mercredi 30 novembre 2011

Quel est ce film - 27

J'ai longuement hésité sur la photo que j'allais vous proposer aujourd'hui. Simple ou compliquée ? Couleur ou noir & blanc ? Comme j'ai été très gentille la semaine dernière (et que je n'ai eu qu'un seul commentaire), j'ai opté pour un film peu connu aujourd'hui mais qui fit mes délices et qui les fait encore pour les amateurs de fantastique.

Mais pour vous résumer le synopsis, ça va être galère, à moins d'un bon effaceur...



Année, titre, acteur.

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Ca ne va pas être facile toutes les semaines, ce ne serait pas drôle.
Bien tenté avec 'l'invasion des profanateurs', mais non, ce film est "Eraserhead".
Premier film de David Lynch sorti en 1977.
(Il n'y a que 2 films que j'apprécie de Lynch que j'apprécie, celui-ci en fait partie, faut dire que face à des daubes comme "blue velvet" ou "Mulholland drive" tout est possible).

Comment résumer le scénario de ce film ? Je n'en sais rien. C'est en gros, très gros même, l'histoire d'un type dont la femme accoucherait d'un être "pas fini", un mec qui se fait plaquer et qui se retrouve obligé de s'occuper de cette "chose" braillante et emmaillottée. Il fait des rencontres étranges, fini le crâne éclaté sur le trottoir avec le cerveau qui servira de gomme au bout de crayon (d'où le titre "Eraserhead").

En fait, il n'y a pas vraiment de scénario, c'est un alignement d'images, de scènes, étranges et hallucinées. Pas vraiment de début, pas vraiment de fin.

Un extrait (âme sensible s'abstenir) :

lundi 28 novembre 2011

baby blues, dépression post-partum, psychose post-partum

Je lisais un article expliquant que le baby blues pouvait être une vraie dépression.

Va falloir savoir : si c'est du baby blues ça n'est pas une dépression, si c'est une dépression ce n'est pas du baby blues.



Le baby blues apparait dans les 7 jours après l'accouchement. Il peut se produite 3 heures après comme plusieurs jours après. Il dure peu entre 1 heure et 48 heures. Les mères sont en général incapables d'expliquer ce qui déclenche cette tristesse avec pleurs. Il suffit d'un rien pour déclencher les crises de larmes : un mot, une pensée, une image.... Tout devient triste et surtout elles se sentent brutalement incompétentes dans leur rôle de mère. Et c'est incontrolable. 

Cela s'arrête d'autant plus vite que la nouvelle maman est entourée et qu'on essaie de régler la "question" qui a réveillé la tristesse. Pendant le baby blues, il faut parler à la mère, venir la voir et cela très souvent. Si elle se pose une question du style "mais comment on fait pour allaiter ?" et bien on lui explique calmement, on prend le temps de la rassurer... En fait le baby blues est irrationnel. Il s'appuie sur une vraie question qui en temps normal aurait déjà trouvé une réponse, mais là impossible tant la tristesse est grande.

Le baby blues n'est pas une dépression. Pas dans le sens psychique du terme. Par contre c'est une dépression chimique. En effet, le baby blues est du à la chute brutale des sécrétions hormonales et aussi le "choc" de la séparation physique mère/enfant.

Toute les femmes ne passent pas par le baby blues.

Mais comme écrit plus haut le baby blues ne dure pas. Or parfois 15 jours après l'accouchement (et jusqu'à 6 mois après), soit le baby blues est toujours là, soit il se déclenche et cela dure au moins 15 jours. Ce n'est plus du baby blues. C'est une dépression.

En effet, la grossesse et surtout l'accouchement place la femme devant un fait accompli : elle n'est plus seulement la fille de ses parents, elle est elle-même désormais une mère. Il lui faut grandir, changer psychiquement de place et se projeter vers l'avant et non plus en arrière. C'est insoutenable pour certaines femmes soit de par la fragilité de la famille, soit au contraire par un lien familial trop fort, soit parce que l'enfant n'est pas désiré. S'y ajoute souvent la fatigue, le sentiment de ne pas savoir faire avec un enfant et surtout l'idée (réelle souvent) que cet enfant est de trop. Mais trop tard, il est là. Il se met en place alors des conflits : comment être à la fois fille et mère ? Comment les parents vont ils accepter ce changement de statut ? Comment faire avec un enfant lorsqu'on n'a pas eu de modèle maternel ou maternant ? Que faire d'un enfant dont on ne veut pas (et dont tout le monde s'efforce de vous garantir que vous allez l'aimer) ? Que faire aussi lorsque l'enfant a été désiré mais qu'il arrive au moment d'un décès, d'une séparation, qu'en fait on s'aperçoit qu'il est génant dans une carrière ou qu'il n'est pas l'enfant idéal ? Cela ravive parfois d'autres traumas parfois dans l'histoire familiale.

L'enfant est alors rejeté, négligé, jamais regardé. La mère ne s'adapte pas à l'enfant et l'enfant fait des efforts surhumains pour s'adapter mais il n'y arrive pas.

Le conflit est trop grand. La réalité n'est pas acceptable il faut la fuir. Et c'est la dépression, le rejet de la réalité.

La mère peut passer son temps au lit, à dormir, sans réagir aux demandes de l'enfant. Ou au contraire, devenir hyperactive, anticipant les demandes de l'enfant mais le considérant comme un objet, qu'elle manipule sans sentiment. Dans les deux cas, les mère sont fatiguées, hyper émotives, anxieuses, agressives. Elles ont souvent mal à la tête. Le lien mère/enfant n'est plus là. 

On sait que les femmes qui ont fait une dépression avant leur grossesse auront plus de risques de déclencher une dépression post-partum.
Comme toute dépression on associera antidépresseurs à une psychothérapie et si possible la création d'un entourage de soutien.


La psychose post-partum, elle peut apparaître à la place du baby blues. Mais elle en diffère du fait de la présence d'une grande angoisse, d'une confusion, de troubles de la mémoire et de la perception. Il peut y avoir présence de délires avec hallucinations et idées de meurtres. La mère peut devenir suicidaire ou infanticide. Mais jamais on ne sépare l'enfant de la mère car ce serait renforcer l'idée qu'elle n'est pas une mère compétente, mais l'entourage doit être médicalisant et très présent. 

