas de conseils et en plus je me vois mal en donner de précis avec aussi peu d'infos. je lis néanmoins plusieurs choses. Le jeune fille a 10 ans. Elle n'est pas en plein complexe d'Oedipe. C'est fini depuis 2 ou 3 ans et ça ne reprendra que dans 5 ou 6 ans.Elle est en période de latence. Donc si elle se comporte comme cela c'est parce qu'on la laisse. Vous prenez des coups de pieds dans les jambes ? Et son père il fait quoi ? Il lui dit gentiment "tu sais ma chérie ça ne se fait pas"... Non il doit l'engueuler et la punir. Maintenant c'est facile de dire cela car je ne sais pas comment vous êtes exactement avec elle, ni comment son père se comporte. Si ça se peut, vous avez des torts. Si ça se peut, il y a des raisons censées à ses comportements. Tout ce que je lis dans vos écrits, c'est que son père est un grand "mou" et qu'il ne veut pas la contrarier, la pauvre. Son "instinct"... LOL Son père se sent emprisonné, mais il se met lui même en prison. Bref, la gamine est "de trop" c'est ce que cela veut dire. Soit vous restez et elle gène, soit vous partez et elle ne gène plus. A votre avis vous chercheriez à faire quoi vous à sa place ?
    Et comme monsieur n'aime pas les conflits avec sa fille, il vous laisse vous débrouiller avec elle.
    Vous avez déjà essayé de la rassurer cette gamine ?

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  34. Bonjour,

    merci pour la reponse rapide!
    Je discute avec elle et quand son pere n`est pas la, elle peut etre adorable avec moi, de meme que si elle est seule avec son pere, elle ne cherche pas a l`accaparer tout le temps, au contraire meme (la encore, je cite les mots de son papa). Sauf, que quand on est ensemble, ca devient insupportable. Son papa et moi (ensemble et separement) lui avons explique que son papa est son papa et que je sois la ou non n`y change rien, ce qu`elle comprend (consciemment?) mais il n`empeche que la situation degenere.
    Oui, je crois aussi que le papa devrait reagir davantage notamment dans les "situations coups de pied" mais il refuse de faire quoi que ce soit....
    Je comprends que ca puisse etre difficile a gerer pour elle aussi car elle m`aime bien et on s`entend bien les 2, elle est toujours contente de faire des choses avec moi, mais des qu`il y a son pere en vue, elle est "obligee" de se comporter ainsi!
    Je ne peux pas disparaitre quand elle est la, je n`ai pas de pouvoir magique et quant bien meme, je ne suis pas sure que ce soit la meilleure chose a faire... et j`avoue que je ne sais pas quelle est la chose a faire!

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  35. Peut être, lorsque vous êtes toutes les deux, tout simplement lui demander pourquoi elle change de comportement lorsque son père est là...
    D'autant que vous écrivez qu'elle est "obligée", il y aurait donc une sorte d'obligation générée par le père... Au premier abord, ça pose question quant à leurs relations de lui vers elle. Mais je ne peux aller plus loin hors contexte.

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  36. Bonjour,

    Votre article est très intéressant, et est expliqué plus simplement que certains manuels psy...je suis entièrement daccord avec cette théorie, cependant vous ne parlez pas des parents qui n'accepte pas qu'on puisse sortir de ce complexe d'oedipe (d'electre pour les filles). Je m'explique, ça fait 4 ans que je suis une thérapie, venant d'une famille dysfonctionnel (père pervers narcissique, mère soumise et complice), j'ai bcp avancé, mis des distances avec ma famille, mais c'est très lourd a porter. Bcp de reproches me sont fait, j'ai bcp de crises d'angoisses etc...j'ai récemment pris conscience de ma difficulté a sortir de ce complexe d'oedipe, étant la fille préférée (mon père me tiens des discours très ambigus, très passionnel c'est insupportable pour moi). Je ne veux pas couper les ponts, mais je n'arrive toujours pas à être sereine le concernant. Je continue travailler sur ça avec ma psy, mais j'ai l'impression que je n'arriverai jamais a être bien. Je me suis bcp eloignée de lui pour me protégé, ai pris conscience de la relation incestuelle avec mon père, malgré ça j'ai bcp de culpabilité c'est très dur. C'est quelqu'un qui ne reconnaîtra jamais rien et qui ne supporte pas que j'ai pu le "descendre" de son pied d'estale.
    Merci de votre réponse.

