samedi 19 novembre 2011

Auto... psy (La psy s'ennuie moins)

Je l'ai dit dans un commentaire, j'ai mis tout ce temps libéré par mes patients au profit de rencontre avec d'autres professionnels. Psys, sophrologue, thérapeutes.... Il s'agissait de parler de la violence des femmes puis de la violence tout court.

[En aparté, on peut quand même se demander pourquoi de façon totalement cyclique les patients partent en congés hors vacances scolaires. A croire qu'ils se donnent tous rendez-vous ! lol Pourtant ils ne partent pas au même endroit, ne se connaissent pas. Mais lorsque je vois dans Paris, de façon tout aussi cyclique, arrivé des tonnes d'Espagnol, d'Allemands, de Coréens... je me dis que dans une culture donnée ou dans un pays donné  il doit exister un truc qui fait que les gens éprouvent le besoin de partir au même moment. Ca nécessiterait une étude. fin d'aparté]

Les chiens n'attirant pas les chat, mon discours freudien attire certainement les freudiens. Nos constats sur la violence, et nous parlons bien de constats par de théorie, nous amenaient à dire qu'on avait beau dire la "mére" avait un sacré rôle dans le développement de l'équilibre psychologique de l'enfant. Ils nous paraissaient évident que les mères n'ont rien de douces, maternantes, gentillles. Certaines le sont bien sur, certaines le sont aussi bien sur. Mais quand même il existait un bon paquet de mères absentes psychologiquement, négligentes, maltraitantes, méchantes, agressives, castratrices... et j'en passe. Une collègue qui s'est spécialisée dans les théories de l'attachement (Cf. Bowlby), théories auxquelles j'ai du mal à adhérer dans leur intégralité, met néanmoins en avant que de la "mère" (et tout ce qui est fait substitut) dépend tout l'avenir de l'enfant. Alors bien sur jusqu'à il y a encore 5 ans, la mère était la personne la plus présente en général dans la vie de l'enfant et on ne peut donc douter du fait que ce qu'est la mère influait ce le devenir de ce que serait l'enfant. Depuis 5 ans, les pères prennent une place plus importante dans la vie des enfants. A la porte des crèches, on voit d'ailleurs depuis 3 ans environ une majorité de pères. On en voit de plus en plus depuis 2 ans emmener leurs enfants à l'école maternelle. Ce qui veut donc dire que les mères prennent moins en charge les enfants et que les pères augmentent la prise en charge. Connaissant l'être humain, qui a toujours du mal à trouver l'éqbuilibre, on peut sans trop se tromper penser qu'à moyen terme nous allons assister à un renversement du ratio de prise en charges des enfants, les mères s'en occupant peu et les pères au maxi. Nous nous disions que nous avions hâte de voir si les pères seraient plus sécurisant que les mères pour l'avenir de leurs enfants. Ce qui ne manquerait pas, du coup, à permettre le développement d'autres aspects de la psychologie. Freud ayant vécu dans une période où les femmes étaient omnipotentes à la maison, ils n'avaient pu élaborer de théories sur cette vision. Les 15 ans à venir vont être passionnants.

Le monde est étrange : nous nous débattons pour faire reconnaître la violence des femmes et la victimisation des hommes, à l'autre bout de la planète on tue les filles à la naissance et on part en chercher ailleurs pour avoir des fils. On espère qu'à un moment dans les pays en manque d'hommes rencontreront les pays en manque de femmes et que cela donnera lieu à une belle reconciliation mondiale. L'utopie des psys est sans fin. lol

De toute évidence le psy "baguette magique" qui fait tout le travail reste une illusion commune chez bien des patients. Il va falloir que je (re)fasse un article sur ce sujet.

Et la violence au quotidien dans tout ça me direz vous ? Nous constatons que les jeunes qui ne sont pas dans la violence deviennent facilement ceux qu'ils faut "abattre". Ils sont dans l'intellectualisation des conflits et sont désarmés face à l'agressivité physique or cette différence est insoutenable pour beaucoup qui ne connaissent que les réactions violentes. Or ce n'est pas un hasard si la violence conjugale est en accroissement chez les 18 - 25 ans. La façon dont ils se parlent, dont ils se considèrent et leurs comportements font qu'ils sont déjà dans la violence déjà dès le collège pour les p'tits nouveaux et avant dès le lycée. Ils ont donc 1 voire 2 trains d'avance en violence lorsqu'ils se mettent ensemble, le passage à la violence physique est du coup beaucoup plus rapide et intense. 