Contre toute attente, le père n'est pas toujours épargné par la psychose post-partum.

mercredi 23 novembre 2011

Quel est ce film - 26

Allez cette semaine, je fais TRES facile. S'il fallait un indice, je dirai... qu'il pleuvait !


Acteurs, année, titre.

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Il s'agissait de "Chantons sous la pluie" (singin' in the rain) de Stanley Donen, film de 1952 avec Gene kelly, Donald O'Connor, Debbie Reinolds, Jean Hagen...

Dans la fin des années 20, un couple d'acteurs de films muets va se retrouver confrontés au parlant. Autant l'acteur passe bien, autant l'actrice a une voix catastrophique, aigüe et nasillarde. Il faudra la doubler mais aussi modifier le synopsis de leur prochain film pour en faire un film musical. Mais ne faudrait-il pas trouver une autre voix à l'héroïne du film ?

Le scénario du film est surtout l'occasion d'aligner les numéros de chant et danse, dont Gene Kelly, son sourire perpétuel aux lèvres, laisse toujours penser que la danse est un art facile. Pas de plans de 10 secondes, comme on sait le faire aujourd'hui, mais parfois des plans de plus de 3 minutes pendant lesquelles les acteurs virevoltent en rythme et avec ensemble. Beaucoup d'humour, de la bonne humeur tout le long du film et un happy end.

Gene kelly, avait commencé sa carrière à Halloywood 10 ans plus tôt. Il sortait du succès d'un Américain à Paris mais après Chantons sous la pluie, une dispute avec Stanley Donen (qui fut d'abord un collaborateur de Kelly avant de devenir producteur) lui fit entamer le déclin de sa carrière. Donald O'Connor, ancien acrobate, montre qu'il est capable d'être au niveau de Gene Kelly, mais ce fut malheureusement le seul fim dans lequel il pu vraiment faire preuve de ses compétences scéniques. Debbie Reynolds, du haut de ses 19 ans arrivait déjà à son statut de star (dans la vie elle deviendra la mère de Carrie Fisher, la future princesse Leïa) et Jean Hagen, à la déjà longue carrière mais peu connue du grand public (et qui est la mère de la chanteuse punk Nina Hagen)..



Un extrait (spécial Zygielle) :

lundi 21 novembre 2011

Aimer s'apprend-il ?

Si l'enfant nait déjà avec une personnalité génétique, ce qu'on appelle en fait un "tempérament", on ne sait pas grand chose sur sur son ressenti émotionnel.
On peut constater que s'il ne mange pas il hurle, mais le fait-il seulement par manque (un peu comme un moteur sans huile "râle"), se contente-t-il de transmettre une information ou le fait-il par colère, par peur, par haine, par joie, par envie, par tristesse, par fierté ? On n'en sait rien.
D'autant qu'un nourrisson auquel on ne répond pas aux demandes au moment où il les fait fini par ne plus rien demander (et se mettre en danger). Les grandes souffrances sont muettes...

On peut dire "il a faim", OK mais, vous je ne sais pas, mais moi lorsque j'ai vraiment faim (enfin comme une occidentale bien nourrie), je ressens de l'énervement et de la colère. Pour la peur, j'ai encore assez de réserve avant que mon corps se dise qu'il va mourrir ! Ce qui n'est pas le cas d'un bébé.

Mais bon, tout ça c'est de la colère, de l'énervement, de la peur. Où est l'amour dans tout ça ?

Est-ce qu'on aime parce que les autres vous aiment ?
Mais c'est quoi aimer exactement ?
Je ne parle pas de la définition du dictionnaire, mais bien du ressenti. Ca fait quoi d'aimer ? Ca s'exprime comment ?
Peut-on aimer sans en avoir l'air ?

Ces questions sont souvent sous-jacentes en consultation.
Il y a des patients qui arrivent plein d'amour pour leur proches. Et ils ont raison.
Sauf que... au bout de quelques consultations on pourrait faire un ouvrage complet des reproches qu'ils font à ces proches.
Faut-il pour autant cesser de les aimer ?

D'autres arrivent avec la haine chevillée au corps. Mes proches ? Qu'ils crèvent ! Et ils ont raison.
Sauf que.... au bout de quelques consultations on s'aperçoit qu'il y a quelques bons souvenirs, des actes..
Faut-il pour autant cesser de les haïr ?

Les premiers sont aveuglés, ils ne se permettaient pas d'avoir des pensées négatives à l'égard de leurs proches. Personne n'est parfait, même le meilleur des Hommes. Mais on peut alors se demander si c'est vraiment de l'amour qu'ils ressentent. Après tout ils ne se donnaient pas le choix. Il fallait aimer. L'amour par contrainte est-ce encore de l'amour. Que leur a-t-on appris alors ? Que l'amour était castrateur, contrainte, obligation ?

Les seconds sont aveuglés, ils ne se permettaient pas d'avoir des pensées positives à l'égard de leurs proches. Là encore, ont ils été programmés à ne percevoir que la haine ? N'ont ils jamais aimé ces proches ? Pourquoi ont ils basculé dans la haine ? Ils ont appris qu'il n'y avait pas d'amour.

Tenez je vais vous donner un exemple tout autre.