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  37. Merci de ce contact. Vous détenez une partie de la réponse. Dès le début de votre commentaire, j'ai eu envie de parler de climat incestueux et c'est ce que vous confirmez. En fait, Il aurait fallut que votre père vous rejette et c'est ce qu'il est en train de faire. La vie est hors de votre famille d'origine. Le problème dans ce type de famille n'est pas tant de régler ses comptes que de reprendre sa place. Il est le père, vous êtes sa fille. Pas sa femme, pas sa compagne, pas son désir sexuel. Juste la fille du roi. Vous avez pris la place de votre mère et elle a pris la vôtre. il faudra que vous lui rendiez sa place et que vous repreniez la vôtre pour sortir de là. Ca n'a rien à voir avec l'Oedipe juste avec l'inceste. Quant aux crises d'angoisses, si c'en sont vraiment, elles ne sont pas liées à cette problématique.

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  38. Merci de ce contact. Vous détenez une partie de la réponse. Dès le début de votre commentaire, j'ai eu envie de parler de climat incestueux et c'est ce que vous confirmez. En fait, Il aurait fallut que votre père vous rejette et c'est ce qu'il est en train de faire. La vie est hors de votre famille d'origine. Le problème dans ce type de famille n'est pas tant de régler ses comptes que de reprendre sa place. Il est le père, vous êtes sa fille. Pas sa femme, pas sa compagne, pas son désir sexuel. Juste la fille du roi. Vous avez pris la place de votre mère et elle a pris la vôtre. il faudra que vous lui rendiez sa place et que vous repreniez la vôtre pour sortir de là. Ca n'a rien à voir avec l'Oedipe juste avec l'inceste. Quant aux crises d'angoisses, si c'en sont vraiment, elles ne sont pas liées à cette problématique.

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  39. Merci bcp de votre réponse...oui c'est une question de climat incestuel c'est clair. Je le sais depuis longtemps et c'est juste insupportable. Oui j'ai toujours eu l'impression d'être la mère de ma mère !! Depuis que je me suis éloignée ils ont pété un plomb et mon père m'accuse d'avoir détruit la famille.
    Je parlais d'oedipe car ayant été fusionnelle avec mon père, j'ai mis très longtemps à m'en détachée, et je ressens de la culpabilité (enfin j'ai ressenti, maintenant ça va mieux) de lui faire de la peine. Ma psy me dit que mon père et ma mère ne m'ont jamais permis de sortir de l'oedipe, je pense que ce climat incestueux en est la cause peut etre, en tout cas, en prenant conscience de ça, je commence a aller mieux. J'ai récemment reparler avec mon père qui ne demord pas, là j'ai compris qu'il ne comprendrait jamais. Après le plus dur c'est de se sortir de tout ça toute seule. En tout cas merci pour votre article ça aide bcp.

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  40. Bonjour,

    A la lecture des derniers commentaires je me pose une question : quelle est la différence entre un oedipe non résolu et le "climat incestuel" (dans lequel il n'y a pas de passage à l'acte) ?

    Merci d'avance pour votre réponse.

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  41. Helia : je ne suis pas sûre de comprendre le lien que vous faites entre les deux.
    Un climat incestueux (ou incestuel) est un climat dans lequel il y a une notion de sexualité qui "flotte" entre les parents et les enfants. Par exemple, un parent qui laissent trainer volontairement des publications pornographiques à la vue des enfants, qui laissent aussi les dvd porno dans le lecteur afin que les enfants tombent dessus "par hasard", le même qui ne ferme jamais la porte de la salle de bain et des toilettes lorsqu'il y est même nu (et ça n'arrive pas qu'au masculin). L'enfant est confronté à la réalité de la sexualité dont il n'a pas besoin, c'est en plus une sexualité violente. On peut se demander pourquoi le parent veut que ses enfants veut qu'ils aient accès à ces images. On a souvent la réponse que l'enfant est traité à un moment donné comme un adulte sexué auquel on donne la place de l'autre dans le couple (qui lui est laissé de côté ou a baissé les bras). Bref, il existe une volonté incestueuse du parent vers l'enfant.
    Dans l'Oedipe on fonctionne à l'envers, c'est l'enfant qui veut se garder le parent de sexe opposé pour lui tout en séparant de l'autre parent. IL n'y a en fait aucune volonté de sexualité mais bien d'amour. Avec l'âge bien sur se met en place une volonté de séduction et d'appropriation de ce parent (avec une volonté non avouée d'avoir un enfant avec lui) (je sais ça vous fait hurler). Mais c'est une volonté psychique, elle n'est pas dans la réalité du passage à l'acte. Ce parent reste donc sur un piedestal. l'enfant reste tourné vers l'intérieur de la famille au lieu d'aller vers l'extérieur.
    Le parent incestueux va organiser cette non résolution de l'Oedipe (l'enfant doit rester dans la famille).