Même constat dans le monde du travail, qui a toujours été violent mais dans lequel la violence psychologique s'accroît. Chacun de nous, au cours de ses interventions, a pu voir que le taux de psychopathes parmi les hauts cadres était bien supérieur à la moyenne nationale et qu'ils étaient de plus en plus nombreux au sein des grandes écoles.

Ca nous promet quelques belles années à venir tout ça. 

J'ose poser la question qui dérange : et si la violence devenait la norme sociale ?

Et à tenir des paris sur le moment où les mouvement non-violents referaient leur apparition.


Ne croyez pas que nos rencontres ont été tristes, bien au contraire, on s'est bien marré. Les praticiens sont des observateurs et c'est avec curiosité et amusement et passion aussi qu'on regarde ce qui se passe.


8 commentaires:

  1. Je trouve tes constats bien sombres.

    Est-ce que tout devient vraiment plus violent ou est-ce que ce n'est pas simplement qu'on en parle plus?

    Quand j'étais en primaire j'ai assisté par 2 fois à des "bastons" et dans 2 écoles différentes. Fiston n'a assisté à sa première qu'à son entrée au collège.
    tu dis:"Nous constatons que les jeunes qui ne sont pas dans la violence deviennent facilement ceux qu'ils faut "abattre"" j'ai l'impression que ça a toujours été le cas. Combien de livres racontent que le premier de la classe le chouchou toujours penché dans ses livres était aussi le premier à être harcelé par ses camarades...

    Quand à l'évolution vers la violence qui deviendrait une norme. Mais qui suit en pleine démarche d'éducation non violente, de communication non violente forcément je ne peux pas y croire.

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  2. Cleanette : Comment pourrait il en être autrement ? Les psys, comme les policiers, comme les éducateurs, sont confrontés aux réalités sociales.
    Alors on a un peu des deux. On fait semblant de redécouvrir une face violente de la Société qui existe depuis longtemps, il y a toujours eu des enfants frappés par les autres, les profs violents, des patrons dévalorisants. Mais ne nous voilons pas la face, il existe vraiment une accroissement de la violence. Le monde du travail en est un exemple parfait. Je ne parle pas de pression à la productivité, mais bien de violence surtout psychologique et verbale. L'autre constat est qu'il suffit de se rendre à la sortie des lycées et maintenant des collèges pour entendre comment se parlent les jeunes. Ils ne savent plus parler sans utiliser d'insultes et le fait de se pousser, de se cracher dessus fait partie des comportements "normaux" pour eux. Il y a moins de violence physique au sein des établissements car c'est plus visible et ils risquent d'être sanctionnés. Mais chez les ados et les adultes, les agressions sur personnes sont en forte augmentation.

    Ta réaction est sans doute celle dont nous parlions, à savoir que les mouvements non violents vont tenter de refaire surface. Mais ce n'est pas parce que tu es dans cette démarche que les autres le sont.

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  3. Ma mère est institutrice les enfants de maternelle font du catch dans la cour de récré, coup de genoux dans le ventre, coup de poing au visage...je suis choquée à chaque fois...
    beaucoup de personne me répondent avec mépris ou dédain "je n'aime pas la violence" quand je leur dis que je fais des arts martiaux, pourtant c'est ces même personnes qui vont passer leurs nerfs sur quelqu'un ou l'agresser psychologiquement avec une violence qu'ils ne mesurent pas. Alors que dans mon club on est très très sensibles au relationnel. qu'on l'aime ou pas, la violence est en nous c'est juste qu'on ne sait pas quoi en faire, les gens ont moins d’exutoires qu'avant peut-être. On me dit aussi beaucoup "olala faut pas que je vous embête alors!" j'ai envi de dire "pourquoi si j'étais moins dangereuse à vos yeux vous m'attaqueriez?" ou "le seul danger pour vous c'est vous même"
    personnellement j'ai vus, vécu et entendu parlé d’énormément de violences scolaires et professionnelles.