Un patient vient en consultation. La trentaine. Un type agréable, enfantin, mais froid. Exprimer des sentiments ? A part la honte et la colère rien ne vient. C'est déjà bien parce que ce n'est pas un psychopathe et il existe une porte d'entrée vers les autres émotions. Aimer ? Aimer ??? C'est quoi ? demande t il. Pour lui aimer, c'est bien nourrir ses enfants, avoir assez d'argent pour leur payer des vacances, c'est leur donner des jouets.... Des bisous ? ben oui, aussi, enfin non pas trop.
Je vous passe l'histoire familiale, mais pour résumer un père absent, une mère bourrée du matin au soir qui ne s'est jamais occupée de lui et qui ne lui a rien appris. Un gosse livré à lui même dès son plus jeune âge. Des bisous ? des câlins ? Une histoire le soir ? Une impression de sécurité ? Non, rien de tout ça. Quel modèle d'amour sa mère lui a t elle montré ? Aucun. Que peut il appliquer à ses enfants ? Aucun. Il en arrive à me dire que ses enfants, s'il ne les avait pas eu, cela aurait mieux pour lui et pour eux. Ils ne lui manqueraient pas. OK. Or quelques temps plus tard, par diverses circonstances, ses enfants sont placés dans une autre famille. Il me sort "vous croyez qu'on va me les redonner ?" "Mais pourquoi ? lui dis-je, si je relis mes notes vous m'avez dit qu'ils ne vous manqueraient pas, qu'ils n'avaient aucun intérêt dans votre yeux et que ce serait bien qu'ils sortent de votre vie...". Et là, ce sont les larmes qui lui montent au yeux. Il me dit "Je ne savais ce que c'était d'aimer, mais c'est dur l'amour, ça fait mal des fois".
Il finira pas comprendre que sa mère l'a aimé mais à sa manière, avec ses propres compétences et ses propres problématiques.
Et paf une émotion de plus au catalogue et celle-là elle quand même sympa.

Et puis, je pourrais en écrire long encore, ces enfants abusés dans leur enfance et qui ne savent plus aimer, ni eux même ni les autres. Blindés dans une épaisse carapace pour se protéger.

Pour conclure, aimer s'apprend. On peut apprendre à ne plus aimer, c'est assez rapide d'ailleurs car c'est lié à une souffrance, or on apprend vite à éviter ce qui fait mal. On peut apprendre à aimer à nouveau et comme ça fait mal aussi de se rendre compte de ce qu'on a raté, on a tendance à l'éviter aussi.

Mais le psy ne vous ratera pas.

samedi 19 novembre 2011

Auto... psy (La psy s'ennuie moins)

Je l'ai dit dans un commentaire, j'ai mis tout ce temps libéré par mes patients au profit de rencontre avec d'autres professionnels. Psys, sophrologue, thérapeutes.... Il s'agissait de parler de la violence des femmes puis de la violence tout court.

[En aparté, on peut quand même se demander pourquoi de façon totalement cyclique les patients partent en congés hors vacances scolaires. A croire qu'ils se donnent tous rendez-vous ! lol Pourtant ils ne partent pas au même endroit, ne se connaissent pas. Mais lorsque je vois dans Paris, de façon tout aussi cyclique, arrivé des tonnes d'Espagnol, d'Allemands, de Coréens... je me dis que dans une culture donnée ou dans un pays donné  il doit exister un truc qui fait que les gens éprouvent le besoin de partir au même moment. Ca nécessiterait une étude. fin d'aparté]

Les chiens n'attirant pas les chat, mon discours freudien attire certainement les freudiens. Nos constats sur la violence, et nous parlons bien de constats par de théorie, nous amenaient à dire qu'on avait beau dire la "mére" avait un sacré rôle dans le développement de l'équilibre psychologique de l'enfant. Ils nous paraissaient évident que les mères n'ont rien de douces, maternantes, gentillles. Certaines le sont bien sur, certaines le sont aussi bien sur. Mais quand même il existait un bon paquet de mères absentes psychologiquement, négligentes, maltraitantes, méchantes, agressives, castratrices... et j'en passe. Une collègue qui s'est spécialisée dans les théories de l'attachement (Cf. Bowlby), théories auxquelles j'ai du mal à adhérer dans leur intégralité, met néanmoins en avant que de la "mère" (et tout ce qui est fait substitut) dépend tout l'avenir de l'enfant. Alors bien sur jusqu'à il y a encore 5 ans, la mère était la personne la plus présente en général dans la vie de l'enfant et on ne peut donc douter du fait que ce qu'est la mère influait ce le devenir de ce que serait l'enfant. Depuis 5 ans, les pères prennent une place plus importante dans la vie des enfants. A la porte des crèches, on voit d'ailleurs depuis 3 ans environ une majorité de pères. On en voit de plus en plus depuis 2 ans emmener leurs enfants à l'école maternelle. Ce qui veut donc dire que les mères prennent moins en charge les enfants et que les pères augmentent la prise en charge. Connaissant l'être humain, qui a toujours du mal à trouver l'éqbuilibre, on peut sans trop se tromper penser qu'à moyen terme nous allons assister à un renversement du ratio de prise en charges des enfants, les mères s'en occupant peu et les pères au maxi. Nous nous disions que nous avions hâte de voir si les pères seraient plus sécurisant que les mères pour l'avenir de leurs enfants. Ce qui ne manquerait pas, du coup, à permettre le développement d'autres aspects de la psychologie. Freud ayant vécu dans une période où les femmes étaient omnipotentes à la maison, ils n'avaient pu élaborer de théories sur cette vision. Les 15 ans à venir vont être passionnants.

Le monde est étrange : nous nous débattons pour faire reconnaître la violence des femmes et la victimisation des hommes, à l'autre bout de la planète on tue les filles à la naissance et on part en chercher ailleurs pour avoir des fils. On espère qu'à un moment dans les pays en manque d'hommes rencontreront les pays en manque de femmes et que cela donnera lieu à une belle reconciliation mondiale. L'utopie des psys est sans fin. lol

De toute évidence le psy "baguette magique" qui fait tout le travail reste une illusion commune chez bien des patients. Il va falloir que je (re)fasse un article sur ce sujet.

Et la violence au quotidien dans tout ça me direz vous ? Nous constatons que les jeunes qui ne sont pas dans la violence deviennent facilement ceux qu'ils faut "abattre". Ils sont dans l'intellectualisation des conflits et sont désarmés face à l'agressivité physique or cette différence est insoutenable pour beaucoup qui ne connaissent que les réactions violentes. Or ce n'est pas un hasard si la violence conjugale est en accroissement chez les 18 - 25 ans. La façon dont ils se parlent, dont ils se considèrent et leurs comportements font qu'ils sont déjà dans la violence déjà dès le collège pour les p'tits nouveaux et avant dès le lycée. Ils ont donc 1 voire 2 trains d'avance en violence lorsqu'ils se mettent ensemble, le passage à la violence physique est du coup beaucoup plus rapide et intense. 

