lundi 28 novembre 2011

baby blues, dépression post-partum, psychose post-partum

Je lisais un article expliquant que le baby blues pouvait être une vraie dépression.

Va falloir savoir : si c'est du baby blues ça n'est pas une dépression, si c'est une dépression ce n'est pas du baby blues.



Le baby blues apparait dans les 7 jours après l'accouchement. Il peut se produite 3 heures après comme plusieurs jours après. Il dure peu entre 1 heure et 48 heures. Les mères sont en général incapables d'expliquer ce qui déclenche cette tristesse avec pleurs. Il suffit d'un rien pour déclencher les crises de larmes : un mot, une pensée, une image.... Tout devient triste et surtout elles se sentent brutalement incompétentes dans leur rôle de mère. Et c'est incontrolable. 

Cela s'arrête d'autant plus vite que la nouvelle maman est entourée et qu'on essaie de régler la "question" qui a réveillé la tristesse. Pendant le baby blues, il faut parler à la mère, venir la voir et cela très souvent. Si elle se pose une question du style "mais comment on fait pour allaiter ?" et bien on lui explique calmement, on prend le temps de la rassurer... En fait le baby blues est irrationnel. Il s'appuie sur une vraie question qui en temps normal aurait déjà trouvé une réponse, mais là impossible tant la tristesse est grande.

Le baby blues n'est pas une dépression. Pas dans le sens psychique du terme. Par contre c'est une dépression chimique. En effet, le baby blues est du à la chute brutale des sécrétions hormonales et aussi le "choc" de la séparation physique mère/enfant.

Toute les femmes ne passent pas par le baby blues.

Mais comme écrit plus haut le baby blues ne dure pas. Or parfois 15 jours après l'accouchement (et jusqu'à 6 mois après), soit le baby blues est toujours là, soit il se déclenche et cela dure au moins 15 jours. Ce n'est plus du baby blues. C'est une dépression.

En effet, la grossesse et surtout l'accouchement place la femme devant un fait accompli : elle n'est plus seulement la fille de ses parents, elle est elle-même désormais une mère. Il lui faut grandir, changer psychiquement de place et se projeter vers l'avant et non plus en arrière. C'est insoutenable pour certaines femmes soit de par la fragilité de la famille, soit au contraire par un lien familial trop fort, soit parce que l'enfant n'est pas désiré. S'y ajoute souvent la fatigue, le sentiment de ne pas savoir faire avec un enfant et surtout l'idée (réelle souvent) que cet enfant est de trop. Mais trop tard, il est là. Il se met en place alors des conflits : comment être à la fois fille et mère ? Comment les parents vont ils accepter ce changement de statut ? Comment faire avec un enfant lorsqu'on n'a pas eu de modèle maternel ou maternant ? Que faire d'un enfant dont on ne veut pas (et dont tout le monde s'efforce de vous garantir que vous allez l'aimer) ? Que faire aussi lorsque l'enfant a été désiré mais qu'il arrive au moment d'un décès, d'une séparation, qu'en fait on s'aperçoit qu'il est génant dans une carrière ou qu'il n'est pas l'enfant idéal ? Cela ravive parfois d'autres traumas parfois dans l'histoire familiale.

L'enfant est alors rejeté, négligé, jamais regardé. La mère ne s'adapte pas à l'enfant et l'enfant fait des efforts surhumains pour s'adapter mais il n'y arrive pas.

Le conflit est trop grand. La réalité n'est pas acceptable il faut la fuir. Et c'est la dépression, le rejet de la réalité.

La mère peut passer son temps au lit, à dormir, sans réagir aux demandes de l'enfant. Ou au contraire, devenir hyperactive, anticipant les demandes de l'enfant mais le considérant comme un objet, qu'elle manipule sans sentiment. Dans les deux cas, les mère sont fatiguées, hyper émotives, anxieuses, agressives. Elles ont souvent mal à la tête. Le lien mère/enfant n'est plus là. 

On sait que les femmes qui ont fait une dépression avant leur grossesse auront plus de risques de déclencher une dépression post-partum.
Comme toute dépression on associera antidépresseurs à une psychothérapie et si possible la création d'un entourage de soutien.


La psychose post-partum, elle peut apparaître à la place du baby blues. Mais elle en diffère du fait de la présence d'une grande angoisse, d'une confusion, de troubles de la mémoire et de la perception. Il peut y avoir présence de délires avec hallucinations et idées de meurtres. La mère peut devenir suicidaire ou infanticide. Mais jamais on ne sépare l'enfant de la mère car ce serait renforcer l'idée qu'elle n'est pas une mère compétente, mais l'entourage doit être médicalisant et très présent. 

Contre toute attente, le père n'est pas toujours épargné par la psychose post-partum.

12 commentaires:

  1. Pour nous les ostéopitres, heu..ostéopathes pardon, la dépression post-partum serait due à un choc de la tête du bébé sur le ganglion sympathique impaire face antérieur du coccyx lors de l'accouchement. (mais bon, je pense que c'est un élément parmi ceux que tu décrits) Par ailleurs je pense selon mon propre ressenti que l'on apprend à aimer un enfant, perso j’apprécie certain et d'autre pas, vaste débat sur l’instinct maternel...

    RépondreSupprimer
  2. Encore jamais vu des osthéo avec des nez rouges (de toute façon ça fait peur aux gosses) ! lol
    Si je te suis dans ton raisonnement :
    - pour sortir de la dépression il suffirait de stimuler ce ganglion
    - comment expliquer que la dépression se mette en place si longtemps après l'accouchement ?