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  4. C'est vrai qu'on perçoit très tôt les enfants qui sont dans la violence (d'où l'idée du célèbre "dépistage précoce). En même temps l'école est un lieu de socialisation et c'est en maternelle que les enfants continuent d'apprendre que le respect de chacun est essentiel car ils n'ont pas encore acquis les règles (et on ne me fera jamais croire que l'humain est un être doux par nature, cette douceur étant d'ailleurs incompatible avec la notion psychanalytique de pulsion de vie).
    Les arts martiaux n'ont jamais prôné la violence, bien au contraire ils servent à la contrôler et si il y a bien un endroit, un lieu, un esprit dans lequel on enseigne le respect de l'autre c'est bien là. Beaucoup de jeunes entrent d'ailleurs dans les arts martiaux comme en boxe, en se disant après je saurai me défendre avec un sous entendu d'en fait dominer l'autre. Ceux là ne restent pas longtemps car ils ne trouvent pas leur voie.
    Moi lorsque je dis "je suis psy" on me répond "oh lala faut que je fasse attention à ce que je dis alors ?" Je leur dis "pourquoi sinon vous diriez quelque chose d'invouable ?" lol

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  5. Moi qui suis plutôt Junguien avec une forte déviance systémque, je ne peux que partager ton constat, notamment celui sur le rôle de la mère. C'est aussi un thème récurrant en littérature. C'est déjà vrai dans la mythologie gracque (archétypale) et dans la littérature moderne, notamment dans "La promesse de l'Aube" de Romain Gary.
    Quant aux mouvements non-violents, lorsqu'on les observes de plus près on se rend vite compte qu'ils ne restent pas non-violents longtemps(Egypte, Syrie, Lybie, Tunisie, who's next...)
    Quant aux psychopathes dans le monde du travail...c'est proprement effrayant et pas seulement au niveaux des cadres. Je peux donner deux exemples de bisutages dans le monde ouvrier, dont l'un s'est soldé par la mort du bisuté, l'autre par une hospitalisation sérieuse...Mais chez les cadres, c'est grave et c'est probablement pour ça que je ne redeviendrai jamais salarié.

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  6. Article intéressant, ces rencontres ont du être enrichissantes.

    On sait que la violence existe mais on ne s'en préoccupe jamais assez. Et je ne crois pas qu'on puisse se préparer, véritablement, au final on est toujours désarmé lorsqu'on est confronter à la réalité. Je ne suis pas pessimiste mais je pense sincèrement que la plupart des êtres humains préférera bouffer le voisin que de crever de faim. Quand bien même le voisin est un ami, ça prendra peut être plus de temps, le résultat sera identique. A partir du moment où l'autre est vu comme un adversaire potentiel -et les exemples sont multiples, autant au niveau du travail, vie personnelle/couple, école- ça "facilite" les passages à l'acte violents.

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  7. Il est évident que dans l'extrême, même le chien qu'on adore, devient bon à bouffer.
    Ton discours sous-entendrait il que notre Société est en fait arrivée à une certaine extrémité qui fait que nous sommes entrés dans une lutte de survie ?

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  8. Perso ca me choque pas plus que ca.
    Il y a toujours eu de la violence, mais c'est vrai qu'on a l'impression qu'il y en a de plus en plus. Surtout chez les gosses. Vive les enfants roi, j'ai peur quand ils deviendront adulte... Quand on déforme les écrits ca deviens un grand n'importe quoi...

    J'ai bien aimer l'hypothése avec les péres. Comme quoi ca changerais dans l'avenir. J'avais abordé le sujet lors de mon stage pré pro, en disant que quand je ferais un gosse le pére avait interet a s'investir et etre present pour que mon gosse soit un peu moin attein on va dire, parce que quand on voit les tableau c'est toujours une mére hyper protectrice ou trop intrusive et un pére absent. Mais l'hypothése a pas aboutis a un grand débat parce que ben la mére c'est la mére et le pére a pas forcement sa place dans certaine phase du developpement, et puis avec le pére c'est jamais pareil.
    C'est sympa de voir qu'au final c'était peu etre pas une idée si débile que ca.

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