Même constat dans le monde du travail, qui a toujours été violent mais dans lequel la violence psychologique s'accroît. Chacun de nous, au cours de ses interventions, a pu voir que le taux de psychopathes parmi les hauts cadres était bien supérieur à la moyenne nationale et qu'ils étaient de plus en plus nombreux au sein des grandes écoles.

Ca nous promet quelques belles années à venir tout ça. 

J'ose poser la question qui dérange : et si la violence devenait la norme sociale ?

Et à tenir des paris sur le moment où les mouvement non-violents referaient leur apparition.


Ne croyez pas que nos rencontres ont été tristes, bien au contraire, on s'est bien marré. Les praticiens sont des observateurs et c'est avec curiosité et amusement et passion aussi qu'on regarde ce qui se passe.


jeudi 17 novembre 2011

La psychologie : travail d'enquête (ou comment la psy s'ennuie)

J'ai délaissé le blog pendant quelques jours. Le semaine dernière a été une semaine de dingue. Cette semaine c'est trop calme, mes patients ont pris le large. Je pourrais faire plein de trucs, mais en fait j'en fais déjà plein, mais ça devient mécanique.

j'en profite pour faire le point.

C'est drôle. Au moment où je reçois ma reconnaissance préfectorale du titre de "psychothérapeute" je m'aperçois que la psycho m'ennuie. A croire que l'autorisation officielle de torturer les gens m'enlève toute envie de le faire. J'en ai fait le tour de la psycho, même s'il y a toujours des choses à apprendre c'est clair. Encore que lorsque je vois que mes contacts psy publient des bouquins dans lesquels ils ressortent des théories des années 60 soit disant mal interprétées, je me dis que je ne dois pas être la seule dans cette situation.  Mais bon pas de surprise avec les patients... En fait, la psycho c'est comme une enquête, il y a une victime (le patient) et un 'méchant' (ce qui est la cause de la gène ou du trauma). Ca devient trop simple.
"Je vais pas bien, j'ai ça..." "Ok, alors autour de vous vous avez eu.... un décès, un abus, un père absent/intrusif, une mère absente/intrusive, autres à préciser (au choix, choix multiple possible). Mais en fait les causes sont limitées et quasi toujours les mêmes.

Résultat = cause. Or une même cause donne toujours les mêmes résultats. Donc lorsqu'on voit les conséquences, on connait les causes. 

La seule différence c'est le patient lui même. Pourquoi certains se font un fromage d'un tout petit truc et d'autres passent au travers des traumas avec une nochalance étonnante.... C'est bien la seule chose qui m'étonne encore et qui m'intéresse.

Alors bien sur si pour moi c'est clair, ça ne l'est pas pour le patient.. qui lui va mettre parfois un grand nombre de séances pour prendre conscience de ce que le psy voit en 1 heure. C'est pas génant. Surtout lorsque le patient fait preuve de bonne volonté et d'implication qui font qu'il a envie d'avancer et de comprendre (d'en sortir c'est une autre histoire). 

Par contre, je supporte de plus en plus difficilement les patients impatients, ceux qui ont tout lu, tout vu et qui arrive chez le psy comme ils vont chez le généraliste." Allez hop, vous m'en mettrez 3 séances avec telle technique comportementale histoire que je sois présentable" (à Noël, en avion, au bureau, chez les parents, au tribunal ....au choix). 

Et les patients trop patients. Ceux qui en fait ne veulent pas avancer et qui viennent chez le psy pour se donner bonne conscience ("vous avez vu monsieur le juge, je me fais suivre par un psy") ou qui ne voit en la psy que la seule personne avec laquelle on arrive à échanger de la pluie et du beau temps, une bonne copine quoi (mais sans jamais chercher à comprendre pourquoi ils n'arrivent pas à se lier aux autres).

Certains me diront que j'ai besoin de me faire soigner. lol
Que c'est un coup de déprime ou une remise en cause existentielle.
C'est surtout que ça m'amuse de moins en moins. Or vous je sais pas, mais moi, j'aime m'amuser dans mon job. Me lever le matin en me disant "pfff, encore..." c'est pas une vie.

Le blem c'est que tout ce que je fais tourne autour de la psychologie. Alors du coup tout me gonfle : les patients (non pas tous), l'association, les enquêtes, le blog.... J'ai l'impression de redire 10000 fois les mêmes choses et d'entendre tout autant de fois les mêmes choses.

En fait je m'aperçois que seuls les cas les plus "graves" sont intéressants. J'aurai du faire psychiatrie. Non en fait, parce qu'il n'y a personne à guérir, juste à soigner, c'est encore plus limité (schizophrénie = antipsychotique + neuroleptique, épilepsie = depakine....).

Moi au moins je peux "inventer" la technique que je vais mettre en place avec chacun de mes patients. S'il y a des techniques qui ont montrées leur efficacité, il est difficile de les plaquer sur quelqu'un. Il faut sans cesse adapter et parfois créer en fonction de ce que dit le patient, du temps dont il dispose, de son entourage, de ses capacités.

Tout compte fait, ce qui fait le plaisir du psy c'est la relation au patient et pas les troubles du patient. 
Les troubles je les vois, les causes je les connais. Maintenant qu'est-ce a permis la mise en place de ces causes et pourquoi le patient continue t il à s'y accrocher ?




La psychologie est un vrai travail d'enquête. Après tout dans une enquête les résultats on les voit (vol, destruction, mort), maintenant il faut trouver pourquoi cela a été possible et  comment le "méchant" s'y est pris pour essayer de savoir qui il est. En psychothérapie, c'est exactement le même processus. Ok la victime femme d'un pédophile peut être grosse, peu féminine. Mais pourquoi depuis 20 ans s'en prend elle à elle même plutôt qu'à lui ? Qu' a t il fait/dit pour qu'elle continue à croire qu'à presque 30 ans elle pouvait continuer à avoir peur (à 30 ans, il y a longtemps qu'elle n'intéresse plus les pédophiles) ? Pourquoi cette pensée se maintient-elle ? 

