jeudi 22 septembre 2011

Changer

Je lisais un truc sur le "big bang" - non ce n'est pas sexuel c'est astronomique (j'ai un doute du coup, c'est sexuel alors ?). 
Quand je lis un truc sur un paradoxe grec : l'être dont on dit qu'il change reste un et le même, du coup il n'a pas changé ou soit il a vraiment changé alors on ne peut plus dire qu'il est un et le même... 

Et là, je me dis que les grecs ont eu de grands philosophes et qu'ils auraient fait de grands psychologues.

Sauf qu'ils posaient le paradoxe mais n'en donnait pas de solution.
Or il existe une solution en psychologie (comme en astronomie) : changer ne veut pas dire se transformer.

Hola, allez vous me dire je ne comprends plus rien. 
C'est normal. 
C'est moi le psy pas vous ! 
LOL
Nous avons déjà vu ce que pouvait être qu'être Soi.
Or si la question de savoir ce qu'on est réellement ou ce qu'on aurait été sans les différentes influences subies peut trouver sa réponse, comprendre qu'on peut changer pour devenir Soi sans se perdre de vue est plus complexe qu'il n'en n'a l'air.

Car la question reste : si je change, que vais-je devenir ? Et ce que je vais devenir est-ce toujours moi ?
(ça fait deux questions en fait).

Les patients veulent changer. Ils veulent aller mieux. Ils ont donc un comparatif dans la tête.
Après tout c'est quoi "aller mieux" ? Mieux que quoi ? Mieux que qui ? Mieux que quand ?
Mais s'ils vont mal, n'est-ce pas parce que cela fait partie d'eux ?
Ne vont-ils pas mal parce qu'ils ont besoin d'aller mal, au moins à un moment de leur vie ?
Et si cela s'arrange, iront ils vraiment mieux ? 
Vont ils se reconnaître dans le changement ?
Seront ils encore eux-mêmes ?

les patients veulent changer.
Mais changer fait peur.
Changer pour quoi ? En qui ? Et quand ?
Comme dans le paradoxe Grec, la tendance est à croire que changer s'est se modifier.
Ce serait remplacé ce qui est par autre chose, par quelqu'un d'autre.

Mais Soi, on l'a vu il y a peu, existe déjà.
C'est déjà là, depuis la naissance.
Changer pour ce qu'on est déjà.
Avoir peur d'être au plus près de ce qu'on est vraiment.
On ne remplace pas, on ne transforme pas.
On fait refaire surface.

Alors bien sur certain(e)s patient(e)s se sont très éloignés d'eux.
Ils peuvent alors avoir l'impression d'une transformation radicale.
Comme si cela se faisait en claquant des doigts.
Comme si c'était simple.

Cela se fait doucement, tranquillement, d'abord sur des petites choses concrètes.
Comme vous ne vous êtes pas vu grandir, vous n'allez pas vous voir changer.
Vous souvenez vous de ce à quoi vous ressembliez lorsque vous aviez 5 ans ? Comment étiez vous tout simplement il y a 1 an ?
Reprenez vos photos et regardez.
Regardez comment vous avez changé.
Pourtant c'est toujours vous.
Depuis vos 5 ans vous avez radicalement changé, vous vous êtes même transformé(e), pourtant c'est toujours vous là sur la photo et vous qui la tenez entre vos doigts.
Une seule et même personne, pourtant deux enveloppes différentes.
Vous ne vous reconnaissez pas vraiment dans ce corps de 5 ans, pourtant en vous voyant vous savez que c'est vous.
Et chaque matin vous n'avez pas vu que vous changiez.
Vous avez changé de corps (vos cellules se sont suffisamment reproduites pour dire que vous avez vécu dans plusieurs corps), vos connexions cérébrales ont augmenté -normalement !, vos envies, vos goûts, vos arguments ont évolué parfois drastiquement.

On peut donc changer et ne rester qu'un.

C'est l'entourage qui voit et qui verra le changement.
Et plus on avance en âge, plus l'entourage a du mal à supporter les changements.
Parce que vous allez changer, eux aussi. Peut être s'ils en font l'effort. Sinon vous les laisserez sur le bas-côté.
Ils n'auront pas changé.
En fait si, comme tout le monde, mais pas sur la même route que vous, pas dans le même axe, pas dans le même but.
Ainsi va la vie.
Le changement est permanent.
Encore faut il l'accepter.
C'est aussi ça être Soi.




