jeudi 18 août 2011

Vous êtes conditionnés - 1

Nous sommes tous conditionnés.
Et ça commence dès la naissance. 
En fait, en réflechissant bien, ça début même avant. Après tout, le fait d'être enceinte conditionne les comportements de la mère (et du père), on sait souvent le sexe de l'enfant avant sa naissance, on connaît sa "bouille", on déménage, on va chez Ikea on prépare la nouvelle chambre.... 
Ca conditionne la façon dont les parents considèrent l'enfant et ça conditionne donc "l'ambiance" dans laquelle l'enfant se fabrique. 
A la naissance, paf ! éblouissement par la lumière, claque sur les fesses, premiers cris, grosse faim, froid... On peut pas dire que ça commence bien. On apprend déjà plusieurs choses: c'est que désormais va falloir agir pour obtenir et que les parents n'avaient peut être pas si bien que ça préparés la venue du "petit"....
Ensuite, selon les situations familiales va falloir apprendre à gueuler fort et à être très présent ou à contraire à se taire et à être transparent pour obtenir à bouffer.
Je crie, je bouffe.
Je crie, j'entends les bruits de préparation du biberon ou la mère qui approche, je salive, je bouffe et je me sens bien.
Après rien que d'entendre le bruit du biberon à heure fixe, même plus besoin de pleurer, j'en salive et je me remplis de joie à l'avance.

Si ça c'est pas un conditionnement pavlovien, je ne sais pas ce que c'est.


Bon je vais être claire, si vous croyez que je vais vous faire un cours orthodoxe sur les conditionnements (oui y'en a plusieurs) vous vous mettez le doigt dans l'oeil. Je pourrais vous citer les grands observateurs des conditionnements (Pavlov, Skinner et j'en passe), mais je n'ai pas vraiment de respect pour les grands sadiques qui s'amusaient à torturer les petites et grosses bêtes pour valider leur théorie (même si tout est question d'époque et que tout compte fait leurs théories ne sont pas si nulles).

Il existe en fait deux grands types de condionnement : le type I et le type II. 
Le conditionnement pavlovien, dit "classique", c'est le type I.

Tout ça pour vous dire, que nous sommes tous conditionnés (je le répète).
Par les parents, les proches, les médias... la vie quoi.

Si vous faites l'effort de vous observer, vous constaterez que ce type de conditionnement vous l'avez pour pas mal de choses. Allez faire du shopping et passer devant le truc qui vous plait. Vous le regardez, vous salivez (si si) et si vous l'achetez vous ressentez un grand contentement (qui se transforme en sensation de vide ou de honte ensuite pour des raisons que je n'expliquerai pas ici.).  Et comme vous l'avez déjà fait plusieurs fois, vous avez appris qu'acheter vous donne du bonheur. Rien que de rentrer dans la magasin vous êtes déjà rassasié. (du coup l'acheter ne se pose plus vraiment parfois). Et si vous ne l'achetez pas, vous êtes triste et non contenté (mais comme vous êtes adulte et sain ça passe vite) et vous saliverez encore plus fort en repassant devant la prochaine fois... (pour les hommes qui ne se sentiraient pas concernés par le shopping, pensez à la vitrine d'un vendeur de voiture... Je dis ça je dis rien).

Qui dit conditionnement dit apprentissage.
Et dans apprentissage il y a 'apprendre'.
Cela veut dire que vous avez appris à aimer ou pas certaines choses.
Que vous avez appris à saliver, à attendre, à réagir à certains sons/actes...
Cela veut dire aussi que cela se désapprend.

Le chienchien de Pavlov il salivait au son de la clochette, mais si on mettait y mêlait un bruit de sonnette il avait appris lorsqu'on supprimait le son de la clochette que c'était désormais à la sonnette à laquelle il devait réagir. 

Alors comme cet exemple vous le montre, on peut désapprendre un conditionnement pavlovien mais pas le supprimer. Quesaco ? Et bien il va falloir le remplacer par autre chose.

Exemple classique (le lecteur aime les exemples) : tu salives devant la vitrine de Lamborghini. Soit tu vas t'en acheter une soit non. Si tu vas te l'acheter tu es contenté. On n'en parle plus. Si tu n'as pas les moyens, tu salives à tout va et tu n'es pas contenté. Dégoûté, déçu et maugréant après ton pouvoir d'achat, au même instant où tu salives sur le véhicule rutilant inaccessible tu entends le vendeur de glaces ventant la fabrication artisanale de ses produits. Tu vas t'acheter une glace à la vanille (encore dans tes moyens le 17 du mois). Tu as appris quelque chose. C'est que lorsque tu salives devant une voiture, tu peux te contenter soit en achetant la voiture soit en mangeant une glace. Alors la tendance, lorsque désormais tu vas passer devant ta Diablo préférée (bien que personnellement j'ai toujours un gros faible pour la Countach) (pour les méconnaisseurs une recherche photo sous Gougueul va t'aider à comprendre de quoi je parle) tu vas avoir envie d'une glace à la vanille. Tu es conditionné(e). 

Et bien le psy peut t'apprendre à préférer la glace au chocolat.

LOL



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