La seule différence c'est que dans une enquête on n'a pas toutes les données et qu'on ne sait pas toujours ce qu'il faut chercher. Alors que là le patient à toutes les données en main, faut il qu'il se décide à y avoir accès.

Ah si il y a une autre différence. En fait 2.
Dans une enquête on ne sait pas toujours qui est l'agresseur ou le voleur ("who are you, houhou, houhou"). En psychologie, comme dans les épisodes de Colombo, dès le départ on sait qui c'est. La difficulté réside uniquement dans le fait de savoir comment on va "mettre en taule" la méchante pensée.

Dans une enquête lorsqu'on a toutes les données en main, non seulement on trouve mais ça résoud l'enquête et la victime ou sa famille en sortent gagnantes.
En psycho, on peut avoir tous les indices, si le patient décide qu'il n'en fera rien... et bien il reste à son point de départ.



Bon allez je vais faire du tri dans mes décorations de Noël...

mercredi 16 novembre 2011

Quel est ce film - 25

Ce film porte le titre d'une célèbre série américaine. Des acteurs hyper épatants, un script original et surtout beaucoup d'humour. Avec tous ces indices vous ne pourrez plus dire qu'il y a encore beaucoup trop de secrets... n'est-ce pas Ultrason ?



Titre, année et acteurs

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Il s'agissait du film "les experts" (sneakers) de 1992 avec the  Robert Redford, Sidney Poitier, Ben Kingsley, River Phoenix, David Strathairn, Dan Aykroyd, Mary McDonnell et James Earl Jones.

Quelle brochette non ?

Deux jeunes génies informaticiens, "Marty" et son ami "Cosmo", piratent le compte bancaire d'un parti politique pour redistribuer l'argent à divers organismes humanitaires. Pendant que Marty part chercher des pizzas, Cosmo se fait arrêter. 20 ans plus tard, Marty est devenu Martin Brice  et créé un agence de protection de données informatiques composée de petits génies tous aussi délirants les uns que les autres. Ultrason, l'aveugle qui "lit" les sons, Maman qui voit des complot gouvernementaux partout, Mr Crease un ancien de la CIA qui cache son passé et Carl un ado génial obsédé par les filles. Sans compter Liz, mathématicienne au  au QI impressionnant, ancienne épouse de Martin. Jusqu'au jour où, contacté par la NSA, Martin va devoir entraîner tout le monde à la recherche d'un décrypteur universel pour échapper à son passé... qui le rattrapera.

Ce film au scénario bien ficelé est un petit bijou d'humour. Dans le jeu, comme dans le look, Redford n'est pas très loin du Redford des "3 jours du Condor" et ce n'est certainement pas un hasard. Sidney Poitier n'a accepté de jouer que parce qu'il y avait Redford et il a bien fait. Strathairn y est excellent dans son rôle d'aveugle et lorsqu'on voit son potentiel on ne peut regretter qu'il se contente de n'apparaître que dans des petits films indépendants. Dan Aykroyd, en fait toujours trop. Je n'ai jamais compris où était son potentiel comique. Ceci dit le duo Maman/Mr Crease reste un moment incroyable. River Phoenix confirmait son talent en devenir même dans un rôle léger et au milieu de "grosses pointures", dommage...  Ben Kingsley est égal à lui même, quand se décidera t on à lui proposer des rôle à la David Niven ?  Bref, un bon film sympathique, des acteurs qui s'amusent, sans grande violence, sans explosions à tout va...

un long extrait en français :

http://www.videobb.com/e/W5dKI0K2l4tB
(vous n'ajoutez pas de compte, vous cliquez sur lecture et vous fermez la page de pub qui s'ouvre devant et il y en a moins 5 autres derrière l'écran qui s'affiche mais on n'a rien sans rien...)



jeudi 10 novembre 2011

psychologie et généalogie

En psychologie, enfin surtout dans les médias qui jouent au psy, il est toujours clairement précisé qu'il est important de savoir d'où l'on vient. Ca a même permis à quelques grands tueurs en série d'échapper "à la chaise" ou plutôt à l'emprisonnement à perpét parce qu'on pouvait expliquer leurs comportements par une histoire familiale spécifique.

Et tout ce que je viens d'écrire vous parait évident.

Pourtant dans le premier paragraphe, il y a une bonne idée et une intox.

L'info, c'est que lorsqu'une personne ressent un mal-être ou qu'un de ses comportements est gênant ou qu'en telle circonstance il se passe quelque chose d'inadéquat, il est absolument nécessaire de remonter dans le passé pour comprendre comment on en est arrivé là.

Rien d'étrange là-dedans, c'est ce qu'on fait toujours lorsqu'on se pose la question de l'enfance du patient. Parents, fratrie, proches....c'est déjà faire un bon dans le passé. Car des fois, pas besoin d'aller bien loin pour trouver où ça commence à clocher.

Ainsi un jeune patient de 22 ans à l'aspect poupin mais auquel on aurait donné 20 ans de plus tant dans le look que dans son niveau de réflexion et dans la sagesse (j'ai bien peur de n'arriver jamais à son niveau), m'apporta un jour sur ma demande son arbre généalogique réalisé par son grand-père. Quelle surprise de savoir qu'on pouvait remonter à presque 10 générations avec de toute évidence des avortement, des trahisons et des incestes cachés dans les placards. Mais la plus grande surprise était que l'arbre était inversé. Ainsi les ancètres étaient tout en haut des branches et mon patient, le petit dernier de la famille, était tout en bas seul au milieu des racines. Seriez vous étonné que je vous dise que toute l'histoire de sa famille reposait sur lui ? (d'ailleurs, il avait entrepris de questionner tous les vivants afin de récolter toutes les anecdotes et d'en faire un ouvrage pour aider les générations suivantes). Il était devenu le seul détenteur de tous les secrets familiaux et il pouvait faire des liens qu'aucun autre ne pouvait faire. Il était devenu ce à quoi l'arbre généalogique le destinait, la base de la famille.

Parfois, les choses sont plus compliquées. 