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  42. Merci de votre réponse rapide !

    Que pensez-vous des rapports frère/sœur qui sont parfois ambigus ? J'entends par là une sorte de tyrannie de la part du plus grand, un besoin de toujours s'introduire dans l'intimité de sa sœur et de l'humilier avec ça ? (ces mots sont plein de sens n'est-ce pas ?) Est-ce une sorte de compétition ?

    Une autre question : les filles font leur œdipe avec leur père mais comment expliquer le lien parfois fusionnel qui les unit à leur mère ?

    Vos propos ne me choquent pas jusqu'ici, je crois que si je veux m'en sortir il faudrait que je commence à assumer ce qui se trame en moi.... Mais j'ai beaucoup de mal à exprimer certaines choses à mon psy, je ne sais pas comment m'y prendre, j'ai très peur des conséquences....

    Merci.

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  43. Je ne fais pas de psychothérapie par internet Helia. Les rapport ambigus dans la fratie sont souvent des rapports incestueux mêlé de sadisme/masochisme.

    Pourquoi les filles n'auraient pas un lien fusionnel avec leur mère sous prétexte qu'elle font leur Oedipe sur une figure paternelle ? Il faut bien que l'imago féminine trouve un modèle non ?

    Avec votre psy, il faut arrêter de vous demander comment vous y prendre. Vous parlez, dans le désordre, comme ça vient. Peu importe. Par contre de quelles conséquences avez vous peur ? C'est de cela qu'il faut parler à votre psy avant tou.

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  44. Merci pour votre réponse !
    Vous avez raison, je vais régler ça avec mon psy ! :)

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  45. Bonjour,
    Je suis tombée par hasard sur votre blog car je cherchais des renseignements sur l'oedipe adulte.et je l'ai trouvé très intéressant.
    Pourriez- vous me donner un avis sur ce cas s'il vous plait?
    Alors une enfant avec un lien fusionnel avec son père, elle grandi , son père est plutôt conservateur donc pas de rapport avec les garçons, à l'age de 18 ans sa mère décède,il est présent sans vraiment l'être, il se re marie et tous les privilèges qu'avait sa fille s'envolent pour un autre cocon familiale,la fille choisi toujours des partenaires inconsciemment incapables de s'engager, qui ne sont pas très respectueux de la relation si ce n'est que pour eux c'est une relation de plaisir; avec le temps elle se rend compte que son père qu'elle avait idolâtré n'était qu'un homme et là c'est la grande chute car elle était nourri d'espérances.Maintenant , le moins elle le voit le mieux elle se porte, mais dans ses rêves et dans ses comportements il est toujours présent, comment à votre avis s'en défaire?

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    1. Ce qui est amusant c est que le début de votre histoire commence comme celle de Cendrillon.
      Vous l écrivez cette jeune fille avait des privilèges. Lesquels ? Bien sur ça fait immédiatement penser à une relation incestueuse. Cette jeune femme ne peut choisir des partenaires sérieux puisqu elle seul son père a de la valeur en tant qu homme et qu elle veut rester libre pour lui. Elle avait d ailleurs des espérances, on se demande bien lesquelles n est ce pas ?
      Sans doute cette femme devrait elle déjà mettre des mots réels sur ses pensées plutôt que d utiliser des aphorismes qui lui permettent d échapper à la réalité. Ensuite c est tout un travail psychothérapeutique sur la symbolique. Bon courage

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  46. Merci Vergiberation,
    serait il possible d'avoir vos coordonnées s'il vous plait?

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    1. Dans quel but ? Mon email vergiberation[@]gmail.com (enlever les crochets !)

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