    Pour l'instinct maternel, il a été démontré que ça n'existait pas. Dès la naissance (et même avant) l'enfant est aimé ou rejeté.

    RépondreSupprimer
  3. Je pense que ce ganglion est mis dans une zone lésionnelle de part le chocs et la dysfonction sacro-coccigienne, il se crée une facilitation neuronale, une boucle gama neuronale qui auto-entretient l'excitation. il faut donc normaliser la zone (pas l'exciter au contraire). Je poserai la question à mon prof lol, mais le système neurovégétatif est plutôt lent à la détente et les jeux hormonaux encore plus. (je viens de lire un mémoire universitaire qui dit que ce ganglion excité peut participer à cette dépression.)

    RépondreSupprimer
  4. Mais bloquer le ganglion impair sert à supprimer des douleurs non ? Ce qui voudrait dire que la dépression serait liée à une douleur diffuse ?

    RépondreSupprimer
  5. bloquer le ganglion est indiqué en cas de névralgie.
    Mais dans notre cas la patiente ne se rend souvent pas compte du problème. La dépression serait liée à un déséquilibre sympathique/parasympathie, une hypersympathicotonie qui s’épuiserait laissant place à une hyperparasympathicotonie. En ostéopathie on est sur du micromouvement, du microlésionnel, des choses très fines, et on ne considère pas le cerveau comme seul acteur des pbs psy. On peut traiter un foie pour un pb émotionnel.
    chaque vertèbre est associée à un ganglion neurovégétatifs, qui agit sur un organe, une dysfonction vertébrale va perturber le fonctionnement de ce gg et donc de l'organe, mais subtilement (remontée acides, palpitations bénine etc..)

    De plus le filum terminale est attaché au coccyx, c'est la fin de la dure mère qui remonte jusqu'à la tente du cervelet percé par la tige pituitaire,(hypophyse, hormone) c'est pour ça qu'avec une chute sur les fesses on peut avoir de grosses céphalées.

    après certaines choses fonctionnent très bien en pratique mais sont difficiles à expliquer car c'est vraiment un autre éclairage sur le corps humain, auquel on est pas habitué.
    Par exemple traiter un ligament utérin (ou une tente du cervelet..) suffit parfois à ce qu'une patiente qui n'y arrivait pas tombe enceinte.

    RépondreSupprimer
  6. mais le corps ne tente-t-il pas naturellement à revenir vers un équilibre même imparfait ?

    Il faudra que tu me dises un jour où je peux te trouver.

    RépondreSupprimer
  7. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
  8. Je suis d'accord sur le principe que l'instinct maternel n'existe pas. Par contre je trouve assez surprenant le precept selon lequel on aimerait ou non l'enfant dès avant sa naissance. Personnelement si je n'ai pas vraiment ressenti de progression dans mon amour pour mon second enfant adorable dès le départ. Pour mon premier, j'ai vraiment eu l'impression d'avoir appris à l'aimer au fur et à mesure qu'une relation s'établissait entre nous.

    RépondreSupprimer
  9. Cleanette : c'est oublier les 9 mois qui ont servi à fabriquer l'enfant. Pendant ce temps là la mère se prépare à recevoir cet enfant. Dès que la mère est informée de sa grossesse soit elle l'accepte soit elle la rejette. Accepter sa grossesse, c'est accepter l'enfant (ça ne veut pas dire l'aimer ni le désirer j'en conviens). Mais ça ne veut pas dire justement qu'on ne l'aime pas. Cette neutralité est plutôt "positive" en soi. Mais pendant la grossesse on va aimer UN enfant, pas le sien. Car la mère ne connaît rien de son enfant, elle n'aime que la représentation qu'elle s'en fait. Une fois dans les bras, c'est une autre paire de manches, parce que la représentation (qu'on peut modifier et même effacer) devient réalité (peu modifiable et peu effaçable), d'où le besoin de réapprendre à aimer l'enfant REEL. (en absence de toute pathologie mentale bien sur)

    RépondreSupprimer
  10. Furia a répondu mais comme il y a une partie de com perso je ne le fais pas paraître, mais pour résumer la réponse est "si" !! (je ne peux pas faire de copier/coller)

    Bon alors à cette réponse, comment la mère peut elle rester en dépression puisque normalement le déséquilibre devrait tendre vers un point d'équilibre. L'oscillation devrait diminuer et le dépression aussi, même si elle ne peut disparaitre. Or ce n'est pas ce qu'on constate.

    RépondreSupprimer
  11. parce que chez ces personnes le trauma a dépassé le système de compensation du corps, qui n'est pas infini. les symptômes apparaissent quand l'organisme ne peu plus s'adapter. Parce que les traumas (chocs psy, physique, chimique) compensés et non traités sont mis sous silence mais bien présents.
    quand le système s'épuise on a "le syndrome du sapin de noël" (parce que tout s’allume) lol douleurs somatique, viscérale, et psy.

    RépondreSupprimer
  12. Ok, maintenant que tu as détaillé je comprends mieux. Et ça colle bien avec mes connaissances sur le sujet.
    C'est clair qu'avec fiston qui ne collait en rien avec ce que je savais des bébés, c'était forcément plus délicat de l'aimer illico qu'avec la puce qui fut un bébé idéal surtout en regard de tout ce que m'avais appris fiston.

    RépondreSupprimer

Stats