Remonter aux parents ne suffit pas. Enfin ça explique déjà pas mal de choses il est vrai. Mais lorsqu'on discute de l'enfance des parents, on s'aperçoit que eux aussi ont subi. Et leurs propres parents aussi.
En remontant la généalogie, on s'aperçoit que certains traumas se transmettent et donnent lieu à répétition d'une génération à l'autre.

Ainsi une patiente maltraitée par son compagnon avait fini par être violente avec son enfant, fille unique. Elle même, fille unique, avait été maltraitée par sa mère qui était maltraitée par son compagnon. Et la mère de la mère avait été une femme battue qui n'avait pas eu la force de s'occuper de sa fille unique, enfant non désirée. Sans compter que l'arrière grand mère avait elle-même été battue et que sa fille unique avait été conçue sous contrainte et jamais aimée... Bref, l'amour maternel n'avait pas circulé depuis longtemps auprès des enfants filles dans cette famille. Le passé est en collusion avec le présent.

On citera aussi en passant la majorité des enfants adoptés qui ressentent un besoin irrépressible de connaître leur passé et surtout leur origine, de comprendre pourquoi ils furent abandonnés et enfin savoir si le mal-être ressenti est "familial" par le sang.


L'intox, c'est de croire que tout le monde a besoin de savoir d'où il vient.

Lorsqu'on va bien, lorsqu'on se sent équilibré et qu'on pense mener une vie saine, connaître ses origines n'a guère d'importance. A quoi sert le passé lorsqu'on s'en est détaché ? Quelle importance y a t il a le retrouver lorsque on vit pour soi et non plus pour ces "autres", lorsqu'on vit pour aller de l'avant et non plus dans vers l'arrière  ?

C'est pourquoi certains enfants adoptés se contrefichent de leurs origines. Ils ont tiré un trait sur le passé, seul le présent et le futur sont importants. Et seuls ceux qui ont leur ont donné les clés pour être compétent dans ces temps ont de l'importance.

L'étude de la généalogie a aussi un intéret pour replacer chacun à sa place. Lorsqu'une patient en dessinant son arbre généalogique trace sa mère dans un coin, le père au centre et elle à côté du père, l'irrespect des rôle de chacun prend toute sa force. Il est temps de redessiner tout ça, tant sur le papier que dans la vie.


Cela ne veut pas dire que le passé lointain n'a pas de répercussion, car nous sommes tous la conséquence d'un passé familial, de notre propre passé. Mais à ce train là, avouez que nous sommes tous plus on moins cousins par Louis XIV, alors ça commence à faire une sacrée famille.

A nous de décider si cela doit influer sur notre présent.





mercredi 9 novembre 2011

Quel est ce film - 24

La difficulté de ce film, c'est qu'il y fait sombre tout le temps.
La vision du monde telle que présentée, pluie récurrente, pénombre, pubs omniprésentes, surveillances omnipotentes, posait la question de l'évolution de nos Sociétés modernes. Partant du postulat devenu banal que la machine finira par supplanter l'humain, l'originalité aurait pu tenir dans le fait qu'il sera difficile de définir à quel moment la machine deviendrait humaine. Voire plus humaine que l'humain. Le mythe de Frankestein nous interpellait déjà quelque part à ce sujet. Et plus que jamais nous nous demanderons alors si les androïdes rêvent de moutons électriques.




Acteurs, titre, année.

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L'indice était énooorme et vous avez réussi à trouver "Blade runner", un film de 1982 avec Harrison Ford, Rutger Hauer, Sean Young et Daryl Hannah tiré du livre de Philip K. Dick "les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" (Do Androids Dream of Electric Sheep? de 1966)

Harrison Ford sortait tout auréolé de la saga de la Guerre des Etoiles et se trouvait projeté à nouveau dans le futur mais cette fous post-apocalyptique. Face à lui un Rutger Hauer qu'on pourra qualifier de "monstrueux", à la fois par son charisme, son implication dans son rôle qui montrait la vrai mesure de son talent d'acteur mais aussi parce qu'il est celui qu'il faut abattre, cet androïde qui se croit humain et qui pose la question de ce qu'est l'humanité. Si aimer, haïr, rêver, ressentir font l'être humain alors il ne peut plus être un robot... à moins que ce ne se soit la mort qui permette de borner les limites du vivant et du non vivant.

De quoi s'agit il exactement dans ce film ?

(j'ai pas fini l'article mais je dois partir, vous aurez la suite ce soir !)

lundi 7 novembre 2011

La psy n'est pas coiffeuse...

La psy sert à tout à condition qu'on s'en serve.

C'est certainement ce que se disent quelques uns des mes amis.

J'ai eu un jour la bonne idée d'en aider un à se couper les cheveux. Enfin je devrais plutôt dire 'raser' ses cheveux. A la tondeuse, dans le but de faire du court sur les côtés et derrière avec un jolie dénivellation sur le dessus. 

Bon c'est pas clair. Ceux qui regarde NCIS comprendront tout de suite si je leur dis "Jethro Gibbs". Bon voila, il s'est avéré -un jour- que j'arrivais à faire ce type de coupe. Tant bien que mal, hein, je m'appelle pas Angela ou Delphine ou encore Véronique (elles ont toujours des prénoms "sexy" les coiffeuses) (ce qui ne veut pas dire que je ne suis pas sexy) (en fait non, je ne suis pas sexy mais c'est normal je ne suis pas coiffeuse et je ne m'appelle pas Angela. CQFD).


Un truc un peu militaire quoi. Bon pour ceux qui n'ont jamais jeté un oeil un soir sur leur télé, un truc dans ce genre là :

(c'est la coupe qu'il faut regarder...)

Bref, ça s'est su !
Et j'ai vu mes potes acheter des tondeuses à la pelle. Après tout un investissement de 50 € sur quelques années avec une psy pour coiffeuse, c'est pas donné à tout le monde.
J'en conviens.

Mais c'est oublié un peu vite que je ne suis pas coiffeuse.
Même si on en profite pour parler de tout, de rien, on se marre bien aussi et du coup j'oublie un peu ce que je fais.
Ils ne voudraient pas je sois concentrée à ce que je fais en plus !! non mais!