12 commentaires:

  1. Avant de tomber dans une grave dépression, mon père avait un sens de l'humour incroyable, il riait tout le temps et de tout...puis suite à cette fameuse dépression il a fait des séjours en services psys et prise de médicaments, il va beaucoup mieux mais il a perdu complétement ce sens de l'humour qui parait il était en fait pour masquer son hyper angoisse...il a donc changé mais moi je ne le retrouve plus pour le coup!...avoir passé 45 ans avec un père super rigolard et là voir un homme super sérieux, j'avoue que j'ai du mal et qu'en plus je ne reconnais plus. Pour le coup le changement est difficile mais pour moi évidemment.

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  2. Ca fait plutôt penser à un trouble bipolaire non ? Le problème chez les bip c'est que c'est le fond dépressif qui est la "vraie" personnalité. Tout père est sans doute devenu "lui". C'est en cela que je disais que changer était plus visible (et parfois dérangeant ou déroutant) pour les autres.
    Le rire dans ce cas est très agressif, c'est à la fois "je ne vous montre pas ce que je suis réellement" mais aussi "je me moque bien de vous car j'arrive à vous faire croire que tout va bien, je vous manipule".
    Ton père est peut être moins drôle, mais au moins il est plus au plus clair dans sa communication avec toi et son entourage, il ne ment plus.

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  3. Oui je pense que tu as raison. N'empêche que je suis un peu déstabilisée par ce changement de comportement et je crois surtout que je dois faire le deuil de "l'autre" d'avant. Fidéle lectrice, je trouve parfois ici des réponses à mes questions concernant mes enfants, mon couple et pour moi même bien sur, bref j'y vois parfois un peu plus clair. Merci!

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  4. C'est l'essence même de la vie en fait, non ?
    En perpétuel mouvement, on change tout en restant soi-même, c'est paradoxal mais non contradictoire.
    Etre soi-même ne veut pas dire être figé, surtout pas, bien au contraire même. On évolue, et pour évoluer, on change, autant physiquement que psychiquement. (on dirait une vérité de Lapalisse ce que je viens d'écrire ! )
    Mais nos proches, peut-être trop rigides, peuvent avoir du mal avec ce changement et même ne pas l'accepter du tout. Etant eux-mêmes peut-être difficilement capable de l'accepter pour eux-mêmes.

    Ou alors, je n'ai vraiment rien compris, ce qui est également possible ! Et oui, moi: blonde, QI: 75 et demi. Oui, je tiens à mon demi !! lol

    Je trouve cet article intéressant et notamment ce que tu dis sur le mal, que ça fait partie de nous-mêmes et que l'on a peut-être besoin d'aller mal à un moment de notre vie. Oui, j'en suis persuadée, pour certains, ce mal-être, cette souffrance est nécessaire et même indispensable au changement. Ne parle t'on pas d'enfanter dans la douleur d’ailleurs. En ce qui nous concerne, c'est idem, changer peut faire mal et fait souvent peur. Il faut accepter cette douleur, accepter d'aller vers l'inconnu ou plutôt vers ce qui peut nous paraitre inconnu et accepter également de se retourner, de reconnaitre ses éventuelles erreurs et même parfois de revenir en arrière. Et ça, ça peut être très déstabilisant et ça fait peur. On a tendance à s’accrocher à ce que l’on connait même si c'est néfaste. Et dans tous ces conditionnements, entre ce qui a été appris et marqué en nous au fer rouge, pour s’y retrouver et ne serait-ce qu’entrapercevoir son vrai moi et être enfin à même d’être un peu soi-même, il faut au moins toute une vie ! lol

    Et l’homme dit de lui-même qu’il est un être doté de raison… J'en perds mon latin.

    J'arrête, je m'égare...

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  5. Lea : on ne revient pas en arrière. On peut regarder derrière et se demander si ça vaut encore le coup de se prendre la tête avec tout ça aujourd'hui. On peut reconnaître ses erreurs et celles des autres (même si eux ne les reconnaissent pas car c'est uniquement la perception de chacun qui fait dire qu'il y a erreur ou non). On peut se dire que si... on n'aurait pas fait, dit... les autres n'auraient pas dit, fait. Et ça change quoi ? C'est de la rumination. C'est essayer de changer un passé qui ne peut pas être changé. Envisager ce qui aurait pu être c'est de la prise de tête, rien d'autre. Ca ne sert qu'à générer des angoisses, de la colère, de la mésestime de Soi et des autres. On ne revient pas en arrière, jamais. On avance. On ne rajeunit pas, on vieillit. On ne redevient pas enfant, on devient un adulte qui vieillit. Les parents ne refont pas ce qu'ils n'ont pas fait ou mal fait. Ca reste tel quel et ça restera. Changer c'est accepter de perdre. D'ailleurs on n'avance que dans la perte et la rupture.

