mardi 25 octobre 2011

Pourquoi associe t on le bleu aux garçons et le rose aux filles ?

Ce sera une semaine enfant. Je vais d'ailleurs décaler le "quel est ce film ?" à jeudi. Puis ce sera un article sur le "doudou", objet transitionnel. Passionnant non ?



Aujourd'hui posons nous une question existentielle.
Pourquoi associe t on le bleu aux garçons et le rose aux filles ?
Par tradition me direz vous.
Et bien vous auriez tort.

(suspens...)

Dans l'Antiquité, les garçons étant plus importants que les filles (ce sont eux qui travaillaient aux champs), on les protégeait des mauvais esprits en les consacrant aux Dieux. Pour cela on les habillait en bleu, couleur divine.
Les filles n'avaient alors pas de couleur associée.

Mais les enfants n'avaient pas de vêtements d'enfants. Ils se vêtaient des mêmes vêtements que les adultes qu'on retaillait. Ils portaient donc les mêmes couleurs et formes que les adultes.
Au XIIème sicèle, seuls les nouveaux-nés et les bébés bénéficiaient d'un trousseau spécifique. 
A partir du XVIIIème siècle, avec l'arrivée du coton, les bébés ont pu se voir dotés de vêtements blancs.
Blancs comme la pureté et l'innocence. Mais aussi comme la propreté.
Mais le blanc c'est aussi la symbôle d'une appartenance sociale.
Car si le blanc représente la propreté, il se salit vite et il faut le laver et en changer souvent.

Lors du baptême, les enfant sont encore en blanc.
Les couleurs sont plutôt indifférenciés car les enfants sont non sexués, mais ill arrive parfois qu'on agrémente leur linge plutôt d'une ruban rouge voire rose pour les garçons et bleu pour les filles !
La vierge Marie, elle même, est souvent représentée drapée de bleu, couleur divine.

Le duc de Chartres et sa famille, Charles Lepeintre, 1776

On se retrouve donc avec une opposition rouge (masculin) couleur guerrière / bleu (féminin) couleur virginale.
Mais ne vous y trompez pas, je parle de masculin et féminin mais les enfants portent indifféremment la robe jusqu'à 6 ou 7 ans.

C'est au XIXème siècle qu'une nouvelle inversion survient, sans qu'on sache vraiment pourquoi. Le bleu devient masculin et le rose -un rouge atténué (couleur des règles et de l'enfantement), devient féminin. Le bleu divin vêt désormais les hommes, alors que le rose, couleur de sang impur, vêt les femmes. Ces couleurs seront adoptées dans les familles bourgeoises pour vêtir les enfants.

Au début du XXème siècle, les enfants se "sexualisent" et les petits garçons tombent la robe. L'arrivée des premières publicités vers 1920, qui reprennent les codes de la haute bourgeoisie, finissent d'ancrer le bleu et le rose dans l'imaginaire. Le blanc reste néanmoins une valeur sûre dans la non différenciation sexuée.


1 commentaire:

  1. Très intéressant, et étrange cette inversion soudaine des couleurs pour les filles et les garçons.
    J'attends avec impatience l'article sur le "doudou", qui cadre parfaitement avec mes cours de psycho du développement du moment!

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