Dernièrement paf ! un pote débarque avec sa nouvelle tondeuse dernier modèle.
C'est joli, efficace... rien à redire.
On papote, je rase à droite, à gauche.
Sabot sur le dessus, réglage de hauteur de coupe sur les côtés.
Voila c'est fini je remballe. Je met sur off, je range le sabot. Je remet la hauteur de coupe à zéro.
"Hé" me dit-il "y a une mèche plus longue là !".
Grrrrr... Mouais, pas vraiment, mais bon je vais repasser un coup.
Je prends la tondeuse, je met sur "on" et je passe dans la tignasse.

....
....


....
....

Heuuu, si vous avez tout bien suivi, vous aurez lu et surtout retenu que j'ai rangé le sabot et remis la hauteur de coupe à zéro.
Et que lorsque j'ai remis en route je n'ai pas réglé la hauteur de coupe ni remis le sabot.
Tout est toujours réglé sur zéro.

Oooops.
Y a comme un trou.

Y 'avait bien eu comme un bruit bizarre.
Je suis horrifée.
Lui pété de rire.
Je reste pétrifiée, il court vers un miroir.
Il est écroulé de rire.
"bon, on rase tout ?" se marre-t-il.

Ah non !!! Ca je ne peux pas, je n'ose imaginer son look au bureau...
En plus son crane est tout pâle, ça va être horrible avec le reste qui est bronzé.
J'ai donc rasé très court, mais bon le "troutrou" se voit encore.

On a l'impression qu'il a été opéré du cerveau.
C'est pratique je vous dirais pour la phrase assassine au bureau.
"Qu'est-ce qui t'es arrivé ?!?" "Oh rien, mais tu me prends tellement la tête que j'ai du me faire trépaner". Et paf.

Je fini par me marrer parce que franchement c'est trop drôle...
Il est condamné à porter une casquette pendant quelques temps.
Encore qu'il s'en fout parce que comme il dit "c'est vous tout qui voyez ma tête, pas moi".



"Bon, alors qu'est-ce que je peux faire pour faire pardonner ?".

Aïe, au moment où j'ai dit ça j'ai su que je n'aurai jamais du le dire.
Trop tard.

J'ai été condamnée à lui repasser la tondeuse tous les deux jours jusqu'à ce que les cheveux du "trou" aient rattrapé les autres....

Je l'avais pourtant dit que je n'étais pas coiffeuse...


Ca va repousser vite... enfin ça devrait !

samedi 5 novembre 2011

Qui était le tailleur des SS et des SA ?

Le passé est passionnant. Plus on le regarde et plus on s'y penche et plus on constate que l'Homme vit dans un perpétuel recommencement de joies mais aussi d'erreurs et d'horreur. Tout comme la réapparition de la mini-jupe, c'est cyclique. 

Je fais partie d'une génération pour laquelle la seconde guerre mondiale est un non-dit. Une génération dont les parents ne racontent pas leur enfance ou seulement par bribes, ne racontent pas les horreurs qu'ils ont vécu, leurs souffrance. Tout est tu, tout est nié. Alors ça pousse à se poser des questions.

Si je ne supporte pas les mecs en costards, ça ne vient certainement pas de là. Néanmoins je dois reconnaître que l'uniforme a ses charmes. Encore que désormais l'uniforme du troufion, large à souhait, multipoches obligent et l'uniforme des "chefs" avec leur képis et leur aspect gaulliste, n'est plus très tentant. Ce n'est pas seulement non joliment coupé, ça manque de classe, de "chic".

Alors je vous parlais de la seconde guerre mondiale. Bon y avait encore des fantassins français vêtus comme en 14-18, gelés en permanence et perdant du temps à dérouler leurs bandages... Ceux là faisaient peine à voir. Puis il y avait les ricains avec leur treillis camouflage. Les Canadiens avec leurs lainages kaki et leur blouson court. Sans parler des anglais, avec leur casque en galette et l'uniforme seyant (mais pas pratique). 

N'oublions pas les autres, là. Vous savez ceux de l'autre côté. La force obscure.
Les allemands, quoi.
On peut hurler tout ce qu'on veut sur leurs actes, leurs mobiles, leur politique, leur décadence (ooops, ça non il n'avait pas le droit), n'empêche que leur uniforme en jetait.
D'ailleurs ce n'était pas pour rien. L'uniforme servait à se démarquer des alliés (des nôtres). Ils se devaient d'être les plus beaux, les meilleurs et cela devait se voir à l'oeil nu. Il fallait aussi que la population différencie les différents corps.
Hitler, celui qui conçu la "coccinelle" de VolksWagen (qui se traduit "voiture du peuple"), aimait que ses sbires aient l'air de sortir d'un magazine de mode.
Souvenons nous encore du "fameux" casque allemand, que tous les ordinateurs de l'ONU n'ont pas réussit à détrôner en matière de design et de sécurité... Y'en a, lorsqu'ils regardent les Casques Bleus intervenir, qui se marrent en se disant que décidément y'en avait certains qui avaient vachement cogités et sans besoin d'Intel inside.

Alors ces uniformes me direz vous ?
L'uniforme des SS (de Waffen SchutzStaffel) :



Uniformes des SA ( Sturmabsteilung ou "section d'assaut")


Sans compter les "chemises brunes"....

Alors, qui a dessiné et taillé tous ces "jolis" uniformes à la demande d'Hitler ?

Non vraiment pas ?



HUGO BOSS.

Oui, Hugo Boss était tailleur en Allemagne.
A la base c'est une petite entreprise qui produit des tailleurs, des coupes vents et des chemises. 
La récession la pousse vers une production plus spécialisée : cuir et plastique pour les chasseurs par exemple mais surtout pour les vêtements de travail.
Hugo Boss adhère alors au parti national-socialiste et dès 1933, à la demande d'Hitler, il créa et fabriqua tous les uniformes du troisième Reich, (SS, des SA et des "chemises brunes" entre autres).
A court de main d'oeuvre, Hugo Boss fait appel au travail forcé en "important" des travailleurs français, polonais et des déportés de camps de concentration.
Après la guerre, Hugo Boss sera privé de ses droits civiques et sera condamné à une lourde amende.
Après la guerre, il tomba en... "désuétude" dirons nous.
Il faudra attendre les années 70, pour que la firme décide de resurgir et se remette à flots en se lançant dans la confection pour hommes.
En 2000, Hugo Boss a versé 500 000 £ aux fonds d'indemnisation des anciens travailleurs forcés. 