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  6. Un truc qui me fait tiquer dans votre article.

    "Mais s'ils vont mal, n'est-ce pas parce que cela fait partie d'eux ?"

    Argh pourquoi tant de fatalité ? J'ai du mal avec l'assimilation de l'identité avec le fait d'aller mal. Dire que ça fait partie d'eux c'est réducteur à mon sens.
    Personne n'est "programmé" pour aller bien ou aller mal.

    Peu accepte le changement, pour beaucoup c'est l'inconnu et même si c'est pour un mieux il faut s'accorder avec ce qu'est devenu la personne ou accepter le fait que le changement a également fait évoluer la relation et pas toujours dans le même sens que le changement.

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  7. Je suis d'accord, ruminer ne sert à rien, il faut aller de l'avant. Mais je reconnais avoir parfois cette tendance, je peux me prendre la tête alors que ce n'est pas utile.
    Il faut accepter... et ce n'est pas toujours facile... mais nécessaire.

    Je n'ai pas l'impression que mes propos soient totalement incompatibles avec les tiens.

    Ce que je voulais dire, en parlant de revenir en arrière, est qu'il faut savoir se retourner et apprendre de ses fautes éventuelles pour changer et évoluer, ainsi que désapprendre ce qui a été appris. Mais peut-être suis-je dans l'erreur et le terme employé 'revenir en arrière' est inadéquat. Car, effectivement, on ne revient jamais en arrière... il n'y a pas d'intérêt d'abord, notre vie, elle est devant nous, pas derrière.

    Mais je pense que le plus gros problème est l'acceptation.

    'Changer, c'est accepter de perdre'.
    Mais il y en a justement qui n'accepte absolument pas de perdre. Comment font-ils, ils stagnent ?

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  8. Jigsaw : ce n'est pas du fatalisme, c'est une question de personnalité. En fait, il faudrait que je fasse sur un article sur le "tempérament" et la "personnalité". Le tempérament on nait avec. Certains sont "dépressifs" de naissance, c'est caricatural dit comme ça je sais. Ensuite l'éducation, l'environnement, modifient ou renforcent ce tempérament ce qui a créer la personnalité.

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  9. Lea : oui ils stagnent, toute la vie n'est qu'une immense perte. On perd sa capacité à nager sous l'eau, il faudra réapprendre. On perd sa capacité à ramper, il a falloir apprendre à marche. Ensuite on a à l'école, on n'est plus le centre d'intéret de ses parents, on a au primaire et on peut perdre ses amies d'avant mais on perd son état de petit, on va au collège, on perd en général de vue tous ses amis et on devient un grand et on commence à se séparer de ses parents. Et puis un jour on part, on se séparer tout en sachant que le lien est là et puis un jour les gens qu'on aime (ou qu'on pense ne pas aimer) meurt. Et il faut continuer à avancer. Puis tu perds tes capacités physiques, tes cheveux, tes dents peut être LOL... Ceux qui ne changent pas restent d'éternels enfants ou ados. Ils sont perdus dans le monde adultes, inadaptés. ils ont oublié que l'enfance n'est qu'un perpétuel changement, mais il reste sur l'idée que pendant l'enfance tout est simple : pas de décisions à prendre, pas de responsabilité, pas de travail... Une vie idéale ? Pourtant lorsqu'on est enfant on ne rêve que d'être grand...

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  10. Je crois que ce qui est sexuel c'est le gang bang, pas le big bang.
    Si ma science peut servir la psychologie ... lol

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  11. J'ai assisté à une conférence sur le bouddhisme nygma très enrichissante. Le lama nous à rappelé que nous étions tous conditionné, mais que par la pratique de la médiation de ce courant, on sentais mieux venir nos émotions, le laps de temps entre notre émotions et notre réaction étais allongée. ce qui nous permettais de choisir, et donc d'être libre. il ne s'agit pas d'abaisser notre perception émotionnelle, ce qui nous couperai de l'autre et de nous même, mais d'être plus lucide et de pouvoir agir avec réflexion. alors vous en pensez quoi? :D

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