La Société se démarque alors en vendant une image "virile de réussite professionnelle". Ce qui nous rappelle quelque chose.

Depuis les années 90, l'entreprise a changé de mains bien des fois tout en gardant son nom puisque les descendants de Boss veille sur son développement et son orientation, car si la fabrication est désormais sous traitée dans de nombreux pays sous développés ou en voie de développement, les prototypes sont toujours créés en Allemagne dans la même ville qu'à l'origine.


vendredi 4 novembre 2011

Comment reconnaître un incompétent au travail ?

Pour faire suite à l'article de vendredi dernier sur le principe de Peter, se pose LA question : comment repérer les personnels incompétents soit pour les changer de poste soit pour les virer ?

10 critères ont été définis :

1. l'incompétent est le roi de la délégation. Il est le chef (le chef a toujours raison)

2. Il brasse de l'air. Il fait du bruit, occupe l'espace. Il est toujours trop occupé. 

3. Il marche vite et a toujours l'air préoccupé.

4. Il attribue ses erreurs aux autres. L'erreur n'est humaine que dans la mesure où on peut la transférer.

5. Même dans la débâcle, l'incompétent prétend qu'il avait tout prévu.

6. Agréable et serviable avec ses supérieurs, il aime humilier ses subordonnés, surtout les meilleurs.

7. Il passe son temps à rappeler qu'il est le chef et que ses subordonnés sont sous ses ordres .

8. Quand il rate une mission, il détruit les preuves.

9. Il ne communique que par Post-it, emails et notes de service. Il évite les face à face.

10. Il s'efforce toujours d'avoir le dernier mot en réunion et s'attribue ce qui vient d'être dit.


Et comme disait Dunning-Kruger : "les personnes aux capacités limitées formulent des conclusions fausses et prennent de mauvaises décisions. Mais leur incompétence limite aussi leur aptitude d'analyse critique et elles ne peuvent donc ni voir, ni comprendre, ni corriger leurs erreurs".

L'incompétent tend donc par nature à rester incompétent.

On constatera aussi que l'incompétent semble manquer de confiance en Soi et qu'il ne faut surtout pas que ça se voit. Lorsqu'on ne s'estime pas comment estimer les autres ? Or l'incompétent ne peut supporter l'échec, cela le renvoit à une réalité insupportable : s'il rate c'est qu'il est nul et si il est nul cela renforce son manque d'estime de lui même. Tout est bon pour garder son estime de lui même dans le regard des autres. Il saura donc bien s'entourer, profiter des compétences de son entourage et s'attribuer leurs résultats.

L'incompétent promu ne peut donc que devenir plus incompétent et surtout plus invivable, voire harceleur, pour son entourage.

Mais d'un autre côté il se choisit les meilleurs collaborateurs et les résultats de l'équipe, du service, du département seront tirés vers le haut. Normalement, l'incompétent devrait vite rester seul puisque, selon la théorie de la promotion, tous ceux qui réussissent vont être promus. L'incompétent risque donc de se retrouver entouré d'autres incompétents. Mais l'incompétent a bien intégré son propre processus de promotion et il empêchera les autres d'être promus ("vous êtes irremplaçable sur ce poste"). 

J'ajouterai donc un onzième commandement :

- l'incompétent et ses subordonnés restent sur les mêmes fonctions pendant un temps bien plus long que la moyenne dans l'entreprise.


Tout ça pour vous dire que vous n'êtes pas toujours promu pour vos compétences dans votre poste et ce n'est pas parce que vous êtes promu que vous êtes compétent sur ce nouveau poste.



mercredi 2 novembre 2011

Quel est ce film - 23

Non, l'image d'aujourd'hui ne représente pas la Joconde vous suivant du regard quelque soit votre position dans l'espace.

Ca aurait pu je vous dirais. Mais en moins sympathique alors, surtout lorsqu'elle vous fait coucou !




Titre, année, acteurs...

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Vous avez tous reconnus la méchante infirmière psychiatrique dans "Vol au-dessus d'un nid de coucou" (One Flew Over the Cuckoo's Nest), un film de Milos Forman de 1975.

Avec : Jack Nicholson (Mc Murphy), Louise Fletcher (l'infirmière Ratched), Will Sampson (le "chef").

Mc Murphy, afin d'échapper à la case prison, joue au fou et se fait interner. La vie serait sans doute plus douce en asile. C'est sans compter sur l'infirmière chef Ratched, qui telle une reine rouge, fait régner la terreur au travers de lois strictes et de sanctions brutales. McMurphy va venir rompre la rigueur. Ce qui est au début un jeu, devient vite un défi quotidien. Aider de ses camarades malades, dont certains vont beaucoup mieux,  il va mettre en place des stratégies pour contourner Ratched. Mais le système médical va le rattraper à son propre jeu. Il deviendra un patient parmi les autres mais aura eu le temps de faire des émules.

Ce film a reçu 5 oscars. Ce film est tiré d'un livre dont les droits avaient été achetés dès 1961 par Kirk Douglas. Finalement produit avec un tout petit budget par Michael Douglais, c'était lui au départ qui devait prendre le rôle.

Ce film pose plusieurs questions. Déjà sur le fait de ce qu'est la folie. Ici McMurphy est un délinquant, mais il n'est pas fou. Pourtant au sein de l'asile, il est perçu comme le plus fou de tous. Ensuite, quel est le prix de la liberté ? McMurphy apporte un air neuf, il réveille les passifs. Il va vivre comme il l'entend, mais il y a un prix à payer au bout. Qui édicte les normes et a qui s'appliquent-elles ? Jusqu'où peuvent aller ceux qui ont le pouvoir de les faire appliquer ? Est-ce l'application de ces "lois" qui définissent et mènent à la folie ? 

Bref, ce film à la fois amusant, bouleversant et effrayant, se pose en critique sociale.

La bande annonce :






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